[Film] Belphégor, le fantôme du Louvre, de Jean-Paul Salomé (2001)

Dans le Paris de l’an 2000, une momie aux pouvoirs maléfiques donne naissance à un fantôme nommé Belphégor, dieu des Ammonites. Celui-ci, à la nuit tombée, hante le musée du Louvre, dont la Pyramide de Peï est devenue le symbole universel.


Avis de Rick :
Je l’ai déjà dit, j’ai un faible pour les films maudits, mal-aimés (ou de merde, ouais). Belphégor, le film de 2001, je l’avais pourtant toujours évité, connaissant bien sa réputation, et ne connaissant finalement pas l’univers de Belphégor. Du coup, pas d’intérêt pour moi, pas de connaissances, et pas de possibilités de comparer. Et voilà qu’un bon jour de Mai 2026, après avoir découvert le pas très bon La Malédiction de la Momie de Russell Mulcahy (ouais je posterais ma review, bientôt), et en attendant de découvrir Le Réveil de la Momie (qui a été vu depuis), j’avais envie de momie. Pas question de me refaire encore La Momie de Stephen Sommers, ou La Malédiction des Pharaons de Terence Fisher. Et c’est là que Belphégor, Le Fantôme du Louvre, est arrivé devant mes yeux. Après tout, pourquoi pas, Sophie Marceau était à l’époque un de mes crush au cinéma (on ne juge pas), et surtout, voir comment la France tentait de mettre en avant un de ses icones, tout en tentant d’être ambitieux, puisque surfant clairement sur la mode des blockbusters de l’époque, et donc, le succès de La Momie de Stephen Sommers en 1999. Alors, en réalité, en sortant de la vision, on ne va pas mentir, Belphégor, ce n’était pas bon. Mais pourtant, on pourrait presque avoir un tout petit peu de sympathie pour lui, car de l’ambition, il en a à revendre. Bref, le timing est trop gros, et il est évident que le succès planétaire de La Momie a dû donner des idées aux producteurs. Jean-Paul Salomé était-il le candidat idéal pour mener l’entreprise à bien ? Etant donné qu’il réalise, coscénarise, et n’avait alors à son actif que de petits films pas bien folichons, et surtout beaucoup moins ambitieux, le doute est déjà là. Mais encore une fois, le doute est là, car Belphégor a des moyens derrière lui, a un casting prometteur, veut aller dans l’horreur (sage), a des CGI (moches mais utilisés avec parcimonie), et même dans l’équipe technique, on a quelques beaux noms, comme Bruno Coulais à la musique.

Et avec sa scène d’ouverture, on a presque envie d’y croire, et ce même si ça sent le studio pas bien grand pour représenter un tombeau, qui se limitera donc à une minuscule pièce. Car on a l’impression de retrouver le charme de ce genre de films, avec ces tombeaux, ces malédictions. La musique de Bruno Coulais va certes dans des thèmes clichés pour représenter l’Egypte, mais c’était l’époque. Et puis directement après, le film délocalise à Paris, et peut tourner véritablement au Louvre, ce qui était à cette époque là rare (voire une première). Et du coup, forcément, ça a un certain cachet. Lorsque le fameux esprit de Belphégor se matérialise (faisant disjoncter toute l’électricité), puis va prendre possession du corps de Lisa (Sophie Marceau donc), là aussi, même si c’est bancal visuellement (faut dire, un esprit en CGI de couleur orangée, avec un étalonnage constamment jaune pour le film, bref), on a envie d’être clément face à cette tentative du cinéma Français. Mais c’est en fait déjà là que tout s’écroule, assez violement. Car Belphégor échoue sur deux points qui vont lui être fatal. Le premier, évidemment, c’est la tension. Car il est bien ici question d’esprit, de fantôme, de possession, il y aura des morts, des éléments surnaturels… mais jamais le métrage n’arrive à instaurer la moindre tension. Le rythme joue, mais aussi finalement la mise en scène. Ce n’est jamais honteux, mais c’est en réalité souvent très lisse, et ça ne laisse jamais le temps entre deux scènes pour instaurer un suspense quelconque. Le fantôme apparaît, il se passe des trucs, puis on passe à la scène suivante, basta. Le film n’est pas aidé par son côté lisse, beaucoup trop propre. On aura beau avoir des morts, Belphégor ne tente jamais d’être un film trop frontal, trop visuel. Dommage, car on trouve bien malgré tout quelques belles images ci et là, au détour de quelques scènes.

Et puis il y a le second défaut, qui vient tout annihiler en réalité. Car avoir Sophie Marceau, Michel Serrault, Frédéric Diefenthal et Julie Christie au casting, c’est bien, il y a un peu de prestige quand même. Le souci, c’est qu’ils ont beau tout essayer, le film souffre de dialogues d’une nullité abyssale qui vient absolument tout détruire. Tout sonne faux, rien n’est naturel, et pire, à certains moments, ça fait plonger le film dans le ridicule le plus total, surtout dans les tentatives de Frédéric Diefenthal pour draguer Sophie Marceau, dans une lourdeur à côté de la plaque, à tel point que les dialogues semblent échappés d’un autre métrage, presque niais, absurde. Du coup, alors que l’héroïne perd pied, que le policier joué par Michel Serrault tente de mettre un terme à la malédiction, les dialogues enfoncent le tout et rendent certaines situations totalement ridicules, et le rire n’est pas loin. Surtout lors de la dernière partie, où l’on est à un moment à deux doigts de se retrouver devant un remake de L’Exorciste, avec Sophie Marceau enfermée dans une cellule capitonnée et marchant sur les murs. Un ratage facile à expliquer donc, peu étonnant quand on y pense un peu, mais malgré tout un peu triste, vu le budget (environ 16 millions d’euros) et l’équipe derrière, et son ambition. Mais, il faut aussi relativiser, car on pourrait aussi se rappeler qu’en 2001, année de la sortie du film, on produisait aussi Vidocq.

LE MEILLEUR LE PIRE
♥ Parfois quelques belles images
♥ Un casting assez prestigieux
♥ Le Louvre, un décor intéressant
⊗ Des dialogues juste catastrophiques
⊗ Une tension absente
⊗ Des CGI très moyens
⊗ Des moments frisant le ridicule
note2
25 ans après, j’ai enfin vu Belphégor, et c’était fidèle à sa réputation, mais malgré tout très intéressant. Raté, très mal écrit, lisse et sans tension, mais clairement ambitieux.


Titre : Belphégor, le fantôme du Louvre
Année : 2001
Durée : 1h37
Origine :
France
Genre :
Fantastique
Réalisation :
Jean-Paul Salomé
Scénario :
Jean-Paul Salomé, Danièle Thompson et Jérôme Tonnerre
Avec :
Sophie Marceau, Michel Serrault, Frédéric Diefenthal, Julie Christie, Jean-François Balmer, Patachou, Lionel Abelanski, Françoise Lépine, François Levantal et Jacques Martial


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Auteur : Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de David Lynch, John Carpenter, David Cronenberg, Tsukamoto Shinya, Sono Sion, Lucio Fulci, Nicolas Winding Refn, Denis Villeneuve, Shiraishi Kôji et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.
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