[Film] Resident Dead, de Ryan Ebert (2026)

Un père combat des hordes de morts-vivants avec sa fille contaminée pour trouver le remède avant qu’elle ne se transforme. S’il arrive au laboratoire avec le vaccin à temps, il pense que sa fille sera en sécurité. Malheureusement, le défi le plus terrible l’attend à sa destination finale.


Avis de Cherycok :
Le nouveau film Resident Evil est sorti et tout le monde donne son avis sur Internet. Il n’y avait donc pas de raison que je n’en fasse pas de même sur DarSideReviews non ? Ah… On me dit que ce n’est pas le nouveau Resident Evil que j’avais vu, mais la version lowcost de chez The Asylum sortie une dizaine de jours avant directement en VOD. Oh non, mince, c’est con ça. Bon, c’était volontaire pour plusieurs raisons. La première, c’est que j’ai toujours cette curiosité malsaine de voir ce qu’ils ont fait sans temps ni pognon. La deuxième, c’est parce que je n’aime pas, allez savoir pourquoi, regarder des films dont tout le monde parle sur le moment, je laisse donc très souvent passer du temps. Et puis enfin, à 2.459€ le litre de diesel au moment où j’écris ces lignes, ça me fait quand même sacrément mal aux boules de faire 30km aller et 30km retour pour aller voir un film au cinéma. Alors en attendant de pouvoir voir le Resident Evil de Zach Cregger en à la maison, eh bien, hop, Resident Dead de chez The Asylum. Et vous savez quoi ? C’était nul, certes, mais c’était moins nul que prévu.

Pour The Asylum, l’occasion était trop belle et ils ne pouvaient pas laisser passer le retour de Resident Evil sans sortir leur version à eux quelques jours auparavant, un opportunisme qui les caractérise depuis leurs débuts. Pour cela, ils font appel au réalisateur Ryan Ebert, qui avait déjà mis en scène pour eux le mockbuster Predators : Wastelands (2025) ou encore scénarisé des chefs d’œuvres tels que Jurassic Reborn (2025), Shark Terror (2025) ou Evil Nun (2025). Et Ebert a eu une mission des plus compliquées, à savoir fabriquer un film suffisamment proche de l’univers Resident Evil afin d’appâter le chaland, mais avec un budget très très très limité et très peu de temps. Résultat des courses, le scénario est bouclé en une semaine, et le tournage effectué en à peine 6 jours. Ebert a avoué lors d’une interview qu’il n’avait pu préparer que deux pages de notes pour le tournage. Difficile donc de mettre en boite quelque chose qui tient la route dans ces conditions, et pourtant Ebert a tenu le calendrier et a tout bouclé avec le faible budget qu’il avait. Le film a énormément de tares, nous sommes d’accord, mais ce n’est pas à cause du réalisateur qui a dû composer avec ce qu’il avait le bougre et qui sincèrement donne l’impression d’essayer de faire les choses correctement avec deux pauvres décors et quelques figurants pour les zombies. Le scénario n’a rien d’original. En une semaine d’écriture, il ne fallait de toutes façons pas s’attendre à des merveilles. On est dans le classique combo virus / laboratoire / vaccin / contamination / scientifiques / militaires, mutations / zombies, le cahier des charges de presque tout film de zombies lowcost qui se respecte, avec au milieu un père qui essaie de sauver sa fille qui vient de se faire mordre par un zombie. C’est d’ailleurs l’infection de la fille qui sera le moteur « émotionnel » du film. Vous noterez les guillemets car difficile malgré tout de s’émouvoir devant le film. Pourtant, Ebert semble avoir pondu un film sincère. Il semble y avoir derrière Resident Dead une volonté de faire plaisir aux spectateurs amateurs de morts-vivants. Certes, on est loin de l’univers de Resident Evil, mais le film a malgré tout une structure de jeu video, jusqu’à ces espèces de boss de fins, des zombies bodybuildés (en IA, mais on y reviendra), et malgré le temps pressant et le budget riquiqui, le film tient la route en termes de mise en scène et de photographie si on le compare aux standards de ce genre de productions bas de gamme.

Les scènes d’action sont cheaps, oui, mais là aussi on sent une envie du réalisateur de leur donner un minimum d’ampleur. En 6 jours, il ne faut pas s’attendre à des merveilles, mais quelques coups de hache sont bien sentis, quelques échanges de pas de course avec les zombies (l’introduction par exemple) font leur office, et il y a même un ou deux effets gores correctement emballés. Alors nous sommes d’accord, avec la tout au plus douzaine de figurants accordés à Resident Dead, les hordes de zombies font pâle figure, et on ne pourra pas se rattraper sur les seconds rôles qui sont souvent sacrifiés à cause d’un scenario qui veut aller trop vite d’un point A à un point B. Avec The Asylum, on a l’habitude du combo film au rabais / casting au rabais, et c’est également le cas ici, mais le duo John Wells / Isabel Ramirez s’en sort plutôt bien. Les deux acteurs arrivent à donner suffisamment de conviction à leurs personnages pour qu’on croit à cette relation père / fille. Et au final, ce scénario d’un père qui doit sauver sa fille avant qu’elle ne devienne définitivement un monstre, aussi simple et basique soit-il, est probablement une bonne décision car les deux acteurs font ce qu’il y a à faire. Là où par contre il faut s’attarder un peu, parce qu’il y a du changement par rapport aux productions un poil plus anciennes de The Asylum, c’est sur les effets spéciaux. Les films de la boite de production étaient entre autres connus pour leurs CGI cheaps au possible, eux-aussi sujets à un manque de temps et de moyens, pour un résultat approximatif. Ça c’était avant que The Asylum découvre l’IA et toutes les nouvelles possibilités que cela leur permet dorénavant. Pourquoi perdre des semaines à sous-payer des animateurs 3D alors que l’IA est là ? Oui, l’IA va leur permettre de gagner du temps, pour des productions encore plus vites emballées et l’IA va leur permettre d’économiser du pognon pour des productions toujours aussi cheaps. Est-ce que le rendu à l’écran est meilleur ? A vrai dire, oui et non. Rassurez-vous, il y a toujours du CGI, pour les petits trucs comme les giclées de sang numériques, mais il y a beaucoup de plans qu’on devine plus ou moins améliorés par IA. Pour des plans de vue d’ensemble, nous présentant par exemple des batiments qu’il aurait été trop compliqué de fabriquer sans argent ou trop long à faire en CGI, visuellement ça passe. Pour tout ce qui est dans le feu de l’action, comme par exemple ces zombies musculairement atrophiés ou ces explosions de véhicules, c’est mieux que leurs anciens CGI, mais ce n’est clairement toujours pas ça car ça sonne faux. Ryan Ebert a déclaré qu’il détestait l’IA et qu’il avait essayé de limiter son emploi autant que possible, mais comme c’est The Asylum qui a le contrôle au final, eh bien il y en a, ce n’est en plus pas forcément très glorieux et clairement les quelques effets spéciaux physiques et les maquillages fonctionnent bien mieux.

LES PLUS LES MOINS
♥ Un duo principal qui s’en sort bien
♥ Une mise en scène étonnement honnête
♥ Quelques scènes qui fonctionnent bien
⊗ L’utilisation de l’IA pour un résultat moche
⊗ Un gros manque de budget
⊗ Des seconds rôles inexistants
⊗ Vu, revu et re-revu

Douze jours avant la sortie du Resident Evil de Zach Cregger, The Asylum dégaine Resident Dead, un mockbuster un peu moins pourri que leurs standards habituels, mais un film de zombies pas bien glorieux quand même.



Titre : Resident Dead
Année : 2026
Durée : 1h31
Origine : U.S.A
Genre : Pas de temps et pas de sous
Réalisateur : Ryan Ebert
Scénario : Ryan Ebert

Acteurs : John Wells, Isabel Ramirez, Jarod Brock, Thandiwe McMillan, Sai Piña, Rob Eubanks, Tevin Paul, Adam Brown, Albert Brown, Will Dyer, Jenin Gonzalez, Becky Hopper


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Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
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