Shan est membre d’une des triades de Hong Kong, en passe d’accéder à un poste plus élevé. Son rival, le gangster impétueux Kun Que, est prêt à tout pour l’éliminer, mais Shan ne s’intéresse pas à lui, mais à un poisson plus gros : en réalité, c’est un policier infiltré qui tente de se rapprocher d’un baron du crime nommé M. Jin. Mais plus Shan se rapproche de son objectif, plus les tentations se multiplient sur son chemin, et on ne sait bientôt plus très bien de quel côté il se trouve.
Avis de Cherycok :
Je vous ai déjà parlé de Huang Yi, réalisateur de DTV chinois ultra prolifique ayant mis en scène en à peine 10 ans pas loin de 20 films pour les plateformes de SVOD chinoises, comme par exemple le très efficace Lamb Game ou le plus que moyen Furious Attack. Un réalisateur capable de faire du bon comme du mauvais, mais surtout un réalisateur qui semble avoir grandi avec le cinéma de Hong Kong et qui avec son film Infernal Storm, sorti en 2021, tente de surfer 20 après sur la vague Infernal Affairs, avec des éléments de la saga Storm de David Lam et même des petits bouts de la saga Young and Dangerous. Infernal Storm n’a pas une grande réputation, se tapant une petite moyenne de 20% sur TMDB ou encore 3.9/10 sur Douban (le IMDB chinois). Pourquoi le regarder me direz-vous ? Eh bien parce qu’il traine depuis plusieurs années sur ma liste de films à voir (parce que j’aime le casting), et puis parce que bien ou pas bien, une fois vu, ça débarrasse. Bon, effectivement, ce n’était pas très bien…

Pourtant, ce qui est le plus étonnement, c’est que sur un plan commercial, Infernal Storm est un succès. Il a connu une belle performance au « box-office » des films en ligne chinois, rapportant 33.63 millions de yuans (environ 5M$US), arrivant deuxième du classement des recettes des films en ligne en 2021.Le film a même été sélectionné « Film de l’année » par le comité d’experts de la 3ème Semaine du Cinéma en Ligne Chinois en décembre 2021. Oui, ça interroge car, si tout n’est pas à jeter (nous y reviendrons), on est quand même dans du DTV assez bas de gamme qui n’apporte strictement rien et qu’on oublie dans les 10 minutes après le visionnage. L’ensemble se fait donc assez classique, avec une fois de plus une histoire de flic infiltré dans les triades depuis longtemps. Mais à la différence de ses nombreux homologues hongkongais des années 2000 après le gros carton d’Infernal Affairs, nous sommes ici dans un (télé)film chinois avec tout ce qui gravite autour en termes de censure, de thématiques interdites et de principes fondamentaux, par exemple le fait qu’il n’y a aucun droit à l’ambivalence dès que le héros est un policier et qu’il est parfaitement impossible qu’il bascule du côté obscur. Même si les tentatives de faire douter le spectateur sur le fait que le héros pourrait trahir ses idéaux de policier sont parfois bien amenées, quiconque a un peu œuvré dans ce cinéma chinois sait pertinemment que cela ne sera pas le cas et, forcément, la tension en prend un peu pour son grade. La structure narrative est de toutes façons également connue car moult fois utilisée depuis Infernal Affairs, et ce n’est pas l’histoire d’amour que le réalisateur a jugé nécessaire d’ajouter qui change quoi que ce soit, d’autant plus qu’elle n’est pas construite correctement pour paraitre crédible. Au final, on a cette impression de superflu qui règne durant tout le film, sans qu’aucune réelle surprise ne vienne amener un semblant de piquant, avec en plus un côté décousu qui risque d’en perdre certain, non pas que ce soit compliqué à suivre, bien au contraire, mais on a cette impression que tout doit être vite expédié alors qu’il y avait clairement à faire avec la thématique du crime qui ne paie jamais.

C’est dommage car certaines choses auraient pu faire illusion. Déjà, il y a ce casting composé de plusieurs têtes bien connues du cinéma de Hong Kong. Il y a Lam Suet (PTU, My Left Eye Sees Ghost) et sa silhouette rondouillarde qu’on est toujours content de retrouver. Il y a Kent Tong (Police Story, Royal Tramp 2), qui semble trouver une seconde jeunesse dans les DTV. Et il y a surtout Jordan Chan (Young and Dangerous, Big Bullet) et son charisme naturel, qui interprète son personnage avec une certaine aisance malgré une coiffure dégueulasse. Ils participent au fait que Infernal Storm ne tombe pas dans l’anonymat le plus total. L’introduction nous rassure quelque peu, avec en fond sonore lors de la bagarre d’ouverture une chanson tiré du Young and Dangerous (1996) d’Andrew Lau. Mais on déchante très rapidement jusque dans les scènes d’action, habituellement l’attrait de ce genre de bobines, qui sont mal montées et mal chorégraphiées. Le montage donne réellement cette impression de cache misère, et le tout est agrémenté d’une abondance d’effets visuels souvent très cheaps (sang en CGI moche, étalonnage trop saturé, ralentis excessifs). Oui, le film est rythmé, et bien que très peu emballant, il est difficile de s’ennuyer devant. Mais malgré une photographie parfois plutôt honnête, ce n’est ni agréable visuellement, ni en termes d’histoire, ni en ce qui concerne l’action. C’est réellement dommage car les hongkongais ont prouvé, avec certains clones plutôt réussis d’Infernal Affairs, qu’on pouvait faire de la qualité avec peu de moyens, mais cet Infernal Storm, malgré un réalisateur chevronné, se plante sur à peu près tout ce qu’il entreprend. Miser sur la nostalgie du cinéma de Hong Kong autour de ses acteurs et faire ressembler son film à un film HK des années 90/2000 n’est pas suffisant pour faire un bon film, et même s’il réussira l’essai deux ans plus tard avec Lamb Game, cet Infernal Storm n’est clairement un polar à conseiller, surtout qu’il y a bien mieux dans le genre, aussi dans le cinéma de Hong Kong que dans ce même cinéma chinois pour plateformes de SVOD.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Le casting d’acteurs hongkongais ♥ Une photographie parfois jolie ♥ Plutôt bien rythmé |
⊗ Un scénario vu et revu ⊗ Une histoire d’amour inutile ⊗ Souvent cheap ⊗ Des scènes d’action peu spectaculaires ⊗ Monté à la hache |
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| Réalisateur de DTV capable de fulgurances (Lamb Game en 2023), Huang Yi tente de recycler Infernal Affairs avec son Infernal Storm. Le résultat est malheureusement de bien piètre qualité et il y a clairement bien mieux dans le genre. | |

Titre : Infernal Storm / 无间风暴
Année : 2021
Durée : 1h28
Origine : Chine
Genre : Recyclage poussif
Réalisateur : Huang Yi
Scénario : Huang Yi, Bai Hua-Sha
Acteurs : Jordan Chan, Kent Tong, Lam Suet, Zhang Lei, Ricky Chan, Cheng Chu-Fung, Vanessa Lim, Peng Tian-Ying, Cai Deheng, Qiu Zi-Jian, Ronan Pak, Zhong Yi, Bao Long-Ge

















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