Après l’enlèvement de sa fille par un réseau criminel et face à l’inaction de la police, Wang Wei se lance dans une traque implacable pour la retrouver. Son seul allié, Navin, est un journaliste tenace dont la femme a mystérieusement disparu. Unis par un même désir de vengeance, ces deux hommes que tout oppose affrontent les ravisseurs dans un face-à-face explosif mêlant arts martiaux et justice sans merci.
Avis de Cherycok :
Ça vous est déjà arrivé d’être tellement absorbé par un film, par son action, par son rythme, par ses images, qu’une fois le générique de fin apparu, vous avez eu l’impression d’être resté en apnée deux heures durant et d’être littéralement épuisé avec ce besoin de récupérer votre souffle ? Les dernières fois où ça m’est arrivé, c’était sur Limbo (2021) et City of Darkness (2025), tous deux de Soi Cheang, mais aussi sur The Raid (2012) de Gareth Evans et surtout suite au visionnage du Mad Max Fury Road (2015) de George Miller. En sortant du film, il n’y a aucun doute, on a passé un vrai pur moment de cinéma. Mais ça m’est arrivé aussi tout récemment, pendant la séance de la nouvelle bombe martiale venue d’Asie, le bien nommé The Furious de Kenji Tanigaki qui, à l’instar de certains DTV chinois (Black Storm, Blade of Fury, …) incarne un retour clairement affiché aux fondamentaux des films martiaux en mettant en avant la performance martiale et le corps comme vrai élément narratif. C’est peut-être parfois au détriment du scénario, mais ça serait aller voir The Furious pour de mauvaises raisons. Mais avant de parler du film, il faut s’intéresser à son réalisateur dont le parcours est des plus intéressants et explique sans doute le pourquoi du comment.

C’est sa passion pour Jackie Chan qui pousse Kenji Tanigaki à se mettre aux arts martiaux (et qui définira une partie de sa façon de faire) puis à rejoindre la célèbre école de cascadeurs de Yasuaki Kurata (le Kurata Action Club). Mais en 1993, il quitte tout et va s’exiler à Hong Kong, sans parler un mot de cantonais, pour essayer d’intégrer l’industrie cinématographique du pays, la meilleure martialement selon lui. Après des rôles de figuration (sur par exemple Fist of Legend), il se fait rapidement remarquer et rejoint l’équipe de cascadeurs de Donnie Yen et travaille notamment sur la série Fist of Fury (1995) dans laquelle Yen a le premier rôle. Une alchimie se créé entre ce dernier et Tanigaki au point qu’il est rapidement un membre incontournable de sa team et même le bras droit de Donnie Yen. Il devient même le seul chorégraphe japonais de l’Association des cascadeurs de Hong Kong. A partir des années 2000, tout va s’emballer lorsqu’il devient co-chorégraphe et/ou coordinateur des combats sur des films comme SPL (2005) ou Flash Point (2007) qui ont redéfinit le cinéma martial de l’époque. Plus tard, on le retrouve à la tête des combats de films comme Raging Fire (2021) de Benny Chan, Sakra (2023) de Kam Ka-Wai ou encore City of Darkness (2024) de Soi Cheang, et il dirige même Donnie Yen dans le sympathique Enter the Fat Dragon (2020). En parallèle, il travaille au Japon sur une saga qui augmente sa renommée internationale puisqu’il est aux manettes des scènes d’action de film Kenshin (2012) et de ses suites, en fusionnant l’esthétique de cinéma de sabre japonais et les codes du cinéma d’action hongkongais. Il apparait également au même poste de certains films américains, comme par exemple John Wick 4 (2023) ou le spin of de la saga G.I. Joe, Snake Eyes (2021). Le style de Tanigaki est reconnaissable et en tant que grand fan de Jackie Chan, il adore comme ce dernier utiliser tous les éléments du décor et les impliquer d’une façon ou d’une autre dans les combats qu’il va mettre en scène, aussi bien un mur, une rambarde ou un énorme bloc de glace, qu’une bouteille, une pédale de vélo ou même une palette. Bref, tout ça pour dire qu’avoir Kenji Tanigaki impliqué dans un film est souvent synonyme de qualité des scènes d’action et qu’après les premières images qui sont arrivés sur la toile, The Furious était sacrément attendu.

Soyons clair d’entrée de jeu, le scénario tient sur un post-it et n’est ici qu’accessoire. Il n’est qu’un prétexte qu’à relier ensemble les nombreuses scènes d’action du film. Néanmoins, il est suffisant pour maintenir la tension dès les premières minutes. Même chose pour l’écriture des personnages, on sent bien que ce n’est pas ce qui intéresse Tanigaki, mais là aussi ils sont assez caractérisés pour qu’on s’attache rapidement à eux. Du coup, malgré les enjeux archétypaux (un récit de vengeance très épuré), l’ensemble est suffisant pour qu’on ressente la douleur des personnages et leur épuisement au fur et à mesure qu’ils enchainent les combats. Et c’est donc maintenant qu’on va parler des combats, qui occupent une grosse partie du film, parce que, soyons honnête, c’est quand même uniquement pour ça qu’il faut aller voir The Furious. C’est simple, ils sont tout bonnement hallucinant. Kenji Tanigaki s’est entouré de Kensuke Sonomura (Ghost Killer) et le résultat est ébouriffant d’intensité, d’inventivité, de maitrise, de violence, avec une lisibilité parfaite, des coups tantôt très lourds, tantôt très acrobatiques, et une violence souvent très crue. Tanigaki avait à sa disposition un casting martial monstrueux. Xie Miao, également appelé Tse Miu, a déjà montré ses prouesses dans d’excellents DTV chinois (Eye for an Eye 1 et 2, Fight Against Evil 1 et 2). Le youtubeur Brian Le, de la chaine Martial Club, et son physique rappelant Sammo Hung est impressionnant de souplesse et de vivacité. Le duo Joe Talsim / Yayan Ruhian, vu dans The Raid, est toujours aussi efficace. Enfin, Joey Iwanaga (la série Alice in Borderland), détestable dans le rôle du méchant, fait preuve de capacités impressionnantes. Chacun dans son style (wushu pour Xie Miao, silat/MMA pour Joe Taslim, …) nous montre l’étendue de ses talents dans des bastons tout bonnement hallucinantes où la caméra bouge avec les corps, où on ressent parfaitement le poids de ces corps et la force des coups, avec un Tanigaki qui sait parfaitement cadrer afin que l’ensemble, malgré le dynamisme impressionnant, reste constamment lisible et viscéral, presque animal. Chaque décor est un terrain de jeu et Tanigaki va donc à fond dans le délire des personnages qui se battent avec tout ce qui leur tombe sous la main. Ils s’en mettent plein la tronche et le film pousse les potards à fond avec des personnages qui ne semblent jamais vouloir mourir malgré les coups de masse à deux mains sur la gueule, et l’exagération fait clairement partie ici du délire. The Furious est un véritable festival de torgnoles qui font très mal, et c’est surtout un énorme uppercut dans la gueule de tous les amateurs de films martiaux. Dans le genre, ça va être dur de faire mieux.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Le casting martial ♥ Des bastons folles ♥ Un rythme effréné ♥ Les chorégraphies complexes ♥ Des personnages attachants |
⊗ Quelques CGI moyens ⊗ Des trous dans le scénario pourtant mince |
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| The Furious est un film de baston tout bonnement hallucinant. Un shot d’adrénaline qui nous met en apnée deux heures durant et dont les imperfections sont complètement éclipsées par l’intensité et la virtuosité des affrontements. | |

LE SAVIEZ-VOUS ?
- The Furious est produit par Hong Kong et les Etats-Unis. Il est tourné en anglais. Le réalisateur et le chorégraphe sont japonais. Le casting est chinois, thaïlandais, indonésien ou encore vietnamien. L’équipe technique est thaïlandaise.
Titre : The Furious / 火遮眼
Année : 2026
Durée : 1h53
Origine : Hong Kong
Genre : Apnée de 2h
Réalisateur : Kenji Tanigaki
Scénario : Mak Tin-Shu, Lei Zhilong, Shum Kwan-sin, Frank Hui
Acteurs : Xie Miao, Joe Taslim, Yang Enyou, Brian Le, Joey Iwanaga, Sahajak Boonthanakit, Yayan Ruhian, Jeeja Yanin, Manatsanun Phanlerdwongsakul, Guo Junqing





















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