Chez Vidéo Popcorn Éditions, c’est notre passion pour le cinéma, le support physique et notre nostalgie des vidéoclubs de quartier qui nous poussent à éditer des oeuvres cultes des années 70,80 et 90, introuvables en Blu-ray en France. Chaque titre est soigneusement sélectionné pour son impact et sa valeur émotionnelle. Nous célébrons ces films marquants avec des éditions limitées de qualité exceptionnelle, afin d’offrir aux collectionneurs une expérience visuelle et sonore unique.
Voilà les mots de Nico et Thomas, les créateurs de Vidéo Popcorn Éditions, qu’on peut trouver sur leur site officiel. Après avoir chroniqué certains de leurs films, nous avons décidé de leur consacrer une interview, afin que vous puissiez (re)découvrir ce petit éditeur qui produit un très joli travail sur leurs éditions. Et devinez quoi, ils ont accepté de répondre à nos questions.
Alors bonne lecture à vous !
Tout d’abord, merci de nous avoir accordé cette interview. Pourriez-vous présenter Vidéo Popcorn Éditions à ceux qui ne vous connaitrez pas, nous parler de votre parcours et comment vous en êtes venu à l’édition ?
Vidéo Popcorn est une société d’édition et de distribution fondée en 2023, née d’une passion profonde pour le cinéma et plus particulièrement pour le cinéma de genre et d’horreur.
Notre mission est simple : déterrer des films rares, oubliés ou mal exploités, qui méritent aujourd’hui une véritable redécouverte à travers de belles éditions. Nous mettons un point d’honneur à proposer des œuvres devenues introuvables légalement en France, qu’elles soient absentes des plateformes de streaming ou qu’elles n’aient jamais bénéficié d’une sortie en support physique haute définition.
Derrière Vidéo Popcorn, nous sommes deux passionnés (Thomas & Nico) qui avons grandi à l’époque des vidéoclubs ces lieux presque magiques, où chaque étagère cachait des trésors inconnus, où les jaquettes faisaient rêver, et où l’on pouvait tomber, par hasard, sur un film qui nous marquerait à vie.
À notre manière, nous essayons aujourd’hui de faire revivre un peu de cette magie : celle de la découverte, de la curiosité, et de l’amour du cinéma.

Votre première sortie s’est faite en toute discrétion en 2024, après une campagne de financement participatif réussie. Il s’agit du film d’horreur Antropophagus (1980). Comment s’est passé cette première expérience ? Quelles ont été les difficultés rencontrées ?
Tout a été très compliqué au départ. Nous ne connaissions rien au métier d’éditeur : où trouver les droits ? Quelles sociétés contacter pour fabriquer les disques ? Comment créer des menus, des bonus, etc. ? Personne ne nous connaissait, nous sommes arrivés de nulle part. Le chemin est semé d’embûches, mais cela a aussi été un immense plaisir d’apprendre ce métier et de découvrir l’envers du décor. En tant que collectionneurs de films sur tous supports depuis longtemps, c’était fascinant de se confronter à tous les problèmes que l’on ne soupçonne pas forcément lorsqu’on est simplement acheteur.
Antropophagus n’était clairement pas le film le plus facile pour une première sortie. Heureusement, nous avons su nous entourer des bonnes personnes, qui nous ont énormément aidés et soutenus tout au long de cette campagne de financement, longue et éprouvante.
Nous tenons d’ailleurs à remercier chaleureusement : Olivier Bach (Bach Films), qui nous a sortis d’une belle galère avec la copie du film. David Didelot, qui a gentiment accepté d’écrire quelques lignes pour notre livret et nous a offert une belle visibilité Et bien sûr Arnaud Bordas (Capture Mag), qui a réalisé un excellent bonus d’analyse, retraçant la carrière incroyable du réalisateur d’Antropophagus, Joe D’Amato
Vous êtes revenus en 2026 avec deux nouvelles sorties, les deux premiers volets de la célèbre saga Puppet Master de la Full Moon. Vous êtes de nouveau passés par un financement participatif, réussi également. Pourquoi ce choix de passer par des plateformes comme Ulule ou KissKissBankBank ?
C’est sécurisant pour nous. Pour nos débuts, il est plus facile de se projeter en passant par le financement participatif, notamment grâce au trafic important de ces plateformes. Cela nous permet également de mesurer l’attente du public pour tel ou tel titre. C’est un excellent indicateur pour nos premières sorties.

Comment s’est fait le choix des films que vous avez sortis ? Était-ce de simples opportunités ? Était-ce un choix de votre part d’essayer de sortir ces films-là ? Une autre raison ?
C’est un peu les deux. Forcément, quand on débute dans ce genre d’activité, on a beaucoup de films en tête qu’on rêve de voir édités. On se fait donc une sorte de liste mentale, et ensuite, ce sont surtout les opportunités qui déterminent nos choix. Les ayants droit nous envoient souvent des catalogues avec de longues listes de films disponibles pour le marché vidéo en France. Beaucoup de titres ne nous intéressent pas, mais quand on a la chance d’en voir un qui faisait partie de notre liste, on essaie de ne pas passer à côté et de se positionner pour le sortir. Parfois ça marche, parfois non.
Beaucoup de projets ont déjà capoté alors qu’on était tout près de signer, et finalement ça ne s’est pas fait. Antropophagus, The Borrower et les Puppet Master faisaient clairement partie de notre liste de départ, et on est ravis d’avoir pu les proposer.
Y a-t-il des films que vous aimeriez vraiment éditer mais pour lesquels c’est impossible dans l’immédiat ? Si oui, lesquels et pourquoi ?
Malheureusement, la liste des films que nous rêverions d’éditer mais qui restent inaccessibles est très longue. On pense notamment à des titres comme Braindead, Creepshow, Bad Taste ou encore Le Retour des morts-vivants 2…
Ces films sont aujourd’hui complètement bloqués pour le marché français, hélas. Ce sont pourtant des œuvres que nous adorons et qui sont extrêmement attendues en France.
Revenons-en aux deux premiers films Puppet Master. Comment s’est passé la collaboration avec la Full Moon, aussi bien pour sortir le film que pour tout ce qui concerne les nombreux bonus ?
De notre courte expérience dans ce milieu, la collaboration avec Full Moon Features est clairement la meilleure. Ils sont très aimables avec nous et comprennent les difficultés du marché vidéo français.
Nous avons même la chance, de temps à autre, d’échanger directement avec Charles Band, ce qui est complètement fou. Il est vraiment adorable et à l’écoute. Il s’est montré très satisfait du travail éditorial que nous avons réalisé sur les deux premiers Puppet Master. Il a même accepté de se prêter au jeu de l’interview pour un module vidéo autour du premier film, un bonus inédit pour cette édition. C’était une expérience vraiment incroyable. Ce qui est aussi très appréciable, c’est qu’ils disposent de beaucoup de matériel. Ils ont déjà produit leurs propres bonus sur les films, ce qui nous donne accès à de nombreuses ressources pour enrichir au maximum nos éditions.

A l’heure où j’écris ces lignes, vous avez annoncé Puppet Master III, que nous considérons comme le meilleur de la saga, mais ce coup-ci, sans financement participatif. Pourquoi repasser sur un modèle plus classique ?
Merci Puppet Master ! Ces titres nous ont permis d’effectuer, pour la première fois, des précommandes directement sur notre site. Ce sont des films cultes, très attendus, avec une base de fans importante. Leur notoriété n’est plus à faire : pour ce type de titres, il n’est effectivement pas nécessaire de passer par des plateformes de financement participatif pour les mettre en avant.
En revanche, pour des films peut-être moins connus, nous reviendrons sans doute au financement participatif.
La future sortie de Puppet Master III s’accompagne d’une douzaine de figurines à l’effigie de figures emblématiques de la Full Moon. Est-ce que ces figurines existaient déjà ? Est-ce qu’elles ont été fabriquées spécialement pour l’occasion ? Pouvez-vous nous en dire plus ?
Les Tiny Terror, par exemple, sont des figurines mystère lancées par Full Moon juste avant nos précommandes de Puppet Master 3. Nous sommes vraiment ravis de l’engouement qu’elles suscitent et de pouvoir les proposer à notre communauté.
Le principe est simple et amusant : ce sont des figurines surprises, on ne sait jamais quel personnage emblématique de l’univers Full Moon on va découvrir en ouvrant son paquet.
La saga Puppet Master est très longue, 15 films dont 11 de la saga principale, un crossover, deux spin-offs et un reboot. Comptez-vous sortir petit à petit tous les films de la saga ou seulement les opus que vous jugerez intéressants ?
Dans un monde idéal, on aimerait tous les faire… mais ça risque d’être compliqué. On continuera certainement après Puppet Master 3, ou alors on fera peut-être une pause dans la saga pour proposer d’autres titres du catalogue Full Moon. Leur catalogue est incroyable : il regorge de pépites qu’on rêverait d’éditer.

Bien qu’il semble y avoir un léger rebond, le marché de l’édition ne se porte pas forcément bien. N’est-ce pas trop difficile pour un éditeur indépendant comme vous de se faire une place ? Est-ce que vous avez des appuis d’autres éditeurs ? Est-ce que vous pensez qu’il est aujourd’hui indispensable de passer par les réseaux sociaux ?
Alors on va être très clairs : on fait ça par passion, avant tout pour s’amuser. Tant que les éditions que nous proposons se vendront correctement, nous continuerons. Nous n’avons aucun appui d’autres éditeurs : nous faisons notre chemin de notre côté, et nous prenons beaucoup de plaisir à le faire.
Les réseaux sociaux sont devenus essentiels pour se faire connaître, et nous avons la chance d’avoir une communauté bienveillante qui comprend notre démarche et nous soutient.
Sans forcément tout divulguer, pourriez-vous nous parler de vos projets à venir et/ou nous donner quelques petites informations exclusives « croustillantes » ?
On pourrait tout vous révéler… mais il faudrait ensuite vous tuer ! Plus sérieusement, on garde encore quelques surprises bien au chaud. Il y aura très certainement d’autres titres issus de l’âge d’or de Full Moon, cette époque bénie des vidéoclubs qu’on adore tout particulièrement.
Et autant dire qu’il reste encore pas mal de pépites à exhumer…
Un dernier mot pour la route ?
On n’a pas fini de déterrer des films que vous pensiez perdus… et ça ne fait que commencer.

Nous remercions infiniment Nico et Thomas de Vidéo Popcorn Éditions pour le temps qu’il nous a accordé. Merci encore pour tout leur travail et longue vie au format physique.
Vous pouvez retrouver Vidéo Popcorn Éditions et vous abonner à leurs différents réseaux sociaux ci-dessous :
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