[Film] Amsterdamned, de Dick Maas (1988)

Le corps d’une jeune femme est retrouvé dans un des canaux d’Amsterdam. Elle a été victime d’un crime affreux. Erik Visser est chargé de l’enquête quand d’autres crimes de même nature sont commis.


Avis de John Roch :
Passionné de séries B US, Dick Maas sort de l’Académie du cinéma d’Amsterdam avec un objectif clair : montrer qu’on peut faire du cinéma populaire et spectaculaire, à l’Américaine, aux Pays-Bas. Avec son premier long-métrage, L’Ascenseur, il signe un film qui fait un carton et le fait remarquer à l’international. Il s’essaie par la suite à la comédie avec Flodder, énorme succès au box-office Hollandais (6e place des plus gros succès du cinéma Néerlandais de tous les temps) qui donne un coup de boost à sa boite de production, lui permettant de financer directement Amsterdamned dans la foulée. Question concept insolite, Dick Maas se pose là. Ainsi après l’ascenseur dopé aux microprocesseurs organiques qui se met à tuer des gens, place au tueur en combinaison de plongée qui se balade dans les canaux d’Amsterdam, occasion pour le réalisateur de livrer sa vision de l’office du tourisme de Amsterdam. Une idée qui peut prêter à sourire mais qui fonctionne plutôt bien, du moins lorsque Dick Maas ne se perd pas dans une intrigue pas très passionnante qui ne justifie en rien une durée excessive de 1h53, bien trop long pour un pitch qui tient en se forçant sur deux phrases : un homme grenouille sème la terreur aux abords des canaux de Amsterdam. A l’acteur fétiche de Dick Maas, Huub Stapel, de mener l’enquête pour arrêter le forcené.

Pour étoffer tout cela, Dick Maas développe la personnalité d’un inspecteur de police désabusé pour la simple raison que c’est un bon flic, sa relation avec sa fille et c’est un si bon père qu’il la laisse jouer avec son flingue, celle avec son meilleur ami avec qui il a un différend amoureux, puis le met au centre d’un triangle amoureux composé d’une plongeuse et d’un psy. Ça s’enchaine un peu aléatoirement, tout ce qui se met en place est laissé sur le côté à un moment ou à un autre et bien qu’il faille reconnaitre le dynamisme de la seconde moitié de Amsterdamned, on ne peut pas en dire autant de la première qui peine un peu question rythme. Ce n’est pas un film à bouder pour autant car c’est lorsqu’il se concentre sur son concept qu’il devient une petite réussite en soi.

Déjà, Dick Maas réussit à éviter le ridicule. Il est clair que le réalisateur ne pouvait pas faire de son boogeyman un émule de Jason parce que lancer un plongeur palmes aux pieds à la poursuite d’adolescentes, c’était l’air con assuré. A la place, il est laissé dans son élément et le réalisateur, également scénariste de la chose, a doublé d’effort pour que chaque scène fonctionne,non sans humour, certaines étant même bien fichues bien qu’il soit regrettable que ça manque de meurtres plus graphiques, le métrage étant timide en la matière. Et puisque Dick Maas est généreux, il case aussi des scènes d’action, dont une longue et spectaculaire poursuite en hors-bord à travers les canaux d’Amsterdam. Au final, même s’il aurait clairement gagné à être allégé d’une bonne vingtaine de minutes, Amsterdamned réussit son pari, faire de son concept casse gueule une série B généreuse et tout ce qu’il y a de sympathique.

LES PLUS LES MOINS
♥ Le concept fonctionne
♥ Des scènes bien fichues
♥ C’est généreux
♥ La poursuite en hors-bord est cool
⊗ C’est trop long pour ce que c’est
⊗ Question scénario, dès que ça s’éloigne du concept ce n’est pas très intéressant

S’il aurait clairement gagné à être allégé d’une bonne vingtaine de minutes, Amsterdamned réussit son pari : faire de son concept casse gueule une série B généreuse et tout ce qu’il y a de sympathique.



Titre : Amsterdamned
Année : 1988
Durée : 1h53
Origine : Pays-Bas
Genre : Plongée
Réalisateur : Dick Maas
Scénario : Dick Maas

Acteurs : Huub Stapel, Monique van de Ven, Serge-Henri Valcke, Hidde Maas, Wim Zomer, Lou Landré, Tatum Dagelet, Edwin Bakker


5 1 vote
Article Rating

Auteur : John Roch

Amateur de cinéma de tous les horizons, de l'Asie aux États-Unis, du plus bourrin au plus intimiste. N'ayant appris de l'alphabet que les lettres B et Z, il a une nette préférence pour l'horreur, le trash et le gore, mais également la baston, les explosions, les monstres géants et les action heroes.
S’abonner
Notifier de
guest

0 Commentaires
le plus ancien
le plus récent le plus populaire