Un assassin issu d’un clan sinistre, maître dans le maniement des épées, se retrouve soudain trahi par ses propres compagnons, perd un bras et tombe dans un précipice. Le fleuve qui coule en contrebas l’emporte jusqu’à la maison d’une famille qui soigne le jeune homme et lui donne un nouveau sens à sa vie. Mais notre héros ne peut pas rompre avec son passé : son ancien maître le retrouve et veut achever ce qu’il a commencé.
Avis de Cherycok :
Je vous parlais il y a quelques mois de Invincible Swordsman, production de Wong Jing s’apparentant plus à un DTV de luxe qui avait la particularité de donner un petit rôle à Sammo Hung, ce qui avait attiré certains amateurs de cinéma de Hong Kong. Au final, c’était la déception et ce remake déguisé de Swordsman 2, bien que malgré tout vaguement divertissant, n’avait pas grand-chose pour lui. On va s’intéresser aujourd’hui à Swords Drawn, deuxième film du réalisateur Luo Yi-Wei qu’il a mis en boite juste avant Invincible Swordsman pour les plateformes de SVOD chinoises, un DTV à la réputation pas trop catastrophique jusque dans sa moyenne de 5.3/10 sur Douban (le IMDB chinois). Et au final, cette moyenne de 5.3/10 est assez juste car Swords Drawn n’est ni bon, ni mauvais, il se situe au milieu de la masse de wu xia pian fantasy du genre dont les plateformes de SVOD du genre iQiYi ou Youku raffolent. En gros, ça se regarde, mais ce n’est pas fameux.

L’intrigue du film mélange énormément d’éléments et rapidement, il devient un peu confus. Confus n’est peut-être pas forcément le bon terme, mais on a parfois l’impression que deux films différents ont été mixés tant bien que mal pour un résultat qui a le cul entre deux chaises. D’un côté, on a un wu xia pian fantasy qui va aussi bien manger du côté de One-Armed Swordsman ou The Blade que de The Magic Crane et de ses voyages aériens en grue géante, le tout avec une tonalité assez sombre. De l’autre, on a des scènes lorgnant carrément du côté de la comédie familiale avec toute une tripotée de personnages secondaires plus ou moins farfelus qui vont petit à petit reléguer le héros au second plan, amenant la confusion citée plus haut avec des dialogues un peu trop présents et surtout pas bien intéressants. Certes, le duo interprété par Fan Tian-Tian (Detective Chinatown 2) et l’acteur HK Jackie Lui (The Mission, Goodbye Mr Cool) est de plus charmants et chaleureux, mais cela ne profite jamais au récit. Les, parfois trop longs, flashback ne viennent eux aussi qu’amener de la confusion et affaiblissent l’impact d’une intrigue qui n’avait pas forcément besoin de ça, déjà pleine d’incohérences. Dommage car dans leur ensemble, bien que peu profonds, les personnages sont suffisamment caractérisés pour qu’on s’attache à eux, mais on a parfois l’impression que le scénario ne sait pas réellement quoi en faire. Dans les petits couacs, on pourra également parler du manque de charisme de Chen Ming-Hao, qui interprète le héros, qui ressemble à beaucoup de ces nouveaux acteurs chinois de séries ou de DTV, tous lisses, presque interchangeables, toujours affublés des mêmes coiffures / costumes. Son jeu n’est pas mauvais, mais il est trop fade pour réellement retenir l’attention. On comprend que le film veut en faire une incarnation de l’esprit du chevalier errant, mais cela ne fonctionne pas vraiment. La relation amoureuse entre son personnage et celui de Jacinda Li est d’ailleurs trop rapide et ne retient à aucun moment l’attention.

Par contre, dès que le film part dans ses délires wu xia pian très fantasy, il se lâche complètement et le résultat est des plus divertissants. Alors il faut aimer le genre jeu vidéo live, avec du CGI à foison qui n’a pas peur du gigantisme et d’envahir l’écran de détails, mais pour un DTV de 2022, un soin tout particulier a été apporté aux très nombreux effets numériques, que ce soit les créatures que les nombreuses attaques magiques. Même si c’est loin d’être parfait, on sent réellement qu’une grosse partie du budget a été réservée pour ces nombreux effets numériques qui sont clairement l’attraction principale du film avec les scènes d’action qui les accompagnent. On va assister à un véritable tourbillon de sorts, de combats au corps à corps avec des attaques spéciales, et une grande imagination a été déployée afin de faire plaisir au spectateur friand de ce genre d’images où ça fourmille de partout, où les armes se multiplient avant de voler dans tous les sens, où le maitre mot semble être « épique ». Serpent géant à neuf têtes, ninjas virevoltants, vagues d’énergie, grue géante, pluies d’épées, démon géant, mains gigantesques, boules de feu, … Le réalisateur / scénariste semble avoir vu les délires visuels du Crazy Kung Fu de Stephen Chow et semble avoir eu envie de multiplier ça par cent. On sent bien que c’est cette action qui intéressait Luo Yi-Wei car ce sont clairement les moments les plus soignés, ou tout du moins les moments où on sent qu’il y a une réelle implication et sincérité de la part de toute l’équipe technique. Quand on voit comment certains DTV de la même époque avaient des fonds verts dégueulasses et des monstres en CGI mal incrustés, on ne peut que saluer la réussite de Swords Drawn à ce niveau. Certes, cela ne sauve pas le film, ses tares à côté de ça sont trop importantes, mais cela lui permet d’être sincèrement regardable et même souvent amusant si on part du principe qu’on va assister à une sorte de manga vidéoludique live de 1h25.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Des scènes d’action délirantes ♥ Un jeu d’acteur honnête ♥ Visuellement soigné |
⊗ Un rythme en dents de scie ⊗ Un héros qui manque de charisme ⊗ Un scénario bancal |
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| Avec son visuel étonnement soigné, son action généreuse et sa grande imagination, Swords Drawn reste un divertissement regardable, malheureusement plombé par de trop grandes tares dès qu’on sort des scènes d’action. | |

Titre : Swords Drawn / 蜀山传:万剑归宗
Année : 2022
Durée : 1h24
Origine : Chine
Genre : Wu xia pian fantasy
Réalisateur : Luo Yi-Wei
Scénario : Luo Yi-Wai, Ke Meng-Sha
Acteurs : Chen Ming-Hao, Jacinda Li, Jackie Lui, Fan Tian-Tian, Yang Shu-Feng, Bi Xue, vivi Sheng Wei, Guo Jia-Nan, Crystal Xu, Dong Zuo-Hang, Fang Siao-Mo, Wang Xing-Jun


















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