[Dossier] PM Entertainment: tout feu, tout flamme

Au début des années 80, un nouveau marché explose : le vidéo-club. Un nouveau marché à la demande si forte qu’il fallait l’alimenter coûte que coûte. De la série B produite par Roger Corman, à la série Z réalisée par Fred Olen Ray, sans oublier les SOV, ces films directement tourné en vidéo suite à la démocratisation du caméscope, tout le monde pouvait tourner son film avec un peu d’investissement. A la fin de la décennie, la donne est tout autre, le marché est saturé et l’horreur ne fait plus recette dans les salles. Trop de slasher movies, de suites, et comme toute mode il y a des piliers commerciaux. Le public se lasse de Jason qui massacre des adolescents et la Freddy mania passe, les sagas Vendredi 13 et Freddy n’attirent plus les foules et lorsque des piliers se cassent la gueule, le reste suit. L’horreur se renouvelle, elle devient plus réflective. Fini les tueurs sans cervelle et les monstres en latex, et place aux méchants plus sophistiqués. De plus, les grandes majors jusqu’ici pas encore totalement implantées vont inonder les étagères des vidéo-clubs et quand il faut faire de la place, ce qui n’est plus rentable dégage. Si le rayon horreur diminue, en face il y a un rayon qui n’a pas été touché par les bouleversements du cinéma à l’aube des années 90, alors qu’il aurait pu subir le même sort. Car la fin des années 80, c’est aussi le déclin des action heroes, l’action bourrine ne déplace plus autant les foules, pas plus que les one man army de la Cannon. Désormais, le nouveau héros de film d’action n’est plus une armée à lui seul, il a de personnalité et parait vulnérable, facilitant l’identification au public. C’est aussi l’émergence du cinéma Hongkongais qui redéfinissait la manière de filmer l’action, du buddy movie mais aussi du film de Kickboxing suite à l’impact Bloodsport et la soudaine popularité de Jean-Claude Van Damme. C’est ça qui fonctionne désormais et tout comme le film d’horreur avant lui, le film d’action va connaitre un âge d’or dans les vidéo- clubs. Tout ça, Richard Pepin et Joseph Merhi l’ont compris et arrivent au bon moment en fondant PM Entertainement. Durant les années 90, PM était familière des étagères des vidéo-clubs, c’est même la boite la plus emblématique qui a surfé sur toute les vagues : le film de kickboxing, le sous-die Hard, le buddy movie, le thriller érotique, le film d’action pur, la science-fiction et même des films familiaux, tous ont en commun la touche maison de PM : des poursuites automobiles, de la tôle froissée, de la baston, des gunfights et bien évidement des explosions.

1989 : quand soudain…

A l’âge de douze ans, Joseph Merhi a une illumination lorsqu’il voit pour la première fois Humphrey Bogart sur un écran : ce qu’il veut faire, c’est du cinéma. Quelques années plus tard, il part de sa Syrie natale pour les États-Unis avec 400 dollars en poche. En 1972, il vit de petits boulots dans les restaurants en tant que plongeur avant de gravir les échelons pour devenir manager. En 1977, il ouvre son premier restaurant à Las Vegas, qui deviendra une chaine de pizzeria. En 1984, il revend tout et part à Hollywood tenter sa chance dans le cinéma. On sait peu de chose sur Richard Pepin, si ce n’est qu’il est né en 1948 et qu’il est entré dans le monde du cinéma par la petite porte, celle du porno où il a été directeur de la photographie sur une dizaine de films sous le pseudonyme de Rick Christopher. Il s’associe avec Joseph Mehri et Ronald L. Gilchrist en 1986 pour fonder City Light Entertainment. Des films tournés vite pour pas cher destinés aux vidéo-clubs, des slashers pour la plupart. Joseph Merhi y fera ses débuts de réalisateur avec Mayhem, le premier d’une dizaine entre 1986 et 1989, jusqu’à trois par an. Sorti du porno, Richard Pepin peut enfin utiliser son vrai nom en tant que directeur de la photographie. Le tournant vient en 1989, suite à des désaccords, le trio éclate. Ronald L. Gilchrist part de son côté avec City Light Entertainment et se réserve les droits de tous les films sortis ou en production. Richard Pepin et Joseph Merhi restent associés et fondent PM Entertainment. La méthode ne change pas par rapport à City Light Entertainment : tourner vite et pour pas cher, des films destinés aux vidéo-clubs s’adaptant aux modes du moment. La seule différence pourrait être finalement le public visé, mais qu’elle soit horrifique ou explosive, une série B reste une série B, l’objectif est de donner au spectateur ce qu’il est venu louer, et ça PM va le faire plus que généreusement.

L.A. Heat, 1989


La première production PM sort en Janvier 1989, il s’agit de L.A. Heat (Pour la mort d’un flic), et c’est mauvais. Le film ressemble à ce qu’il est : une production de 175.000 dollars tournée en vidéo à l’arrache dans les rues de Los Angeles, mal jouée, mal filmée, mal montée et trop limité budgétairement pour donner quelque chose de correct en action, le film n’a finalement pour lui que sa valeur historique car après tout, il est le premier PM. Le film sera un grand succès dans les vidéo-clubs, permettant ainsi à son héros, Jon Chance, de revenir dans deux suites : L.A. Vice sorti la même année et Chance l’année suivante. Mais ce n’est pas le seul succès de PM dans sa première année d’existence. Il y a par exemple Midnight Warrior (Faits Divers à La Une), qui témoigne de la puissance marketing que peut avoir une jaquette, car c’est en ressortant le film en VHS avec un visuel plus aguicheur (un beau gosse, une nana avec un flingue, un hélicoptère et une explosion en arrière-plan) qu’il s’est mis à se vendre, alors qu’il s’agit d’un thriller qui préfigure avec 25 ans d’avance Nightcrawler (Night Call). Fort de la rentabilité du marché de la VHS, PM va petit à petit augmenter ses budgets, proposer des métrages techniquement plus soignés et commencer à filmer des scènes d’action qui vont de plus en plus ressembler à ce qui va faire le succès de PM. Ce sera par exemple le cas de Sinners, dans lequel on retrouve des explosions, de la tôle froissée, des cascades et si le métrage ne bénéficie pas de la présence de John Travolta, il y a son frangin Joey Travolta.

Sinners, 1990

Car les budgets grandissants permettent également de recruter des têtes d’affiche, ou du moins des têtes reconnaissables pas chères. D’un côté, des acteurs sur la pente descendante comme Wings Hauser (qui réalisera deux films pour PM : Coldfire et Living To Die, tous deux en 1990), Eric Estrada, Traci Lords, Richard Roundtree ou Karen Black. De l’autre, Richard Pepin et Joseph Merhi ne peuvent ignorer le succès des films de Kickboxing, il se lanceront donc dans la vague en recrutant des têtes qui commencent à se faire connaitre dans les vidéo-clubs, à commencer par Don « the dragon » Wilson qui cartonne chez Roger Corman et commencera une petite carrière chez PM à partir de 1991 avec Ring Of Fire (Le Cercle de Feu), le premier opus d’une trilogie. Puis Lorenzo Lamas qui connaitra un capital sympathie avec la série Le Rebelle qui sera diffusée à la télévision en 1992, la même année que la sortie de sa première collaboration avec PM : Final Impact (). On trouve également en 1992 deux cas particuliers à signaler : Deadly Bet () et Maximum Force (Force Maximum) pour la simple et bonne raison qu’il s’agit de deux productions PM à être sorties en salles, aux Philippines et en Corée du Sud pour le premier, au pays du matin calme uniquement pour le second.

Ring Of Fire, 1991

En 1993, PM monte encore en puissance et c’est une année faste pour Joseph Merhi et Richard Pepin. Ce dernier passe le cap de la réalisation avec Fist of Honor, le premier d’une série de films aux budgets qui se situent désormais autour du million de dollars. La même année, il met également en scène Firepower et c’est là que les choses vont vraiment commencer à changer. La formule PM prend réellement forme : un rythme effréné, des bastons et des gunfight à gogo, des poursuites automobiles dans les rues de Los Angeles et des explosions. C’est aussi l’arrivée d’un certain Gary Daniels dans l’écurie PM et un film qui se démarque par son ambiance futuriste. Un choix pas si étonnant car sur le marché de la vidéo, il faut être à l’affût du moindre succès, d’une potentielle vague ou mode, ou changement d’habitudes des consommateurs et être réactif. Dans le royaume de la série B, le rip-off est roi, PM va s’adapter au marché et se diversifier en mélangeant ses ingrédients à ce qui marche. L’heure est aux Androïdes, aux cyborgs, aux nouvelles technologies et aux aliens ? PM rétorque avec T-Force, Cyber Tracker 1 et 2, Steel Frontier, Hologram Man, The Silencers, Dark Breed et The Sender (L’armée du silence). Les anciennes stars du film d’action font désormais des films familiaux ? Pas de problème, chez PM on n’a pas Chuck Norris et son Sidekick, mais on a Don « the dragon » Wilson qui rend service à un de ses fans dans Magic Kid.

Firepower, 1993

PM est partout, en se basant sur les succès du moment, Richard Pepin et Joseph Merhi alignent des navets, des nanars, des bons films, casent des explosions dans leurs films familiaux, et gonflent encore plus les budgets. Ce qui va permettre aux castings de s’étoffer : Robert Patrick, Jack Scallia, C. Thomas Howell, Michael Madsen, John Saxon, William Forsythe, Cynthia Rothrock, Donald Sutherland mais aussi de recruter derrière la caméra. On considère que PM a atteint son apogée entre 1995 et 1997, et à raison avec les métrages de folie que sont The Sweeper (L’Exécuteur), Rage, Recoil (À Chacun Sa Vengeance) et Riot (Émeute à Los Angeles). Autant de séries B d’action carrées qui auraient très bien pu sortir en salles sans avoir à rougir face à la concurrence (du moins en termes d’action), montrant la volonté de PM de gagner en prestige et en qualité, mais ces métrages ont surtout en commun un nom qui fait la différence : Spiro Razatos. Spiro Razatos ne fait pas que de prendre à cœur son boulot de réalisateur de seconde équipe, il offre un prolongement de ce que souhaitaient Richard Pepin et Joseph Merhi en se l’appropriant pour en faire ce qui est autant un terrain d’expérimentation qu’un terrain de jeu. Spiro Razatos peut se vanter d’avoir mis PM sur orbite, les amateurs de B movies d’action aussi. Témoin de la montée en puissance de PM également, le développement d’une série pour la télévision.

Recoil, 1998

PM n’a pas fait que d’exploser les vidéo-clubs, la télévision a également subit quelques déflagrations. Il n’aura pas fallu attendre longtemps aux USA car lorsque PM est fondé, Richard Pepin et Joseph Merhi concluent un deal avec HBO pour la diffusion de leurs productions. En France, il faudra compter sur TF1 qui créée en 1993 Hollywood Night. Si dans l’inconscient collectif, Hollywood Night est synonyme d’érotisme et de nénés Californiens siliconés, il y avait également des pilotes de séries TV avortées et des films du catalogue PM. Seront diffusés entre 1993 et 2000 (Hollywood Night s’arrêtera en 1997 pour être remplacé par Made In America, c’est la même chose mais sous un autre nom) CIA Code Name: Alexa (CIA: Nom De Code Alexa), CIA II: Target Alexa (Avec Les Compliments D’Alexa), Last Man Standing, Riot, The Sweeper, Skyscraper (Un Gratte-Ciel en Otage), Executive Target (Pleins Feux Sur Le Président) ou encore Recoil. Mais Richard Pepin et Joseph Merhi ne se sont pas arrêtés à la diffusion de leurs œuvres, les productions PM ont eu leur pendant télévisuel avec Los Angeles Heat. L.A. Heat, qui n’a rien à voir avec le film, c’est comme un film PM mais sur 48 épisodes, une série explosive donc mais qui n’aura le temps de briller que le temps de deux saisons. Commencée en 1996, la série cartonne à l’international, notamment en Allemagne où elle bat des records d’audience. En France, elle est diffusée sur M6 à partir de 1997. Le problème, c’est que L.A. Heat ne trouvera pas preneur à la télévision Américaine avant 1999, soit un an après son annulation. Ajoutez à cela que malgré l’utilisation de stock shots des films PM pour faire des économies, une série coute plus cher à produire qu’un film, que la face de l’action est alors en plein changement et on comprendra pourquoi une potentielle saison 3 annoncée à l’aube des années 2000 ne s’est jamais concrétisée. Dommage pour cette série qui est arrivée trop tard aux États-Unis pour avoir le succès qu’elle méritait. Mais L.A. Heat n’est pas la seule tentative de PM de s’imposer dans l’univers des séries télévisées. Dans un tout autre registre il y a également Hollywood Safari, adaptation en série du film familial du même nom avec Don « the dragon » Wilson qui venait faire coucou. Ça n’a duré qu’une saison, le temps de 19 épisodes, avant de disparaitre dans les limbes et rien qu’à la gueule du générique, ça peut se comprendre.

The Sweeper, 1996


L’aventure télévisuelle s’est soldée par un échec malheureux qui marque le début de la fin de PM, précipitée par plusieurs facteurs. Le premier, c’est l’ambition de Jospeh Merhi et Richard Pepin qui arrive en plein âge d’or, mais qui paradoxalement arrive trop tard. En 1997, la société investit dans des installations réparties sur 6 hectares. On y trouve quelques 11000 mètres carrés de bureaux, de plateaux de tournage et de salles de post-production. Tout ceci a un cout que le marché de la vidéo n’arrivera plus à couvrir. Nous sommes à la fin des années 90, et tout comme le film d’horreur la décennie précédente, le film d’action va lui aussi prendre du plomb dans l’aile. La face du cinéma change à nouveau à l’aube du nouveau millénaire, les vidéo-clubs commencent doucement mais surement à s’éteindre, la VHS laisse peu à peu sa place au DVD, les films de kickboxing et les B movies d’action sont passés de mode sauf dans quelques pays comme l’Allemagne qui est friande de ce genre de métrages, les distributeurs allant jusqu’à mettre la main à la poche et commander des films d’action auprès des producteurs Américains. Seulement, ils deviennent plus exigeants sur les castings et veulent des noms bankable. Faire tourner par exemple Jean Claude Van Damme dans Inferno, même si sa carrière commençait à être branlante à la fin des années 90, coute bien plus cher que Don « the dragon » Wilson ou Jeff Wincot. PM essaiera bien de résister en s’adaptant au marché en donnant par exemple dans le film catastrophe mais ça ne suffira pas. Le marché de la vidéo est sur le déclin et PM, dont le modèle économique s’est entièrement reposé sur la VHS, a logiquement suivi.

Rage, 1996

L’ultime tournant arrivera en 2000 lorsque Jospeh Merhi et Richard Pepin revendent PM Entertainment à The Harvey Entertainment Company pour 6.5 millions de Dollars cash, auxquels s’ajoutent quelques millions en action et en reprise de dettes. Le problème, c’est que des dettes, The Harvey Entertainment Company va également en écoper. Initialement Harvey Comics, The Harvey Entertainment Company possède plusieurs personnages de bandes dessinées extrêmement populaires aux USA tels que Casper le gentil fantôme et sa pote Wendy la gentille petite sorcière ou encore Richie Rich. À la fin des années 80 la société intensifie les produits dérivés pour capitaliser sur ses licences, ce qui mènera à deux films qui auront du succès : Richie Rich en 1994 et Casper en 1995. Fier de son incursion dans le cinéma, The Harvey Entertainment Company décide de poursuivre dans cette voie. En 1999 de nouveaux investisseurs intensifient une stratégie qui va dans cette voie en acquérant des catalogues et en intensifiant les productions destinées au marché de la vidéo, exactement ce qu’il ne fallait pas faire au début des années 2000. Des documents officiels révèlent que la direction a reconnu que sa stratégie n’avait pas fonctionné mais le mal est fait : la société est endettée et doit vendre pour rembourser ses dettes. A partir de 2001, The Harvey Entertainment Company revend à peu près tout ce qu’il possède, même ses droits sur ses personnages de bandes dessinées. En 2003, c’est au tour du catalogue PM, qui passera chez Echo Bridge Entertainment, qui revendra les plus de 140 films et les deux séries tv à FilmRise en 2021, qui s’en séparera quatre ans plus tard pour tout refourguer à Lionsgate Studio qui a ce jour reste le détendeur des droits des films PM. Le dernier film produit par Richard Pepin et Joseph Merhi pour PM Entertainment est daté à 2000 et se nomme Epicenter (avec Gary Daniels, Traci Lords et Jeff Fahey). Depuis, Joseph Mehri s’est éloigné des plateaux de tournage et est désormais entrepreneur dans l’immobilier. Richard Pepin quant à lui est décédé dans l’indifférence générale le 14 Aout 2025.

T-Force, 1994


La liste des acteurs ayant participé à des productions PM est longue, très longue. Mais il y en a qui se sont démarqué ou plus investis que d’autres, aussi bien devant que derrière la caméra.

The Silencers, 1996


Lawrence Hilton-Jacobs

Lawrence Hilton-Jacobs vit de petits boulots avant de découvrir le monde des arts. Il étudie à à la High School of Art and Design de New York avant de se former au sein de la Negro Ensemble Company et de l’Al Fann Theatrical Ensemble. Après plusieurs pièces de théâtres, il décroche ses premiers rôles au cinéma et à la télévision. Lawrence Hilton-Jacobs devient le premier héro de PM Entertainment en interprétant Jon Chance dans la première production de la société : L.A. Heat. Suite au succès du film dans les vidéo-clubs à sa sortie en 1989, il replongera dans la peau de son personnage dans deux suites, L.A. Vice et Chance, et fera un caméo dans Angels Of The City, qu’il réalise et scénarise. Il mettra également en scène pour Richard Pepin et Joseph Mehri Quiet Fire en 1991. La même année que L.A Vice, on le retrouve également à l’affiche de East L.A. Warriors, il fera également partie du casting de Firepower à titre uniquement vocal.

L.A. Heat, 1989


Don « the dragon » Wilson

Onze titres de champion du monde dans trois catégories et six organisations, quinze fois champion national sur quatre continents. Tel est le palmarès de Don Wilson, considéré à son époque comme le plus grand champion de kickboxing au monde. Une réputation qui n’échappe pas à Roger Corman qui, après avoir lu un article sur Wilson, décida de l’engager pour tourner Bloodfist. Le film fut un hit des vidéo-clubs, enfantera 7 suites et lança la carrière de Don « The Dragon » Wilson au cinéma. C’est la mode du film de kickboxing et tout le monde veut son Jean-Claude Van Damme, ou du moins un artiste martial capable de créer la surprise et faire rentrer un maximum d’argent dans les caisses. Chez PM on ne peut pas passer à coté d’un visage qui commence à s’imposer sur les étagères des vidéo-clubs, ou du moins pas encore. Car l’arrivée de Don « The Dragon » Wilson chez PM, on la doit au désistement de Loren Avedon. Le pratiquant et ceinture noire de Taekwondo et d’Hapkido a refusé un deal de 3 films car il voyait plus grand et attendait une opportunité plus prestigieuse, décision qu’il regrette aujourd’hui. Ces trois films, c’est Ring Of fire, Out For Blood et Cyber Tracker, soit certains des plus gros succès de PM. Tout en continuant de tourner pour Roger Corman, Don « The Dragon » Wilson commence sa carrière chez PM avec le premier film susmentionné qui deviendra une trilogie, on le retrouvera aussi au générique de Cyber Tracker 2. Devenu l’une des têtes d’affiche les plus populaire des vidéo-clubs, Richard Pepin et Joseph Mehri le feront également tourner dans des productions familiales maison comme Magic Kid et Hollywood Safari. Impliqué dans sa collaboration avec PM, Don « The Dragon » Wilson est également actif derrière la caméra, on lui doit le scénario de Lion Strike (Le Cercle De Feu 3) et on le retrouve en tant que producteur associé sur Cyber Tracker 1 et 2, Out For Blood et Ring Of Fire.

Cyber Tracker 2, 1995


Jack Scalia

S’il fallait choisir l’acteur qui incarne le visage premium haut de gamme de PM, ce serait sans aucun doute Jack Scalia. Au départ promis à une belle carrière dans le Baseball en tant que lanceur avant qu’une blessure ne le force à revoir ses plans de carrière, Jack Scalia devient dans les années 70 un mannequin très demandé, ce qui lui ouvre naturellement les portes de la télévision. Il devient un visage récurent du petit écran Américain, enchainant les rôles dans des téléfilms à succès puis dans des séries comme Dallas et Tequila Et Bonetti. Avec son physique et sa gueule qui en font un type de modèle masculin à la Richard Gere ou Robert Redford et son omniprésence à la télé, Jack Scalia c’est techniquement plus nos mamans qui sont censées s’en souvenir, mais c’est sans compter sur sa carrière qui a pris une autre tournure dans les années 90. Chez PM, il trouve une seconde jeunesse en participant à des productions explosives mais pourtant, il tournera pour la première fois pour Richard Pepin et Joseph Mehri dans la comédie romantique (et sans explosions) Amore! . Il tournera trois autres films pour PM et pas des moindres puisqu’il affrontera la T-Force, des aliens moches dans The Silencers et des aliens encore plus moches dans Dark Breed, trois films où il est également crédité comme producteur associé, auxquels on peut rajouter le film familial Storybook.

T-Force, 1994


Gary Daniels

Pratiquant de kung-fu, de Tae Kwon Do, de kickboxing, de Muay Thai, de Taijutsu et l’Aikido et de Sillum Wong ka Kune au palmarès impressionnant, Gary Daniels fait ses premiers pas dans deux films d’action philippins à petit budget. Il rentre à Los Angeles où il commence sa carrière dans des films d’action à petit budget destinés au marché de la vidéo. Chez PM Entertainment, sa première apparition est dans Le Cercle De Feu, puis dans Final Impact et Deadly Bet. Conscient du potentiel du bonhomme, Richard Pepin et Joseph Mehri vont en faire une véritable star du B movie d’action en le propulsant dans les premiers rôles de ce qui est le zenith de PM. Appelé la trilogie des R, Rage, Recoil et Riot prouvent que l’acteur, au milieu des explosions orchestrées par le coordinateur de cascades Spiro Razatos, avait les compétences martiales et le charisme nécessaire pour percer. Pour PM, Gary Daniels tournera également Firepower et Deadly Target, il est également producteur associé sur la trilogie des R.

Recoil, 1998


Ted Jan Roberts

Ted Jan Roberts n’est pas le nom auquel on pense instantanément lorsque l’on parle de PM. Pourtant, ce jeune acteur décédé en 2022 n’est pas à oublier car il a incarné pendant près d’une décennie le pendant familial et adolescent de Don « the dragon » Wilson et autres Jeff Wincot. Ted Jan Roberts a joué dans Magic Kid et sa suite, A Dangerous Place, The Power Within dont il chorégraphie les combats. En plus d’être acteur, il est également producteur associé sur Tiger Heart et Hollywood Safary, Il reprendra d’ailleurs son rôle dans la série TV du même nom, annulée après 19 épisodes.

Magic Kid, 1993


Deron McBee

Impossible de parler série B des 90’s sans évoquer quelques gueules, des seconds couteaux qui ont marqué par leur seule présence devant la caméra. Joueur professionnel de Racquetball, gladiateur originel de Amercican Gladiator, pratiquant de Karaté, catcheur semi professionnel à ses heures perdues, physique, gueule et look de surfer Californien… il y a des profiles qui ne trompent pas, celui de Deron McBee était idéal pour le monde de la série B des années 90. PM ne s’y est pas trompé et fera de Deron McBee un second couteau reconnaissable entre mille. Membre de la T-Force, il est également au casting de Out For Blood et Cage 2. Mais c’est surtout dans Skyscraper que Deron McBee va marquer les esprits en surjouant à mort face à la trop monolithique Anna Nicole Smith jusqu’à faire des trucs bizarres avec sa mâchoire, sauvant ainsi cette piètre production PM de la catastrophe absolue. Après quelques rôles par ci et par là (dont le Techno Z de luxe Mortal Kombat : Destruction Finale), il a abandonné sa carrière d’acteur pour se consacrer à sa passion pour la peinture. Homme de foi, il est impliqué dans le ministère Chrétien.

Skyscraper, 1996


Evan Lurie

L’autre second couteau de PM reconnaissable entre mille, au parcours intéressant. Passionné d’art, Evan Lurie a passé son enfance entre les États-Unis et l’Europe. Parlant cinq langues, il a facilité le contact entre artistes Européens et collectionneurs d’art Américains, il possède aujourd’hui une chaine de galeries d’art reconnue aux USA. En ce qui concerne le septième art, Evan Lurie, malgré son physique imposant et une gueule comme on en verra plus au cinéma, n’aura joué que dans 13 films, dont 3 pour PM. Membre de la T-Force, il sera également à l’affiche de Ring Of Fire 2 (Le Cercle De Feu 2) et jouera le méchant de Hologram Man

T-Force, 1994


PM Entertainment c’est bien évidement Richard Pepin et Joseph Merhi, mais pas que. La société n’aurait pas été la même sans quelques-uns des noms récurrents derrière la caméra.

Executive Target, 1997


George Shamieh

Le troisième homme. Lors de la création de PM Entertainment en 1989, George Shamieh rejoint la société en tant que troisième associé. Si son nom est toujours resté dans l’ombre, c’est peut-être parce qu’il n’est ni producteur, ni réalisateur ou directeur de la photographie. Son poste a néanmoins une importance capitale puisqu’il a été responsable des ventes sur le territoire Américain et surtout à l’international, et dans les années 90 sur le marché de la vidéo, savoir vendre sa marchandise était la tache numéro une. La distribution vidéo, le marché international et la télévision, tout ça c’était George Shamieh qui aura contribué au succès de PM Entertainment dans le monde. C’est à lui que PM doit le deal signé avec HBO en 1989 et les préventes des films à l’international, assurant ainsi une sécurité de revenus. Après le rachat de la boite par The Harvey Entertainment Company, il restera seul à la tête de ce qu’il reste de la société, mais les restructurations en interne et son départ en 2003 marqueront la véritable fin de PM Entertainment.

Hologram Man, 1995


Jacobsen Hart

Si on jette un œil à sa filmographie, on peut dire que Jacobsen Hart était un fidèle parmi les fidèles. Normal, il n’aura travaillé dans l’industrie cinématographique que pour Richard Pepin et Joseph Mehri. Jacobsen Hart a commencé comme acteur dans East L.A. Warriors avant de devenir scénariste d’une quinzaine de films dont Coldfire, Cyber Tracker, Zero Tolerance, T-Force, Rage, The Sweeper. Il s’écrira quelques rôles en passant dans The Power Within, Last Man Standing, Executive Target ou encore Steel Frontier, qu’il réalise par la même occasion.

Cyber Tracker, 1994


William Applegate Jr.

Le second scénariste maison de chez PM. La plume de William Applegate Jr. a donné Skyscraper, The Silencers, Tiger Heart et Riot. Il a également accompagné C. Thomas Howell pour sa courte carrière chez PM, on lui doit le scénario de The Sweeper, Pure Danger et The Big Fall, les deux derniers étant réalisés par l’acteur.

Rage, 1996


Richard Preston, Jr.

Un troisième scénariste maison de chez PM, aussi bien responsable des scripts explosifs (et explosivement con pour certains) de Hologram Man, Cyber Tracker 2, The Silencers, The Sender, Dark Bredd et Recoil, que des scénarios de films familiaux : Little Bigfoot et sa suite Little Bigfoot 2: The Journey Home. Il survit au rachat de PM à qui il livrera en 2001 : Firetrap. Un ultime script avant que PM ne soit à nouveau racheté et ne disparaisse complétement.

Ring Of Fire 2, 1993


Art Camacho

Il y aurait beaucoup à dire sur Art Camacho. Pratiquant de karaté, de kung-fu, de jeet kune do et de boxe, il est le chorégraphe des combats d’une dizaine de productions PM. De Deadly Bet à Cyber Tracker 2 en passant par Deadly Target,Last Man Standing, T-force, Hologram man et quelques autres. Il est également le réalisateur de Recoil, et Little Bigfoot et sa suite Little Bigfoot 2: The Journey Home dont il est le scénariste. Il est toujours en activité aujourd’hui, alternant les casquettes de chorégraphe de combats, scénariste et réalisateur.

Dark Breed, 1996


Spiro Razatos

Le cascadeur de l’extrême. Il y aurait également beaucoup à dire sur Spiro Razatos. De la cascade dans Maniac Cop qui l’a révélé à la saga Fast And Furious, le coordinateur des cascades et réalisateur de seconde équipe au CV qui donne le tournis a traversé toute l’histoire du cinéma d’action, demeurant aujourd’hui l’un des derniers à réfléchir à des cascades en dur plutôt que de faire appel instantanément aux CGI. Pour PM, il donnera tout, des poursuites automobiles pleines de tôles froissées et d’explosion dans tout les sens. Qu’importe le film dans lequel il a été impliqué, il l’a transformé en foire pyrotechnique. Les bouteilles de gaz sur l’autoroute de The Sweeper, le camion qui découpe une limousine en deux de Recoil pendant qu’un cascadeur échappe à l’explosion, l’autre camion qui s’explose sur un bus de Rage propulsant un autre cascadeur dans le ciel, les torches humaines qui tombent des toits, les poursuites automobiles folles… en termes d’action ces films n’ont pas à rougir face à la concurrence, au contraire ils n’ont aucune leçon à recevoir. Avec la trilogie des R, The Sweeper, Last Man Standing et Executive Target, Spiro Razatos a projeté PM sur orbite et il est clair que sans lui, on ne se souviendrait pas de PM Entertainment de la même manière.

Executive Target, 1997


Index évolutif des films chroniqués

Affiche et lien

Description

Note


Lien

Cyber Tracker
1994

Un agent secret se révolte contre ses supérieurs qui terrorisent la population avec leurs tueurs androïdes.

4.0


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Cyber Tracker 2
1995

Après que sa femme ait été kidnappée puis remplacée par un cyborg, un agent fédéral tente de la disculper en affrontant un bataillon d’androïdes meurtriers.

7.5


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Dark Breed
1996

Chargé de retrouver six astronautes mystérieusement disparus, un homme se trouve confronté à de menaçantes créatures.

6.0


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Firepower
1993

Dans un futur proche, les gangs de rue auront leurs propres zones urbaines où les flics ne peuvent pas pénétrer. Deux flics coriaces sont envoyés sous couverture dans l’un d’entre eux pour enquêter sur un remède illégal contre le SIDA. Mais ils doivent d’abord se battre dans un match à mort.

6.0


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Guardian Angel
1994

Ancienne détective, Cynthia McKay est engagée par Lawton Hobs, un riche séducteur, pour être son garde du corps. En effet, la vie de Lawton est menacée par une dangereuse psychopathe, Nina Lindell, qui quelques mois auparavant tua l’amant de McKay. C’est donc l’esprit plein de vengeance qu’elle suit le flamboyant tombeur à travers son univers et se trouve propulsée dans un triangle mortel…

6.0


Lien

Hologram Man
1995

Cinq ans après que le terroriste fou Slash Gallagher a été condamné à un enfermement holographique, il bénéficie d’une audience de libération conditionnelle. Mais une défaillance technique orchestrée par ses complices transforme le criminel en hologramme vivant doté de pouvoirs quasi divins. Il revient alors à Kurt Decoda — le policier qui l’avait arrêté — de l’arrêter.

7.5


Lien

Le Cercle de Feu
1991

Vétéran du Vietnam et médecin, Johnny Woo est un homme paisible. Si tranquille qu’il refuse la bagarre en dépit de sa maîtrise des arts martiaux. En apprenant la mort de son frère dans un tournoi clandestin de kickboxing, Johnny Wood n’a pas d’autre choix que de serrer les mâchoires et les poings. Pris dans le tourment d’une guerre de gangs et de règlements de compte, il trouve enfin les assassins de son frère…

4.5


Lien

Le Cercle de Feu 2 : L'Affrontement
1993

Vétéran du Vietnam et médecin, Johnny Woo est un homme paisible. Si tranquille qu’il refuse la bagarre en dépit de sa maîtrise des arts martiaux. En apprenant la mort de son frère dans un tournoi clandestin de kickboxing, Johnny Wood n’a pas d’autre choix que de serrer les mâchoires et les poings. Pris dans le tourment d’une guerre de gangs et de règlements de compte, il trouve enfin les assassins de son frère…

7.0


Lien

Le Cercle de Feu 3
1994

Discrètement, les chefs des plus grandes organisations criminelles du monde se réunissent. Leur but : se doter d’un arsenal nucléaire. Les empereurs de la pègre n’avaient cependant pas prévu le vol d’une précieuse disquette, élément indispensable à leur plan d’armement, par de petits malfaiteurs. Ils avaient encore moins prévu que celle-ci tombe entre les mains de Johnny Wu, un médecin doté d’une force de frappe peu commune…

5.0


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Rage
1995

L’existence de Alex Gainer est la tranquillité même. Une ravissante épouse, un travail de maître d’école, un joli pavillon… Le tableau du bonheur parfait. Tout vole en éclats le jour où, au terme d’un accident de la route, il se retrouve réduit au rang de cobaye dans un laboratoire contrôlé par les services secrets. Bourré de drogues expérimentales qui le transforment en surhomme, il s’évade, en proie à de terribles et dévastatrices crises de rage…

7.5


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Recoil
1998

Un parrain mafieux se venge du policier responsable de la mort de son fils lors d’un braquage de banque. L’officier déchaîne alors sa fureur en représailles à la mort de sa famille.

8.0


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T-Force
1994

Dans un proche avenir, après une situation d’otage qui a mal tourné, l’option de dernier recours de l’application de la loi, cybernaut unité T-Force, est ordonné d’être démonté. Mais les robots voient cela comme une « menace à leur auto-préservation » et font une série de meurtre. Il appartient au lieutenant de police Jack Floyd et à l’un des cybernauts, qui est sur le côté droit de la loi, de les abattre.

6.0


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The Silencers
1996

Aux Etats-Unis, d’étranges phénomènes se produisent, que les scientifiques ne parviennent pas à expliquer. Des témoins dignes de foi sont persuadés d’avoir été contactés par des extraterrestres sur Terre. De mystérieux hommes, vêtus de noir, enquêtent sur leurs dépositions et les menacent de représailles s’ils continuent à proférer de tels récits. Mais qui sont réellement ces agents spéciaux ? Alors que certains penchent pour des membres des services secrets, d’autres n’hésitent pas à les prendre pour des extraterrestres, chargés de faire taire les humains sur leur extraordinaire aventure. L’agent spécial Rafferty en apprend plus sur leur compte…

7.0


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The Sweeper
1996

Mark Goddard, un flic de Los Angeles qui a un penchant pour la violence, est recruté par une société de police secrète qui rend justice en dehors de la loi.

7.5


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Un Gratte-Ciel en Otage
1996

Un affrètement d’hélicoptère devient vite mortel lorsque la pilote découvre qu’elle se trouve dans un immeuble tenu par des terroristes. C’est à elle et à son mari de sauver les otages.

2.0


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Zero Tolerance
1994

Un agent du FBI traque les trafiquants de drogues qui ont assassiné sa femme et son enfant.

5.5


Un dossier de John Roch, 2026

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Auteur : John Roch

Amateur de cinéma de tous les horizons, de l'Asie aux États-Unis, du plus bourrin au plus intimiste. N'ayant appris de l'alphabet que les lettres B et Z, il a une nette préférence pour l'horreur, le trash et le gore, mais également la baston, les explosions, les monstres géants et les action heroes.
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