[Film] The Cat, de Lam Nai-Choi (1992)

Quand son ami Li Tung lui conte sa mésaventure avec ses ex-voisins, un vieil homme, accompagné d’une jeune femme et d’un chat noir dans l’appartement desquels il a retrouvé des boyaux sanglants de chat, Wei Si-Lei, écrivain, est quelque peu intrigué. Mais quand il retrouve des poils de chat au musée historique de Hong Kong où deux gardiens ont trouvé la mort lors du vol d’un étrange artefact, Wei fait le lien et plonge dans cette affaire nébuleuse sans imaginer quelle aventure extraordinaire en découlera.


Avis de Cherycok :
Le cinéma de Hong Kong des années 80 et 90 a pondu pas mal de films étranges, déjantés, voire complètement excentriques. La liste serait trop longue à faire, mais il y a un réalisateur qui a pas mal œuvré en la matière, le bien nommé Lam Nai-Choi. Bien que ses premières œuvres telles que Brothers from Walled City (1982) ou Men from the Gutter (1983) étaient « normales », il amorce avec The Seventh Curse en 1986 un virage et sa filmographie ne sera plus du tout la même. Il va faire preuve d’une réelle audace et inventivité et va mélanger sans vergogne horreur cheap, science-fiction, récit d’aventure ou encore gore qui tâche avec une aisance qui frôle l’insolence. Ceux qui ont poutré sa filmographie se souviennent tous du combat de Chin Siu-Ho contre un kangourou dans Killer’s Nocturne (1987), des scènes olé olé dans sa parodie érotique d’Histoires de Fantômes Chinois, Erotic Ghost Story (1990) ou encore des débordements gores splatter jouissifs de son Story of Ricky. Avec son dernier film The Cat (1992), on a de nouveau droit à un mélange des genres sur le papier pas forcément compatibles, mais qui pourtant forment un résultat complètement homogène, certes très improbable, qui résumé bien la filmographie de Lam Nai-Choi. Attention, ce film est fou.

Le personnage de Wisely est une figure connue de la littérature chinoise, provenant de la série de romans Wisely du prolifique scénariste Ni Kuang. Le personnage est un aventurier universitaire spécialisé dans le surnaturel, sorte d’Indiana Jones sans le fouet. Il a plusieurs fois été adapté en film, avec plus ou moins de fidélité à l’œuvre originale, puisqu’on le retrouve par exemple dans Bury Me High (1990) sous les traits de Win Ka-Lok, dans le raté The Wesley’s Mysterious Fils (2002) incarné par Andy Lau, ou encore dans The Seventh Curse (1986), déjà de Lam Nai-Choi, joué par Chow Yun-Fat. Dans The Cat, le personnage de Wisely est incarné par Waise Lee. Ça ne s’invente pas. Et la première chose qu’on peut dire sur le film, c’est que son intrigue est clairement farfelue et surtout difficilement cohérente. Mais vous savez quoi ? C’est le dernier de nos soucis lorsqu’on s’engage dans un film de Lam Nai-Choi car on sait que ça va tellement partir dans tous les sens qu’on va quand même passer un excellent moment. The Cat bouffe à tous les râteliers, s’inspirant de films tels que The Thing, Terminator, The Blob ou encore Hidden, et le résultat n’est pas aussi gore ou érotique que certains de ses autres films, mais son mélange complètement fou des genres, de clichés et de ton, fonctionne immédiatement et on va assister à un véritable tourbillon déjanté d’action, d’horreur et de science-fiction défiant les genre et nous explosant à la gueule avec une énergie communicative et une imagination qui semble sans limite. Horreur corporelle se jetant à fond dans le grotesque, scènes martiales débridées, mythologie extraterrestre barrée, The Cat est presque une sorte de résumé en un seul film de la filmographie de son réalisateur, une sorte d’amas d’idées pour un produit extrêmement kitch, mais pourtant ô combien généreux et jouissif malgré une introduction de 15 minutes un peu laborieuse. Un instant, on assiste à d’intenses combats façon wire-fu, l’instant suivant, un chat pilote un vaisseau spatial ou fait fondre des visages avec ses pouvoirs psychiques, avant d’enchainer sur un gunfight qui aurait pu sortir d’un film de John Woo, sans omettre des moments qui auraient pu sortir d’une gentille comédie d’aventures familiale.

Oui, The Cat est un film complètement fou dans lequel Lam Nai-Choi ne s’interdit strictement rien. Alors il est clair que cette dernière bobine du réalisateur n’a bénéficié que d’un budget famélique, et cela se ressent dans de nombreux effets spéciaux complètement kitchs. Mais pourtant, ils se fondent parfaitement dans le moule de cette bobine qui part dans tous les sens et qui ne laisse que peu de temps au spectateur de respirer. Passées les 15 premières minutes, tout s’enchaine très vite, trop vite parfois même, et on a sincèrement l’impression que le scénario a été improvisé au fur et à mesure que le tournage avançait, quitte à laisser tomber en cours de route certains éléments qui ont été introduits quelques scènes avant. En fait, si on devait être objectif, pas grand-chose ne va dans The Cat. Outre le scénario farfelu et brouillon, les scènes de dialogue sont parfois d’une médiocrité affligeante, en plus de ne pas être très bien interprété avec des acteurs qui ne semblent pas avoir eu beaucoup de prises pour bien faire ressentir les choses. Le pire de tous étant clairement Waise Lee qui semble réellement se demander à chacune de ses scènes ce qu’il peut bien faire dans cette galère. Même la mise en scène de Lam Nai-Choi est à côté de la plaque avec de nombreux plans étranges tant ils sont mal cadrés. Mais pourtant, la succession de séquences à effets spéciaux souvent bizarres et complètement barrés, qui s’amorce avec la scène du musée, finit par emporter l’adhésion. L’entrain est bien là, avec un Philip Kwok qui se jette sans retenue dans le rôle du policier possédé par une force extraterrestre maléfique, faisant le show à chacune de ses scènes. C’est humide, caoutchouteux, avec ce gros monstre plus proche de la masse fongique qui réduit ce qu’ils touchent en bouts de cartilages quand il ne les absorbe pas tout simplement façon Society de Brian Yuzna sorti quelques années auparavant. Et puis il y a la scène mythique, celle qui a fait toute la réputation de The Cat, dans laquelle le chat du titre va se livrer à un combat de kung fu complètement fou contre un chien dans une casse, entre félin balancé dans le cadre à la va-vite, marionnettes plus ou moins bien faites, animation image par image et montage astucieux. Une scène qui, à elle seule, vaut le visionnage du film. The Cat est un film complètement dingue, dans le bon sens du terme et, si vous n’avez pas peur des bisseries un peu fauchées, il y a fort à parier que vous passiez un moment inoubliable durant les 1h29 que dure ce dernier film de Lam Nai-Choi.

 

LES PLUS LES MOINS
♥ Très rythmé…
♥ Des moments WTF
♥ Les effets spéciaux kitchs à souhait
♥ Un film qui ose tout
♥ Un Phillip Kwok en roue libre
⊗ … Malgré 15 minutes laborieuses d’intro
⊗ Quand même bien fauché
⊗ Un Waise Lee à l’ouest

The Cat est un film complètement fou, avec un sens du divertissement contagieux. Un témoignage éclatant de la créativité du cinéma hongkongais de cette époque et un film complètement inclassable, certes très kitch et nanar mais ô combien fun.


THE CAT est sorti chez en blu-ray Le Chat qui Fume au prix de 25. Il est disponible à l’achat ici : lechatquifume.myshopify.com

Version Originale DTS-HD Master Audio 2.0 sous titrée français – BD 50 – MASTER HAUTE DÉFINITION – 1920×1080/24p – Format 1.85: 1 respecté – Couleurs

En plus du film, on y trouve : Présentation du film par Arnaud Lanuque (13min), « Chat Crebleu ! » : Interview du scénariste Gordon Chan / de l’assistants réalisateur Sam Leong / de l’actrice Gloria Yip / du producteur Chua Lam (20min), « Neuf vies » réalisé par Mio Hani – montage japonais du film (1h36, sous titré français), Films annonces.



Titre : The Cat / The 100 Years Cat / 衛斯理之老貓
Année : 1992
Durée : 1h29
Origine : Hong Kong
Genre : N’importe quoi
Réalisateur : Lam Nai-Choi
Scénario : Chan Hing-Kai, Gordon Chan

Acteurs : Gloria Yip, Waise Lee, Christine Ng, Lau Siu-Ming, Mawrence Lau, Phillip Kwok, Ni Kuang, Wan Seung-Lam, Kong Long, Chua Lam, Chui Kin-Wa, Simon Cheung


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Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
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