Suite à la récente activité volcanique du Mont Fuji, des dinosaures se réveillent d’un long sommeil et sèment la terreur près d’un lac peuplé de nombreux touristes.
Avis de Cherycok :
Les Monstres de la Préhistoire se traine une double réputation sur la toile. D’un côté, il y a ceux pour qui le film est un gros nanar, en particulier depuis sa diffusion lors de la première saison de Mystery Science Theater 3000 dans laquelle un humain et deux robots, coincés dans l’espace, sont forcés de regarder de mauvais films (science-fiction cheap, nanars, …) et les commentent en direct en faisant des blagues souvent sarcastiques. De l’autre, le film à ses défenseurs, qui l’ont aimé au premier degré, soulignant les ambitions du film, sa violence parfois frontale, son atmosphère visuelle ou encore sa bande son funky. La vérité dans tout ça ? He bien elle se situe peut-être entre les deux car autant il faut clairement souligner les qualités du film, autant il faut reconnaitre que certaines scènes plongent la tête la première dans le nanar pur jus et il est facile de s’en moquer. Il en résulte un film assez à part, dans tous les cas toujours agréable à regarder quel que soit le côté de la barrière dans lequel on se trouve.

L’idée de départ vient du président de la Toei, Shigeru Okada. A une époque où les saga Godzilla et Gamera avaient changé de cap pour se destiner aux jeunes enfants, il décide, après avoir vu Les Dents de la Mer, de faire quelque chose de plus adulte et de s’inspirer des américains car il pense que leurs films de monstres allaient cartonner. A la même époque, le monstre du Loch Ness fait parler de lui un peu partout dans le monde. C’est suffisant pour que naisse l’idée de Les Monstres de la Préhistoire avec un tournage qui commence en 1975 avec un budget très confortable de 750 millions de Yens, le plus gros budget de la Toei à l’époque, dont 150 millions rien que pour les effets spéciaux du film et 20 millions pour les maquettes et animatroniques. Même si certains pourraient se demander « où est passé l’argent ? » en sortant du visionnage tant tout semble kitch (on y reviendra), il y avait clairement une certaine ambition dans ce projet et même une visée internationale puisque Les Monstres de la Préhistoire a été prévendu dans plusieurs pays, avec cette envie de reproduire la réussite de Les Dents de la Mer de Steven Spielberg. Malheureusement, à part en Union Soviétique où il fait un score assez impressionnant, devenant le 19ème film étranger ayant généré le plus de recettes au box-office dans le pays, le film n’est un succès nulle part, pas même au Japon où il n’a généré que 240 millions de yens. Il faudra donc attendre sa diffusion dans la série américaine Mystery Science Theater 3000 pour qu’il soit redécouvert et qu’il acquière chez certains un statut de petit film culte, pas pour les bonnes raisons pour certains donc. Mais ça raconte quoi au final Les Monstres de la Préhistoire ? Le film commence sur une jeune femme qui va tomber dans une grotte gelée près du Mont Fuji et qui va découvrir des œufs géants qui commencent à éclore. Cela attire Takashi, un géologue qui revient dans sa ville natale au bord du lac Sai pour enquêter sur des phénomènes étranges : disparitions, cheval décapité retrouvé accroché à un arbre ou encore détail qui s’est évaporé. Il se rend compte rapidement qu’un plésiosaure vit dans ce lac. Mais un second monstre sort lui aussi de la grotte aux œufs, un reptile géant volant, et il va semer la terreur sur les plages du coin. Le combat entre les deux bestioles semble inévitable.

Les monstres de la Préhistoire est le dernier film cinéma du réalisateur Junji Kurata et, oui, il est très facile de gentiment se moquer du film. L’ensemble est clairement kitch, à commencer par ses deux monstres qui sèment la terreur autour de ce lac. Ils sont très rigides, en particulier le reptile volant qui semble juste etre suspendu à un fil sans plus d’artifice (à l’exception du final où il bouge malgré tous les ailes, en plus de ne pas être très expressifs. L’affrontement en fin de film ressemble au final plus à un combat entre deux figurines qu’un enfant ferait se battre qu’à un réel choc des titans qui auraient pu être impressionnant malgré les limites techniques de l’époque. Une animation image par image aurait pu par exemple être envisagée afin de garantir un résultat certes toujours aussi kitch aujourd’hui, mais néanmoins plus « visuel ». Il y aurait également à redire sur le scénario, pas avare en scène de remplissage avec par exemple une enquête qui, au final, n’a que peu d’incidence sur le reste du récit. Et pourtant, le charme désuet qui se dégage du film en font un visionnage ô combien sympathique, avec même quelques scènes vraiment bien troussées comme lors de la découverte des œufs dans la grotte, et même ce final, aussi bancal qu’il soit, avec ces monstres montrés frontalement là où d’autres films cherchaient à les cacher au maximum. Les Monstres de la Préhistoire se permet même quelque légers débordements gores (cheval décapité, membre arraché, viscères apparentes, …) le temps de quelques plans se faisant audacieux. Junji Kurata expérimente dès qu’il en a l’occasion, avec des plans bizarrement cadrés (dans le bon sens du terme), arrivant à créer une vraie atmosphère visuelle (à grand renfort de brume stagnante) malgré des incrustations assez visibles. La rumeur veut que peu de gens se sont sentis réellement impliqués dans ce film commandé par le président de la Toei, mais pourtant le résultat est très loin d’être déshonorant en se faisant tantôt tendu, tantôt purement divertissant. Et puis il y a cette bande originale complètement en décalage avec les images, avec des sonorités disco-funk-jazzy qu’on n’a pas l’habitude d’entendre dans des films de monstre, donnant un côté complètement groovy au film tant elle est accrocheuse et originale, et qui accentue encore plus le côté un peu étrange et au final assez unique de Les Monstres de la Préhistoire.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Des monstres montrés frontalement… ♥ L’ambiance générale ♥ La violence inhabituelle dans le genre ♥ Le charme désuet ♥ L’ambition de l’ensemble |
⊗ … malgré leur look kitch à souhait ⊗ L’animation des monstres ⊗ Des scènes de remplissage |
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| Les Monstres de la Préhistoire est une vraie petite curiosité avec une forte identité qui, malgré le look improbable des deux créatures, arrive à sortir des sentiers battus du kaiju eiga. Les amateurs de nanars apprécieront, les autres également. | |

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LES MONSTRES DE LA PRÉHISTOIRE est sorti chez en blu-ray Roboto Films au prix de 25€. Il est disponible à l’achat ici : roboto-films.fr Version Originale et Française DTS-HD Master Audio 2.0 sous titrée français – BD 50 – MASTER HAUTE DÉFINITION – 1920×1080/24p – Format 2.35:1 respecté – Couleurs En plus du film, on y trouve : Livret avec Essai de Nicolas Jeantet et Photos d’exploitation, Présentation du film par Fabien Mauro, Présentation de la collection avec Jean-Baptiste Pujolle, Bandes annonces. |
Titre : Les Monstres de la Préhistoire / 恐竜・怪鳥の伝説
Année : 1977
Durée : 1h32
Origine : Japon
Genre : Les dents de la mer au pays du soleil levant
Réalisateur : Junji Kurata
Scénario : Masaru Igami, Isao Matsumoto, Ichirô Ôtsu
Acteurs : Tsunehiko Watase, Shôtarô Hayashi, Nobiko Sawa, Tomoko Kiyoshima, Fuyukichi Maki, Kinji Nakamura, Hiroshi Nawa, Sô Takizawa, Yûsuke Tsukasa, Satoru Nabe























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