Cinq ans après que le terroriste fou Slash Gallagher a été condamné à un enfermement holographique, il bénéficie d’une audience de libération conditionnelle. Mais une défaillance technique orchestrée par ses complices transforme le criminel en hologramme vivant doté de pouvoirs quasi divins. Il revient alors à Kurt Decoda — le policier qui l’avait arrêté — de l’arrêter.
Avis de Cherycok :
Lorsque Cannon Films a fait faillite au début des années 90, PM Entertainment de Joseph Merhi et Richard Pepin a pris le relais en matière de films de séries B d’action qui allaient inonder les rayons des vidéoclubs avec pour cahier des charges des films aux budgets réduits, des seconds couteaux connus au casting, et de l’action à gogo avec supplément explosions. Parmi tous les films sortis, il y a une catégorie d’hybrides entre action et science-fiction comprenant des films tels que Cyber Tracker (1994), Cyber Tracker 2 (1995), Dark Breed (1995), The Silencers (1996), The Sender (1997) ou encore le film qui nous intéresse aujourd’hui, Hologram Man (1995). Le principe est simple, on met toujours autant d’action, mais on ajoute des éléments de science-fiction si possible en pompant les gros succès au box-office des dernières années. Et Hologram Man, c’est en gros Demolition Man, avec des éléments de Programmé pour Tuer, de Robocop, de Speed ou encore de Terminator 2. Vous savez quoi ? C’était d’une connerie sans nom mais c’était extrêmement jouissif !

Dès l’introduction, ça canarde dans tous les sens, ça explose de partout, bref, ça met dans l’ambiance pour nous faire comprendre que, les mecs, z’êtes chez PM, ça ne va pas être très intellectuel mais accrochez votre ceinture ! Et histoire que le mâle reste comprenne que c’est un film pour lui, on enchaine avec une scène de cul, boobs siliconés apparents. S’enchaine ensuite une course-poursuite assez folle impliquant des voitures et un bus suivie d’une fusillade sans qu’on ait le temps de reprendre notre souffle. Et on est à peine à 15 minutes de film ! On n’a toujours rien compris au scénario mais on s’amuse déjà comme des petits fous. Ils sont forts chez Pm, ils sont très forts. Même si le film est nul, avec cette introduction, on se dit que, si jamais on a des boobs et des explosions tout le long, on passera quand même un bon moment. Au final, le film nous donne clairement ce qu’il nous promet et absolument tout explose ici, des véhicules aux batiments en passant par les personnages, avec un bodycount qui doit facilement dépasser les 100. C’est simple, le budget pyrotechnique doit être ce qui a couté le plus cher du film. Le film va enchainer les scènes de fusillade à grande échelle, des courses-poursuites, des explosions, sans jamais réellement se soucier outre mesure de la logique qui relie ces évènements. Les effets spéciaux rapport aux éléments futuristes (on y reviendra) sont assez horribles, mais les cascades et les explosions sont assez hallucinantes et le résultat est tout bonnement jouissif pour qui aime ce genre de série B à l’ancienne qui mise tout sur l’action débridée, souvent démesurée, et sur le spectaculaire malgré des budgets très serrés, à un point que ça en devient presque absurde. Le film va maintenir un rythme assez impressionnant tout du long et l’amateur se laissera emporter comme dans un tour de montagnes russes à plein régime. Hologram, Man semble avoir la réputation d’être un des PM avec le plus d’action, et cette réputation n’est clairement pas exagérée. Le contexte social imaginé pour le film, avec cet état de Californie dirigé par une méchante énorme entreprise, renvoyant clairement à Robocop, avec ce système pénal futuriste où les criminels sont transformés en hologramme, faisant écho à Demolition Man et sa cryogénisation des prisonniers, aurait pu être intéressante si elle n’était pas traitée de manière aussi ridicule. C’est souvent d’une connerie pas possible, avec des dialogues qui n’ont parfois ni queue ni tête, mais c’est pourtant le kitch de l’ensemble qui vient donner encore plus de force au film.

Personne derrière ce film ne semble avoir compris ce qu’est réellement un hologramme, à savoir une projection de lumière pour afficher quelque chose. Dans Hologram Man, cette technologie permet de se déplacer, de lancer des décharges électriques, d’utiliser un champ de force et même d’interagir avec le monde réel. Deux hologrammes sont même capables de se battre entre eux. Ah, et apparemment, embrasser un hologramme fait griller tous les appareils électroménagers autour. Ça, couplé au fait que nous sommes en pleine ère pré-CGI dans un film qui n’a pas beaucoup d’argent et qui n’a clairement pas tout misé sur ses effets spéciaux numériques, ça donne un résultat visuel absolument hilarant, plongeant les scènes avec les fameux hologrammes directement vers la case nanar. Heureusement, comme personne n’avait réellement envie de s’occuper de ces effets très spéciaux, le film s’en débarrasse rapidement en inventant un truc improbable avec des peaux en polymère, afin que les personnages puissent se taper dessus sans plus d’artifice. Puisqu’on parle des personnages, là aussi c’est assez improbable. On nous montre rapidement le héros, interprété par le monolithique Joe Lara (American Cyborg), mais il va s’avérer complètement insipide. A l’inverse, le méchant appelé Slash, joué par Evan Lurie (T-Force), est bien plus intéressant, outrageusement décomplexé, cabotinant à outrance, mais surtout bien plus charismatique. Son personnage est bien plus consistant, mais aussi plus tendancieux dans le sens où, lui aussi, il s’oppose à cette corporation fasciste avec des idées de libertés sociales tout à fait raisonnables. C’est juste les méthodes un peu trop anarchistes et meurtrières qui en font un méchant. Mais du coup, le message est quand même un peu confus quant au camp qu’on doit encourager entre le sien et celui de la Police (qui au final n’a pas des méthodes bien plus honorables), ce qui donne au film une saveur particulière. Et puis comme Slash possède une galerie de méchants hauts au couleurs, entre un hacker brillant, un borgne, un mec qui aime jouer avec une lance-flamme ou encore un gros bourrin avec un 8 tatoué sur le front, c’est le personnage de Lurie qui gagne haut la main. Parce qu’en face de lui, Lara n’a guère qu’une jolie assistante et sa longue chevelure soyeuse so 90’s (souvenez-vous Nicolas Cage dans Les Ailes de l’Enfer) que le film aime nous montrer. Non, ce n’est pas vrai, ce n’est pas parce que Lurie a également produit le film et co-écrit le scénario qu’il s’est alloué le personnage le plus intéressant ah ah !

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Ça explose de partout ! ♥ Ça canarde de partout ! ♥ Y’a du boobs ♥ La galerie de méchants ♥ Ultra généreux et rythmé |
⊗ Des effets spéciaux kitchissimes ⊗ Joe Lara et son personnage ⊗ Le scénario prétexte |
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| Vous aimez les séries B bien burnées qui pètent de partout et qui vont à un rythme effréné ? Alors débranchez votre cerveau et profitez du spectacle complètement over the top que Hologram Man a à proposer. Que c’est con, mais que c’est bon ! | |

LE SAVIEZ-VOUS ?
- Evan Lurie prenait tellement de stéroïdes anabolisants qu’il était sujet à une « rage folle » sur le plateau. Certains plans d’Evan en pleine « rage » ont été laissés dans le film en raison de contraintes budgétaires qui ont empêché leur retournage.
Titre : Hologram Man / Cyber Killer
Année : 1995
Durée : 1h41
Origine : U.S.A
Genre : Ça pète de partout !
Disponibilité : DVD
Réalisateur : Richard Pepin
Scénario : Evan Lurie, Richard Preston Jr.
Acteurs : Joe Lara, Evan Lurie, Michael Nouri, John Amos, William Sanderson, Arabella Holzbog, Anneliza Scott, Tom Lister Jr, Nicholas Worth, Alex Cord, James Daughton

























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