[Catalogue] Les films HK du Chat qui Fume

On ne s’appelait pas HKMania pour rien avant de devenir DarkSideReviews. On est de gros amateurs (enfin, surtout moi) de cinéma de Hong Kong et donc, forcément, lorsque Le Chat Qui Fume s’est mis à sortir des films HK, on a sautillé d’excitation sur notre chaise et on était impatient de voir ce qu’ils allaient sortir. On peut désormais dresser un petit portrait de l’ensemble de leur catalogue estampillé « Hong Kong », parce que bien qu’il n’y ait pas que de l’inédit (pas mal de titres sont déjà sortis en DVD), l’amateur de films HK de la belle époque a de quoi se régaler devant ces biens belles éditions qui ont vu le jour.

Ça en jette pas hein ? Il faut dire que le design des jaquettes par Tony Stella, ça amène un petit plus. Allez, après les visuels, petite présentation des films parce que si vous ne les avez pas encore, il ne faut pas hésiter à se lancer, ne serait-ce que pour soutenir l’éditeur et lui donner envie de sortir d’autres films de ce cinéma de Hong Kong qu’on chérit tant.


LA 7EME MALÉDICTION

Nam Nai-Choi – 1986 – 1h24 – Horreur / WTF

Le docteur Yuan Chen et une équipe de médecins partent à la recherche d’herbes capables de soigner le Sida en Thaïlande. Mais tout vire au cauchemar lorsque Chen veut aider une jeune femme devant être sacrifiée par une tribu vaudou. Seul survivant du carnage, il se retrouve avec un sortilège sanguin que la jeune femme parvient à ralentir. Mais un an après, il doit retourner en Thaïlande, le sortilège refaisant surface. La journaliste Tsui Hung vient avec lui pour l’aider, ainsi qu’un fidèle ami Wesley.

C’est un véritable concentré de délire cinématographique comme seul le Hong Kong des années 80 pouvait en produire. Un film qui mélange joyeusement aventure à la Indiana Jones, kung-fu câblé et horreur gore totalement décomplexée. L’inventivité visuelle de Nam Nai-choi est sidérante, enchaînant des monstres en latex gluants, des malédictions de sang et un Chow Yun-fat d’une classe absolue en second rôle de luxe. Malgré un rythme parfois décousu, c’est une expérience jubilatoire, généreuse et profondément étrange qui ravira les amateurs de « catégorie III » et de séries B explosives. Un classique culte, aussi poisseux que divertissant.

Chronique complète à retrouver ICI.


LES AVENTURIERS DE SHANGHAI

Teddy Robin Kwan – 1990 – 1h33 – Action / Aventures

Dans la Chine des années 1930, Petit tigre quitte sa campagne natale pour retrouver son frère aîné, Grand tigre, officier de police dans une Shanghaï en pleine effervescence. À peine arrivé, il se retrouve malgré lui mêlé à un vol de fonds gouvernementaux. Doué pour les arts martiaux et les acrobaties, Petit tigre attire rapidement l’attention des triades, qui cherchent à recruter de nouveaux talents.

C’est une lettre d’amour vibrante et nostalgique au Shanghai des années 30, portée par une énergie qui rappelle les meilleures comédies d’action de Hong Kong. Teddy Robin Kwan réussit un mélange audacieux entre romance historique, numéros musicaux jazzy et séquences de combat chorégraphiées avec une précision millimétrée. Le film brille particulièrement par son casting quatre étoiles, où l’élégance d’Anita Mui et le charisme de Sammo Hung s’intègrent parfaitement dans une reconstitution d’époque somptueuse. Bien que l’intrigue soit parfois un peu légère, la mise en scène est d’une générosité constante, offrant un spectacle visuel aussi raffiné que dynamique. C’est une œuvre hybride et charmeuse, typique de l’âge d’or du studio Fortune Star.


FLAMING BROTHERS

Joe Cheung – 1987 – 1h39 – Heroic BLoodshed

Chow et Tang sont deux frères qui ont grandi ensemble avec leur code de l’honneur. Quand le premier tombe amoureux et décide de se marier, l’autre s’occupe des affaires de la Triade. Mais quand un gang adverse s’en mêle, les deux frères doivent à nouveau se réunir pour lutter contre l’ennemi commun et n’hésiteront pas à mener une dernière mission suicide.

Flaming Brothers est un pilier méconnu du genre « Heroic Bloodshed », magnifiquement produit par Wong Kar-wai qui y injecte une mélancolie inhabituelle. Le film transcende le simple polar grâce à l’alchimie fraternelle entre Chow Yun-fat et Alan Tang, dont le destin tragique s’articule autour des thèmes de la loyauté et du sacrifice. Joe Cheung équilibre avec brio des moments de romance contemplative à Macao et des fusillades d’une violence chorégraphiée absolument dantesque. Si le rythme prend son temps pour poser ses enjeux émotionnels, le final est un véritable tour de force pyrotechnique et sanglant. C’est un film noir élégant, viscéral et profond, qui prouve que le cinéma d’action hongkongais de l’époque avait autant de cœur que de munitions.

Chronique complète à retrouver ICI.


UNE FLIC DE CHOC

Corey Yuen – 1986 – 1h33 – Polar / Action

Un avocat décide de faire sa propre loi lorsque des criminels sont acquittés après avoir éliminé les témoins. Une femme flic se met à sa poursuite pour l’arrêter dans sa course vengeresse.

Une Flic de Choc est l’un des sommets absolus du film d’action de l’âge d’or hongkongais. Yuen Biao y livre une performance physique phénoménale dans le rôle d’un procureur frustré qui décide de se faire justice lui-même, face à une Cynthia Rothrock au sommet de sa forme. La mise en scène de Corey Yuen repousse les limites de la cascade avec des combats d’une rapidité et d’une brutalité sèches, loin du côté plus « ballet » de Jackie Chan. Le film frappe par son nihilisme surprenant et son refus des compromis, s’achevant sur un final aérien dantesque sur un avion en plein vol. C’est un cocktail d’adrénaline pure, sombre et intense, indispensable pour tout amateur d’arts martiaux.

Chronique complète à retrouver ICI.


UNE FLIC DE CHOC 2

Meng Hoi – 1989 – 1h28 – Polar / Action

Cindy, une agente du FBI, se dirige vers Hong Kong pour appréhender un journaliste qui utilise les presses de son journal pour fabriquer des faux billets. Durant son enquête, elle est épaulée par Judy Yu, une vieille amie travaillant comme policière en civil, ainsi que par un journaliste audacieux, qui souhaite restaurer la réputation de sa profession.

Une Flic de Choc 2 est une démonstration de force pour Cynthia Rothrock, qui prouve ici qu’elle peut porter un film sur ses seules épaules. L’intrigue de cette enquête journalistique sert surtout de prétexte à des enchaînements de combats époustouflants, où la vitesse et la souplesse de l’actrice sont magnifiées par le savoir-faire de l’équipe de cascadeurs de la Meng Ho. La mise en scène de ce dernier ne laisse aucun répit, culminant dans un affrontement final d’une technicité rare face à des adversaires redoutables. Si l’humour cantonais typique de l’époque peut parfois dérouter, l’intensité des chorégraphies et la créativité des cascades en font un classique du genre. C’est un pur condensé de l’énergie brute du Hong Kong des années 80, indispensable pour les fans de « girls with guns » et d’arts martiaux.

Chronique complète à retrouver ICI.


LES GUERRIERS DU TEMPS

Clarence Fok – 1989 – 1h54 – Action / Fantastique

Ah Ching, un garde royal de la dynastie Ming, tente de stopper un maniaque violeur et assassin. Lors d’un combat, les deux adversaires tombent en montagne. 500 ans plus tard, ils sont retrouvés et décongelés. Le combat peut continuer.

The Iceman Cometh est une pépite du cinéma fantastique hongkongais qui parvient à marier avec audace le film de sabre traditionnel et le polar urbain contemporain. Yuen Biao et Yuen Wah y excellent, transposant leur rivalité de l’époque Ming dans le Hong Kong moderne des années 80 avec une efficacité redoutable. La réalisation de Clarence Fok se distingue par son esthétique soignée et ses pointes d’humour « poisson hors de l’eau », magnifiées par la présence de la géniale Maggie Cheung. Les chorégraphies martiales sont d’une inventivité folle, culminant dans un duel final d’anthologie qui exploite merveilleusement les décors urbains. C’est un divertissement hybride, à la fois spectaculaire, drôle et étrangement poétique, qui incarne parfaitement la liberté créative totale de cette époque.

Chronique complète à retrouver ICI.


HER VENGEANCE

Nam Nai-Choi – 1988 – 1h32 – Rape and revenge

Après avoir tenu tête à une bande de malfrats à son travail, une jeune femme se fait agressée puis violer par cette même bande en représailles. Décidée à se venger, elle ira chercher de l’aide auprès d’un ancien ami devenu paraplégique. S’ensuit alors une quête de vengeance sanglante, enragée et désespérée..

Her Vengeance est un « rape and revenge » d’une noirceur absolue, où Nam Nai-choi délaisse certains de ses délires habituels pour une approche viscérale et sans concession. Pauline Wong y livre une interprétation habitée, incarnant une femme brisée qui orchestre une vendetta méthodique et sanglante contre ses agresseurs. Le film se distingue par son atmosphère poisseuse et son refus de l’esthétisation, préférant une violence crue qui frappe l’estomac. La mise en scène, bien que marquée par des contraintes budgétaires, utilise un montage nerveux et une iconographie presque religieuse pour souligner le calvaire de son héroïne. C’est une œuvre difficile, dérangeante et nihiliste, qui s’impose comme l’un des sommets les plus sombres et les plus efficaces de la Catégorie III.

Chronique complète à retrouver ICI.


JUSTICE SANS SOMMATION

Corey Yuen – 1990 – 1h32 – Action

De génération en génération, les membres de la famille Huang portent l’uniforme de la police de Hong Kong. Malgré le décès du père et de ses deux fils les plus âgés, la mère et ses quatre filles continuent de faire respecter la loi. Le plus jeune fils est marié à Mina, elle-même enrôlée dans les forces de police. Lors d’un raid contre un dangereux gang, l’une des soeurs commet une sérieuse erreur qui fait capoter l’opération. Le gang se venge en tuant le mari de Mina. Cette épreuve ne fait qu’attiser la haine de la famille qui unit ses forces pour exterminer un à un les membres du gang.

She Shoots Straight est un chef-d’œuvre du genre « Girls with Guns », porté par une Joyce Godenzi impériale dans l’un de ses meilleurs rôles. Corey Yuen y déploie tout son génie pour orchestrer des scènes d’action d’une intensité rare, tout en injectant une charge émotionnelle surprenante via les tensions au sein d’une famille de femmes policières. Le film culmine dans un affrontement final d’une sauvagerie inouïe, où la précision technique des combats n’a d’égale que leur brutalité. Entre cascades périlleuses et dramaturgie familiale poignante, le rythme ne faiblit jamais. C’est une œuvre à la fois élégante et viscérale, qui prouve que l’action hongkongaise pouvait atteindre une dimension épique tout en restant profondément humaine. Un incontournable absolu du cinéma d’action.

Chronique complète à retrouver ICI.


MAGNIFICENT WARRIORS

David Chung – 1987 – 1h32 – Action / Aventures

Dans les années 1940, alors que la Chine est occupée par le Japon, Ming est une aventurière qui va devoir sauver le gouverneur malgré elle, aidée par un arnaqueur.

Magnificent Warriors est une épopée d’aventure bondissante qui permet à Michelle Yeoh d’affirmer son statut de superstar absolue. Situé dans les années 30, le film évoque un Indiana Jones à la sauce hongkongaise, où l’actrice réalise des prouesses physiques époustouflantes, maniant le fouet et le kung-fu avec une grâce athlétique rare. David Chung soigne particulièrement l’esthétique des décors et l’ampleur des scènes de bataille, transformant une petite ville fortifiée en un véritable terrain de jeu explosif. L’alchimie entre Michelle Yeoh, Richard Ng et Derek Yee apporte une touche d’humour bienvenue au milieu d’un déluge de cascades périlleuses. C’est un spectacle total, généreux et haut en couleur, qui représente parfaitement le savoir-faire de la D&B Films en matière d’action de haut vol.

Chronique complète à retrouver ICI.


POLICE STORY 3

Stanley Tong – 1993 – 1h34 – Action / Policier

L’inspecteur Chan Ka Kui de la police de Hong Kong est chargé d’une nouvelle mission par ses supérieurs. Cette fois ci, il doit faire équipe avec Jessica Yang, de l’armée chinoise, pour capturer un dangereux criminel.

Police Story 3 est un monument du cinéma d’action qui marque la rencontre explosive entre Jackie Chan et Michelle Yeoh. En déplaçant l’intrigue hors de Hong Kong, Stanley Tong insuffle une dimension internationale et épique à la franchise, délaissant un peu l’humour purement « slapstick » pour un spectaculaire sans précédent. Le film est célèbre pour son escalade de cascades suicidaires, culminant dans un final dantesque à Kuala Lumpur impliquant un train, un hélicoptère et une moto. Michelle Yeoh y vole presque la vedette à Jackie en réalisant des prouesses physiques hallucinantes, prouvant qu’elle est son égale absolue à l’écran. C’est un pur concentré d’adrénaline, techniquement impressionnant et d’une générosité folle, qui reste encore aujourd’hui l’un des sommets indépassables du genre.

Chronique complète à retrouver ICI.


RUNNING OUT OF TIME 1 et 2

Johnnie to – 1999/2001 – 1h29/1h38 – Policier

Running Out of Time : Wah n’a plus qu’une poignée de semaines à vivre. Son cancer est incurable. Mais son temps est précieux, car dans les prochaines 72 heures, il a décidé de mettre à mal les forces de police de Hong Kong en rivalisant de courage et d’ingéniosité. Sang, le négociateur le plus réputé de la ville, va se retrouver, malgré lui, au centre de cet incroyable engrenage.

Running Out of Time 2 : Une femme d’affaire, Teresa, reçoit un coup de téléphone d’un homme qui lui apprend qu’il a en sa possession quelques objets d’arts qu’il lui a dérobés. Il en demande alors 20M$ si elle désire les récupérer et ne pas faire pâle figure devant ses actionnaires. Elle sera aidée par l’inspecteur Ho, as de la négociation. Mais cette fois-ci, son adversaire semble coriace d’autant qu’il a réussi à récupérer l’argent de la rançon sans rendre les objets d’arts et se faire prendre par les hommes du commissaire adjoint, Wong Kaï Fa.

Running Our of Time est un sommet du polar stylisé, un « jeu du chat et de la souris » intellectuel et élégant où Andy Lau et Lau Ching-wan livrent un duel psychologique fascinant. Johnnie To délaisse ici la violence explosive pour une mise en scène millimétrée, toute en tension et en retenue, sublimée par une musique entêtante. Le scénario est un petit bijou d’ingéniosité qui parvient à rendre une intrigue de braquage profondément mélancolique. C’est un film culte, à la fois urbain, romantique et d’une intelligence rare, qui a redéfini le genre à l’aube des années 2000.

Sa suite opte pour un ton radicalement différent, troquant la mélancolie du premier volet contre une fantaisie ludique et presque surréaliste. Ekin Cheng remplace Andy Lau dans le rôle du cerveau criminel, transformant le duel avec Lau Ching-wan en une succession de défis improbables, comme la célèbre course de vélos ou l’apparition de l’aigle en CGI. Si l’émotion est moins présente, la maîtrise formelle de Johnnie To reste impeccable, offrant une œuvre légère et expérimentale. C’est un divertissement décalé et audacieux qui s’apprécie comme une variation libre et malicieuse sur le thème du premier film.

Chronique complète du 1 à retrouver ICI.

Chronique complète du 2 à retrouver ICI.


THE CAT

Nam Nai-Choi – 1992 – 1h29 – Action / Fantastique

Quand son ami Li Tung lui conte sa mésaventure avec ses ex-voisins, un vieil homme, accompagné d’une jeune femme et d’un chat noir dans l’appartement desquels il a retrouvé des boyaux sanglants de chat, Wei Si-Lei, écrivain, est quelque peu intrigué. Mais quand il retrouve des poils de chat au musée historique de Hong Kong où deux gardiens ont trouvé la mort lors du vol d’un étrange artefact, Wei fait le lien et plonge dans cette affaire nébuleuse sans imaginer quelle aventure extraordinaire en découlera.

The Cat est le chant du cygne flamboyant et totalement barré de Nam Nai-choi, qui adapte ici l’écrivain Ni Kuang avec une liberté créative frisant l’abstraction. Ce film de science-fiction horrifique mélange des éléments extraterrestres, des chats ninja et des effets spéciaux en animatronique ou en « claymation » qui oscillent entre le génie visuel et le kitsch absolu. Le clou du spectacle reste l’affrontement épique entre un chat et un chien, chorégraphié comme un véritable combat de kung-fu, ainsi que les métamorphoses gluantes d’une créature venue d’ailleurs. Malgré un scénario décousu, l’énergie du film est communicative et sa folie visuelle est une véritable bouffée d’air frais pour les amateurs de cinéma « bis ». C’est une œuvre unique, poisseuse et profondément imaginative, qui clôt la carrière du réalisateur sur une note de délire inoubliable.


Pfiou, ça fait un long article, mais ça vous permettra de vous convaincre (ou non) de donner une chance à ces bien belles bobines de la belle époque du cinéma de Hong Kong, d’autant plus que les éditions blu-ray proposées par Le Chat Qui Fume sont toujours soignées et je suis sûr qu’elles trouveront une bien belle place pour prôner sur vos étagères. Je n’arrêterai sans doute jamais de faire la promotion du cinéma de Hong Kong et il faut soutenir les éditeurs qui en font de même, et qui osent sortir un film où un chat et un chien ont un combat martial, où un hélicoptère a failli tuer Jackie Chan pour de bon, où Yuen Biao et Yuen Wah ont inspiré le film français Les Visiteurs, où Chow Yun Fat dégomme du sbire un flingue dans chaque main.

Ah oui, et si vous voulez commandez ces biens beaux films, ça se passe sur le site de l’éditeur Le Chat Qui Fume.

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Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
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