[Film] Alter Ego, de Nicolas Charlet et Bruno Lavaine (2026)

Alex a un problème : son nouveau voisin est son sosie parfait. Avec des cheveux. Un double en mieux, qui va totalement bouleverser son existence.


Avis de David Vergne :
Ne connaissant rien des précédents travaux des réalisateurs mais tenté par un pitch intriguant, je lance cette nouvelle comédie française ayant bonne presse. Et là, bordel, le film me conduit non pas sur le chemin de l’hilarité, mais me fait progressivement glisser vers les cercles de l’enfer, où la consternation se mue petit à petit en aversion profonde. Bon c’est bien connu, la comédie est le genre le plus dur à réaliser. Il est aussi un très bon prisme de son époque et raconte beaucoup de choses, aussi bien sur ces instigateurs que son public. Le genre étant très prisé en France, avec de nombreux succès « populaires » terrifiants comme les douze Qu’est-ce que j’ai faut au bon dieu ? et sa morale douteuse, ou l’acclamé Sens de la Fête qui présentait ces employés saltimbanques sauvé par le MEDEF. Bref, le terrain m’est hostile, et le rire franchouillard assez rare.

Voilà donc ce Alter Ego, qui, à part un début (genre les 8 premières minutes) présentant la vie d’entreprise de manière cocasse et gentiment méchante (la directrice à moustache presque sortie d’un Stephen Chow), n’a absolument plus rien à proposer, une fois lancé sur son pitch, à savoir la rencontre des 2 sosies. On aurait pu avoir un film qui utilise ses personnages pour un exercice satirique sur le système qui les produit et les exploite, mais non. Ici, on est sensé rire des personnages, pas avec eux où de ce qu’ils vivent. Le concept initial qui pouvait faire glisser le film vers un récit de crise existentielle métaphysique, ou un délire paranoïde (le chauve est le seul à voir un sosie chez son voisin), une comédie sur l’absurdité, voir un film d’horreur, ou plus un classique thriller domestique. Niet. On est dans un exercice de foutage de gueule, donc une comédie de voisinage option pas drôle, shooté avec les pieds sans aucune idée (il y a 2 plans symétriques, comme les maisons !), avec un déroulement absolument anémique sur sa première heure, enchaînant les situations vraiment pas drôles (le double repas, la chute de l’étage), des acteurs au potentiel comique rivalisant avec un cintre (Blanche Gardin, vraiment ?), enrobé du classique mixage sonore CATASTROPHIQUE en son direct et acteurs refusant en bloc le principe d’articulation. MADE IN FRANCE.

Le film déroule son « intrigue » de merde pour parler d’absolument rien sur 100 minutes (un court métrage de 15 minutes aurait pu faire illusion avec son twist chevelu) mais dévoile peu à peu son grand projet : le foutage de gueule atomique du quidam de classe moyenne, ayant osé travailler pour se payer le pavillon du monsieur tout le monde pour fonder une famille et, des fois, traîner avec un t-shirt de son entreprise (le gros running gag). Là j’ai compris le plan des réalisateurs. Parce que c’est vraiment drôle ça voyez-vous, les gens qui se crèvent le cul et qui portent des t-shirts d’entreprise, les sans dents (ici sans cheveux) du peuple. Genre les gars du bâtiment, les esclaves dans les usines, les sous-payés qui font le ménage dans les bureaux, ou l’artisan avec son t-shirt Banette qui se lève à 3h du mat pour faire vos croissants (ouais même ceux des 2 connards de réalisateurs) ou qui tond sa pelouse avec le même t-shirt le week-end. C’est à se pisser dessus vu de la capitale. Et donc ce « petit gens » suivant son plan de vie hilarant et misérable, est forcément devenu un névrosé passif agressif, jaloux, aigri et bien évidemment impuissant. Face à son double de réussite (réussite falsifiée finalement, parce que son alter égo est un méchant, normal, il a une femme de l’Est), il deviendra un criminel dans une dernière demi-heure sans queue ni tête, à coup de twist bats les couilles et une résolution des enjeux culminant dans les dernières 45 secondes absolument ridicules. Les 2 réalisateurs de Versailles s’éclatent avec 3,5 millions d’euros pour pondre un mollard avec 5 acteurs, 2 pavillons et un sentier en forêt, pas drôle, sans idée et qui pue littéralement la merde idéologique. Bref, j’ai finalement trouvé deux choses dans cet étron : mon nouveau film français le plus détestable après Le Sens de la Fête, et deux réalisateurs tocards presque aussi incompétent que Quentin Dupieux.

LES PLUS LES MOINS
♥ … ⊗ Les 100 minutes de ce truc

Une nouvelle comédie française pas drôle, qui derrière un concept pouvant se décliner dans tous les registres de la comédie populaire préfère diffuser un discours gerbant sur son peuple. Réalisateurs manchots accompagnés d’acteurs au melon stratosphérique, on a ici un parfait représentant de son époque et d’une industrie française puante.



Titre : Alter Ego
Année : 2026
Durée : 1h40
Origine : France
Genre : Comédie
Réalisateur : Nicolas Charlet, Bruno Lavaine
Scénario : Nicolas Charlet, Bruno Lavaine

Acteurs : Laurent Lafitte, Blanche Gardin, Olga Kurylenko, Marc Fraize, Zabou Breitman, Giovanni Pucci, Bertrand Goncalves, Léo Garcia, Olivier Brabant, Olivier Bayart


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Auteur : David Vergne

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