Dans la Chine républicaine, Li San est un voleur justicier qui détrousse les riches pour aider les pauvres, tout en recherchant Chinny, son amour disparu et vendu à un bordel. Arrivé à Pékin, il se retrouve traqué par la police et mêlé aux intrigues de puissants notables et des Japonais autour d’un précieux sceau impérial. Entre vengeance, sauvetage de Chinny et affrontements avec les autorités, Li San doit finalement lutter pour survivre et rendre justice à ceux qui l’ont trahi.
Avis de Cherycok :
Siu Sang est un réalisateur de Hong Kong beaucoup plus intéressant qu’il n’y parait. Sa carrière commence dans les années 60 et il se spécialise dans le wu xia avec des films comme The Flying Fox (1964), Seven Fights with Nine Tail Fox (1964) The Deadly Dragon Sword (1968) ou encore The Grand Duel (1968). Mais il devient surtout une figure importante de la télévision hongkongaise où il travaille énormément avec la TVB, notamment sur les 50 épisodes de la célèbres séries The Demi-Gods and Demi-Devils, qu’il adaptera d’ailleurs en long métrage en 1982. Mais il supervise également d’autres grosses productions télévisuelles comme The Return of the Condor Heroes (1983) ou The New Adventures of Chor Lau-heung (1984). Il semble alors avoir délaissé le cinéma avant d’y revenir une fois en 1991 avec The Queen of Gamble (1991), avec Alex Man et Sibelle Hu, et une dernière fois en 1996 avec le film qui nous intéresse aujourd’hui, The Hero of Swallow avec Yuen Biao, co-production avec la Chine, clairement pas le plus connu de Biao, ni même le plus réussi malgré des ambitions visibles.

Le personnage de Yanzi Li San, interprété par Yuen Biao, est une figure légendaire dans l’imaginaire collectif chinois, traditionnellement présenté comme un voleur acrobate et justicier. Son surnom d’hirondelle vient de sa capacité supposée à se déplacer avec une grande agilité, en particulier de toit en toit, certains affirmant même qu’il pouvait voler. C’est en quelques sortes un Robin des Bois chinois qui vole aux riches pour redistribuer une partie de ses larcins aux pauvres gens dans le besoin. Ce personnage a d’ailleurs maintes fois été adapté en séries (The Legend of Swallow Li San, The New Swallow Li San, …) et romans, mais aussi en films avec tout d’abord Chivalrous Robber Lee San, production taïwanaise de 1971 réalisée par Lee Chi-Sin et Liu Shou-Hua, et donc The Hero of Swallow en 1996. A en croire les dire, The Hero of Swallow ne serait pas trop rigoureux historiquement parlant sur le personnage, il préfère s’emparer de la légende et faire sa propre histoire et proposer un divertissement qui, en année précédant la rétrocession de Hong Kong, plaira au plus grand nombre. Dommage, le film est un échec au box-office, signant par la même occasion la fin de carrière cinématographique de Siu Sang. Ce personnage qui vole aux riches pour donner aux pauvres, en se cachant sous une tenue noire n’est pas sans rappeler le personnage d’Iron Monkey, popularisé auprès des amateurs de cinéma de Hong Kong grâce au duo Yuen Woo-Ping / Donnie Yen. La vraie différence, c’est que le film Iron Monkey est bien plus maitrisé du début à la fin, que ce soit en termes d’action que de tout ce qu’il y a autour comme l’humour, très présent dans le film de Woo-Ping, qui laisse place dans The Hero of Swallow à du drame bien plus appuyée, avec cette recherche du personnage de Chinny, vendue comme prostituée, qui donne au personnage de Li San un côté bien plus tragique. Le gros problème de The Hero of Swallow c’est qu’il veut être trop de choses à la fois. Il se veut être à la fois un wu xia, une romance, un film de vengeance, un film historique voire politique, une intrigue criminelle, un mélodrame et donc un film à la Robin des Bois. Il y a beaucoup de bonnes idées, mais elles ne sont que rarement correctement exploitées et à trop vouloir être trop de choses en même temps, il en résulte un produit hydride, qui se semble pas savoir sur quel pied danser, passant d’une chose à l’autre un peu trop rapidement.

Le résultat de ce brassage d’idées scénaristiques, c’est que tout manque de développement. On a des personnages qui sont introduits puis qui semblent rapidement abandonnés, on a des situations qui se font rapidement télescoper par d’autres, cela pose des problèmes de rythme, … On sent que Siu Sang veut bien faire, qu’il a envie de créer quelque chose de suffisamment vaste et pulp pour que le spectateur ait l’impression de vivre une aventure, mais c’est bien trop bancal pour être convaincant. D’autant plus qu’en termes de méchants, souvent moteurs à ce genre de spectacle, on est quand même dans quelque chose de sacrément conventionnel, entre riches propriétaires, fonctionnaires corrompus et militaires complètement rigides. Et c’est dommage car il y avait clairement matière a. On sent l’envie de Siu Sang de proposer un spectacle old school, façon wu xia des années 70, avec par exemple pas mal de décors studios costumes théâtraux, des personnages assez nombreux ou encore une bande son semblant volontairement un peu datée. Heureusement, tout n’est pas problématique dans The Hero of Swallow, à commencer par Yuen Biao qui est toujours aussi excellent. Certes, la mise en scène ne lui rend pas toujours justice, avec cette fâcheuse tendance à mettre beaucoup de scènes de nuit dans le film, mais il en impose une fois de plus par son charisme et va une fois de plus briller lorsqu’il faut y aller dans l’acrobatie ou dans les combats purs jus. Même si elles sont elles aussi un poil gâchées par la mise en scène, les scènes d’action sont l’autre point intéressant du film. Elles sont suffisamment nombreuses pour que le film garde un rythme assez élevé, avec des chorégraphies plutôt honnêtes permettant à Yuen Biao de se lâcher en termes de prouesses martiales. Oui, le montage est souvent brouillon et la lisibilité mise à mal par la photographie très sombre lors des scènes de nuit, mais cet affrontement entre Yuen Biao et Eddie Ko a de la gueule. Cette folie qui s’empare de l’action lorsque Biao semble s’envoler dans les airs est des plus funs. Pour autant, ce n’est pas suffisant pour faire de The Hero of Swallow un bon film et, en l’état, ça ne dépasse jamais le stade du petit film qu’on regarde certes sans déplaisir, mais qu’on va oublier très rapidement car, malgré les scènes d’action sympathiques, il n’y a absolument rien de mémorable.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Des combats sympathiques… ♥ Bien rythmé ♥ Retrouver Yuen Biao |
⊗ … mais pas toujours bien montés ⊗ Gros manque de développement ⊗ Beaucoup de scènes trop sombres |
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| The Hero of Swallow est un Yuen Biao mineur dans lequel ce dernier incarne un personnage dans la veine de Robin des Bois. Le résultat est de plus moyens, avec un film qui ne sait pas développer ses idées et une mise en scène parfois brouillonne. | |

Titre : The Hero of Swallow / 神偷燕子李三
Année : 1996
Durée : 1h32
Origine : Hong Kong / Chine
Genre : Sous Iron Monkey
Réalisateur : Siu Sang
Scénario : Siu Sang
Acteurs : Yuen Biao, Athena Chu, Allen Lan, Elvis Tsui, Ma Chung-Tak, Eddie Ko, Lu Jian-Min



















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