[Film] Resident Evil, de Zach Cregger (2026)

Bryan, coursier médical qui doit livrer un colis fragile au Raccoon Hopital, s’engage dans une course effrénée pour survivre, alors qu’autour de lui le monde s’enfonce dans un chaos total.


Avis de Cherycok :
« Est-ce qu’on va finir par avoir un bon film Resident Evil ? », c’est sans doute la question que se posent tous les amateurs de la célèbre saga vidéoludique de Capcom, et de manière générale les amateurs de cinéma. Il faut dire qu’entre les six étrons de Paul W. S. Anderson, bien que certains sentent bon le nanar de compétition, au final très éloignés du matériau de base, le reboot de 2021 de Johannes Roberts, bien plus fidèle mais lui aussi en grande partie raté, et la catastrophique série de 2022 annulée au bout d’une saison, on n’était clairement pas gâté. Certains parleront de la mini-série animée de 2022 Resident Evil : Infinite Darkness, affirmant que ça relevait un peu le niveau, mais le résultat fini reste malgré tout sacrément moyen. Alors lorsqu’il est annoncé début 2025 que Zach Cregger (Barbare, Évanouis) va y aller de son adaptation, l’espoir de voir enfin un bon film Resident Evil était permis, ce dernier ayant annoncé qu’il était fan de la saga et qu’il désirait lui rendre un vrai hommage. Mais les fans restaient malgré tout inquiets car il n’était pas question ici d’adapter les jeux, mais plutôt de créer un film se déroulant dans l’univers de Resident Evil. Qu’en est-il au final du résultat ? Est-ce que c’est un bon film Resident Evil ? Sur certains aspects oui. Sur d’autres non. Mais quoi qu’il en soit, c’est une très chouette comédie horrifique.

Une chose est sûre, c’est que le film a fait son petit effet au box-office. Avec son budget de 65M$US, sans compter la promo, il en a rapporté 400, et son exploitation en salles n’est pas encore terminée dans certains pays au moment où j’écris ces lignes. C’est simple, c’est le plus haut score pour un film Resident Evil. C’est également le film Resident Evil le mieux noté de la franchise et même le film tiré d’un jeu vidéo le mieux noté sur les agrégateurs de critiques du genre Rotten Tomatoes ou Metacritic. Au départ, avant que Zach Cregger ne soit attaché à ce film, ce dernier avait déjà écrit un scénario qu’il allait mettre en scène. Lorsque qu’il a été appelé pour réaliser un nouveau Resident Evil, ce qu’il avait écrit a servi de base au scénario de ce nouveau film et c’est sans doute la raison pour laquelle certains critiquent le fait que cette mouture 2026 n’adapte pas réellement les jeux vidéo à proprement parler. Cregger a beau avoir annoncé que les évènements du film se dérouleraient en parallèle des évènements de l’épidémie de Raccoon City de Resident Evil 2 (dans une chronologie alternative), on ne retrouve aucun des personnages du jeu ou de la saga, aucun vrai lieu emblématique, ni même l’ambiance sombre et pesante. Nous allons simplement suivre un homme lambda, un livreur, qui accepte une course pour amener un colis top secret à l’hôpital de Raccoon et qui va devoir survivre lorsque tout commence à partir en cacahuète, lorsqu’une femme semble s’être jetée sous ses roues sans mourir, lorsque des chiens deviennent très agressifs, lorsque des créatures étranges commencent à apparaitre. Il va devoir survivre à tout ça sauf qu’il n’a jamais tenu une arme de sa vie, il est maladroit, il n’a aucune compétence de survie, il ne prend des décisions que dans l’urgence du moment, et beaucoup de ses maladresses, de ses mésaventures, de ses mauvaises décisions seront source d’humour plus ou moins gaguesque. Zach Cregg a déclaré que son film s’apparenterait d‘avantage à Evil Dead 2 (1987) de Sam Raimi et ça se ressent énormément, aussi bien dans de vrais gags ou comique de répétition (les cadenas), que dans certaines situations improbables dans lesquels son personnage se met au final tout seul. Oui, il y a de l’humour, pas mal d’humour même, et c’est compréhensible que ce n’est pas forcément ce que les fans attendent. Mais il faut avouer qu’on s’amuse devant ce Resident Evil, en partie grâce à l’excellent timing comique d’Austin Abrams qui incarne ce jeune livreur livré à lui-même à la perfection.

Le côté fun du film, on le retrouve également dans le côté parfois bourrin et grotesques de ses effets gores. Cregger n’hésite pas à montrer frontalement tripaille et hectolitres de sang, et bien que certains effets numériques soient sincèrement visibles, c’est la générosité de la chose qui l’emporte, avec des scènes parfois bien craspecs et des monstres dégueulasses. Certes, on a parfois l’impression que ces créatures sortent d’un cauchemar de Lovecraft, et on ne peut qu’être d’accord que le bestiaire est bien loin des monstres classiques de la saga vidéoludique, même si certains monstres semblent faire écho à des créatures de certains jeux de la saga, mais force est de constater que c’est rafraichissant d’avoir autre chose que des simples zombies vus et revus, autre chose qu’un gros bœuf façon Nemesis, et qu’un peu de nouveauté visuelle fait du bien. Mais alors en quoi ce Resident Evil mérite son nom de Resident Evil ? Il y a déjà les nombreux clin d’œil à la saga, de la machine à écrire (qui sert de point de sauvegarde dans les jeux), aux plantes vertes (le soin) qu’on aperçoit furtivement, en passant par les sprays de premier secours, les boites de munitions ou encore le fusil de chasse accroché au mur (comme dans le premier jeu). Mais ça, ce n’est au final qu’accessoire et uniquement là pour faire plaisir aux fans. Là où ça prend une autre dimension, c’est dans la construction du film et dans sa mise en scène. Il y a dans le film cette progression des armes qu’on retrouve dans Resident Evil, mais aussi dans tout bon survival qui se respecte, avec un personnage qui va trouver des armes de plus en plus puissantes au fur et à mesure que le film avance. Le manque permanent de munition est lui aussi là, avec notre héros qui passe son temps à voir le nombre de balles qu’il lui reste et la classique fouille de tiroirs qui va avec pour en trouver d’autres. On y retrouve le coup des portes fermées qui ne s’ouvrent qu’avec une certaine clé, avec notre héros qui s’évertue à vouloir tirer sur tous les cadenas car il n’a pas la clé (comme bon nombre de joueur a pu le faire). Mais c’est surtout dans la mise en scène que c’est flagrant avec un réalisateur qui cherche parfois à reproduire, comme dans les trois premiers jeux, ces plans de caméra un peu étranges, nous empêchant de voir ce qu’il y a à voir. Il y a aussi ces passages où la caméra est à la troisième personne, comme dans les opus 4/5/6 de la saga vidéoludique, avec notre héros qu’on va du coup beaucoup voir de dos, là aussi nous empêchant de voir, tout comme lui, ce qui pourrait se cacher dans le décor. On a même droit à quelques plans en vue subjective, comme il est possible de le faire dans les derniers opus. On a vraiment cette impression que Cregger essaie d’adapter les sensations des jeux vidéo dans son film, et il faut avouer que, la plupart du temps, ça fonctionne et ça donne à son film une ambiance très particulière, un visuel très particulier. Il y a une vraie réflexion derrière le fait de reprendre les codes de caméra des jeux plutôt que les codes habituels du cinéma horrifique, afin que le spectateur ressente le sentiment de vulnérabilité du joueur, et ça participe à la réussite du film.

LES PLUS LES MOINS
♥ Court et rythmé
♥ La prestation d’Austin Abrams
♥ La mise en scène intelligente
♥ Un humour qui fonctionne souvent
♥ Visuellement soigné
⊗ Quelques effets numériques en deçà
⊗ Une ultime scène discutable
⊗ Au final, assez vain ?

A la fois très éloigné et très proche de l’univers Resident Evil, cette nouvelle adaptation de Zach Cregger s’avère des plus réjouissantes. Fun, gore, mis en scène comme un jeu vidéo, certains choix sont discutables mais les 1h34 du film sont réellement divertissantes.



Titre : Resident Evil
Année : 2026
Durée : 1h34
Origine : U.S.A / Allemagne / République Tchèque
Genre : Enfin un bon Resident Evil ?
Réalisateur : Zach Cregger
Scénario : Zach Cregger, Shay Hatten

Acteurs : Austin Abrams, Paul Walter Hauser, Kali Reis, Zach Cherry, Will Merrick, Andrea Miltner, Karel Dobry, Zoé Bellas, Chris Lew Kum Hoi, Griffin Newman, Jo Martin


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Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
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