Lorsqu’un mystérieux événement cosmique arrache Oak Street à sa paisible banlieue et la transporte vers un lieu inconnu, la famille Platt, désorientée dans ce nouvel environnement hostile, comprend vite qu’il leur faudra rester unis pour survivre.
Avis de Cherycok :
David Robert Mitchell a mis en scène The Myth of the American Sleepover (2010), It Follows (2014) et Under the Silver Lake (2018), et puis plus rien. Plus rien depuis 8 ans, pas même un passage par la télévision et les séries TV comme le font certains réalisateurs, rien du tout. Et puis il revient soudain avec un projet de bien plus grande envergure, un film d’aventures à gros budget avec un gros studio derrière, La Warner, sur une famille de banlieue américaine au début des années 80 qui va se retrouver soudainement projetée, suite à un évènement inexpliqué, dans un monde préhistorique rempli de dinosaures. Pas seulement eux, mais tout leur quartier. On va forcément penser à Jurassic Park de Steven Spielberg, d’autant plus que le film semble avoir envie de rendre hommage à l’imaginaire Amblin avec de nombreuses références, mais à aucun moment David Robert Mitchell ne cherche à copier son modèle. Il va en utiliser certains codes mais avoir sa personnalité bien à lui. Mais ce n’est pas suffisant pour en faire un succès et le film est clairement une déception au box-office. Pourtant, La Fin d’Oak Street ne manque pas de charme.

Oui, on pourrait de suite reprocher au film de surfer sur la nostalgie des années 80, mode initiée par le succès massif de la série Stranger Things. Sauf que La Fin d’Oak Street ne joue pas sur cette nostalgie. Certes, l’histoire se situe en 1982, mais il veut juste raconter une histoire se situant à cette époque, et pas sans cesse nous dire comme le font certains « hey, c’était bien les années 80 quand même hein ? ». Un réel effort a été fourni pour l’esthétique du film avec une photographie particulièrement travaillée, non pas pour appuyer les nombreuses références au cinéma américain des années 80 (certes bien présentes) et faire du rétro pour faire du rétro, mais pour petit à petit faire basculer ce décor de banlieue pavillonnaire américaine bien entretenue en terrain de jeu complètement hostile pour cette famille lorsque les dinosaures vont faire leur apparition. La bonne idée du film, c’est de transporter tout un morceau de banlieue au temps des dinosaures, avec ses maisons, ses véhicules, ses pelouses, ses habitants. Ce décor, au début du film idyllique, représentant bien le rêve américain, va devenir peu à peu un décor hostile. Les maisons deviennent des forteresses, les rues se transforment en longs couloirs de fuite, les pelouses bien taillées sont peu à peu envahies par toute une faune venue d’un autre temps. Tout ce qui était rassurant devient immédiatement inquiétant et toute la famille que nous allons suivre va devoir rester soudée pour tenter de survivre. Comme dit en introduction, David Robert Mitchell ne cherche pas à refaire Jurassic Park et cela se sent immédiatement au design des dinosaures. On est ici bien plus proches de ce qui semble avoir réellement été, avec par exemple des dinosaures qui sont bardés de plumes, avec une esthétique un peu moins « lisse » que ce qu’on a pu voir dans le cinéma de Spielberg. Il se différencie aussi par son côté plus horrifique. Les dinosaures envahissent le quartier, se mettent en chasse et commencent à décimer la population. Certaines morts sont montrées frontalement, mais le film aime jouer avec le hors champ, avec des dinosaures qu’on aperçoit en fond, dépasser à l’arrière d’une maison ou d’une haie afin de créer ce sentiment de menace invisible dans un premier temps, avec des personnages qui essaient de comprendre ce qu’il se passe. La Fin d’Oak Street reste malgré tout assez tout public, mais il a ce petit côté méchant pas désagréable, n’hésitant parfois pas à tomber dans l’absurde.

Oui, on regarde La Fin d’Oak Street avec le sourire car certaines scènes légères fonctionnent bien, en partie grâce au casting. Anne Hathaway et Ewan McGregor ont très bien compris que le ton sérieux qu’on leur demande de jouer sera parfois en total décalage avec le fait que des dinosaures se baladent dans une banlieue américaine des années 80 et ils vont en jouer pour que ce décalage soit des plus rafraichissants pour le spectateur. Pris individuellement, leurs personnages sont intéressants, en particulier McGregor qui incarne un père qui tente désespérément de conserver les apparences alors que le monde autour de lui part complètement en cacahuète. Le problème, c’est que la dynamique de la famille qu’ils forment, une famille qui ne va pas bien et qui va devoir malgré tout se serrer les coudes lorsque leur quartier est arraché à leur réalité, on est dans quelque chose qu’on a déjà vu moult fois. Oui, on comprend que ce cataclysme est une métaphore de leur situation, mais il n’y a rien de nouveau là-dedans. Malgré tout, les personnages sont suffisamment développés pour que les enjeux familiaux fonctionnent et on s’attache à eux assez rapidement, au point de craindre pour leur vie lorsque l’étau à grandes mâchoires se resserre autour d’eux. Le réalisateur arrive par ailleurs parfaitement à faire naitre la tension et à la maintenir presque intacte tout du long, la scène du Titanoboa blanc dans la maison en est l’exemple même. A vrai dire, tout était réuni pour faire de La Fin d’Oak Street un très chouette petit divertissement s’il n’y avait pas cette fin, cette fin complètement ratée, cette fin qui vient mettre à mal tout un tas de choses, à commencer par les conséquences sociales et métaphysiques de ce qu’elle raconte. Certes, elle boucle un arc narratif, celui du père de famille, mais en jouant avec la mécanique temporelle, il pose bien plus de questions qu’il apporte de réponses. Ça semble être un choix conscient de ne pas répondre à ces nouvelles questions de la part du réalisateur, mais en tant que spectateur, on ne peut que trouver soit un peu facile, soit un peu idiot, soit les deux à la fois. Le voyage dans le temps semble être utilisé comme un outil émotionnel, sauf qu’il met sacrément à mal la cohérence. Difficile d’en parler sans spoiler, donc chacun se fera son propre avis, mais ici en tout cas, c’est réellement ce qui empêche La Fin d’Oak Street d’être un très bon film. Et c’est dommage car tout semblait fonctionner jusque-là, avec ce côté pulp / aventures qu’on voit de moins en moins de nos jours, mélangeant efficacement humour, action, sentiments, spectaculaire et même absurde. Et puis patatras, cette fin dégueulasse vient clairement gâcher le tableau. C’est un peu dommage…

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Bien mis en scène ♥ Un casting solide ♥ La bande originale ♥ Un mélange tension / humour bien géré ♥ Des personnages travaillés |
⊗ Quelques CGI approximatifs ⊗ Une fin ratée ⊗ Le concept de famille dysfonctionnelle déjà vu |
|
|
|
| La Fin d’Oak Street aurait pu être un très bon petit blockbuster estival maniant habilement spectaculaire, sentiments, humour et fantastique, s’il n’était pas plombé par un final mettant à mal la cohérence de son concept. Le visionnage reste néanmoins des plus agréables. | |

Titre : La Fin d’Oak Street / The End of Oak Street
Année : 2026
Durée : 1h39
Origine : U.S.A
Genre : Jurassic burb
Réalisateur : David Robert Mitchell
Scénario : David Robert Mitchell
Acteurs : Anne Hathaway, Ewan McGregor, Maisy Stella, Christian Convery, Jordan Alexa Davis, P.J. Byrne, Hudson Meek, Anne Gee Byrd, Emily Kuroda, Simms May



















![[JV] Ikaruga (2001 – Playstation 4)](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/02/H2x1_NSwitchDS_Ikaruga_image1600w-680x340.jpg)
![[Film] Le Cercle de Feu 2 : L’Affrontement, de Richard W. Munchkin (1993)](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/06/lecercledefeu2-680x340.jpg)
![[Dossier] Parlons baston : Humint (2026) de Ryoo Seung-Wan](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/09/humint-680x340.jpg)
![[Interview] Vidéo Popcorn Éditions se livre à nous](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/05/interview-popcorn-680x340.jpg)




![[Analyse de film] Satluj, de Honey Trehan (2026)](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/09/satluj-680x340.jpg)
![[News] Deux coffrets épuisés de retour chez Spectrum Films](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2024/09/Spectrum-Logo.jpg)
![[Film] Murder Game, de Bo Yin et Guan Su (2026)](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/08/murdergame-680x340.jpg)

