Un homme acquiert un androïde à intelligence artificielle pour faire face à la perte de sa femme. En essayant de créer un partenaire vraiment sensible, il transforme un « lovebot » inoffensif en une compagne dangereuse.
Avis de Rick :
Il arrive dans le milieu du cinéma que les producteurs interprètent très mal les signes qui sont devant eux. En étant un brin moqueur, comment ne pas citer les messieurs de chez Sony avec leur univers étendu ayant offert au public la trilogie Venom, Morbius, Madame Web ou encore Kraven. De ce magnifique univers étendu, on pourrait même citer Morbius deux fois, puisqu’après son flop et la moquerie générale, Sony a eu la mauvaise idée de ressortir le film une seconde fois en se disant que les memes sur internet allaient rameuter le public. Ici aussi d’ailleurs il est question d’univers étendu, mais allons voir chez Blumhouse. Quand M3gan sort en 2022, c’est un méga carton surprise. Evidemment que le studio ne va pas en rester là. Mais alors qu’ils auraient pu jouer la carte du copier-coller bête et méchant en livrant un M3Gan 2, les producteurs ont eu confiance, ne comprenant donc même pas le succès de leur film. Le public, il a gentiment déliré sur le premier film, slasher soft avec poupée tueuse boostée à l’IA. Blumhouse lui a vu un personnage pouvant devenir l’héroïne de sa franchise, tout en lançant des produits dérivés. Le crash monumental au box-office de M3gan 2, troquant le slasher pour la science-fiction héroïque inspirée de Terminator 2, a bien stoppé Blumhouse dans sa lancée en tout cas. Si bien que le film suivant devant se dérouler dans le même univers, Soulm8te, a tout simplement disparu des programmes à seulement quelques semaines de sa sortie, avant de réapparaître, un an plus tard, en produit directement pour la VOD. Sur le papier, le concept était simple. Continuer de jouer dans le domaine de l’horreur avec une intelligence artificielle qui tourne mal, mais en lorgnant vers le thriller érotique (gentillet évidemment, Blumhouse oblige), et donc en faisant du robot un robot sexuel, et donc en visant un public un peu plus mature.

Est-ce que Universal et Blumhouse ont eu raison de retirer le film de leur planning et de le bazarder par la petite porte ? Alors si ce n’est pas la catastrophe absolue, notamment grâce à quelques scènes sanglantes plus réjouissantes que la moyenne venant du studio, et forcément d’une écriture qui voudrait être un poil plus mature, puisqu’il n’y a ici aucun enfant au casting, et que notre personnage principal souffre du deuil de sa femme, et bien ce n’est pas extraordinaire non plus, et durant la première heure, on peut même dire que c’est extrêmement tiède. Pas mauvais, même si totalement lisse, mais trop propre, trop effrayé presque par son sujet. On parle tout de même d’un robot, d’une intelligence artificielle qui va encore dérailler, et dont le but premier devient rapidement, en fait, d’être la poupée gonflable parlante du héros. Avant donc qu’elle ne devienne jalouse et se mette en tête, comme on pourrait s’y attendre, de tuer quiconque se met sur sa route, en particulier le casting féminin. On trouve donc clairement tous les clichés et archétypes du genre, avec le héros en deuil qui travaille dans une boite spécialisée dans l’IA et accepte de tester leur dernière création, jusqu’à y prendre goût finalement, et même aller bidouiller le code de la bête pour la débrider un peu. On trouve évidemment aussi la collègue attentionnée, ce qui amènera sans surprise quelques tensions par la suite, et le patron, qui comme dans M3gan, sera voué à mourir dans d’atroces souffrances. Rien d’exceptionnel donc ici. Et donc, notre robot ? Elle prend les traits de la charmante Lily Sullivan (Evil Dead Rise), qui reste crédible dans le rôle. Mais durant toute la première heure, comment ne pas penser à un métrage de 2025 mettant déjà en avant un robot sexuel, et le faisant avec plus de piment, plus d’humour dans le propos, mais bien plus de sérieux visuel.

Oui, je parle bien de Companion. Que ce soit Lily Sullivan ici ou Sophia Thatcher dans Companion, elles sont, dans les grandes lignes, l’incarnation du même personnage. Sauf que la première ignore jusqu’à sa condition de robot et croit donc en ses sentiments, tandis qu’ici, c’est l’opposé. Mais le premier film est drôle, parfois violent, parfois bien trouvé, alors qu’ironiquement, il esquive le gore, il esquive la nudité également. Soulm8te parfois ne recule pas. Mais le fait tellement par à coups qu’en réalité, il paraît plus timide. Toute la première heure, qui jouait sur le côté érotique du concept, n’a finalement pas grand-chose pour venir exciter le public. Le seul moment qui enfin fera plaisir aux spectateurs, c’est lorsque la robot, Sara, devient meurtrière, car là le film de Kate Dolan se lâche enfin un peu plus, n’hésitant pas à faire saigner, à couper quelques membres, ou tout simplement à frapper là où ça fait mal. Dommage qu’il faille presque littéralement attendre une heure pour avoir ce que le métrage nous vendait au départ. Ses promesses d’un concept plus adulte sont en demi-teintes, et en cela, oui, Soulm8te ne parvient pas à gâcher son affiliation avec l’univers de M3gan. C’est soft, inoffensif, jamais vraiment coquin, mais un peu sanglant sur la fin.

| LE MEILLEUR | LE PIRE |
| ♥ Lily Sullivan, convaincante en soit ♥ Les meurtres, tardifs, se lâchent un peu |
⊗ Le côté érotique trop timide ⊗ Un film très lisse ⊗ Ça met une plombe avant de vraiment démarrer |
| Soulm8te était mal parti dès le départ, et ça se confirme à la vision. Un thriller érotique et horrifique malheureusement trop timide dans presque tous les domaines et sans vraies surprises. | |

Titre : Soulm8te
Année : 2026
Durée : 1h39
Origine : Etats Unis
Genre : Horreur
Réalisation : Kate Dolan
Scénario : Rafael Jordan et Kate Dolan
Avec : Lily Sullivan, David Rysdahl, Claudia Doumit, Arty Froushan, Elijah Wook, Mara Huf, Sydney Blackburn et Isabelle Bonfrer
Galerie d’images :






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