Des amis partent en Thaïlande pour l’aventure, mais se retrouvent piégés dans des grottes sous-marines avec un prédateur mortel. Alors que l’oxygène diminue, d’anciennes tensions refont surface dans leur lutte désespérée pour survivre.
Avis de Rick :
Parfois, on fonce, qu’importe si les signaux sont quasiment tous dans le rouge. Après tout, La Bouche du Diable, ou The Devil’s Mouth, c’est le studio Lionsgate derrière qui ne fait pas toujours les bons choix récemment, ça sort en exclu sur Amazon Prime, et en prime, c’est réalisé par Jeff Wadlow, qui a réussi l’exploit de détruire quasiment tout ce qu’il touchait malgré des concepts au départs prometteurs, et le second exploit de livrer quasiment les pires films de l’écurie Blumhouse en peu de temps, Action ou vérité, Nightmare Island et Imaginary. Oui, sacré CV. Mais bon, le film met en avant un requin, de beaux paysages Thaïlandais, et en prime, en tête de casting, les belles Kathryn Newton (Freaky, Ready or Not 2) et Lana Condor (déjà vue chez Amazon Prime cette année avec Pretty Lethal). Alors, des jeunes en vacances en Thaïlande, un requin tueur, et de la survie, The Devil’s Mouth ne fait pas dans l’originalité, si ce n’est qu’il délocalise la quasi intégralité de son aventure dans une grotte. The Descent rencontre Jaws ? C’était sans doute le concept sur le papier. Pas si originale que ça puisqu’on se rappellera du second 47 Meters Down, qui prenait déjà place dans un lieu similaire, même si ici, l’influence semble beaucoup plus vouloir aller lorgner vers The Descent, avec des grottes parfois extrêmement minces, et donc un sentiment de claustrophobie voulu. Est-ce que ça marche ? Indice pour la réponse : le film est réalisé par Jeff Wadlow. Pourtant, malgré les critiques désastreuses que le film se tape, le métrage n’est pas non plus une honte, ni le pire film du réalisateur, ni le pire film de requin de l’année. Il fait assurément mieux que l’orque tueuse du paresseux Killer Whale, et assurément mieux que l’ennuyeux The Bay. Mais il n’atteint pas le plaisir coupable de série B à l’ancienne que sont Deep Water niveau requins ou Hungry et son hippopotame tueur.

Non, il lorgne plutôt du côté de Thrash, le film de Wirkola sorti sur Netflix. Car il a du potentiel, certains moments fonctionnent, le casting est souvent appliqué, mais il souffre de clichés, de personnages souvent cons comme la lune, et en prime, d’un requin qui parfois semble se téléporter (la base du film de requins dirons certains), mais surtout qui semble capable de faire des marches-arrières. Il a très certainement été formé par les requins de Peur Bleue (Deep Blue Sea). Comme énoncé, nous suivons donc des touristes en vacances en Thaïlande, et la petite bande menée par Max (Lana Condor) parvient en un temps record à être déjà parfaitement identifiable (on sait exactement que Sara (Kathryn Newton) sera la final girl, qui tiendra jusqu’au dernier acte, et qui seront les premières victimes. Et pour bien respecter l’ordre que l’on devine, il faut rendre, bien évidemment, les personnages stupides sauf Sara, avec des personnages qui font les choix les plus dangereux ou moins logiques, et surtout qui n’écoutent jamais les conseils qu’on leur donne, trop préoccupés, par égo, ou connerie, à s’engueuler. Oui, ça n’écoute pas le guide, ben il part sans eux. Oui, il ne faut pas se séparer, donc on suit la personne ayant l’idée la plus dangereuse car elle part devant. Ça en deviendrait presque amusant par moment. Dommage pour le casting, car en soit, malgré les clichés sur pattes et les décisions stupides, le casting s’en sort plutôt bien, pour des rôles physiques, entre les grottes étroites à traverser, les conduits ensevelies à nager à tenant sa respiration, et bien entendu, de manière général, un film où le casting a au moins les pieds dans l’eau 90% du temps. Dommage donc encore une fois que les deux actrices principales n’ont, à part lors des scènes de tension, qu’une seule chose à jouer chacune. Le rôles des deux meilleures amies du monde que tout oppose, la première n’étant là que pour prendre les mauvaises décisions et crier plus fort que tout le monde, tandis que la seconde en est l’exact opposé, prenant les meilleures décisions, mais ignorées par le reste du groupe pour diverses raisons.

Pour autant, et ce un peu comme pour Thrash justement, même si ça sent souvent le tournage en studio (en Australie, le reste ayant été tourné en décor naturel en Thaïlande), le métrage a dû bénéficier d’un certain budget, ce qui rend son requin relativement convaincant à l’écran (si l’on met son comportement de côté), bien loin des navets de chez The Asylum, et la grotte elle reste un décor relativement crédible à l’écran, et parfaitement orchestré par l’équipe artistique pour donner à chaque grande pièce sa particularité. Certaines scènes, grâce aux décors, parviennent même à être efficace. Dommage donc que le tout soit réalisé par Jeff Wadlow, qui manque clairement de talent et ne parvient jamais à vraiment poser un suspense, même si on lui reconnaîtra au moins le bon goût de savoir jouer sur le silence absolu lors de certaines scènes, plutôt que de laisser un design sonore envahissant guider le spectateur. Pour le reste, jamais il ne parvient jamais à jouer sur la claustrophobie ou la peur du noir, on est très loin d’un The Descent à ce niveau. Les attaques de requins quant à elle restent souvent très sages. N’attendez donc aucun démembrement ou moment choc, ce ne sera pas le cas dans La Bouche du Diable. Pas choc, pas surprenant, pas vraiment tendu, mais malgré tout, regardable, grâce à ses décors (et donc son budget), son rythme relativement soutenu, et son casting principal impliqué malgré ce qu’on leur fait jouer. Pas glorieux. Mais pour le réalisateur et dans le genre, pas si mal.

| LE MEILLEUR | LE PIRE |
| ♥ Le décor de la grotte, crédible ♥ Relativement rythmé ♥ Kathryn Newton et Lana Condor, impliquées |
⊗ Aucune tension ⊗ Des personnages souvent cons ⊗ Si vous voulez du sang, allez voir ailleurs |
| Enième film de requin de 2026, La Bouche du Diable sur Amazon Prime est exactement ce qu’on pouvait attendre d’un film de Jeff Wadlow. Souvent aseptisé, sans suspense, avec des personnages qui semblent vouloir mourir. Ceci dit, ça reste plus regardable que ce qu’il avait réalisé pour Blumhouse, déjà ça. | |

Titre : La Bouche du Diable / The Devil’s Mouth
Année : 2026
Durée : 1h46
Origine : Etats Unis
Genre : Suspense
Réalisation : Jeff Wadlow
Scénario : Aja Gabel et Myung Joh Wesner
Avec : Kathryn Newton, Lana Condor, Nico Hiraga, Gavin Casalegno, Tommi Rose, Tayme Thapthimthong, Sahajak Boonthanakit et Harrison Luna
Galerie d’images :











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