Une jeune femme sur le point de se marier commence à faire des rêves terrifiants sur des démons. À son réveil, cependant, les démons sont réels et commencent à commettre des meurtres horribles.
Avis de John Roch :
« The House that Freddy built »C’est comme cela qu’est surnommé New Line Cinema, société qui n’existerai pas sans l’icône créée par Wes Craven et la saga qui en a découlé, devenant dans les années 80 la franchise horrifique la plus lucrative avec Vendredi 13. Mais plus que Jason, Freddy Krueger est devenu un produit de consommation de masse suite au colossal succès du troisième opus et la Freddy Mania qui en a découlé. Véritable phénomène de société aux USA, Freddy est partout et apparait dans des late shows, des clips, sur MTV, dans une série télé, dans un jeu vidéo et puissance marketing oblige tout ce qui peut être floqué Freddy, de la boite de céréale aux slips, aura été floqué à un moment ou à un autre. Forcément, un tel succès fait rêver les opportunistes qui vont utiliser les cauchemars pour surfer sur la vague de la Freddy mania. De l’Inde à l’Italie, les rip-off vont fleurir et offrir un habituel quota de nanars, navets et bons films qui sortent assez des sentiers battus pour exister par eux même. L’Anglais Dream Demon fait partie de la troisième catégorie.

Produit par Palace Pictures, boite qui a justement distribué en VHS Les Griffes De La Nuit en Angleterre, il est clair que malgré sa singularité dans le sous genre de la Freddysploitation, Dream Demon a été enfanté pour grapiller de l’argent entre deux cauchemars rue Elm. Mais au lieu de se vautrer dans une redite sans inspiration, le métrage se distingue par une approche plus psychologique. On y suit Diana, femme de la haute sur le point de se marier avec un héros de guerre médiatisé. En attendant le grand jour, elle s’installe dans une maison dans laquelle elle commence à faire des cauchemars sur son mariage, en plus d’être harcelée par deux journalistes à sensation collants et de se lier d’amitié avec Jenny, une américaine à la recherche de son passé qui se trouve être liée à la même maison. Derrière les scènes oniriques et l’ombre de Freddy Kruegger se cache en fait un film qui parle de la pression du mariage. Chaque cauchemar représente une peur liée à l’union sacrée (la violence conjugale, le jugement, l’adultère…) et pour aller plus loin, on peut même y voir une sorte de critique de la royauté et du mariage princier, Dream Demon faisant clairement allusion à Lady Di et à la pression sociale et ce harcèlement médiatique dont elle fut victime, rappelant en passant que la vie de princesse n’est pas ce que les demoiselles qui aimeraient être traitées en tant que telles s’imaginent. Ce qui n’est que la première partie d’un film qui parvient à se renouveler au fil de son récit en développant la relation entre les deux protagonistes qui fonctionnent comme des miroirs. Diana est une fille de bonne famille terrifiée par le futur, Jenny est une rebelle qui fait face à son passé, les rêves de la première deviennent la réalité de la seconde, il est appréciable que Dream Demon tente d’exploiter plusieurs directions pour sortir du simple meurtre dans le cauchemar qui devient réalité, jusqu’à basculer dans le film de maison hantée dès lors que la frontière entre le songe et le réel disparait.

Dream Demon se démarque par son histoire mais aussi par son ambiance. L’atmosphère plus froide et gothique tranche avec les néons et l’esprit comic book post Les Griffes Du Cauchemar de la saga Freddy, faisant ainsi du métrage aussi bien une tentative de faire exister le cinéma horrifique Anglais dans les années 80 qu’un film qui ne renie pas son passé et son héritage. Ajoutez à cela de beaux décors rappelant parfois Hellraiser et à raison puisque tourné sur le même plateau, quelques scènes gores qui font plaisirs dans le paysage British de l’époque alors en plein débat sur la violence à l’écran et les fameuses videos nasties, une mise en scène pas déshonorante aux transitions parfois habiles entre deux scènes et un casting dont on retiendra la trop rare Kathleen Wilhoite, la déjà connue avant de l’être Jemma Redgrave (de la famille d’acteurs et actrices Redgrave) et Timothy Spall excellent en photographe de tabloïds répugnant. Pourtant tout n’est pas parfait dans Dream Demon, on peut citer un rythme en dent de scie dans la première partie, ou un manque de cohérence globale et une fin qui donne un aspect vain à tout ce qui a précédé. Mais de vraiment préjudiciable en l’état, bien que catalogué dans la catégorie des sous Freddy, Dream Demon parvient à s’affranchir de ce simple statut pour être une série B singulière, généreuse et pas dénuée de qualités.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ L’ambiance ♥ La générosité de l’ensemble ♥ Les effets spéciaux ♥ Une histoire qui parvient à se renouveler pour ne pas lasser |
⊗ Le manque de cohérence global ⊗ La fin pas très convaincante |
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| Bien que catalogué dans la catégorie des sous Freddy, Dream Demon parvient à s’affranchir de ce simple statut pour s’imposer comme une série B singulière, généreuse et loin d’être dénuée de qualités. | |


Titre : Dream Demon
Année : 1988
Durée : 1h28
Origine : Angleterre
Genre : Freddysploitation, il parait
Réalisateur : Harley Cokeliss
Scénario : Christopher Wicking, Harley Cokeliss et Catherine de Pury
Acteurs : Jemma Redgrave, Kathleen Wilhoite, Timothy Spall, Jimmy Nail, Mark Greenstreet, Susan Fleetwood, Annabelle LanyonNickolas Grace



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