Steven Price, richissime homme d’affaires et patron de grands parcs d’attraction, organise l’anniversaire de son épouse dans une maison hantée construite sur les restes d’un hôpital psychiatrique, où eut lieu un effroyable massacre. Très vite le couple et leurs invités se retrouvent piégés dans cette maison de l’horreur. Le cauchemar peut alors commencer…
Avis de Rick :
En 1999, les studios ont dû se passer le mot pour remaker chacun dans leurs coins les grands classiques du genre. Chez Universal, il y a eu La Momie de Stephen Sommers, mais il y a deux cas plus intéressants. Car la même année, nous avons Dreamworks qui livre le remake de La Maison du Diable de Robert Wise, avec Hantise de Jan de Bont, et de l’autre Warner, qui sous l’impulsion de Joel Silver et Robert Zemeckis, lancent la production d’un remake de La Nuit de Tous les Mystères de William Castle. Un remake qui passé son point de départ, n’a plus grand-chose à voir d’ailleurs avec le film original, et je veux bien entendu parler de La Maison de l’horreur de William Malone, film à présent quasiment oublié. L’ironie, c’est que j’avais raté à l’époque les deux films au cinéma, mais avait pu les louer en VHS (ah lointaine époque), et aurait vu donc Hantise et La Maison de l’horreur le même jour. Le grand écart entre les deux films est énorme évidemment, et forcément, ma préférence a largement été vers le film de William Malone, et ce même si depuis, le monde nous a prouvé qu’il n’était pas vraiment un bon réalisateur, car personne n’oubliera qu’il a enchainé en 2002 avec Feardotcom, Terreur Point Com donc, sombre navet imbuvable. Pour La Maison de l’horreur, il faut dire qu’il a dû être assez surveillé, puisqu’il s’attaquait à un film culte, avec un budget confortable de 37 millions de dollars, un casting qui a de la gueule et deviendra clairement bien connu par la suite (Geoffrey Rush, Famke Janssen, Peter Gallagher, Ali Larter, pas rien), mais surtout donc, Joel Silver et Robert Zemeckis à la production. Et en prime, en coproductrice, Terry Castle. Et il ne faut bien aller bien loin pour deviner qui est Terry, puisque son nom de famille grille tout. Oui, la fille de William Castle, réalisateur du film original. William Malone a dû avoir une certaine pression sur les épaules pour livrer un produit qui tient la route, actualise le film original, et fasse plaisir aux amateurs du genre.

Et je dois bien avouer que presque 30 ans plus tard, ça fonctionne toujours, La Maison de l’horreur est typiquement le genre de séries B un brin friquées de la fin des années 90, qui ose parfois aller dans du gore qui tâche (KNB est aux effets), tout en incorporant un poil les nouvelles technologies (une créature finale en CGI qui a un brin vieillie), qui manque totalement de subtilité à tous les niveaux, mais qui est faite avec assez de soin et d’amour pour qu’on lui pardonne ses défauts, juste pour passer un bon petit moment pas prise de tête devant le film. La base de l’intrigue donc, elle est identique au film original. Stephen Price invite cinq inconnus à passer une nuit dans un ancien hôpital réputé hanté et s’ils sont toujours là au lever du jour, une belle somme d’argent pour eux. Somme actualisée, passant de 10 000$ dans le film original à un million ici. Et premier bon point dès le départ, outre la scène d’ouverture assez violente et gore mettant en avant ce bon vieux Jeffrey Combs, c’est que oui, malgré les clichés et stéréotypes, le casting tient la route. Geoffrey Rush est très bon en Stephen Price, avec sa petite moustache, et ses échanges avec sa femme Evelyn (Famke Janssen) fonctionnent à la perfection. L’actrice elle, comme souvent à l’époque, est resplendissante. Pour le groupe d’inconnus invités là, on reconnaitra Peter Gallagher (Sexe, Mensonges et Vidéo) et Ali Larter, que les amateurs du genre retiendront surtout pour sa participation aux deux premiers Destination Finale. Et très rapidement, tout se met en place, dans un mélange entre le vrai et le faux, ce qui est truqué et ce qui pourrait être vraiment paranormal. Et ça fonctionne plutôt bien. Rythmé, bien rodé, le film a surtout pour lui de magnifiques décors que la caméra va explorer dans tous les sens, le tout sous l’éclairage de Rick Bota. Qui ici, fait du bon travail, et vu la suite de sa carrière, je n’aurais jamais pensé dire ça un jour. Oui, c’est bien le futur réalisateur des épisodes 6, 7 et 8 (Hellseeker, Deader et Hellworld) de la saga Hellraiser qui gère la photographie du métrage. Sans doute son travail le plus marquant en tant que directeur de la photographie.

Par contre oui, on émettra des réserves sur le montage, comme toujours dans le cinéma de genre de la fin des années 90 et début 2000, avec cette mode que l’on pourrait qualifier de MTV, avec filtres, montage cut par moment et autres effets de styles inutiles. Mais le film n’en abuse pas spécialement en réalité, préférant faire de sa maison un personnage. Dommage que par contre, niveau frousse, il n’y a rien du tout, et on a presque l’impression que le métrage n’essaye même pas réellement, préférant jouer sur le rythme et l’efficacité, et donc, sur un contenu plus frontal et rentre-dedans. Ce qui a donné du travail à KNB, qui se fait plaisir avec la créatures de quelques créatures, de quelques décapitations et autres effets gore. En tout cas, si l’on ferme les yeux sur certaines facilités et quelques moments difficiles à avaler, le métrage demeure un très solide divertissement la majeure partie du temps, avant qu’il ne se laisse aller dans son final à une avalanche de CGI pas forcément réussis, mais loin d’être les pires pour l’époque également. Et à peine 1h30 après le début, nous quittons déjà à nouveau le film sur la reprise de Sweet Dreams de Marilyn Manson, et honnêtement, oui, j’ai encore une fois passé un très bon moment devant le métrage, pas dénué de défauts, certains gros, mais prouvant qu’à l’époque, un gros studio était encore prêt à financer un remake d’un film de genre sans forcément lésiner sur la violence, la grossièreté, et à confier le tout à une équipe motivée devant et derrière la caméra, ce qui, là aussi, donne un gros capital sympathie au métrage. Car tout le monde semble y croire, et du coup, tout le monde s’est appliqué pour livrer cette grosse série B un peu gore, un peu bancale, mais attachante. Bien plus que sa suite en tout cas, et même d’un certain côté, plus que le film original qui pour le coup, lui, a vraiment un gros coup de vieux dans les dents. La Maison de l’Horreur tente donc, et réussit, à s’éloigner du film original pour être un très honnête divertissant pulp. Là où Hantise cherche à coller à La Maison du Diable, et frise le ridicule en montrant tout, là où l’original suggérait tout.

| LE MEILLEUR | LE PIRE |
| ♥ Des moments bien sanglants ♥ Un superbe décor ♥ Quelques idées inspirées ♥ Geoffrey Rush et Famke Janssen sont parfaits |
⊗ Un montage type de la fin des années 90 ⊗ Des personnages clichés et peu développés ⊗ Jamais flippant, et n’essaye même pas |
| Certainement pas un grand film, La Maison de l’Horreur reste un plutôt bon représentant de l’horreur de la fin des années 90, avec ses réussites, ses idées, son casting, ses effets à l’ancienne, et ses plantages, avec les CGI, le montage inégal, ou ses personnages. Mais ça reste hautement divertissant. | |

Titre : La Maison de l’Horreur / House on Haunted Hill
Année : 1999
Durée : 1h33
Origine : Etats Unis
Genre : Fantastique
Réalisation : William Malone
Scénario : Dick Beebe
Avec : Geoffrey Rush, Famke Janssen, Taye Diggs, Peter Gallagher, Chris Kattan, Ali Larter, Bridgette Wilson, Max Perlich, Jeffrey Combs et Dick Beebe
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