Au lendemain de l’attaque sanglante du train d’El Paso chargé d’un million de dollars en pièces d’or, le pistolero Cat Stevens et Hutch Bessy, un enquêteur au service d’une compagnie d’assurances, se lancent sur les traces de Bill San Antonio, un hors-la-loi officiellement mort. Stevens croit même l’avoir abattu à l’issue d’un duel un an plus tôt : il ignorait que son arme était chargée à blanc ! L’unique survivant de l’hécatombe est formel : c’est bien San Antonio le chef des bandits. Stevens et Bessy localisent le butin, mais ils vont tomber dans un piège.
Avis de Cherycok :
Dieu Pardonne… Moi Pas ! est quelque part un des films les plus importants du cinéma italien. Pourquoi ? Tout simplement parce que c’est le film qui a réuni pour la première fois Bud Spencer et Terence Hill, le duo qui va avoir de grandes répercussions sur le cinéma local dans la décennie suivante en faisant à plusieurs reprises exploser le box-office avec leurs films dont je ne me lasse pas de vous parler de manière régulière. Oui, Dieu Pardonne… Moi Pas ! est le film par lequel tout a commencé, trois ans avant le culte On L’Appelle Trinita qui fera d’eux des méga stars et changera à tout jamais la face du western spaghetti. Ce coup de maitre, on le doit à Giuseppe Colizzi, dont c’est le premier film, réalisateur peu prolifique puisqu’il n’aura mis en scène que six films, dont quatre avec le célèbre duo dont le culte Maintenant, On l’Appelle Plata (1972). Mais que vaut-réellement ce premier film réunissant Hill et Spencer ?

Bud Spencer, alors encore Carlo Pedersoli, n’avait eu jusque là que des rôles de figurants. Giuseppe Colizzi cherchait une vraie masse pour jouer dans son film et, de fil en aiguille, il rentre en contact avec Carlo Pedersoli qui, après sa retraite sportive s’était sacrément empatté, passant son temps à ne rien faire et à manger. Pedersoli, qui ne parlait pas anglais et n’avait jamais monté à cheval, accepta le rôle pour payer ses factures, se laissa pousser la barbe et, à la demande des producteurs, se chercha un nouveau nom à consonnance américaine. Ça sera Bud Spencer, en référence à la bière Bud dont il raffolait et à l’acteur Spencer Tracy. Pour lui donner la réplique, c’est Pietro Martellanza, également appelé Peter Martel, qui est choisi mais dès le début du tournage, ce dernier se casse la cheville. Une histoire de tromperie qui ne finit pas très bien parait-il. Quoi qu’il en soit, il faut le remplacer, et vite, et le producteur Mauro Bolognini propose un certain Mario Girotti qu’il avait fait jouer la décennie précédente dans le film La Veine d’Or (1955) et qui venait de tourner dans le prestigieux film Le Guépard (1963) de Luchino Visconti. Sa ressemblance avec Franco Nero était un plus étant donné que ce dernier venait de triompher dans Django (1966) de Sergio Corbucci. Même punition que Bud Spencer pour Mario Girotti qui va devoir se trouver un nom américain et ça sera bien entendu Terence Hill qu’il choisit dans une liste de 24 noms qui lui ont été proposés. Le duo Bud Spencer / Terence Hill était né, bien qu’ils aient déjà joué dans le même film en 1959, dans Hannibal, mais sans jamais se croiser. Et ce premier film du duo, il va en 1967 casser la baraque puisqu’il va être le plus gros succès du box-office italien, à une époque où la concurrence du western était extrêmement rude. Rien qu’en 1967, ce sont pas moins de 64 autres westerns qui sont sortis dans les salles, dont des mastodontes comme Le Dernier Jour de la Colère de Tonino Valerii, Colorado et Le Dernier Face à Face de Sergio Sollima, ou encore La Mort Était au Rendez-Vous de Giulo Petroni. Mais c’est bel et bien Dieu Pardonne… Moi Pas ! qui raflera la mise, avec pas moins de deux milliards de lires de recettes et deux suites verront le jour, Les Quatre de l’Avé Maria (1968) et La Colline des Bottes (1969), ce dernier ayant également été exploité sous le titre Trinita va Tout Casser. C’est bien joli tout ça mais, qu’en est-il du film réellement ?

La première chose à savoir, c’est que nous ne sommes pas encore ici dans la formule qui fera le succès du duo Terence Hill / Bud Spencer, à savoir humour bon enfant et les bagarres cartoonesques qui arrivera en 1970 avec le culte On L’Appelle Trinita (1970). Certes, un remontage du film ressortira dans les années 80, expurgé de ses scènes les plus violentes et avec un nouveau doublage privilégiant le fun, mais nous sommes ici dans un western sérieux où ça tue de sang froid dès que ça en a l’occasion, où ça frappe et viole des femmes, ça torture au fer rouge, quelque chose de bien plus en adéquation avec les westerns spaghettis de l’époque. Certaines scènes font preuve de légèreté, oui, mais ce n’est clairement pas ce qui caractérise le film. Bien qu’il s’agisse d’un premier film, la mise en scène de Giuseppe Colizzi est très bonne et il arrive à rendre certaines scènes, pourtant objectivement assez classiques, des plus mémorables (l’introduction dans le train, la partie de poker, …). Il fait preuve d’un vrai savoir faire et son expérience en tant qu’assistant réalisateur ou réalisateur de seconde équipe sur trois films de Luigi Zampa à la fin des années 40 / début des années 50 lui ont clairement donné de très bonnes bases. L’intrigue du film est assez est très efficace et même si on pourra penser que le film est un peu bavard, ce sont justement certaines des scènes de dialogues qui arrivent à retenir l’attention. Bien qu’il ne s’agisse que d’une simple course au trésor, ça va au final bien au-delà et cette réussite, on la doit sans aucun doute au casting. Bien qu’on devine les prémisses du duo Spencer / Hill, ils sont ici on ne peut plus sérieux, l’un cherchant à récupérer le butin, l’autre à enquêter pour la société d’assurance qui l’a embauché. C’est Terence Hill qui est clairement le meneur du duo, et c’est d’ailleurs lui qui a le plus grand temps de présence à l’écran. Bud Spencer est plus posé, plus passif, bien que certaines scènes l’impliquant soient très réussies (la séquence de torture). En face d’eux, un redoutable Frank Wolff (Le Grand Silence, Il Était une Fois dans l’Ouest) malin comme un singe, manipulateur et machiavélique au possible, capable de retourner ses propres hommes les uns contre les autres pour mieux régner. Tout est ici suffisamment maitrisé pour que Dieu Pardonne… Moi Pas ! soit un visionnage vivement conseillé, aussi bien pour les fans de Bud Spencer et Terence Hill qui découvriront comment le duo est né, mais aussi pour les amateurs de westerns spaghettis de manière générale avec un film bien plus honnête et sincère que bon nombre de westerns opportunistes sortis à cette période.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Bonne mise en scène ♥ Les prémisses du duo Spencer / Hill ♥ La bande son parfois angoissante ♥ Une tension bien gérée ♥ Un casting solide |
⊗ Parfois trop bavard ⊗ Un Bud Spencer trop en retrait ⊗ Peut-être un poil trop long ? |
|
|
|
| Plus gros succès au box-office italien de 1967, Dieu Pardonne… Moi Pas ! est surtout la vraie première collaboration du célèbre duo Bud Spencer et Terence Hill. Un western spaghetti de bien belle facture, certes pas très original mais rondement mené. | |

LE SAVIEZ-VOUS ?
- Le film n’est sorti en France qu’en 1972. En 1977, pour des raisons d’exploitation du succès des Trinita, le film ressort sous le titre Trinita ne pardonne pas. Ses deux suites, Les Quatre de l’Avé Maria et La Colline des Bottes sont sorties en France avant ce premier film, respectivement en 1969 et 1970.
|
DIEU PARDONNE… MOI PAS ! est sorti chez BQHL en blu-ray au prix de 19.99€. Il est disponible à l’achat ici : bqhl.com Version Française DTS-HD Master Audio 2.0 / Version originale DTS-HD Master Audio Mono – Sous titres français – BD 50 – MASTER HAUTE DÉFINITION – 1920×1080 – 2.35:1 – Couleurs En plus du film, on y trouve : Entretien avec l’auteur Jean-François Giré (40′). |
Titre : Dieu pardonne… Moi Pas ! / Dio perdona… io no!
Année : 1967
Durée : 1h48
Origine : Italie
Genre : Western spaghettis
Réalisateur : Giuseppe Colizzi
Scénario : Giuseppe Colizzi, Gumersindo Mollo
Acteurs : Terence Hill, Bud Spencer, Frank Wolff, Gina Rovere, José Manuel Martin, Frank Braña, Franco Gulà, Joaquin Blanco, José Canalejas, Antonietta Fiorito






















![[JV] Ikaruga (2001 – Playstation 4)](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/02/H2x1_NSwitchDS_Ikaruga_image1600w-680x340.jpg)
![[Film] Le Cercle de Feu 2 : L’Affrontement, de Richard W. Munchkin (1993)](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/06/lecercledefeu2-680x340.jpg)
![[Dossier] Parlons Baston : The Furious de Kenji Tanigaki](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/07/The-Furious_resultat-680x340.jpg)
![[Interview] Vidéo Popcorn Éditions se livre à nous](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/05/interview-popcorn-680x340.jpg)




![[Film] Guerre des Gangs à Okinawa, de Kinji Fukasaku (1971)](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/08/guerresgangs-680x340.jpg)
![[Sortie] Puppet Master III en blu-ray / UHD le 14/08/2026](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/03/puppetmaster3-680x340.jpg)
![[Film] Swords Drawn, de Luo Yi-Wei (2022)](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/08/swordsdrawn-680x340.jpg)

