Un coursier a trois heures pour transporter un organe afin de sauver une fillette de sept ans qui a besoin d’une transplantation immédiate. Mais un chef d’un syndicat du crime s’acharne à réclamer l’organe.
Avis de Cherycok :
On ne peut pas dire que Scott Waugh a une carrière très reluisante. Entre le film de guerre un peu trop patriotique Act of Valor : Les Soldats de l’Ombre (2012), l’adaptation un peu foireuse du jeu vidéo Need For Speed en 2014, le très raté Hidden Strike (2023) avec Jackie Chan et John Cena, ou encore la catastrophe Expendables 4 (2023), il n’y a guère que Six Below (2017) avec Josh Harnett qui sort du lot, et encore. Et pourtant, la bande annonce de Runner, son dernier film en date au moment où j’écris ces lignes, a attisé ma curiosité, avec la promesse d’un buddy movie mélangeant action et comédie, avec la présence de l’imposant Alan Ritchson (la série Reacher) qui pourrait être le nouveau Schwarzenegger, et avec un côté sincèrement bourrin assumé. Et c’est exactement ce que le film propose, sans jamais chercher à péter plus haut que son cul. Parfois ça fait du bien un petit divertissement bas du front mais efficace, Runner répond parfaitement à ce cahier des charges et le résultat est des plus attachants.

Si on analyse le scénario à froid, il tient sur un post-it. Il est question d’un « livreur » qui va devoir transporter un colis médical, un foie pour une petite fille malade. Mais ce colis intéresse également un baron du crime dont la mère est malade et ce dernier va essayer de le récupérer coute que coute. Sauf que ce colis réfrigéré a un temps limité avant que l’organe à l’intérieur ne prenne un coup de chaud et donc c’est la course contre la montre. L’idée est simple mais va vite s’avérer très efficace avec en ligne de mire la survie de cette fillette et un coursier qui va se retrouver au milieu d’une mission qui dépasse largement ce pour quoi il a été embauché. Et devinez quoi ? Notre livreur, Hank Malone, est un ancien militaire des forces spéciales et il est très fort pour casser des bouches. Runner assume parfaitement son scénario de série B et avec cette deadline où le foie réfrigéré sera inutilisable, une tension s’installe immédiatement sans que le réalisateur ait à beaucoup pousser. L’objectif va être simple, les obstacles sur la route de Hank Malone vont être de plus en plus dangereux, et il va être obligé de collaborer avec un sidekick un peu trop bavard et parfois un peu encombrant en la présence de Owen Wilson, cabotin juste ce qu’il faut. Runner évoque au passages les thèmes de la rédemption, de la valeur de la vie humaine face au trafic d’organes, de la confiance qui peut s’installer entre deux hommes que tout oppose, mais le film ne cherche pas à les développer particulièrement car ce n’est pas ce qui l’intéresse. Il cherche à proposer du divertissement efficace aux spectateurs, et il y arrive parfaitement. Déjà, le duo Alan Ritchson / Owen Wilson fonctionne parfaitement. L’alchimie entre les deux acteurs est bien là et Wilson arrive à remplir son rôle de contrepoids comique. Il n’est pas simplement un boulet que son comparse va devoir trainer pour mettre en scène des gags, il sait être ingénieux et réfléchi. Mais oui, il est clairement là pour amener de la légèreté et un côté imprévisible là où Alan Ritchson est tout en sérieux et surtout en muscles. C’est le principe du buddy movie me direz-vous, faire coopérer deux personnes que tout oppose, mais ici la sauce prend immédiatement sans qu’on ait cette impression d’artificialité. Alors il est certain que l’humour du film fait parfois perdre un peu de poids dramatique à certaines scènes de tension, mais cela amène un côté fun à un film qui n’en manque clairement pas.

Passée la longue introduction servant à planter le décor et présenter les différents personnages, Runner se lance vraiment dans cette course contre la montre et le rythme ne faiblira que rarement. Même lorsqu’il se calme un peu pour faire avancer la relation d’amitié qui se créé entre les deux protagonistes centraux, il ne tarde jamais à relancer la machine. Clairement, Scott Waugh est à l’aise dans l’action, possiblement grâce à son passé de cascadeur. Il y a un certain savoir-faire à rendre l’ensemble très physique, à commencer par les bastons et les gunfights qui virent au bourrinage assumé, avec des corps qui se font casser, qui se font balancer dans tous les sens à grand renfort de câbles de traction comme on a pu le voir dans le cinéma de Hong Kong des années 80/90, et un réalisateur qui tient à ce que les CGI soient utilisés le moins possible pour rendre le tout le plus palpable possible. Voir Alan Ritchson balancer des patates de forain a quelque chose de réellement jouissif et les cascadeurs en prennent plein la tronche. Il y a même ce petit côté très ludique avec une violence qui monte crescendo. Même chose lors des gunfights avec des tirs de fusil à pompe qui éjectent les cascadeurs de façon presque cartoonesque et des corps criblés de balles à grand renfort de giclées de sang. Pour les courses poursuites véhiculés, malgré leur aspect jouissif, on émettra parfois quelques réserves dans le sens où on fait bien plus appel au numérique pour mettre en scène des mouvements de caméra presque impossible à faire en temps normal, avec une caméra qui passe d’une voiture à l’autre tout en tournant autour d’elles sans qu’il y ait de coupe. C’est certes fun, mais ça a quelque chose de bien plus artificiel. Néanmoins, avec son cadre australien qui varie les espaces de circulation et une photographie qui n’a pas peur des couleurs et qui contraste avec beaucoup de films actuels souvent très grisâtres, ces courses poursuites restent des plus agréables à visionner. On pourra reprocher à Runner de n’être qu’un film qui ne propose que le plaisir immédiat, certes, c’est d’ailleurs très vrai. Mais en quoi est-ce un mal ? Tout n’a pas à être mémorable. Tout n’a pas à marquer le 7ème Art. Et si vous cherchez juste une bobine de moins de 1h40 pour passer une bonne soirée mélangeant humour et bonnes scènes d’action fun, Runner pourra faire son office sans aucun souci. Et quand on se souvient du Expendables 4 et du Hidden Strike du réalisateur, on se dit qu’il est très bien ce petit Runner.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Le duo Alan Ritchson / Owen Wilson ♥ Des scènes d’action souvent jouissives ♥ Un rythme bien géré ♥ Bien mis en scène ♥ Une bande son énergique |
⊗ Un scénario qui manque d’épaisseur ⊗ Des personnages secondaires un peu légers ⊗ Rien de mémorable |
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| Vous cherchez une petite série B façon buddy movie ? Alors n’hésitez pas à jeter un œil à ce Runner, un spectacle décomplexé aux scènes d’action bourrines, qui exploite parfaitement son duo d’acteurs. Un bon divertissement léger et efficace. | |

Titre : Runner
Année : 2026
Durée : 1h38
Origine : Australie / U.S.A
Genre : Buddy movie musclé
Réalisateur : Scott Waugh
Scénario : Miles Hubley, Tommy White
Acteurs : Alan Ritchson, Owen Wilson, Rodrigo Santoro, Leila George, Kate Box, Peta Sergeant, Cecilia Toussaint, Geraldine Hakewill, Doran D. Kleut, Scarlett Crabtree



















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