[Film] Les Ruines (2008)

En vacances au Mexique, quatre amis, Jeff et sa copine Amy et Eric et sa copine Stacy décident de suivre Mathias pour leur dernière journée. S’aventurant dans la jungle, ils doivent partir visiter un temple Maya qui n’est sur aucune carte. Mais à peine arrivée sur place, les ennuis commencent et les autochtones les empêchent de quitter la pyramide.

Avis de Rick :
Les Ruines, à la base, c’est un roman de Scott Smith, un petit génie dont les deux uniques œuvres furent rapidement adaptées au cinéma. La première, c’est Un Plan Simple, signé Sam Raimi en 1998, d’après son roman qu’il publie en 1993. Remarqué, Hollywood s’intéresse de suite au bonhomme, et à peine son second roman, Les Ruines donc, publié en 2006, une adaptation est en marche. Et comme pour Un Plan Simple, Scott Smith s’occupe lui même du scénario, et donc du travail d’adaptation de son propre roman. Une manière de rester fidèle à l’esprit du roman, puisque dans le fond, beaucoup de changements arrivent. Se déroulant au départ sur une colline, l’action est délocalisée sur une pyramide maya, beaucoup plus impressionnant visuellement. Ensuite, certains événements du roman arrivant à tel ou tel personnage s’abattra sur un autre dans l’adaptation cinématographique. Après avoir donc revisité le polar avec le très bon Un Plan Simple, Les Ruines revisite cette fois ci le film d’horreur, et s’inscrit dans une mouvance actuelle du cinéma à petit budget : le huit clos. Il est d’ailleurs assez amusant de remarquer qu’on retrouve au casting Shawn Ashmore, déjà aperçu dans deux autres huit clos, avec Mother’s Day (à l’intérieur d’une maison) et Frozen (sur un télésiège). La réalisation arrive entre les mains de Carter Smith, qui signe là son premier film, après deux courts métrages, dont le très remarqué Bugcrush en 2006. Les Ruines est donc son premier, mais pour le moment, également dernier film. Comme pour Frozen, Les Ruines va dans un premier temps nous présenter ses personnages principaux. Et comme pour Frozen, le début ne met pas forcément en confiance, faisant preuve d’une certaine banalité, avec ses personnages de jeunes en vacances, qui boivent, bronzent, et parlent de sexe. Une entrée en la matière peu enthousiasmante, mais qui, comme souvent lorsque cela est bien fait, permet de mieux surprendre par la suite.

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Outre Shawn Ashmore, on trouve au casting Jonathan Tucker, déjà aperçu dans le remake de Massacre à la Tronçonneuse en 2003 et dans Pulse, le remake de Kaïro, ou encore Jena Malone, grande actrice remarquée dans Donnie Darko en 2001, puis Into the Wild en 2007. Un casting de jeunes stars montantes ou habituées au genre. Car après cette présentation des personnages sur une petite quinzaine de minutes, toute cette bande s’enfonce dans la jungle, suivant leur guide Matthias pour rejoindre une pyramide maya. Et à peine sur les lieux, les autochtones arrivent, et le rythme s’emballe, et Les Ruines trouve alors son rythme de croisière, faisant monter la sauce doucement mais surement, sans jamais la faire redescendre un seul instant. On sait de nos jours que les huit clos cherchent à faire dans l’originalité (le télésiège, l’avion, le sauna), et ainsi, les Ruines se déroule sur une pyramide, ainsi que, pour certains passages bien stressants, à l’intérieur. Les personnages sont bloqués sur la pyramide. S’ils descendent et s’éloignent, ils seront abattus comme des chiens. Sauf que la pyramide en elle même se révèle finalement bien plus terrifiante et dangereuse. Et Scott Smith au scénario a fait un excellent travail, faisant monter la tension avec des scènes parfois classiques, avant de verser dans le fantastique et même l’horreur pure au fur et à mesure du déroulement de son intrigue. Ce qui ne commence comme un film de survie extrêmement bien mené et réalisé (gestion de l’eau, soigner les blessures, évaluer le terrain, recherche de téléphone pour contacter « le monde extérieur ») plonge petit à petit dans une horreur plus viscérale, à base de paranoïa, d’amputation et j’en passe et des meilleures. Scott Smith au scénario s’amuse d’ailleurs des différents stéréotypes du genre pour mieux nous tromper (le coup du téléphone).

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A ce titre, le réalisateur fait un travail plutôt incroyable pour ne jamais nous laisser souffler et entretenir à la fois le suspense et la tension. Quand on sait que toutes les scènes extérieures (soit un bon 70% du film) ont été tournées en lumière naturelle, on se rend compte que c’était le bon choix pour un rendu réaliste, malgré une intrigue s’éloignant rapidement du simple huit clos. Car si la menace est à l’extérieur avec ces autochtones, peu crédibles malheureusement (un dialogue précise une cinquantaine, à l’écran, on ne trouvera que 10 malheureux figurants), la menace sur la pyramide est encore bien plus grande, puisque celle ci est recouverte d’une végétation pour le moins agressive et surtout intelligente. Le film nous livre petit à petit des scènes bien surprenantes, et parfois même bien sanglantes. C’est simple, quand le ton du film redescend après quelques scènes à suspense, c’est pour mieux nous offrir une scène choc. Au nombre de deux (oui, certains diront que c’est peu), ces scènes sont particulièrement réussies et éprouvantes. Les acteurs font tous du très bon boulot et leurs réactions sont crédibles, permettant au spectateur de plonger encore plus facilement dans leur cauchemar, et ce jusqu’à la scène finale (la version non censurée, inédite en France, propose d’ailleurs une fin alternative bien plus pessimiste), rondement menée par le score à base de percution que nous a procuré Graeme Revell, habitué à ce genre de petites productions horrifiques (un petit budget de 8 millions de dollars), et ce depuis ces débuts dans les années 90 (Psychose 4, Chucky 2). Réalisé avec sérieux, prenant tout le long, sans baisse de rythme (et avec un petit 1h27 au compteur), Les Ruines est une grande réussite du genre, pourtant assez méconnu et ayant reçu pas mal de critiques mitigées lors de sa sortie.

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Les Ruines est un excellent huit clos horrifique, jouant à merveille sur la tension et le suspense, et ce jusque sa scène finale réussie.

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ruinesTitre : Les Ruines – The Ruins
Année : 2008
Durée : 1h27
Origine : U.S.A
Genre : Horreur
Réalisateur : Carter Smith

Acteurs : Jonathan Tucker, Jena Malone, Shawn Ashmore, Laura Ramsey et Joe Anderson


Galerie d’images :

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Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

6 Comments

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  1. Je ne le qualifierais pas “d’excellent” comme toi 😉 mais j’avoue qu’il se défend pas mal. L’idée est sympa. Le film sait être captivant. Je n’ai pas l’impression qu’il y ait tant de moyen et le résultat n’est pas dégueu’. J’avais passé un bon moment. Surpris que Carter Smith mette autant de temps à pondre un autre long. On peut voir qu’il a un certain talent de metteur en scène. Bref. Son prochain devrait bientôt débarqué mais ça commence à dater tout ça.

  2. Bonjour,

    Tout d’abord, un grand merci pour vos critiques que je lis régulièrement!
    Elles m’ont permis de découvrir quelques films sympas dont celui-ci.
    Auriez vous des films du même genre à conseiller? du type survival huis-clos, fantastique ou non?

  3. Bonsoir,

    Merci pour le compliment, cela fait toujours plaisir à lire, et faire découvrir de petits films du genre est un plaisir.
    Des survival en huit-clos mmm… dans un genre assez différent, il y a FROZEN de Adam Green qui est très bon (3 personnages sur un télésiège pendant quelques jours). Il y a 247°F qui se déroule dans un sauna (pas extraordinaire, mais se regarde), ATM que j’avais critiqué sur ce site qui se regarde bien malgré son final raté, l’excellent INTRUDER de Scott Spiegel qui est un slasher dans un supermarché, MOTHER’S DAY de Darren Lynn Bousman avec cette famille qui prend des gens en otage dans une maison. Et tant d’autres, comme FEAST dans le genre comédie gore dans un bar, DEVIL dans un ascenseur (mais ça j’ai trouvé ça très mauvais perso), ALTITUDE qui se déroule dans un petit avion, sympa malgré de gros défauts d’écriture.

  4. Oui j’ai vu Frozen que j’avais également trouvé très bon. Je materai les autres titres, merci encore pour cette liste!

  5. Tres bonne série B. (8 millions seulement ?? Et bien c’est ce qu’on appelle maîtriser son budget , Disney si tu me lis …)

    De la tension , un réa super propre et quelques belles surprises , si surtout on le découvre sans rien savoir de ce qui nous attend.
    Après c’est vrai que le premier quart d’heure est assez lamda mais c’est voulu vu la suite du programme , donc pas avoir peur devant le début du film comme tu le dis si bien dans la chronique.

    Et hop ! On ressort le dvd pour un de ces jours , ça fait longtemps.

    1. Comme quoi certains choix peuvent s’avérer vite payants pour avoir un résultat top mais un budget pas bien élevé. Comme le fait de tout tourner en lumière naturelle, forcément, ça amène parfois de gros soucis de logistique, mais tu économises un max en location de matériel, vu le prix des projos par exemple.

      Content que ça te donne envie de le revoir. Du coup j’en profite pour faire ma pub : le blu-ray US que l’on peut trouver d’ocaz un peu partout sur le net par exemple, il est non zoné, et contient des sous titres français (aucune VF par contre pour les amateurs, mais bon, tant mieux ai-je envie de dire 😀 ). J’avais tenté de le montrer à un ami, qui ne savais du coup rien du film, et il a adoré l’ambiance, la mise en scène, mais n’a pas adhéré au délire général du film quand le fin mot de l’histoire et de la menace est révélé. Dommage mais bon, les goûts et les couleurs.

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