Incarnation de la démesure Hollywoodienne et du Rêve Américain, le studio de cinéma Carolco est avant tout une aventure humaine incroyable, celle de Mario Kassar et d’Andrew Vajna. Retour sur ce studio culte du cinéma hollywoodien.
Avis de Cherycok :
J’adore regarder des documentaires qui s’attardent soit sur un genre de film, soit sur un métier en particulier du métier du cinéma, soit sur un studio légendaire encore actif ou non. Après avoir Electric Boogaloo qui s’attardait sur la Cannon, après Kung Fu Stuntmen qui faisait la part belle aux cascadeurs de Hong Kong, après In Search of the Last Action Heroes qui rendait hommage aux films d’action des années 80 / 90, ou encore Hollywood se déchainé à Manille dont le sujet était le cinéma d’exploitation US qui s’exilait en Asie du Sud Est pour des tournages moins chers, on va parler aujourd’hui d’une boite de production hollywoodienne culte, aujourd’hui disparue, qui était toute en démesure. Mes chers amis, on va parler aujourd’hui d’un documentaire des plus intéressants sur Carolco. Et en plus, c’est français, que demander de plus ?

Mais avant de parler du documentaire, revenons un peu sur Carolco pour les quelques-uns dont ce nom n’évoquerait rien et qui, à la lecture des lignes qui vont suivre vont s’exclamer « ah mais c’est eux ! Bien sûr que je connais en fait ! ». Carolco, c’est peut-être le studio américain qui incarne le mieux la démesure hollywoodienne et le rêve américain. Carolco est fondé en 1976 par Andrew G. Vajna, homme d’affaire hongrois, et Mario Kassar, producteur libano-américain, qui se rencontrent au Festival de Cannes un an auparavant. Pourquoi ce nom Carolco ? Aucune signification particulière si ce n’est que c’est le nom d’une entreprise du Panama disparue depuis longtemps et dont le nom sonnait bien aux oreilles de nos deux comparses. Kassar et Vajna ont un tempérament diamétralement opposé, le premier est un séducteur flamboyant et beau parleur invétéré, le deuxième est un homme d’affaire redoutable mais discret, mais pourtant ils vont s’avérer parfaitement complémentaires. Lorsqu’ils créent Carolco, c’est au départ uniquement pour distribuer des films mais lorsqu’ils décident d’en produire et qu’ils arrivent avec un certain Rambo en 1982, ils cassent la baraque avec un film rapportant 125M$ pour un budget d’à peine 14, les propulsant immédiatement parmi les grandes maisons de production hollywoodiennes. A partir de là, tout va s’enchainer, tout le monde va vouloir travailler avec eux car les réalisateurs sont libres de faire ce qu’ils veulent et si le projet intéresse les deux hommes, ils signent sans réellement se poser de question. De Carolco sortira des films tels que la trilogie Rambo, Angel Heart, Terminator 2, Cliffhanger, Total Recall, Chaplin, The Doors, Basic Instinct, Stargate, Double Détente, Shocker, Universal Soldier ou encore Chaplin. Le studio installe dans le petit monde d’Hollywood des stars comme Stallone, Schwarzenegger, Sharon Stone et donne à des réalisateurs tels que Paul Verhoeven, Costa-Gavras ou Oliver Stone une liberté artistique totale, chose assez rare pour l’époque. Pourtant, en arrière-plan, les fondations sont fragiles. Andrew G. Vajna quitte le navire en 1989, les budgets sont de plus en plus énormes sans se poser la question de la rentabilité derrière (c’est Vajna qui en était un peu le garde-fou), et les studios plus classique commencent à voir d’un mauvais œil ce Carolco sorti de nulle part et qui leur fait de l’ombre. Dans la première moitié des années 90, les soucis financiers arrivent et malgré des succès colossaux comme ceux de Terminator 2 ou Basic Instinct, le studio commence à péricliter, et les énormes échecs coup sur coup de L’Ile aux Pirates (1995) de Renny Harlin et Showgirls (1995) de Paul Verhoeven viennent décapiter Carolco qui ne se relèvera jamais.

En 2026, deux frenchies, Julien Dupuy et Jérémy Fauchoux, sortent un documentaire d’une heure sur le célèbre studio, produit par L’Atelier d’Images, diffusé à la télé sur Ciné+ Frisson, mais aussi disponible en DVD et Blu-ray pour les amateurs de support physique. Le documentaire retrace l’aventure humaine de Mario KAsser et Andrew G. Vajna, de la création de Carolco jusqu’à sa chute, de l’époque où le studio enchainait les succès jusqu’à sa faillite en 1996. Le documentaire fait parler des personnalités qui étaient proches des deux producteurs, aussi bien des réalisateurs qui ont travaillé pour eux, comme Paul Verhoeven, Roland Emmerich ou encore Costa-Gavras, des scénaristes tels que Joe Eszterhas ou Steven E. De Souza, ou encore un certain Pierre Lescure qui, en tant que grand patron de Canal+ à l’époque, les a bien connus. Outre les interviews de ces acteurs, nous racontant des anecdotes sur les films mais aussi sur les deux producteurs ou Carolco, on y découvre également plusieurs projets avortés (pour diverses raisons) ou encore de nombreuses images d’archives qui font transpirer ce documentaire de nostalgie, une nostalgie d’un studio où le maitre mot était de faire des films qui avaient de la gueule, qui étaient là pour faire plaisir au public, sans réellement compter les sous, sans réelle étude de marché minutieuse derrière par des spécialiste de l’économie de pognon. Il y en a parfois marre d’entendre la célèbre phrase « C’était mieux avant », mais quand on voit ce genre de documentaire, on se dit que clairement elle a parfois du sens. Alors oui, c’est vrai, avec ses 59 minutes au compteur, Carolco : Un Rêve Hollywoodien ne va peut-être pas assez en profondeur sur l’analyse du système hollywoodien d el’époque, se contentant de retracer le parcours du studio un peu trop en surface, avec essentiellement des chiffres et des anecdotes qui vont s’enchainer une heure durant. Mais cette capsule temporelle est suffisamment drôle et documentée pour que n’importe quel amateur de cinéma des années 80/90 y trouve son compte. Et puis quel plaisir de retrouver cette époque si flamboyante du cinéma américain. Ça donne envie de revoir tellement de films…

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Le ton léger ♥ Les nombreuses anecdotes ♥ Des intervenants intéressants ♥ Le plaisir de reparler de cette époque |
⊗ Manque de profondeur ⊗ Sans doute trop court |
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| Peut-être trop court pour rentrer réellement en profondeur dans son sujet, Carolco : Un Rêve Hollywoodien n’en reste pas moins un documentaire extrêmement agréable, qu’on regarde avec délectation en souvenir du bon vieux temps. | |

Titre : Carolco : Un Rêve Hollywoodien
Année : 2026
Durée : 0h59
Origine : France
Genre : Documentaire
Réalisateur : Julien Dupuy, Jérémy Fauchoux
Production : L’Atelier d’images
Avec la participation de : Pierre Lescure, Paul Verhoeven, Costa-Gavras, Roland Emmerich, Adrian Lyne, Joe Eszterhas, Steven E. De Souza, …


















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