Dans la Chine des années 1930, Petit tigre quitte sa campagne natale pour retrouver son frère aîné, Grand tigre, officier de police dans une Shanghai en pleine effervescence. À peine arrivé, il se retrouve malgré lui mêlé à un vol de fonds gouvernementaux. Doué pour les arts martiaux et les acrobaties, Petit tigre attire rapidement l’attention des triades, qui cherchent à recruter de nouveaux talents.
Avis de Cherycok :
Quand Les Aventuriers de Shanghai a été mis en boite, la Golden Harvest et la Bo Ho se sont donné les moyens de mettre une grande fresque historique et c’est pas moins de 30M$HK qui ont été alloués à Teddy Robin Kwan, acteur / chanteur / producteur mais également réalisateur (All the Wrong Spies, The Legend of Wisely), pour mettre en boite cette histoire se déroulant dans les années 30 avec un casting assez trois étoiles assez impressionnant. Pourtant, malgré un score malgré tout honorable, le film est un échec au box-office, engrangeant 18M$HK, ce qui peut sembler honorable mais au final bien peu comparé à la somme investie dans le film. Pour certains, c’est parce que le film est sorti à la mauvaise période. Pourtant, Miracles de Jackie Chan l’année précédente, lui aussi se situant dans les années 30, a tout cassé au box-office. Alors pourquoi un film qui avait toutes les clés en main pour réussir, d’autant plus que le Nouvel An chinois est une des meilleurs périodes pour sortir un film, n’a pas réussi à concrétiser l’effet. Voici peut-être quelques éléments de réponse.

Il était initialement prévu que Les Aventuriers de Shanghai se tourne à Shanghai étant donné que la Chine avait changé son fusil d’épaule et autorisé les tournages de films de Hong Kong sur le continent. Mais les évènements de Tian’anmen sont venus redistribuer les cartes, la Chine s’étant de nouveau renfermée sur elle-même, ce qui a obligé le tournage à se faire dans les studios de la Shaw Brothers, transformés pour l’occasion afin de coller au Shanghai des années 30 du film. Mais ce n’est là qu’un des problèmes de productions du film. On pourrait également parler de certaines stars du film, qui sont venus se greffer au fil de l’eau, obligeant le scénario à être remanié afin de les intégrer. Une deadline bien plus courte a été imposée à toute l’équipe technique car les producteurs ont décidé que le film sortirait finalement pour le nouvel an chinois alors qu’il était au départ prévu pour sortir bien après, obligeant tout le monde à doubler de vitesse et d’efficacité pour mettre le film en boite. Il y a également les divergences entre le réalisateur, qui voulait absolument faire une vraie comédie d’aventures historique, et les producteurs qui voyaient quelque chose d’un peu plus tragique, tout du moins un peu plus sérieux. Cela a fini par faire fuir Teddy Robin Kwan, qui est parti avant que le film soit finalisé, avec des producteurs qui en ont profité pour faire remonter le film. Tout ça pour dire que si Les Aventuriers de Shanghai n’a pas réussi à satisfaire complètement le public, c’est peut-être parce que tous ces problèmes font que le film est un peu schizophrène. Bien que le cinéma de Hong Kong soit spécialiste du mélange des genres, on a ici l’impression que le réalisateur et les scénaristes n’ont pas réussis à se mettre complètement d’accord entre drame historique, histoire d’amour, film de triade et film d’action. Du coup, Les Aventuriers de Shanghai est tout et rien à la fois. Même chose en ce qui concerne le scénario, beaucoup trop dense pour l’heure et demie que dure le film. Ça parle de l’avenir de la révolution, d’une attaque japonaise imminente sur Shanghai, de magouilles de mafia, de triangle amoureux, d’une troupe de cirque, le tout avec une ribambelle de personnages, et aucun de ces éléments se ne mélange forcément très bien avec les autres, avec des arcs narratifs secondaires qui parfois se terminent aussi vite qu’ils sont arrivés, quand ils ne sont pas tout simplement mis de côté.

Et pourtant, malgré ces problématique, Les Aventuriers de Shanghai fonctionne bien et se montre très divertissant. Déjà, visuellement, on sent que l’ambition était grande. La reconstitution studio de ce Shanghai des années 30 est clinquante, avec une très jolie photographie, des éclairages lumineux et un réel soin apporté aux différents décors et costumes. On y croit à ce Shanghai des années 30 cosmopolite, il est vivant, animé, avec un réalisateur qui sait parfaitement où placer sa caméra pour donner aux décors ce gout de joli carte postale. Et puis le film aligne un casting assez impressionnant, aussi bien avec les têtes d’affiches que dans les seconds rôles, voire les cameos de luxe. Sammo Hung est Yuen Biao sont impeccables comme souvent, le premier en arrivant à compenser un personnage un peu sous-écrit de chef de triade par son charisme et son professionnalisme, le deuxième excellent dans le rôle du jeune campagnard un peu rustre mais suffisamment malin pour comprendre comment prospérer dans une grande ville comme Shanghai. George Lam est un peu en décalage avec les autres avec ce personnage de général inventif dont l’arc narratif avec ses engins volants semble un peu artificiel mais néanmoins fun. Mais celle qui sublime le film, c’est bel et bien Anita Mui, superbe de grâce et de sensualité, mais aussi étonnement convaincante en femme d’action qui lève la gambette pour déchausser des dents. Corey Yuen, producteur sur le film mais aussi chorégraphe fait une fois de plus des merveilles pour faire passer une artiste non martiale en spécialiste de la tatane, en utilisant le moins possible de doublure, mais aussi lorsqu’il faut faire s’affronter les deux monuments du film, Sammo Hung et Yuen Biao dans un final qui vaut à lui seul le visionnage. Les quelques combats ne sont pas long, Teddy Robin Kwan n’aimant pas les affrontements qui s’éternisent, mais ils sont réellement bons. Oui, « quelques » combats car Les Aventuriers de Shanghai est avare en la matière. Mais il se montre néanmoins rythmé en mettant en scène plusieurs gunfights bien énervés, mais aussi des scènes qui retiennent l’attention comme possiblement le meilleur moment du film, une danse entre Anita Mui et Yuen Biao qui se transforme en rapport de force martial tout en restant une danse afin que le public autour ne se rende pas compte de l’affrontement. Une sorte de tango de kung fu drôle et athlétique qui s’avère être un réel plaisir pour les yeux. Alors oui, en se recentrant un peu plus et s’il n’avait pas voulu trop en faire en une si courte durée, Les Aventuriers de Shanghai aurait pu être un très bon film, voire un classique. Mais en l’état, il reste quand même un très agréable divertissement que tous les amateurs de cinéma de Hong Kong se doivent d’avoir vu au moins une fois.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Visuellement réussi ♥ Quelques scènes mémorables ♥ Le très beau casting ♥ Bien rythmé |
⊗ Trop de personnages et de sous-intrigues ⊗ On aurait aimé plus de combats |
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| Avec son casting trois étoiles, sa reconstitution soignée du Shanghai des années 30 et ses scènes d’action bien troussées, Les Aventuriers de Shanghai est un bon petit divertissement qui devrait ravir amateurs de cinéma de Hong Kong. | |
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LES AVENTURIERS DE SHANGHAI est sorti chez en blu-ray Le Chat qui Fume au prix de 25€. Il est disponible à l’achat ici : lechatquifume.myshopify.com Version Originale DTS-HD Master Audio 2.0 sous titrée français – BD 50 – MASTER HAUTE DEFINITION – 1920×1080/24p – Format 1.85: 1 respecté – Couleurs En plus du film, on y trouve : Présentation du film par Arnaud Lanuque (17min), « Shanghai Blues » : Entretien avec le réalisateur Teddy Robin Kwan (19min), Bande annonce. |
Titre : Les Aventuriers de Shanghai / Shanghai, Shanghai / 亂世兒女
Année : 1990
Durée : 1h33
Origine : Hong Kong
Genre : Aventures tragi-comiques
Réalisateur : Teddy Robin Kwan
Scénario : Calvin Poon, Raymond To
Acteurs : Yuen Biao, Anita Mui, Sammo Hung, George Lam, Tien Niu, Sandy Lam, Mang Hoi, Krik Wong, Yuen tak, Sam Wong, Lo Lieh, Dion Lam, Lawrence Cheng





















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