Après quelques années d’absence. Tonnerre revient dans sa région natale. Il y retrouve sa fiancée Sheila et un vieil homme, qui tiennent une station-service au pied des collines qui furent autrefois des territoires indiens. Tonnerre lui-même est l’arrière petit-Fils du grand chef Aigle noir. Des explosions retentissent : les Blancs entreprennent des travaux sur les lieux mêmes où reposent les ancêtres, faisant fi des traités signés jadis avec le gouvernement des États-Unis…
Avis de John Roch :
En Mars 1977, les oscars décernent à un film, tourné pour moins d’un million de Dollars qui cartonne depuis sa sortie quatre mois plus tôt, trois statuettes, dont celle du meilleur film. Sont également nominés son acteur principal et son scénariste, à savoir Sylvester Stallone aux deux postes. Ce film c’est Rocky, qui propulse l’acteur au sommet après des années de galères. Déjà fort d’un personnage qui restera encré dans le cinéma et la pop culture, Stallone ne s’arrête pas en si bon chemin et en 1982, il trouvera le second rôle de sa vie : John Rambo. Rambo, c’est plus de 125 millions de dollars de recettes à travers le monde pour une mise de départ de 15 millions. Forcement ça fait rêver, des Philippines aux États-Unis en passant par la Turquie, les émules de John Rambo sont si nombreux qu’ils ont donnés un sous-genre du film d’action à part entière : la Rambosploitation. Quand il est question de Rip-off, l’Italie n’était jamais loin à cette époque. On doit Tonnerre à Fabrizio De Angelis, l’une des figures les plus connues du Bis Italien. Plus en tant que producteur qui aura lâché du bif pour des films érotiques (Black Emanuelle Autour du Monde de Joe D’Amato), de zombies (les films de Zombies de Lucio Fulci), du post-apo (Les Guerriers du Bronx et sa suite), de la Rambospoitation (Cobra Mission) ou des trucs un peu moins identifiables (Ratman). En tant que réalisateur le portrait n’est pas aussi fameux, on retiendra surtout Killer Crocodile et l’une des premières tentatives Italiennes, avec Tornado, d’exploiter le filon Rambo : Tonnerre.

Tout comme John Rambo, Tonnerre rentre chez lui, il retourne sur ses terres pour épouser sa promise. Mais pas de trauma de la guerre du Viêt-Nam ici, notre Rambo Amérindien se fâche car la ville voisine veut construire un observatoire sur les terres Indiennes, cimetière compris sur lequel des employés viennent pisser. Tonnerre ne comprend pas car sa terre natale est un milieu protégé par un décret signé par son grand-père il y a 130 ans, ce qui n’a aucun sens mais ce n’est pas la peine de faire des calculs pour trouver une forme de logique, j’ai essayé et je suis à l’heure actuelle toujours perdu dans les abysses arithmétiques, mais passons. Tonnerre arrive en ville avec le fameux décret et se mange une veste, pire encore les flics du coin le prennent en grippe et le somme de ne plus revenir. Sauf qu’il revient pour porter plainte après s’être fait tabasser par les employés du chantier, mais personne ne l’écoute et tout le monde a une dent contre lui, ce qui le force à sortir de ses gonds pour se défendre. Il faut dire que les flics du patelin ont bavé sur les rouleaux de la mauvaise personne. Tonnerre, c’est le petit-fils d’Aigle noir, c’est un guerrier Navajo qui n’a peur de rien ni personne alors forcément, quand sa nana est visée, il va mettre la ville à feu et à sang. En bon Bis qui se respecte, Tonnerre reprend toutes les scènes clé de Rambo, de son lynchage par les flics jusqu’au final dans une ville en feu. Le métrage essaie néanmoins d’apporter un petit truc en plus en se donnant une ambiance de western. La guerre entre les cowboys et les Amérindiens bien sûr, mais aussi l’utilisation (un peu abusive) de ralentis, la chouette (mais répétitive) musique et les beaux décors naturels de l’état de l’Utah.

Si Tonnerre a des qualités qui en font un rip-off fréquentable auxquelles on peut ajouter un rythme satisfaisant, il est impossible de faire l’impasse sur deux ou trois choses. En premier lieux une mise en scène inexistante et tremblotante. Question action, il n’y a pas de cascades vraiment spectaculaires, c’est même parfois ridicule à l’image des bagnoles de flics qui se crachent mollement ou de Tonnerre qui sort un bazooka custom qui ressemble à un prototype du Nintendo Super Scope, sorti près de 10 ans plus tard. Tonnerre justement, il est temps d’évoquer l’acteur censé faire oublier Stallone : l’inimitable Mark Gregory. Et s’il est inimitable, ce n’est pas parce qu’il est unique, c’est parce qu’il n’y a rien à imiter. Les amateurs de bisseries Italiennes connaissent ce jeune homme qui s’est retrouvé du jour au lendemain à s’improviser acteur à 17 ans dans les Guerriers du Bronx parce qu’il faisait de la gonflette. Aucun jeu, aucun talent, aucune expression, aucun charisme, Mark Gregory est à lui seul un élément nanar lorsqu’il apparait au générique d’un film. Cependant, ceux qui s’attendent à un nanar risquent d’être déçus. Tonnerre n’est pas à se fendre la poire, il s’agit d’un rip-off au mieux convenable, au pire passable. Il y aura peut-être eu mieux, mais il y aura surtout bien pire.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Mark Gregory ♥ C’est assez rythmé ♥ L’ ambiance Western |
⊗ Mark Gregory ⊗ La mise en scène ⊗ L’action molle |
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| Malgré la présence de Mark Gregory au générique, Tonnerre n’est pas le nanar espéré. Il s’agit d’un rip-off de Rambo finalement fréquentable. Il y aura peut-être eu mieux, mais il y aura surtout eu bien pire. | |


Titre : Tonnerre/ Thunder
Année : 1983
Durée : 1h26
Origine : Italie
Genre : Vigilance météo modérée orage
Réalisateur : Fabrizio De Angelis
Scénario : Dardano Sacchetti et Fabrizio De Angelis
Acteurs : Bo Svenson, Mark Gregory, Raimund Harmstorf, Valeria Cavalli, Giovanni Vettorazzo, Antonio Sabato, Paolo Malco, Bruno Corazzari




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