Après son divorce, Lucy Emerson décide d’aller vivre avec ses deux fils, Michael et Sam, chez son père à Santa Carla, une petite station balnéaire. Lors d’un concert rock, Michael rencontre Star et tombe aussitôt amoureux de la jeune fille, qui fait partie d’une bande de motards qui hante les rues de Santa Carla toutes les nuits. Michael se mêle à la bande, boit un étrange breuvage que lui offre le chef de gang, David. Son jeune frère, Sam, est très vite alerté par le comportement bizarre de Michael et comprend rapidement que celui-ci se transforme en vampire.
Avis de Cherycok :
Après Stand By Me (1986), je continue mon exploration des films cultes des années 80 que j’ai toujours boudé sans que je sache réellement expliquer pourquoi. Ce coup-ci, on s’attaque à Génération Perdue de Joel Schumacher qui venait de s’imposer comme valeur sûre d’Hollywood après le succès de St. Elmo’s Fire qui avait rapporté environ 38M$US pour 10M$US de budget. Grâce à ce film, Schumacher devient particulièrement identifié aux histoires de jeunes adultes et à une nouvelle génération d’acteurs qui arrive à Hollywood et c’est ainsi qu’il se retrouve aux commandes de Génération Perdue. Avec 8.5M$US de budget, le film en rapporte environ 32, et c’est un nouveau succès pour son réalisateur avec un film de vampires pour adolescents qui est au final bien plus qu’un film de vampires pour adolescents si on creuse un peu entre les lignes. Génération Perdue acquiert rapidement un statut de film culte profondément ancré dans les années 80’s et deux suites verront tardivement le jour. Mais ça, nous en reparlerons une autre fois.

Au départ, Génération Perdue ne devait pas ressembler au résultat qu’on a eu. Suite au succès des Goonies et de Vampire vous avez dit Vampire, tous deux sortis en 1985, le scénario était beaucoup plus proche d’un film d’aventures pour enfants du genre « Les Goonies chez les Vampires ». Les héros devaient être des enfants, les frères Frog étaient des jeunes scouts, et les vampires étaient également beaucoup plus jeunes. Le titre original, The Lost Boys, renvoyait d’ailleurs aux enfants perdues de Peter Pan. Finalement, Richard Donner, réalisateur des Goonies, producteur exécutif de Génération Perdue, souhaite faire un film avec des personnages plus âgés et le scénario est retravaillé. Lorsque Schumacher arrive au poste de réalisateur, il apporte lui aussi sa touche personnelle et ce qu’il connait des films pour les adolescents. Il veut faire un film de vampire à la fois sexy et violent, mais aussi drôle et cool. Ayant travaillé dans la mode et ayant occupé des postes de costumiers et chef décorateur, il veut également que la troupe de vampires du film ressemble à une bande de motards bohèmes avec des allures de groupe de rock, aussi bien dans leurs tenues vestimentaires que dans leur coiffure. Il a également envie que leur repaire soit visuellement marquant, comme sorti d’une autre époque. Et c’est vrai que lorsqu’on regarde Génération Perdue, outre le fait qu’il soit effectivement très ancré dans les années 80 et qu’il est impossible de se tromper sur sa date de sortie, le film a clairement de la gueule et une personnalité bien à lui. Rien que la ville de Santa Clara dans laquelle se déroulent les évènements du film, on est dans quelque chose de très fantasmé, un territoire d’adolescents rempli de liberté et de danger, où les bikers côtoient les bikinis, où les concerts sont éclairés aux néons, où on passe d’une fête foraine à une boutique de comics en quelques pas. La photographie donne au film une identité très forte et la direction artistique est parfois superbe. Schumacher voulait que le repaire des vampires soit visuellement mémorable, le repaire des vampires est visuellement mémorable. Certes, on a cette impression d’artificialité, mais c’est voulu, pour bien souligner ce changement de monde entre les vivants et les vampires. Le travail sur la musique est lui aussi excellent et cette musique participe à l’identité forte du film au point qu’il semble impossible de dissocier l’un de l’autre.

Le scénario est peut-être le vrai point faible de Génération Perdue car l’histoire est extrêmement classique et personne ne semble réellement intéressé de développer certains personnages. On aurait par exemple aimé en savoir plus sur le personnage de Star, reléguée au rôle de figure de fascination pour l’un des héros, ou celui de David, le vampire en chef, dont on ne connait finalement pas grand-chose. La mythologie vampire du film n’est également pas très complexe. Malgré tout, cette simplicité permet au film de raconter une sorte de fable adolescente, une fable sur des adolescents qui refusent de grandir et, quelque part, cette transformation en vampire pourrait être vue comme une métaphore de la tentation de rester éternellement jeune. Il y a d’ailleurs dans le film plusieurs « versions » de l’adolescence avec différents groupes, et chacun va avoir son importance, parfois sur ce qu’il amène dans le film en termes de ton. Les vampires sont là pour le côté mystérieux, horrifique ; les deux héros, frangins de leurs états, sont là pour amener le contraste entre l’enfance et la fin de l’adolescence ; les frères Frog, deux chasseurs de vampires novices accrocs aux comics-book, sont là pour le contrepoids comique du scénario. Chacun de ces groupes va permettre au film de passer d’un genre à l’autre et même si le mélange des tons peut sembler parfois un peu bancal, c’est aussi ce qui participe à son charme et fait que, tout du long, on ne peut s’empêcher de voir le film avec un sourire aux lèvres. Certaines scènes valent leur pesant de cacahuètes, à commencer par ce final bien barré où les vampires attaquent la maison de nos héros. Une scène tantôt tendue, tantôt improbable, où les fluides corporels vont faire équipe avec des corps qui flambent, voire qui se font transpercer de part en part, le tout dans la joie et la bonne humeur d’un film parfois proche d’un cartoon façon Tex-Avery. Certes, ce final est peut-être un peu plus conventionnel, mais il permet de finir le film sur quelque chose avec lequel on se sent bien, comme s’il avait très bien compris que c’est forcément ce genre de scène que les spectateurs allaient attendre en guise de final. On est d’accord que Génération Perdue n’est pas un chef d’œuvre du 7ème Art. Il ne semble de toute façon jamais avoir cette prétention. Mais dans le genre pur divertissement 80’s, il remplit son office haut la main

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Une identité visuelle forte ♥ Un casting efficace ♥ Bien mis en scène ♥ La bande originale Le mélange des genres |
⊗ Un scénario assez basique ⊗ Des personnages pas assez approfondis ⊗ Un look très 80’s qui pourra rebuter |
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| A mi-chemin entre Les Goonies et Vampire vous avez dit Vampire, Génération Perdue est un très bon divertissement très ancré dans son époque. Un film imparfait, certes, mais un petit bonbon acidulé parfait pour un dimanche soir pluvieux. | |

Titre : Génération Perdue / The Lost Boys
Année : 1987
Durée : 1h37
Origine : U.S.A
Genre : Horreur / Comédie noire
Réalisateur : Joel Schumacher
Scénario : Jan Fischer, James Jeremias, Jeffrey Boam
Acteurs : Jason Patric, Corey Haim, Dianne Wiest, Barnard Hughes, Edward Herrmann, Kiefer Sutherland, Jami Gertz, Corey Feldman, Jamison Newlander, Alex Winter





















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