[Présentation] Coffret Une Balle dans la Tête chez HK Vidéo

Ca y est, l’édition limitée blu-ray / 4K Ultra HD de chez HK VIDÉO du génial UNE BALLE DANS LA TÊTE de John Woo est disponible depuis quelques jours dans toutes les bonnes crèmeries, et comme à leur habitude, il est de toute beauté. Du coup, c’est l’occasion pour nous de vous en (re)parler, du film certes, qui est possiblement objectivement le meilleur film de John Woo, mais aussi de l’édition en elle-même en vous la présentant sous tous les angles. Alors pour ceux qui n’auraient pas encore craqué sur la bête, voici possiblement de quoi vous persuader.


UNE BALLE DANS LA TÊTE / 喋血街頭

1990 – 2h11 – Drame / Action / Guerre

Réalisé par John Woo

Avec Tony Leung Chiu-Wai, Jacky Cheung, Waise Lee, Simon Yam, Yolinda Yan, Fennie Yuen, …

Hong Kong 1967. Tandis que les manifestations pro-communistes secouent la colonie britannique, trois amis, Ben, Frank et Paul tentent de subsister malgré leur condition sociale précaire. Devenu assassin malgré lui le jour même de son mariage, Ben se voit contraint de fuir au Vietnam, accompagné de ses deux camarades. Projetés dans la guerre qui fait rage, les 3 jeunes hommes vont subir les pires revers et humiliations, jusqu’à ce que leur amitié explose…

Voici ce que notre chroniqueur Rick disait du film :

Commençant dans les années 70, John Woo a petit à petit réussi à sortir du lot pour faire ce qu’il voulait vraiment faire : des polars. Mais des polars avec de vrais personnages forts, et des thèmes tels que l’amitié. Ainsi naquit en 1986 A Better Tomorrow (Le Syndicat du Crime), produit par Tsui Hark. Gros succès partout dans le monde, Hark demanda une suite, bien en deçà de l’original, arrivant tout juste un an après. Après ce projet purement commercial, John Woo peut enfin faire ce qui lui plaît, mais le public de Hong Kong ne suit pas, restant bloqué sur A Better Tomorrow, et le personnage de Mark, joué par Chow Yun-Fat. Qu’à cela ne tienne, John Woo livre en 1989 l’un de ces meilleurs films avec The Killer, avant d’enchaîner dés l’année suivante sur son film le plus personnel, mais probablement également le plus dur et le plus violent, alors que de prime abord, Une Balle dans la Tête est un drame. Mais quel drame !

Situant son action en 1967 pendant les émeutes à Hong Kong, puis au Vietnam, en plein pendant la guerre, John Woo nous dépeint dans la première partie le quotidien de trois amis inséparables. Nous avons Ben, joué par le toujours excellent Tony Leung, habitué des films de Wong Kar-Wai, ou encore la trilogie Infernal Affairs, dans le rôle du futur marié. A ses côtés, il y a Frank, joué par Jacky Cheung, qui enchaînait alors les films à la vitesse de l’éclair, découvert par beaucoup en1988 dans le polar Tiger Cage de Yuen Woo-Ping, un jeune homme un peu simple, mais toujours fidèle à ses amis. Et pour finir, nous avons Paul, joué par Waise Lee, déjà vu dans A Better Tomorrow, sans doute le plus solitaire, et finalement, le plus égoïste du groupe. Ces trois amis sont inséparables, partageant tout, de leurs joies les plus enfantines jusqu’aux règlements de compte les plus violents. L’honneur et l’amitié avant tout, ce n’est pas nouveau chez John Woo, ces films précédents traitaient déjà de ce sujet.

Seulement là où dans ces précédentes œuvres, l’amitié était capable de faire des miracles, l’amitié était plus forte que tout le reste, John Woo va en quelque sorte faire l’opposé ici, amenant, passé la première partie, ses personnages en enfer, l’enfer du Vietnam. Forcés de fuir Hong Kong, Ben, Frank et Paul arrivent là-bas, en pleine guerre, et vont tenter de survivre au chaos. La plus grande force d’Une Balle dans la Tête est belle et bien sa dramaturgie. Le film est incroyablement bien écrit, tout comme les personnages, véhiculant des émotions fortes. La seconde partie du récit, celle de la guerre, pure et simple, sera très forte, avec l’arrivée de nouveaux personnages, en particulier Luke, joué par un comme toujours parfait Simon Yam, dans le rôle d’un tueur qui va aider la bande, mais également Sally Yen, une chanteuse retenue prisonnière, droguée, jouée par Yolinda Yan, n’ayant en tout que 7 films à son actif. Dommage, puisqu’elle s’avère convaincante et extrêmement jolie à l’image, parfait pour son rôle de « poupée brisée ».

Les personnages, malgré certains stéréotypes, sont une des forces du métrages, et si on pourra encore dire que par moment, Jacky Cheung en fait un peu trop, l’ensemble est crédible et suffisamment prenant pour que le spectateur soit happé dans l’histoire, et concerné par cette lente descente aux enfers, qui n’épargne rien, n’y personne. Les fusillades, marque de fabrique de John Woo depuis 1986, sont bien entendu de la partie, même si elles se font rares, mais il n’a point besoin d’en abuser ici (contrairement à A Better Tomorrow 2) puisque le reste du film contient suffisamment de choses pour nous tenir en haleine. La tension monte crescendo pour ne jamais nous lâcher, jusqu’à une scène dure mais résolument culte où les trois amis sont capturés, et où John Woo s’amuse enfin à briser sa thématique de l’amitié. Finalement, dans Une Balle Dans La Tête, c’est le plus gentil qui déguste, et celui qui est prêt à sacrifier les autres qui s’en sort. Triste constat, pourtant réaliste et de plus en plus d’actualité quand on regarde la mentalité des gens de plus près.

On pourra bien entendu critiquer quelques imperfections, notamment dues un manque de budget et de temps dans le montage (John Woo a eu toutes les peines du monde à faire ce film, devant retourner en salle de montage un jour avant la sortie pour écourter de son film de presque une heure), mais Une Balle dans La Tête s’avère tout de même poignant d’un bout à l’autre, grâce à son scénario, aux émotions véhiculées, et à la musique du métrage, ce qui est, en général, pas toujours le point fort des productions HK, avouons le ! Mais cette seconde partie n’est rien encore comparée à la dernière, celle qui donne enfin toute sa signification au titre du film, mais qui surtout, permet à John Woo de terminer son film par quelques fulgurances visuelles, et également par les scènes les plus tristes de toute sa carrière.

Arrivé à la fin du métrage, nous sommes submergés par tout un panel d’émotion, heureux d’avoir assisté à un grand moment de cinéma, sur le cul par la dureté et la tristesse de certaines scènes. Une Balle Dans La Tête est un film qui ne nous lâche pas longtemps après sa vision. Sombre, passionnant, triste, un grand film, sans doute son meilleur film par ailleurs, et son plus personnel. Malheureusement, le film fut un flop monumental au box office, obligeant John Woo a repartir vers des films moins personnels, parfois moins réussis (Les Associés), parfois des grands films (A Toute Epreuve), avant qu’il ne quitte Hong Kong pour les Etats Unis, où sa carrière ne brillera pas, à l’exception de Volte/Face. Avec le temps, Une Balle Dans La Tête fut enfin reconnu, et devint un film culte.

Probablement le meilleur film de John Woo, à la fois hautement divertissant de par son rythme et ses fusillades, que réfléchi et chargé en émotions, grâce à ses situations et ses personnages. Un grand film !



Alors, convaincu ? Toujours pas ? Alors laissez moi vous parler un petit peu de l’édition en elle-même qui, je le rappelle, est vendue à 44.99€.

Comme ça semble être désormais la norme pour la gamme John Woo, l’édition est présentée dans un coffret carton rigide avec leur nouvelle charte graphique très axée dans le blanc. Certains râleront que l’édition ne reprend pas le visuel de la déjà superbe édition DVD, très colorée (visuel qu’on retrouve en couverture du petit livret à l’intérieur), mais pourtant l’ensemble se fait très classieux et est bien raccord avec leur édition blu-ray de The Killer, A Toute Epreuve, et de celle de la trilogie Le Syndicat du Crime et de Les Associés à venir.

Voici ce qu’on trouve dans le coffret :

  • Bluray + blu-ray 4K du film, blu-ray pour les bonus
  • 5 photos d’exploitation au format cartes postales
  • Poster double face
  • Livret de 20 pages

Comme on peut le voir sur l’image ci-dessous, c’est un digipack trois volets magnifiquement illustré qui sert à accueillir les trois disques du film. Le petit livret de 20 pages est savamment bien écrit par Nicolas Rioult et surtout très enrichissant, sans réellement faire doublon avec les nombreux bonus de l’édition (on y reviendra). Cinq photos d’exploitation cartonnées au format cartes postales sont également présentes, reprenant certaines scènes clés du film et qui feront par exemple sensation sur le mur de votre bureau au travail. Enfin, on trouve un poster double face, la première reprenant le visuel de l’édition, l’autre l’affiche originale du film, dédicacé par John Woo himself.

N’y connaissant strictement rien en termes de technique (et l’assumant pleinement), je ne vais pas rentrer dans les détails et me contenter d’énumérer certains termes qui parleront sans doute aux puristes. Pour les amateurs de 4K, sachez que le Dolby Vision est présent. La restauration dans son ensemble est de bien bonne tenue et permet d’apprécier pleinement la mise en scène au millimètre de John Woo. Pour l’audio, la version originale et la version française bénéficient d’un mixage DTS-HD Master Audio 5.1 et 2.0. La VO est un poil plus sèche que la VF, mais dans l’ensemble, les deux se tiennent magnifiquement, permettant à chacun de s’y retrouver en fonction de ses préférences. Bien entendu, la VO est accompagnée de sous titres français.

Les très nombreux bonus sont le point fort de cette édition. Nombreux, certains inédits, ils sont au moins tout aussi intéressants que le film lui-même. Déjà, la fameuse version Midnight Screening est présente. Il s’agit d’un montage plus long, initialement projeté lors de séances spéciales à l’époque, avec des scènes supplémentaires et une fin alternative inédite. Bien que la qualité des scènes supplémentaires soit moins bonne, elles s’intègrent parfaitement.  On retrouve également tout un tas d’interviews, certaines d’époques, d’autres réalisées pour l’occasion, et c’est au final pas moins de 2h de visionnage qu’il faudra pour toutes les regarder. Brilliance with a Bullet est tout bonnement passionnante, avec un John Woo qui revient sur le caractère personnel et politique du film, tout comme Apocalypse Woo dans laquelle le monteur / réalisateur Daniel Woo revient sur le montage chaotique du film. Le commentaire audio de Frank Djeng apporte lui aussi bon nombre d’informations comme par exemple un contexte qui a son importance dans la conception du film. L’épisode 5 de l’émission HK Revisited est tout aussi géniale que les quatre précédentes. On a l’impression de retrouver une bande de potes, que ceux qui suivent HK Video connaissent depuis longtemps, et on boit leur paroles lorsqu’ils parlent de l’impact qu’à eu le film à sa sortie malgré sa réception timide au box-office local (8.5M$HK).

Si vous aimez John Woo, cette édition de Une Balle dans la Tête est tout aussi indispensable que celles de The Killer et A Toute Epreuve. Ultra complète, à la fois sobre et classieuse, c’est clairement le meilleur moyen de redécouvrir ce qui est sans doute objectivement le meilleur film de Woo, en tout cas son plus personnel. Le prix de 44.95€ pourra pour certains sembler un peu élevé pour un seul film, mais lorsqu’on voit la qualité de l’ensemble et l’énorme contenu qu’il y a à l’intérieur, ce n’est clairement pas abusif même si, effectivement, pour les plus petites bourses, ça pourra être compliqué de se le procurer. Mais n’ayez craintes, si on en croit la politique de Metropolitan / HK Video, Une Balle dans la Tête devrait, comme les autres films qu’ils ont sorti dans ce genre d’édition, sortir dans une édition simple plus abordable.

Vous pouvez par exemple vous le procurer ICI.

0 0 votes
Article Rating

Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
S’abonner
Notifier de
guest

0 Commentaires
le plus ancien
le plus récent le plus populaire