[Film] Une Nuit en Enfer 3 : La Fille du Bourreau, de P.J. Pesce (1999)

Un dangereux criminel, nommé Madrid, qui devait être pendu, réussit à s’échapper en protégeant la fille du bourreau. Il rejoint sa bande de hors-la-loi et se réfugie dans un gigantesque bar où malheureusement toutes les personnes s’y trouvant sont des vampires. Toute la nuit ils devront lutter pour survivre quand, la moindre morsure, lorsque l’on est vivant, nous transforme en vampire…


Avis de Cherycok :
Après Une Nuit en Enfer 3, forcément, on allait terminer la trilogie avec Une Nuit en Enfer 3. Pour rappel, après le succès du premier film, en particulier en format physique, deux nouveaux films sont mis en chantier pour la franchise. Le premier, imaginé par Quentin Tarantino et Scott Spiegel deviendra Une Nuit en Enfer 2 : Le Prix du Sang (1999), et le deuxième, écrit par Robert Rodriguez et son cousin Alvaro Rodriguez, deviendra Une Nuit en enfer 3 : La fille du Bourreau, un préquel au premier film. Pour ce dernier, c’est le yes-man P.J. Peace, réalisateur de Génération Perdue 2 ou encore Sniper 3, accessoirement beau-frère de Robert Rodriguez, qui sera choisi. Le pari du film ? Déporter l’action au début du 20ème siècle, en plein far-west, avec tout ce que cela comporte de hors-la-loi, de pendaisons, d’attaques de diligences, le tout avec des vampires et un Titty Twister qui n’en était qu’à ses débuts. Ce préquel a beau avoir certaines tares, à commencer par un budget de 5M$ qui l’empêche de sortir de son statut de DTV pour vidéoclub, il n’en demeure pas moins souvent inventif, avec une identité bien à lui et un fun qui prédomine.

Une Nuit en Enfer 3 va donc situer son action en 1913, au Mexique, en pleine période de révolution et on va y suivre deux groupes. Le premier a pour personnage principal Johnny Madrid, un hors-la-loi qui échappe à la pendaison grâce à un jeune tireur et qui entraine dans sa fuite la fille du bourreau du titre, Esmeralda. D’un autre côté, on fait la connaissance d’Ambroise Bierce, un écrivain américain qui cherche à rejoindre les forces révolutionnaires de Pancho Villa, inspiré du vrai écrivain et journaliste du même nom, qui a écrit le Dictionnaire du Diable, qui a disparu dans le désert mexicain. Ces deux groupes vont se croiser, puis continuer leur chemin chacun de leur côté, avant de se retrouver tous dans une auberge un peu inquiétante appelée La Tetilla del Diablo, qui s’avère être au final l’ancêtre du Titty Twister du premier film. Et comme dans le premier Une Nuit en Enfer, cette auberge est peuplée par des vampires assoiffés de sang. L’idée de transposer le premier film au far-west est une idée plutôt intéressante car ce folklore vampirique s’intègre parfaitement bien au genre western, avec ses déserts sans fin inquiétants et avec sa violence omniprésente. Une Nuit en enfer 2 essayait de partir sur quelque chose de bien à lui, Une Nuit en enfer 3 reprend la même formule que le premier film et c’est ce qui en fait à la fois une force et une faiblesse. La force, c’est que ceux qui voulaient retrouver la même mécanique que le premier auront ce qu’ils attendent. La faiblesse, c’est que cette structure narrative héritée du premier film fait qu’on a cette impression de redite. Le film commence donc comme un western tout à fait classique, avec un bandit qu’on va pendre, qui arrive à s’échapper, avec une attaque de diligence, des discussions à dos de cheval, avant que tout ne parle en cacahuète dans un bar en plein désert mexicain, avec de la tequila, des vampires, des boobs, du sang, et un carnage final qui va tout miser sur le fun. Malgré tout, Une Nuit en Enfer 3 essaie d’amener un peu de lore à l’univers de la saga en expliquant d’où vient le personnage de Santanico Pandemonium, permettant de faire la connexion avec le premier opus. Les personnages ont d’ailleurs bien plus de présence que dans Une Nuit en Enfer 2, plus charismatiques, et pour certains, il est facile de faire le parallèle avec ceux du premier film (les personnages religieux, la grande gueule, …).

Cette galerie de personnages est des plus intéressantes, mais malheureusement, le scénario ne les approfondit que peu et on a cette impression que certains ne sont uniquement là que pour donner suffisamment de personnages « principaux » pour le massacre final dans le bar. C’est dommage car il y avait de quoi faire avec la bande à Johnny Madrid, mais la plupart sont trop vite envoyés ad patres. Même chose du côté du génial Michael Parks, excellent en romancier/journaliste un peu trop porté sur la bibine, désabusé, sarcastique, cynique, clairement le personnage le plus intéressant du film mais au final un peu trop passif ; ainsi que celui du bourreau, incarné par Temuera Morrison (L’Âme du Guerrier). Mais ce dernier subit le même sort que les autres avec un film qui va trop vite pour lui laisser réellement de la place car ce n’est de toutes façons pas ce qui l’intéresse. Ce qui lui tarde, c’est de faire converger tous ces personnages vers la Tetilla del Diablo, de nous montrer que pour la troisième fois consécutive, c’est Danny Trejo qu’on retrouve derrière le comptoir et que le carnage va pouvoir commencer. Et il faut avouer que, bien que moins jouissif que celui du premier film, ce carnage est de plus funs. Alors oui, on sent les limites du budget, avec ce décor bien plus carton-pâte que celui du premier film, avec des maquillages et des costumes bien moins chiadés, mais on retrouve ce combo sang / boobs avec des personnages et des vampires qui se font dézinguer dans tous les sens. P.J. Pesce arrive à parfaitement exploiter ce lieu-clos que représente le bar. C’est l’euphorie au premier et au second plan, mais ça reste constamment lisible avec des personnages qui rentrent et sortent du cadre dans un joyeux bordel fait de morsures, de corps mutilés, de bouts de chair arrachés, de transformations plus ou moins heureuses, le tout avec le maximum d’effets pratiques souvent grotesques, parfaitement en adéquation avec le ton de série B du film. Le montage et le rythme privilégient l’efficacité et le spectacle, bien qu’en deçà de celui d’Une Nuit en Enfer premier du nom, est clairement assuré. Oui, on a cette impression de budget au ras des pâquerettes, mais il faut être conscient de ce qu’on regarde, à savoir une suite en DTV qui cherche juste à prolonger l’expérience de ceux qui ont aimé le premier film, en essayant de garder ce même ton excessif, ses personnages outranciers, cette atmosphère de série B, tout en essayant d’exister dans une saga portée uniquement par le succès de son premier film. Alors c’est sûr, ça ne vole pas haut, c’est assez bancal, mais ça reste agréable et fun.

LES PLUS LES MOINS
♥ Le mélange homogène des genres
♥ Michael Parks, excellent
♥ Le carnage final
♥ Visuellement intéressant
♥ Prolonge le plaisir du premier film
⊗ Des personnages pas assez développés
⊗ Parfois assez kitch
⊗ Trop calqué sur le premier film
⊗ Certains maquillages

Une Nuit en Enfer 3 est un divertissement des plus honnêtes, visuellement plaisant, ponctué de bonnes idées, mais clairement trop limité pour arriver à reproduire la réussite du premier film. Le mélange western / vampires est par contre intéressant.



Titre : Une Nuit en Enfer 3 : La Fille du Bourreau / From Dusk Till Dawn 3: The Hangman’s Daughter
Année : 1999
Durée : 1h34
Origine : U.S.A
Genre : Western vampirique
Réalisateur : P.J. Pesce
Scénario : Robert Rodriguez, Alvaro Rodriguez

Acteurs : Marco Leonardi, Michael Parks, Ara Celi, Jordana Spiro, Lennie Loftin, Rebecca Gayheart, Temuera Morrison, Sonia Braga, Danny Trejo, Orlando Jones


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Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
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