[Film] Pinocchio: Déchaîné, de Rhys Frake-Waterfield (2026)

Geppetto présente à son petit-fils, James, une mystérieuse marionnette dotée d’une âme nommée Pinocchio. Ignorant la nature naïve et imprévisible de celle-ci, James fait découvrir le monde extérieur à son nouvel ami. Sous la guidance de Cricket, Pinocchio se lance alors dans une quête sanglante pour éradiquer tout ce qu’il considère comme mauvais et devenir un véritable petit garçon.


Avis de John Roch :
Avec le temps et quelques succès financier aidant, Les personnages tombés dans le domaine public revisités à la sauce horrifique est devenu un sous-genre à lui seul. Machine lancée par les Anglais de Jagged Edge Production avec Winnie The Pooh : Blood And Honey, succès qui a amassé 7 millions de dollars à travers le monde pour un investissement de 100,000 billets et point de départ du TCU, ou Twisted Childhood Universe. Après Winnie The Pooh et sa suite, deux films pour le moins ratés, il n’y avait en apparence aucune raison d’attendre quoi que ce soit de cet univers qui conclura sa phase 1 avec le film réunion Poohniverse: Monsters Assemble. Puis il y a eu Peter Pan’s Neverland Nightmare qui ne valait pas nécessairement la corde pour se pendre, mais cochait pas mal de bonnes cases et se révélait être un film d’horreur loin d’être parfait mais sympathique. Qualitativement il y a du progrès dans le TCU, tout aussi relatif soit-il. Tendance confirmée par Bambi : The Reckoning qui dans son genre était une petite surprise. De quoi attendre non pas avec impatience, mais avec une petite curiosité, l’avant dernier métrage de la phase 1 du TCU avant le film réunion Poohniverse Monsters Assemble : Pinocchio Unstrung.

Bien sûr, Pinocchio Unstrung n’adapte pas Les Aventures de Pinocchio de Carlo Collodi. Il en reprend les personnages tombés dans le domaine public : Pinocchio, Geppetto, le cricket parlant (Jiminy Cricket étant un nom déposé par Disney, il est protégé par les droits d’auteur) et la fée aux cheveux turquoise (la fée bleue étant également protégé par Disney) pour les intégrer dans le domaine horrifique. Ici, Geppetto vit avec son petit fils qu’il a recueilli après la mort de ses parents. Et puisqu’il n’a pas de chance, c’est son meilleur ami qui décède ensuite. Geppetto lui fabrique alors Pinocchio, ami éternel qui peur du regard des autres oblige, va vouloir devenir un vrai petit garçon sous l’impulsion de sa mère de bois pousse au crime et d’un criquet sans importance. Pinocchio Unstrung fonctionne sur le schéma du film du jouet tueur dans lequel le nouveau meilleur ami du jeune héros va faire payer le prix cher à ceux qui l’embête de trop près. La tache est double pour Pinocchio car en plus de protéger à sa manière le jeune James, il va en profiter pour prélever ce qu’il lui faut pour devenir un vrai petit garçon. Il y a de bonnes idées dans Pinocchio : Unstrung pour dépasser le statut de simple film opportuniste, comme de faire des pulsions meurtrières de Pinocchio un dilemme moral influencé par son entourage, sa fixette sur le pénis, ou la bonne utilisation du nez qui grandit quand il raconte un mensonge. Mais c’est sur le papier et uniquement sur le papier, en l’état Pionocchio Unstrung ne sort jamais du chantier balisé sur lequel il se déroule.

Du schéma du film avec des poupées tueuses, Chucky et Megan en tête, au final qui confronte la créature et son créateur plus maboule qu’attendu, il n’y a rien de vraiment original. Reste que le métrage n’est jamais désagréable et tout aussi classique et prévisible soit-il, il se renouvelle assez pour ne pas ennuyer sur la longueur. On peut aussi compter sur la prestation de dans le rôle de Gepeto, un personnage bien taré à ajouter à la filmographie d’un acteur qui n’en manque pas. Dommage en revanche pour le criquet, dont la seul utilité est de permettre à Robert Englund de balancer des vannes (in ?)digne de l’époque de Freddy. Pinocchio Unstrung ne s’arrête d’ailleurs pas à cet hommage, dans le désordre citons Gremlins, Halloween, Massacre à La Tronçonneuse, Destination Finale, Les Dents De La Mer et pour aller plus loin, le trio d’ados qui tente de stopper Pinocchio donne un aspect Amblin à l’ensemble, mais en version gore. Car la où le film ne déçoit pas, c’est sur des meurtres qui refusent le hors champs. Pinocchio Unstrung offre un bon quota de scènes gores généreuses et bien que ça manque parfois de finition, que les prothèses soient par moments grossières, il est appréciable que le pratique prime sur le numérique, ce qui vaut aussi un Pinocchio au design et à la présence qui fonctionnent malgré quelques maladresses. De maladresses, Pinocchio en est rempli. Que ce soit la mise en scène sans ambition aucune sauvée par une belle photo et des décors qui ont de la gueule dans le final, les scènes gores donc qui manquent de soin mais sont d’une belle générosité, son scénario qui n’exploite pas correctement ce qu’il met en place mais qui reste plaisant, le TCU marque un point de plus avec Pinocchio : Unstrung, un film imparfait et bancal, mais suffisamment rythmé et gore pour attiser la curiosité. Il ne reste plus qu’à attendre le prochain film du Twisted Childhood Universe et c’est mal barré car il s’agit de Winnie The Pooh : Blood And Honey 3. Mais allez, on va y croire…

LES PLUS LES MOINS
♥ Techniquement c’est carré
♥ C’est court et ça va à l’essentiel
♥ Généreux en gore
♥ Pinocchio, sans CGI
⊗ C’est perfectible sur tous les points
⊗ Le gore en CGI
Le TCU marque un point de plus avec Pinocchio : Unstrung. Un film imparfait et bancal, mais suffisamment rythmé et gore pour attiser la curiosité.


PINOCCHIO DÉCHAINÉ est sorti en combo Blu-ray / 4K chez ARCADES ÉDITIONS au prix de 29.99€. Il est disponible à l’achat ici : Fnac.com

Version Originale et Française DTS-HD Master Audio 5.1, sous-titres français – 16/9ème – Couleurs

En plus du film, on y trouve : Scène coupée, Modules techniques sur la création de Pinocchio et Cricket, Interview de Pinocchio.



Titre : Pinocchio: Déchaîné / Pinocchio : Unstrung
Année : 2026
Durée : 1h22
Origine : Angleterre
Genre : TCU
Réalisateur : Rhys Frake-Waterfield
Scénario : Rhys Frake-Waterfield

Acteurs : Jude Evan Lloyd, Richard Brake, Robert Englund, Cameron Bell, Jessica Balmer, Karolina Knight, Mya Brown

 


 

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Auteur : John Roch

Amateur de cinéma de tous les horizons, de l'Asie aux États-Unis, du plus bourrin au plus intimiste. N'ayant appris de l'alphabet que les lettres B et Z, il a une nette préférence pour l'horreur, le trash et le gore, mais également la baston, les explosions, les monstres géants et les action heroes.
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