Recruté par le parti d’extrême droite Nox pour devenir leur candidat officiel, l’ancien policier corrompu, raciste et vulgaire José Luis Torrente se lance dans la course à la présidence du gouvernement espagnol. Fidèle à ses pires vices, il transforme la campagne électorale en un cirque médiatique chaotique tout en cherchant à s’enrichir sur le dos des institutions. Entre provocations politiques, coups tordus et quête de pouvoir, Torrente prouve qu’il est prêt à tout pour accéder au sommet de l’État.
Avis de Cherycok :
Torrente est une saga espagnole que j’apprécie particulièrement et je vous ai déjà pondu des textes sur chacun des cinq premiers volets, à savoir Torrente : Le Bras Gauche de la Loi (1998), Torrente 2 : Mision en Marbella (2001), Torrente 3 : El Protector (2005), Torrente 4 : Lethal Crisis (2011) et Torrente 5 : Operacion Eurovegas (2014). Mais depuis 2014, plus aucune nouvelle, et il aura fallu attendre 2026 pour voir un nouvel opus arriver, très attendu, intitulé Torrente Presidente, à la campagne promotionnelle assez étrange étant donné qu’il n’y en a eu un embargo médiatique jusqu’au jour de la sortie, sans qu’aucune image du film ne soit dévoilée, ni bande annonce, ni projection presse, ni même interviews de promotion, avec seulement quelques affiches très épurées montrant le logo du film ou la fameuse silhouette du personnage de Torrente placardées dans les rues et lâchées sur Internet. Une stratégie qui a payé puisque ça a attisé la curiosité de tout le public espagnol et le film a tout cassé sur ton passage. Une chose est sûre, c’est que ce Torrente Presidente est dans la continuité du reste de la saga, avec un Santiago Segura qui arrive une fois de plus à renouveler la formule.

Toujours réalisé, écrit et interprété par Santiago Segura, Torrente Presidente a réussi l’exploit d’emmagasiner 2.4M€ juste le jour de sa sortie, ce qui représente 78% du box-office espagnol. C’est le meilleur jour de sortie d’un film espagnol depuis 15 ans, deuxième meilleur de l’histoire juste derrière Torrente 4. Le film avait même vendu plus de 150000 billets en prévente avant même sa sortie officielle en salles. Si on en croit les chiffres, il finit sa course à plus de 4 millions de spectateurs, atteignant les 30M€ récoltés, devenant le 4ème film espagnol le plus rentable de l’histoire. Torrente Presidente a même donné un coup de fouet aux spectateurs qui se sont mis à revenir peu à peu en masse dans les salles depuis ce succès. Oui, on peut parler d’évènement, surtout pour un film qui, bien que faisant partie d’une saga très populaire, n’avait donc bénéficié d’absolument aucune promo. Un pari gagnant pour Santiago Segura qui a réussi à susciter la curiosité des spectateurs à une époque où les cinémas ne se portaient pas très bien en Espagne, et qui arrive une fois de plus à renouveler une formule, vieille de presque trente ans, sans jamais trahir son ADN pour ce retour après 14 ans du personnage le plus provocateur, le plus grossier, le plus excessif et le plus délibérément politiquement incorrect du cinéma espagnol. Dans ce sixième film, José Luis Torrente, ancien policier, toujours persuadé d’être un héros national de l’Espagne malgré son incompétence, se lance en politique par le plus grand des hasards et, avec son style vulgaire, démago et plein de traits d’esprit, parvient à devenir une figure incontournable du parti populiste NOX. Ici, on délaisse le côté comédie d’action des opus précédents pour devenir une comédie satirique qui se moque des stéréotypes des politiques espagnols, avec des parodies d’évènements réels et des apparitions de personnalités, entre autres du monde politique. Bien entendu, c’est un film très ancré dans la culture espagnole et pour quelqu’un qui serait complètement étranger à ce pays, il y a de grandes chances de passer à côté de pas mal de choses. Mais si vous avez vu les autres opus de la saga, vous avez malgré tout une bonne base pour passer un bon moment et reconnaitre certaines têtes qui ont fait les heures de gloire de la série.

Ici, une fois de plus, les caméos sont nombreux. On y trouve par exemple Alec Baldwin, ami proche de Santiago Segura dans la vraie vie, déjà présent dans le 5ème film, sous les traits de Donald Trump. Kevin Spacey vient montrer sa frimousse, loin des histoires qui l’occupent ans States, dans le rôle d’un chef d’organisation du genre Illuminati qui contrôle l’essentiel de la richesse mondiale. Tout un tas de vrais journalistes espagnols viennent reprendre leur propre rôle, tout comme des influenceurs, footballeurs et autres figures médiatiques. On a droit à des rôles plus ou moins importants (certains juste des cameos) de personnages vu dans la saga Torrente comme la mannequin Esther Cañadas (Torrente 2) ou les acteurs Javier Cámara et Neus Asensi. Et il y a même des politiques venus jouer leur propre rôle, à l’instar de Mariano Rajoy, ancien président du gouvernement espagnol qui, le temps d’une scène, donne des conseils à Torrente sur comment être un bon président. Pour un film tirant à boulets rouges sur toute la politique de son pays, de la gauche à la droite, en passant par les extrêmes, et toute la corruption qui entoure ce milieu, c’est assez couillu ! On est sincèrement content de retrouver le personnage de Torrente, complètement abject mais tellement attachant. C’est d’ailleurs une des forces de la saga avec un Santiago Segura qui arrive à rendre attachant un ancien policier raciste, sale, sexiste, corrompu, vulgaire à souhait, mais qui fait constamment face à bien pire que lui. Une fois de plus, Segura nous pond une galerie de personnages avec des têtes toutes plus tordues les unes que les autres. Et même si, il faut l’avouer, la formule semble s’essouffler un peu, ce changement de cap amène un peu de nouveauté, bien qu’on retrouve toujours un peu de gore et de tôle froissée sur le final. Une fois de plus, le film aligne des scènes toutes plus politiquement incorrectes les unes que les autres, que ce soit par les dialogues toujours aussi jouissifs balancés par cette raclure de Torrente, que par certaines scènes que beaucoup n’auraient même pas osé penser (la scène chez la famille musulmane). Comme à chaque fois, tous les gags ne fonctionnent pas, mais il faut avouer qu’on se marre malgré tout tout du long, signe d’une comédie et surtout ici d’une satire des plus efficaces. Oui, la provocation est souvent gratuite, et le scénario un peu décousu ressemble parfois à une succession de saynètes plus qu’à un vrai quelque chose de construit, mais le divertissement que le film propose est tellement décomplexé et sans aucune retenue que Torrente Presidente remporte facilement l’adhésion.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ La satire très souvent réussie… ♥ Un casting toujours aussi farfelu ♥ Retrouver le personnage de Torrente ♥ Le côté très politiquement incorrect ♥ L’ambiance générale déglingos |
⊗ … malgré des provocations gratuites ⊗ Un scénario décousu ⊗ Une mise en scène moins ambitieuse |
|
|
|
| Avec ce 6ème film de saga phare, Santiago Segura tire à vue sur l’ensemble du spectre politique espagnol sans épargner personne. Bien que la formule semble parfois s’épuiser, elle propose suffisamment de neuf pour qu’on passe encore un (très) bon moment. | |

Titre : Torrente Presidente
Année : 2026
Durée : 1h42
Origine : Espagne
Genre : Satire politique grossière
Réalisateur : Santiago Segura
Scénario : Santiago Segura
Acteurs : Santiago Segura, Gabino Diego, Carlos Areces, Ramon Langa, Bertin Osborne, Cañita Brava, Vito Quiles, Alex Baldwin, Kevin Spacey, José Maria Kimbo, Carlos Latre
























![[JV] Ikaruga (2001 – Playstation 4)](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/02/H2x1_NSwitchDS_Ikaruga_image1600w-680x340.jpg)
![[Film] Le Cercle de Feu 2 : L’Affrontement, de Richard W. Munchkin (1993)](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/06/lecercledefeu2-680x340.jpg)
![[Dossier] Parlons Baston : The Furious de Kenji Tanigaki](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/07/The-Furious_resultat-680x340.jpg)
![[Interview] Vidéo Popcorn Éditions se livre à nous](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/05/interview-popcorn-680x340.jpg)




![[Film] Kattalan, de Paul George (2026)](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/08/kattalan-680x340.jpg)
![[Sortie] Puppet Master III en blu-ray / UHD le 14/08/2026](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/03/puppetmaster3-680x340.jpg)
![[Film] Infernal Storm, de Huang Yi (2021)](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/08/infernalstorm-680x340.jpg)

