Après l’enterrement de son mari, Alice se rend dans la maison isolée de sa belle-famille pour partager un dernier repas à sa mémoire. Mais la réunion familiale bascule dans l’horreur lorsque ses proches se transforment, l’un après l’autre, en créatures démoniaques. Confrontée à cet enfer, Alice découvre que les vœux prononcés autrefois continuent de la lier à son mari… bien au-delà de la mort.
Avis de Cherycok :
Le réalisateur français Sébastien Vaniček a épaté pas mal de monde avec son premier film, Vermines. Avec ce dernier, il gagne le Prix Spécial du Jury au Festival de Sitges, les prix du Meilleur Film et Meilleur réalisateur au Fantastic Fest, le Prix du Jury au FEFFS, et il a été nominé aux Césars dans la catégorie Meilleur Premier Film. Vermines a même été adoubé par Stephen King sur le réseau social X. C’est donc logique qu’Hollywood vienne taper à sa porte pour lui proposer des projets, comme ils ont l’habitude de le faire dès qu’un cinéaste intéressant pointe le bout de son nez. Approché par plusieurs studios, Sébastien Vaniček refuse toutes les propositions, à l’exception d’une seule, celle de Sam Raimi, qui a lui aussi adoré Vermines, qui lui propose de faire un nouvel opus de la saga Evil Dead. Vaniček pose ses conditions, à savoir avoir la maitrise totale, tourner avec ses techniciens, écrire le scénario et faire la post-production en France. Raimi accepte toutes les conditions et le projet est lancé. N’ayant pas aimé le remake de 2013 et ayant trouvé le Evil Dead Rise de 2023 plus que moyen, je n’attendais rien de ce Evil Dead Burn. Et pourtant, il s’avère fichtrement efficace.

La longue introduction ne m’a pas mis en confiance. Faisant le lien avec Evil Dead Rise et son deadite qui avait été laissé dans la nature, le massacre lors de la scène de pêche, le passage dans la boite de nuit et l’accident de voiture qui va suivre, bref, tout ce qu’il y a avant l’écran titre est clairement en deçà de ce qui va suivre. La scène de pêche dans le lac et le crash de voitures sont très légers horrifiquement parlant, et la scène dans la boite de nuit, qui sert à nous présenter certains des personnages et à nous indiquer la nature des tensions sous-jacentes entre l’héroïne et son mari, est finalement plus pénible qu’autre chose. Et puis arrive la crémation et surtout le repas de famille qui va suivre, et enfin Evil Dead Burn va trouver son rythme de croisière et ne jamais perdre de vue ce qu’il cherche à faire, à savoir proposer un film à mi-chemin entre l’expérience sensorielle viscérale et le divertissement horrifique bien méchant, bien violent, aux scènes qui font mal et qui feront détourner du regard les estomacs les plus sensibles. Sébastien Vaniček a déclaré qu’il voulait que les gens se sentent épuisés au sortir du film, comme s’ils avaient vécu un voyage intense et riche en émotions, et c’est ce qu’Evil Dead Burn arrive presque parfaitement à faire. Le film apporte son lot d’idées (certaines explications sur le pourquoi du comment par exemple) qui, bien qu’elles ne soient pas toutes suffisamment exploitées, amènent un peu de consistance au récit. Le film met à mal la vision qu’on peut avoir de la cellule familiale qu’on comprend ici rapidement bancale, avec des on-dit, avec des secrets, avec des mensonges, avec des silences, avec des membres de la famille qui se sont éteint face à d’autres. Lorsque les possessions arrivent, tout va être exacerbé et voler complètement en éclat. Cette thématique de la famille s’accorde parfaitement à l’ambiance Evil Dead que met en place le film, une ambiance lourde, parfois presque un peu dérangeante, accompagnée par un superbe score du duo français Double Danger, qui avait déjà collaboré avec Sébastien Vaniček, qui amène certaines scènes (le repas par exemple) à un autre niveau de gêne. Alors oui, certains procédés sont maladroits, comme ces flashbacks, certes courts mais qui arrivent à plusieurs reprises, comme pour nous expliquer des choses qu’il n’était pourtant pas difficile de deviner, mais le travail effectué par toute l’équipe technique pour mettre le spectateur parfois mal à l’aise fonctionne bien.

On sent que Sébastien Vaniček a vraiment voulu faire les choses correctement pour ne pas souiller la licence Evil Dead, de faire le maximum de scènes en practical et de n’utiliser les CGI que lorsque cela était nécessaire, avec parcimonie, quitte à devoir créer plus de maquillages que prévu, plus de SFX pratiques que prévu, et faire preuve d’une réelle ingéniosité pour s’assurer que, dès qu’il allait envoyer les possessions démoniaques en pleine gueule du spectateur, ce dernier reste collé à son siège. La mise en scène est réellement soignée, les plans sont intelligemment pensés pour que l’œil soit immédiatement attiré par un détail important au deuxième plan, et lorsque le plan séquence est choisi pour une attaque d’un membre de la famille devenu deadite, ce n’est pas gratuit et cela sert la narration. Ce plan séquence est d’ailleurs assez impressionnant, justement car conçu sans CGI ou presque, avec notre héroïne qui tente de s’échapper à quatre pattes, abasourdie, pendant qu’un festival de corps éjecté et autres deadite en furie se déroule au second plan. Bien que le réalisateur ait déclaré ne pas être intéressé par le fait de verser des seaux de sang sur les acteurs (il y en a, suffisamment, je vous rassure), son film n’en demeure pas moins réellement violent, parfois assez sadique, avec des scènes qui sont étudiés pour que le spectateur serre les dents voire détourne le regard. Je ne parle pas ici de jumpscare, présents en très très petit nombre, mais de violence physique qui font mal même aux plus endurcis, en touchant par exemple à l’intérieur des oreilles, aux dents, à des coups violents répétés de nombreuses fois au même endroit. L’acharnement sur le crâne avec une porte de lave-vaisselle est d’ailleurs un « régal » pour quiconque aime un tant soit peu le gore qui tâche. Et comme c’est fait à l’ancienne, avec du latex et du faux sang, ça a cette saveur et cette texture qui rend la chose palpable. Evil Dead Burn ose même quelque chose qu’on n’a réellement pas l’habitude de voir dans le cinéma américain (même horrifique) et on a vraiment cette impression d’un réalisateur qui a pu se lâcher et mettre en images toutes les idées qu’il avait en tête au moment où il a accepté ce projet. Le casting du film participe à la réussite de ce dernier et même si certains acteurs ont un jeu parfois inégal (comme George Pullar dans l’introduction), d’autres compensent aisément comme par exemple Erroll Shand, qui incarne le père de famille, déjà pas bien aguichant au départ, qui est tout bonnement impressionnant en deadite au crâne défoncé. Dommage que le méchant de la scène finale soit clairement en deçà des autres membres de la famille, mais avec l’introduction, ce sont les seuls réels reproches qu’on peut faire à ce Evil Dead Burn bien vénère.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Les nombreux effets pratiques ♥ Une bonne mise en scène ♥ Des scènes bien violentes et méchantes ♥ La thématique de la famille ♥ La bande son |
⊗ L’introduction jusqu’à l’écran titre ⊗ Le design du méchant final ⊗ Certains acteurs en deçà |
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| Malgré un premier acte un peu laborieux, Evil Dead Burn trouve vite son rythme de croisière et propose un spectacle très efficace à mi-chemin entre l’expérience sensorielle viscérale et le divertissement horrifique bien méchant. Un bon opus. | |

Le Saviez-Vous ?
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Deux photos de Bruce Campbell, le héros des trois films originaux, sont visibles dans le film. Une peut être vue à côté des photos de famille au-dessus des escaliers.
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La scène de l’écrasage de tête avec une porte de lave-vaisselle, déjà bien violente et craspec telle qu’elle dans le film, a été raccourcie pour que le film évite de recevoir une classification NC-17 pour sa sortie en salles. La scène était au départ bien plus longue, avec plus de gros plans et encore plus d’intensité.
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Le succès du film a été un peu tiède, le film ayant récolté 71M$ US au box-office local pour un budget estimé à 20M$US (sans compter le budget promotionnel). Un score somme toute honnête, mais le score au box-office local, là où le studio gagne 50% des bénéfices, n’a été que de 32M$
Titre : Evil Dead Burn
Année : 2026
Durée : 1h50
Origine : U.S.A / Nouvelle-Zélande
Genre : Famille dysfonctionnelle
Réalisateur : Sébastien Vaniček
Scénario : Sébastien Vaniček, Florent Bernard
Acteurs : Souheila Yacoub, Tandi Wright, Hunter Doohan, Luciane Buchanan, Erroll Shand, Maude Davey, George Pullar, Greta van den Brink, Keanu Karim, Victory Ndukwe
























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