[Film] Obsession, de Curry Barker (2026)

Et si vous pouviez réaliser votre rêve le plus fou ? Un jeune introverti met la main sur un objet magique capable d’exaucer n’importe quel souhait. Son crush de toujours tombe alors raide dingue de lui… jusqu’à l’obsession la plus totale. Faites attention à ce que vous souhaitez !


Avis de Rick :
Obsession se traine une excellente réputation derrière lui, et c’est donc ce qui en fait un film dont on se méfie. Après tout, oui, c’est vrai, Blumhouse produit, et la société niveau horreur grand public n’a pas eu que de grands succès public et critique récemment (les Five Nights at Freddy’s), mais le tout est en prime distribué par A24, toujours à la recherche des bons coups, même si 2025 aura été très inégale pour eux (Opus et Death of a Unicorn, sans être mauvais, c’était moyen). Si l’on rajoute que le film se serait tourné pour moins d’un million sur seulement 20 jours, et qu’il s’agît du second long métrage du réalisateur, et on a des craintes. Bon, pour Blumhouse et le réalisateur par contre, les comptes sont bons, car si en effet le film a coûté moins d’un million, la vente des droits à A24 après son passage en festival aura directement ramené pas moins de 15 millions dans les caisses. Une opération donc rentable pour eux avant même l’exploitation du film en salles. Bon, mais maintenant, le film est sorti, et on peut enfin juger ce qu’il vaut par nous-même, et contre toute attente, c’était au final très sympathique, bien qu’imparfait. Alors qu’au début, c’est vraiment la crainte qui est là, face à ce personnage qui peut faire un vœu, et qui va se réaliser, on sent venir le film concept comme Blumhouse les adore. Heureusement les craintes sont vite effacées face à ce qui s’annonce en réalité bien plus comme un pur métrage d’ambiance, presque un film d’auteur, avec une ambiance horrifique certes, mais lourde, lancinante. La violence même sera plutôt rare à l’écran (ce qui en renforce l’impact). Et le film se concentre alors intégralement ou presque sur son duo de personnages principaux, à savoir Bear et son crush Nikki, qui après son vœu, va devenir possessive et follement amoureuse.

La première bonne nouvelle, c’est que le métrage peut compter sur deux ou trois éléments qui fonctionnent vraiment bien. Le premier, c’est donc son duo d’acteurs, venant du monde de la télévision (et donc inconnus pour moi) avec Michael Johnston et Inde Navarrette. Le premier est plutôt convaincant en jeune homme timide, timide au point qu’il restera tout le long du métrage passif, préférant se prendre un torrent d’emmerdes dans la gueule plutôt que d’évoluer enfin, de prendre sur lui et de s’affirmer. La seconde, elle surprend, par sa capacité à pouvoir passer d’une émotion à une autre en un éclair, au sein du même plan, passant de femme amoureuse attendrissante à véritable psychopathe flippante, avant de jouer assez souvent avec un entre-deux assez grotesque, mais souvent très drôle, mais aussi franchement inquiétant. Mais avoir de bons acteurs, c’est une chose, mais il faut que le reste suive à côté. Heureusement le film a un autre atout dans sa poche, et il est pèse plutôt lourd dans la balance, puisque Curry Barker, réalisateur scénariste et monteur de son film, fait des choix de mise en scène qui donnent une ambiance particulière à son métrage, avec un montage volontairement lent, un nombre de plans assez réduit, privilégiant donc l’attente, l’atmosphère, et les réactions des acteurs, plutôt qu’un faux rythme endiablé et une multitudes de plans de coupes. Pareil au niveau des angles, le réalisateur privilégie souvent des mouvements de caméra très lents, que ce soit de subtils travellings ou de légers zooms. Vu les tirades parfois extrêmement longues qu’il fait jouer à ses acteurs, ce n’est pas plus mal, ça laisse clairement le texte respirer. Bon point également, même si presque plus anecdotique, mais Obsession ne se prend jamais trop au sérieux au moins de sur-expliquer son concept. On ne saura finalement pas grand-chose du fameux jouet qui exauce les vœux, rien de tout ça.

Le métrage préfère rester dans la simplicité de son propos, qui est, en plus de jouer constamment entre le rire et l’angoisse, plutôt astucieux, puisqu’il détourne le code habituel de l’homme toxique dans une relation en faisant de la femme une psychopathe flippante, tout en faisant de l’homme malgré tout le point de départ de tout ce bordel, et qu’il n’agira pourtant jamais en conséquence. Et pourtant, face à Nikki, on ne peut que prendre la défense du pauvre Bear, qu’importe s’il est fautif de la situation, s’il n’ose jamais se bouger le cul, et met limite sa dignité au placard. Une écriture de personnages et un jeu donc plutôt subtil pour faire passer ça à l’écran. Mais tout n’est pas rose pour autant, car en jouant sur ces éléments justement, en refusant souvent d’expliquer plus que nécessaire, et en nous donnant un personnage principal évoluant peu, Obsession finit néanmoins, dans ses mécaniques qui reviennent, dans sa narration, par tourner en rond. Toujours les mêmes ressorts qui sont utilités, et ils ont beau fonctionner, un peu de diversité n’aurait sans doute pas fait de mal. Alors on ne s’ennuie pas, on s’amuse de certaines situations grotesques (ah la soirée), mais on se dit aussi qu’Obsession reste un peu trop en surface de son sujet, passionnant lui. Dommage. Néanmoins, le film étant à la fois plus sérieux dans son scénario et dans sa mise en scène que la moyenne actuelle du genre (mais, genre, bien bien au-dessus), on a presque envie de lui pardonner, et on espère que le réalisateur aura un budget plus confortable pour la suite pour mener à bien ses ambitions.

LE MEILLEUR LE PIRE
♥ Deux acteurs franchement très bons
♥ Une mise en scène posée
♥ Une ambiance tour à tour inquiétant ou drôle
♥ La frontière avec le grotesque est là, mais jamais totalement franchie
⊗ Un côté assez répétitif dans ses mécaniques
note2
Le dernier né de Blumhouse distribué par A24, Obsession, est pour une fois assez fidèle à sa réputation. Il a des défauts, qu’on peut imputer sur son bas budget, mais le réalisateur démontre un talent certains malgré ça, et a su s’entourer d’acteurs donnant vie aux situations entre horreur et comique.


Titre : Obsession
Année : 2026
Durée :
1h48
Origine :
Etats Unis
Genre :
Horreur
Réalisation :
Curry Barker
Scénario :
Curry Barker
Avec :
Michael Johnston, Inde Navarrette, Cooper Tomlinson, Megan Lawless, Andy Richter, Haley Fitzgerald et Darin Toonder


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Auteur : Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de David Lynch, John Carpenter, David Cronenberg, Tsukamoto Shinya, Sono Sion, Lucio Fulci, Nicolas Winding Refn, Denis Villeneuve, Shiraishi Kôji et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.
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