Musclor, l’homme le plus puissant de l’univers, affronte le maléfique Skeletor pour sauver la planète Eternia et protéger les secrets de Castle Grayskull.
Avis de Cherycok :
En 1981, Mattel lance la gamme de jouets Les Maitres de l’Univers aux Etats-Unis, avec le Prince Adam, également appelé Musclor (He-Man aux States) qui doit combattre le diabolique Skeletor et sa horde de sbires pour protéger la planète Eternia, dans un mélange d’éléments médiévaux, de fantastique et de science-fiction. Le succès est là mais les ventes prendront une autre dimension lorsqu’une série animée créée en 1983 par Filmation verra le jour et sera un succès mondial, une série tellement culte qu’elle aura droit à des spin-offs, des remakes, à tout un tas de produits dérivés et même à une adaptation live par la Cannon en 1987 avec Dolph Lundgren, Les Maitres de l’Univers, qui ne rencontrera pas le succès escompté et qui mettra à mal la boite de production. Deux décennies plus tard, dans les années 2000, un projet de remake est sur les rails, projet qui ne verra le jour qu’en 2026 après moult péripéties. Laissez-moi vous raconter tout ça et vous dire ce qu’il en est de cet opus 2026 critiqué par certains mais qui pourtant a bien plus d’atouts qu’on ne veut le faire croire.

Le film de 1987, malgré ses fans, n’a au final conquis personne. Trop kitch voire nanar pour certains, se situant beaucoup trop sur Terre pour d’autres, le public n’a pas suivi, les critiques ont été assassines, et on comprend pourquoi. C’était donc logique qu’un remake soit envisagé, bien plus que lorsqu’on remake un film au départ réussi. C’est Warner qui, dès les années 2000 se lance dans cette affaire mais, rapidement, ça sent le pâté et ils revendent les droits à Columbia Pictures pour Sony Pictures Entertainment en 2009. À partir de là, plus vraiment d’infos jusqu’à ce que Netflix à la fin des années 2010 annonce avoir acquis les droits. Une série animée voit effectivement le jour mais, après avoir dépensé pas loin de 30M$ pour le film, ils jettent l’éponge en janvier 2022. En 2024, Amazon MGM annonce avoir récupéré les droits et le film se met réellement en chantier. Tout un tas de réalisateurs ont à un moment ou à un autre été rattaché au projet, de John Woo à Jon M. Chu (Crazy Rich Asians) en passant par McG (Charlie et ses Drôles de Dames) ou Jeff Wadlow (Kick-Ass 2). Même chose en ce qui concerne les scénaristes avec un script passé par de nombreuses mains. C’est finalement Travis Knight (Bumblebee, Kubo et l’Armure Magique) qui réalisera cet opus 2026 qui sortira en salles dans certains pays, mais directement en VOD/SVOD dans d’autres. Au cinéma, c’est le plantage complet. Avec son budget estimé entre 170 et 200M$, le film peine à en rapporter 113 alors que, sincèrement, c’est bien le genre de film à voir en salles. Pourquoi cet échec ? C’est difficile à dire. Déjà, la concurrence était dure début juin 2026 avec en face un Scary Movie (lui aussi dans sa version 2026) qui a cartonné. Ensuite, peut-être que le public commence à être lassé de cette nostalgie des années 80 qui s’essouffle de film en film. Mais aussi, la campagne marketing semble avoir été cataclysmique, au point qu’il semblait difficile de savoir à qui s’adressait réellement ce film, et le résultat est qu’il a été boudé. Pourtant, lorsqu’il est sorti en SVOD sur Prime Vidéo, c’est un carton immédiat avec un film qui se classe numéro 1 dans plus de 25 pays et dans le top tendance dans plus de 50 pays au total. La génération X, celle qui a grandi avec le dessin-animé, ne se déplace presque plus au cinéma et c’est donc en SVOD qu’ils ont préféré découvrir ce film qui rend clairement hommage au matériau d’origine. Car la force numéro 1 de cette version 2026 des Maitres de l’Univers, c’est qu’il essaie de faire les choses bien et que, la plupart du temps, il y arrive.

Déjà, Travis Knight est bien conscient de ce qu’il adapte. On est d’accord qu’au départ, ce sont juste des figurines en plastique avec un blond en jupette hyper musclé qui se bat contre un homme squelette dont la quasi seule motivation pour être méchant est qu’il est méchant. Du coup, le ton du film est clairement décontracté, se moquant parfois gentiment de ce qu’il est, avec une bonne dose d’humour et de second degré, mais toujours fait avec sérieux et une réelle envie de proposer un vrai blockbuster d’été léger et divertissant, ce qu’il arrive parfaitement à faire. L’univers est parfaitement retranscrit, ultra coloré, tranchant immédiatement avec beaucoup de blockbusters marvelliens/ starwarsiens à l’esthétique presque télévisée, visuellement trop sombres et sans éclat (à l’exception du Superman de James gunn peut-être). Les personnages ressemblent réellement à leur équivalent, que ce soit ceux du dessin animé ou les figurines d’époque (à part peut-être la coupe au carré de Musclor) et si on n’a pas de problème d’épilepsie, c’est un réel plaisir pour les yeux de voir évoluer les personnages dans Eternia. Certes, tous les CGI ne se valent pas et il y a par exemple à redire sur la célèbre monture tigre parlante de Musclor qui pique un peu les yeux, mais dans l’ensemble, ça reste étonnement solide et ce monde semble plein de vie. Le casting, lui aussi conscient de ce qu’il est en train de jouer, donne tout ce qu’il a pour retranscrire le côté léger et fun revendiqué par le film, et ça fonctionne parfaitement avec un humour qui a beau être parfois un peu couillon mais qui ne prend pas son spectateur pour un demeuré. Et puis il y a Jared Leto en Skeletor qui semble prendre un malin plaisir à balancer des rires diaboliques dès qu’il en a l’occasion, et qui trouve clairement ici un de ses meilleurs rôles tant il peut se lâcher sans craindre d’en faire trop. La mise en scène de Travis Knight est aussi soignée que le reste. Il voulait que le film ait une atmosphère et une apparence similaire à Flash Gordon (1980) et il y arrive parfaitement. Et puis mine de rien, ses scènes d’action ont de la gueule, avec un vrai travail de chorégraphie, avec un vrai travail de bataille d’ensemble parfois, une réelle lisibilité dans ce qu’il se passe même lorsque c’est chargé en CGI avec moult détails qui rendent l’ensemble vivant et énergique. Et puis la bande son composée par Brian May, guitariste du groupe Queen, est tout simplement excellente, accompagnant parfaitement ces 2h20 de nostalgie assumée à la sauce 2026. Alors c’est certain, Les Maitres de l’Univers n’est pas un chef d’œuvre, et pourra même paraitre anecdotique pour certains, mais il n’en a jamais la prétention et se contente d’être ce qu’il est, un blockbuster estival fun. Et c’est déjà très bien !

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Visuellement coloré et enchanteur ♥ Un vrai respect du matériau original ♥ Bien mis en scène ♥ La bande originale ♥ L’ambiance décontractée |
⊗ Quelques CGI clairement en deçà ⊗ Peut-être un peu trop long ⊗ Parfois anecdotique, oui |
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| Les Maîtres de l’Univers est un bon film, léger et fun, qui ne se prend pas au sérieux mais qui est fait avec sérieux. Un vrai divertissement comme on n’en fait presque plus, un peu régressif, qui a tout compris à ce que devait être un blockbuster estival. | |

LE SAVIEZ-VOUS ?
- Ce film est dédié à la mémoire du créateur de jouets Roger Sweet (1935-2026), le concepteur original des Maîtres de l’univers.
- Jared Leto a été complètement exclue de la commercialisation. Son nom n’apparaissait ni dans les bandes-annonces ni dans les spots télévisés, il n’a pas rejoint ses co-vedettes lors de la tournée de presse et les comptes officiels du film ne l’ont même pas mentionné lorsqu’ils ont publié des extraits de sa performance en tant que Skeletor.
- La pose prise par les héros (ils rient en se penchant en arrière, les poings sur les hanches et les yeux fermés) est un hommage à une animation souvent utilisée dans Les maîtres de l’univers (1983).
Titre : Les Maîtres de l’Univers / Masters of the Universe
Année : 2026
Durée : 2h21
Origine : U.S.A
Genre : Fun
Réalisateur : Travis Knight
Scénario : Chris Butler, Aaron Nee, Adam Nee
Acteurs : Nicholas Galitzine, Camila Mendes, Idris Elba, Jared Leto, Johannes Haukur Johannesson, Jon Xue Zhang, Alison Brie, Sam C. Wilson, Charlotte Riley, James Purefoy

























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