Ying Dong, un officier spécial, est transféré dans une ambassade étrangère en Europe de l’Est après avoir refusé un ordre dans sa dernière mission. Quand il arrive dans ce pays, il arrête un terroriste qui a commis un crime. Le terroriste en question est en fait le leader d’un groupe de dangereux criminels. Ying Dong et les membres de l’ambassade chinoise vont vite être confrontés au gouvernement local et aux terroristes qui essaient de libérer leur chef.
Avis de Cherycok :
Lorsque j’ai vu The Blacksheep Affair pour la première fois vers 2000/2001, j’étais en pleine période d’euphorie de découverte du cinéma de Hong Kong, non pas que ma passion pour ce cinéma date de là, non, c’est bien avant, mais c’est la période où j’ai découvert l’import, avec des commandes de dvd directement importés de Hong Kong. Tout un nouveau pan du cinéma de Hong Kong s’ouvrait à moi, sous-titré anglais, avec des DVD qui étaient à des prix indécemment bas. Et c’est pendant cette euphorie que j’ai découvert The Blacksheep Affair de Lam Wai-Lun (Satans Returns, Teenage Master), ce qui explique peut-être pourquoi j’avais tant aimé ce film puisque je l’avais quand même noté 8/10 sur feu HKMania là où, des années plus tard, il se payait des sales notes sur internet. Lorsque je l’ai revu récemment, 25 ans plus tard, avec une bien plus grosse culture cinématographique hongkongaise, je n’ai clairement pas vu le film de la même façon. Alors j’aime toujours le film, mais pas du tout pour les mêmes raisons car, il faut l’avouer, The Blacksheep Affair tient plus du nanar que du bon film.

A la fin des années 90, le cinéma de Hong Kong est en crise. La rétrocession a laissé pas mal de traces, certains réalisateurs et acteurs sont partis s’exiler aux Etats-Unis, c’est de plus en plus dur pour trouver des financements, et les films locaux ne font plus recette au cinéma face aux mastodontes américains. C’est à ce moment là qu’on a vu apparaitre des films d’action de Hong Kong qui voulaient un peu singer le cinéma américain. Purple Storm (1999), Downtown Torpedoes (1997), Extreme Crisis (1998), ou encore The Blacksheep Affair ont tenté leur chance dans quelque chose ressemblant un peu plus aux actionners ricains, en n’hésitant par exemple pas à délocaliser leur histoire en dehors de l’Asie, comme c’est le cas pour le film qui nous intéresse aujourd’hui qui choisit un pays fictif d’Europe de l’Est appelé Lavernia. Au départ, c’est Jet Li qui avait été imaginé pour incarner le personnage principal, un militaire droit dans ses bottes, patriote jusqu’au bout des ongles, mais ce dernier préfèrera tenter l’aventure américaine en incarnant avec classe le méchant de L’Arme Fatale 4 (1998). C’est à Vincent Zhao, alias Chiu Man-Cheuk, qu’est finalement confié le rôle, lui qui avait déjà remplacé Jet Li pour les épisodes 4 et 5 de la célèbre saga Il Était une Fois en Chine. Chiu Man-Cheuk a peut-être moins de charisme, mais ses capacités martiales sont de haute volée. On rajoute au film la sensation féminine du moment, la belle Shu Qi (Viva Erotica, Stormriders), on colle un méchant charismatique interprété par Andrew Lin (2000 AD, Naked Weapon), on fait appel à l’inimitable Ching Siu-Tung (Duel to the Death) pour les scènes d’action, on confie le scénario au duo Alex Law (An Antumn’s Take, Painted Face) et Roy Szeto (Histoires de Fantomes Chinois 3, Swordsman 3), pour un film aux grandes ambitions qui veut parler de beaucoup de choses. Sauf que, comme on vient de le dire, le cinéma de Hong Kong est en crise, le budget qui sera alloué au film ne sera pas faramineux et combiner grandes ambitions et budget réduit, c’est souvent assez compliqué. Le scénario de The Blacksheep Affair part tellement dans tous les sens qu’on est plutôt dans une accumulation qui semble sans fin plutôt que dans quelque chose de construit correctement. On a un détournement d’avion, une mutation disciplinaire, un pays d’Europe de l’Est imaginaire, Interpol, une secte, des trafiquants d’armes, des politiques corrompus, des réfugiés, une ancienne petite amie, une prise d’otage, une conspiration diplomatique, … Le scénario ne manque pas d’idées mais il est complètement surchargé. Et comme en 1h30, il ne peut rien approfondir, il a beau parler de plein de choses, il parait complètement artificiel. Ça en devient presque même un jeu de s’amuser à deviner ce que le film va nous inventer dans la scène suivante.

Ce surplus d’idée devient rapidement incohérent et rend la construction narrative très faiblarde, pas aidée par un budget qui semble empêcher le film de vouloir faire ce qu’il a réellement envie de faire. Avec son contexte historique, citant explicitement les évènements de Tian’anmen ou l’attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995 par une secte, on sent que The Blacksheep Affair veut nous parler de traumatisme politique, de terrorisme religieux, de nationalisme, de corruption, mais il les abandonne en cours de route car il se rappelle qu’il a Chiu Man-Cheuk au casting et qu’il faut que ça tatane. L’intrigue romantique entre ce dernier et Shu Qi, qui comme souvent à ses débuts se retrouve reléguée au poste de cruche de service devenant à baffer lors de la scène finale, semble tout aussi artificielle, comme si elle avait été greffée artificiellement sur le reste du film. Et puis le manque de budget se ressent régulièrement. Certains effets spéciaux (les explosions) sont parfois mal incrustés, certaines séquences semblent sorties d’une série B fauchée, et les décors de ce pays d’Europe de l’Est dans lequel est tourné le film (Lituanie ? Roumanie ?) ne sont jamais jolis, voire virent parfois au cheap. Et pourtant, on se marre. On se marre justement de toutes ces problématiques. Mais on se marre aussi des scènes d’action qui arrivent à être à la fois très efficaces et complètement ridicules. On a donc Ching Siu-Tung aux commandes, réalisateur / chorégraphe qui n’a plus rien à prouver mais qui ici semble s’être enfilé un rail de coke une scène d’action sur deux. Certains combats sont réellement bien troussés, comme celui dans la station de métro dans lequel Chiu Man-Cheuk affronte pour la première fois Andrew Lin. C’est vif, lisible, intense, brutal, avec des chorégraphies parfaitement exécutées par les deux acteurs. Et puis il y a par exemple le long final, tout aussi fun mais dans un autre style, partant complètement dans le n’importe quoi avec un montage tout aussi n’importe quoi que le reste, défiant les lois de la continuité dans le montage dès que ça en a l’occasion, avec des acteurs prenant des poses très étranges (Chiu Man-Cheuk qui tire avec 2 flingues sur un fauteuil avec les jambes écartées), des personnages qui font n’importe quoi (vider un chargeur entier sur un mec en train de tomber de 15mètres alors que la chute va le tuer), et une caméra parfois en totale roue libre. C’est souvent chaotique et jouissif en même temps tant c’est extrêmement généreux. En fait, The Blacksheep Affair, c’est ce genre de film tellement bancal sur tous les points qu’il en devient fun et attachant. On sait que ce n’est pas très bon, que c’est raté sur plein de chose, mais c’est tellement généreux et ça veut tellement donner au spectateur ce qu’il est venu chercher que c’est difficile de ne pas éprouver un certain plaisir, peut-être coupable hein, à voir Chiu Man-Cheuk balancer des coups de pieds sautés au ralenti à qui s’approche un peu trop près de lui. Le patriotisme exacerbé du film ? Je vous rappelle que Hong Kong vient juste de revenir à la Chine, rien d’étonnant là-dedans et le même genre de film fait aux États-Unis l’aurait été tout autant, donc on ne va pas s’offusquer sur ce point-là.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Des combats funs… ♥ Un Chiu Man-Cheuk en forme… ♥ Bien rythmé… ♥ Des ambitions… |
⊗ … mais montés bizarrement ⊗ … mais qui manque de charisme ⊗ … mais partant dans tous les sens ⊗ … laissées sur le bas-côté en cours de route |
|
|
|
| The Blacksheep Affair est un film qui veut trop en faire à tous les niveaux sans avoir les moyens de ses ambitions. Le résultat est raté, mais grâce à Chiu Man-Cheuk et aux nombreuses scènes d’action souvent nawak, on passe un bon moment. | |

Titre : The Blacksheep Affair / Another Meltdown / 碧血藍天
Année : 1998
Durée : 1h32
Origine : Hong Kong
Genre : Joyeux bordel
Réalisateur : Lam Wai-Lun
Scénario : Alex Law, Roy Szeto
Acteurs : Chiu Man-Cheuk, Shu Qi, Andrew Lin, Ken Wong, Kenneth Tsang, Joe Cheung, Hung Yan-Yan, Lau Shun, So Wai-Nam, Chan Sek, Huang Kai-Sen, Lam Wai-Kai






















![[JV] Ikaruga (2001 – Playstation 4)](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/02/H2x1_NSwitchDS_Ikaruga_image1600w-680x340.jpg)
![[Film] Resident Dead, de Ryan Ebert (2026)](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/09/residentdead-680x340.jpg)
![[Dossier] Parlons baston : Humint (2026) de Ryoo Seung-Wan](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/09/humint-680x340.jpg)
![[Interview] Vidéo Popcorn Éditions se livre à nous](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/05/interview-popcorn-680x340.jpg)




![[Film] The Furious, de Kenji Tanigaki (2026)](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/06/thefurious-680x340.jpg)
![[SVOD] Quoi de neuf sur Outbuster en octobre ?](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2021/11/outbuster-680x316.jpg)
![[Film] Drawing Sword: Fighting Ghost Cry, de Huang He (2022)](https://www.darksidereviews.com/wp-content/uploads/2026/09/drawingsword-680x340.jpg)

