Leung Chang, fils de bonne famille, se pense le meilleur combattant de kung-fu de toute la région, sans savoir que son père paye ses adversaires pour perdre contre lui. Quand il est défait par un modeste acteur de théâtre, le jeune homme décide de se former auprès d’un nouveau professeur, et de devenir véritablement celui qu’il croyait être.
Avis de Cherycok :
On est beaucoup à avoir découvert de nombreux films de Hong Kong avec les VHS HK Vidéo dans la deuxième moitié des années 90 et on est beaucoup à avoir découvert Prodigal Son de Sammo Hung à ce moment-là. On est également beaucoup à trouver que Prodigal Son fait partie du Top 5 de Sammo Hung en tant que réalisateur, aux côtés de films tels que Pedicab Driver, L’Exorciste Chinois 1 et 2, Warriors Two, Blade of Fury, Eastern Condors, Shanghai Express, … Bon, ok, du Top 10 de Sammo Hung en tant que réalisateur. Et donc après avoir poncé la VHS, après avoir poncé le DVD, toujours chez HK Video, et en attendant un blu-ray digne de ce nom chez nous, je me suis refait une énième fois Prodigal Son. Et je me suis aperçu qu’il n’y avait aucune chronique de ce classique du cinéma martial de Hong Kong sur le site. Alors me voilà en train d’écrire ces quelques lignes d’un film que tous les amateurs de ciné HK connaissent. Je ne vais rien vous apprendre. Je ne vais même pas essayer de vous convaincre de quoi que ce soit. Mais il fallait que j’écrive sur l’une des meilleures kung fu comedy que Hong Kong ait pondu.

Il y a de nombreuses choses dans Prodigal Son qui le rendent plus intéressant et réussi qu’une simple kung fu comedy en costumes comme on en a vu fleurir plein à Hong Kong à la fin des années 70 et au début des années 80. Il y a déjà le scénario, en apparence simple, mais au final plus recherché qu’il en a l’air. Reprenant le personnage de Leung Chang que Sammo avait déjà mis en scène dans Warriors Two, ici sous les traits d’un jeune homme choyé et quelque peu gâté dont l’arrogance est liée au fait qu’il a remporté tous ses combats, Sammo Hung va ici en quelques sortes déconstruire la figure du maître de kung-fu vue et revue de nombreuses fois. Ici, le personnage interprété par Yuen Biao n’est pas un mauvais combattant qui va devoir apprendre tout de son maitre. C’est déjà un très bon combattant mais qui ignore que c’est son père qui paie pour que ses adversaires perdent. Du coup, ni sa réputation, ni sa confiance, ni même sa réelle technique ne correspond réellement à ce qu’il croit être. Et tout le premier acte raconte la destruction d’une identité, celle d’un homme qui découvre que toute sa vie repose sur un mensonge et qui va devoir se chercher un maitre pour réellement se trouver et, au final, franchir ce passage à l’âge adulte que, avec ses agissements secrets, son père lui empêchait de passer en lui évitant souffrance, humiliation et défaite dans les combats. Cela peut paraitre rien, mais cela amène un peu de profondeur à un scénario qui pourrait paraitre très simple alors qu’il ne l’est pas et le deuxième acte, avec l’entrainement de Biao, se concentre sur l’évolution du personnage interprété par Yuen biao qui va apprendre tout ce que son père lui avait précisément empêché d’apprendre. Les arts martiaux, oui, mais aussi la patience, l’écoute, la discipline, l’humilité ou encore le contrôle de soi. Il y a ensuite la mise en scène qui, comme souvent avec Sammo Hung, est de bien belle tenue. Visuellement, Prodigal Son est beau grâce au travail remarquable de Ricky Lau, déjà réalisateur de Crazy Couple (1979) et Two Toothless Tigers (1980) et qui se révèlera avec son culte Mr Vampire (1985). Certaines scènes vont marquer les esprits, comme cette séance de calligraphie un peu spéciale, ce massacre de nuit semblant presque sortir d’un film d’horreur, ou encore ces représentations d’opéra, irritantes pour les oreilles, mais un régal pour les yeux.

Il y a le casting et les personnages, absolument géniaux. Yuen Biao n’a clairement pas eu la carrière qu’il méritait et son rôle ici le prouve immédiatement. Il arrive à parfaitement retranscrire la vulnérabilité de son personnage lorsque son monde s’écroule. Son personnage est celui qui a l’évolution la plus intéressante et Biao s’investit à fond, jusque dans la façon dont son corps s’exprime, d’abord presque enfantin dans le premier acte parce qu’il n’a jamais réellement rencontré le danger, puis beaucoup plus mature et concentré lorsqu’il doit se prouver quelque chose. Bien qu’au final peu présent, Frankie Chan, encore débutant (c’est son 2ème rôle), est charismatique à souhait dans un rôle bien plus subtil qu’il n’y parait, sorte de miroir sombre de celui de Yuen Biao puisque lui aussi est « protégé » par ses deux gardes du corps, mais il ne se bat que pour flatter son égo. Sammo Hung est là pour jouer en apparence le clown de service, mais là aussi son rôle est plus subtil qu’il n’y parait. Il n’est pas là que pour l’humour car derrière les blagues se cache autre chose. Yuen Biao est rapide et léger dans ses mouvements. Sammo va utiliser son poids pour que l’impact soit plus puissant. Ce duo est complété par le personnage de Lam Ching-Ying, le cœur émotionnel du film, un personnage moral qui représente de son côté la précision et le contrôle. Chacun avec ses forces permet de donner beaucoup de variété aux affrontements. Et puis il y a donc ces affrontements dans lesquels le wing chun va être au centre de tout. La puissance des séquences de combats est indéniable et même des plans qui semblent être simples à première vue atteignent une toute autre dimension grâce à la maitrise des arts martiaux des acteurs, mais aussi grâce à la maestria avec laquelle Sammo Hung les filme en train de se battre. On regrettera que certains affrontements, à l’instar de celui avec Lam Ching-Ying et Frankie Chan, ne soient pas plus longs, mais quelle virtuosité ! Magnifiquement chorégraphiées, intenses, rapides, parfois brutale, Sammo Hung choisit parfaitement ses angles de caméra pour mettre en valeur l’action. Il a d’ailleurs remporté le Hong Kong Films Awards de la meilleure mise en scène de l’action pour ce film. Tout y est ici parfaitement orchestré, du coup de poing tout simple aux enchainements complexes filmés souvent sans coupe et démontrant le talent martial du casting. De là à dire que ces scènes d’action sont parmi les meilleures jamais filmées à l’écran, il n’y a qu’un pas qu’on pourrait facilement franchir.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Des combats très techniques et lisibles ♥ Une mise en scène aux petits oignons ♥ Des personnages attachants ♥ Un scénario plus intéressant qu’il n’y parait ♥ Le mélange des genres qui fonctionne |
⊗ … |
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| The Prodigal Son, c’est Sammo Hung à son meilleur. Casting parfait, scènes martiales fabuleuses, mise en scène irréprochable, c’est clairement une pépite de la kung fu comedy et tout simplement un classique du cinéma de Hong Kong. | |

Titre : The Prodigal Son / Prodigal Son / 敗家仔
Année : 1981
Durée : 1h40
Origine : Hong Kong
Genre : Sammo à son meilleur
Réalisateur : Sammo Hung
Scénario : Sammo Hung, Barry Wong
Acteurs : Yuen Biao, Frankie Chan, Lam Ching-Ying, Sammo Hung, Peter Chan Lung, Chung Fat, Dick Wei, Wai Pak, Chin Yuet-Sang, Lee Hoi-Sang, Wu Ma, James Tien





















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