En route vers une compétition prestigieuse à Budapest, une troupe de danseuses dysfonctionnelle est contrainte de se réfugier dans une auberge isolée lorsque leur bus tombe en panne. Elles vont devoir utiliser leur entraînement pour se défendre lorsqu’une bande d’hommes armés les prend pour cible.
Avis de Cherycok :
Un film d’action où cinq danseuses en tutu fracassent des bouches façon John Wick dans une auberge au fin fond de la campagne Hongroise, voilà un pitch qui, sur le papier, annonce un bon gros délire, avec en plus Uma Thurman qu’on prend toujours plaisir à retrouver. Alors forcément, en tant qu’amateur de délires plus ou moins improbables, ça m’intéresse, et ce même si le titre français est parmi les plus ridicules qu’on a pu voir ces dernières années. Oui, Pirouette Fatale, alors que le titre original est Pretty Fatal. Qui fait les traductions ? Bref. Donc sur le papier, le délire était là. Dans la réalité, le délire est toujours là, mais Pirouette Fatale (bordel ce titre de merde) peine sincèrement à convaincre, non pas que le film soit mauvais, mais on est sur un film de plateforme de SVOD au final assez lambda, qu’on oubliera aussi vite qu’on l’a vu. Et il était court ! Oui, voir des jeunes filles en tutu plein de sang découper du sbire à tout va, c’est fun, mais à côté, il n’y a pas grand-chose de réellement passionnant.

Le projet a vu le jour en 2023 sous le titre Ballerina Overdrive avec au casting des noms tels que Lena Headey, Yara Shahidi ou encore Isabela Merced. La production prend du retard, et on nous annonce un changement quasiment complet de casting l’année suivante. Sur un scénario de Kate Freund, ancienne danseuse de ballet s’étant inspirée de son expérience personnelle pour insuffler au scénario des détails authentiques, c’est Vicky Jewson (Close, Born of War) qui se retrouve à la barre du projet et le tournage en Hongrie se passe sans accroc. Malheureusement, le film reste dans les tiroirs un an durant, pour une sortie finalement annoncée directement en SVOD sur Prime Video pour 2026, à croire que l’idée de départ improbable de danseuses de ballets en tutu dégommant du mafieux hongrois, ça a fait peur à tout le monde. Pourtant, tout a été fait avec grand sérieux. Les actrices ont passé un mois à s’entrainer avant le début de la production en travaillant à la fois avec des chorégraphes de ballets et des doublures cascades, Uma Thurman a également suivi une formation chorégraphique de trois mois juste pour le climax de son personnage, et la réalisatrice elle-même a intégré le Royal Ballet Company à Londres pour filmer les répétitions afin de pouvoir trouver quels types de mouvements pourraient servir dans des combats. Cette recherche a d’ailleurs inspiré le style de combat du film, appelé « ballet-fu » qui combine donc le ballet et le kung fu avec comme directive que chaque mouvement de combat doit provenir d’un pas de danse. Le résultat est tout aussi improbable que ça en a l’air, à la fois souvent ridicule et hautement divertissant avec un film qui assume pleinement le délire. Oui, on a bien cinq jeunes demoiselles en tutu blanc (qui va rapidement virer au rouge) qui vont péter des mâchoires, couper des gorges, transpercer des corps, se prendre aussi quelles bonnes patates de forains, mais avec la grâce et l’élégance qu’on peut attendre de danseuses de ballet professionnelles. Pointe, pirouette (pour reprendre le mot du titre), mawashi geri, giclée de sang, arabesque, pas de biche, double cabriole derrière, direct dans l’estomac, … Vous voyez le genre ? Et c’est justement parce que ça a un côté un peu ridicule que ça en devient réellement fun, d’autant plus que le film assume à 100% son délire et qu’il n’hésite pas à injecter pas mal d’humour (pas toujours réussi) jusque dans certains effets gores volontairement méchants (ciseau planté sous le menton, corps tailladés au cutter, …).

Les scènes d’action sont clairement ce qui tire le film vers le haut et, même si les chorégraphies ne sont au final pas les plus recherchées qu’on ait vu, la violence et la générosité de ces scènes font qu’on les regarde avec un petit sourire presque coupable. L’alchimie entre les actrices est un autre point réellement positif du film et permet de rendre leurs interactions agréables malgré des dialogues parfois sincèrement ratés, et dans l’ensemble, le jeu d’acteur des cinq demoiselles est plutôt honnête, chacune se donnant clairement à fond dans ce rôle musclé. Ce qui est plus problématique, ce sont leurs personnages qui sont aussi profonds qu’un pédiluve. Les cinq héroïnes sont au final essentiellement réduites à des archétypes. On a la fille riche et arrogante, la jeune fille sourde et sa sœur protectrice, la croyante, la rebelle, et c’est à peu près tout ce qui les définit, sans que jamais le scénario n’essaie d’approfondir un minimum leur psychologie. Et on pourrait généraliser cela à tous les personnages du film, nombreux, qui apparaissent quasiment sans histoire, avec des motivations sincèrement floues. Le pire étant Uma Thurman, complètement sous-exploité. Son personnage au passé trouble aurait pu être intéressant, encore aurait-il fallu qu’il y ait une réelle envie de lui amener un peu de consistance, mais c’est à croire que ce n’était pas la principale préoccupation du scénario. A aucun moment elle n’a l’occasion de devenir la grande méchant qu’on aurait pu espérer. Ce scénario n’offre à personne grand-chose à exploiter, il tient au final sur un post-it, et à aucun moment on ne ressent une réelle empathie envers nos cinq héroïnes, même lorsqu’elles sont sujettes à un quelconque passage à tabac. Et du coup, même si les scènes d’action sont, de manière générale, efficaces, difficile de s’y impliquer réellement étant donné que le film n’a rien fait pour qu’on se soit attaché émotionnellement à ses personnages. Les quelques meurtres créatifs et les quelques moments amusants n’arrivent pas à faire sortir le film de la masse, et ce malgré l’idée originale et farfelue de départ. C’est le genre de film qu’on a vraiment envie d’aimer, mais qui ne fait pas les choses correctement pour que cela soit le cas. Le résultat est moyen et malheureusement très vite oubliable…

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Plutôt bien rythmé ♥ Des scènes d’action funs ♥ L’idée de départ ♥ Le gore rigolo |
⊗ Uma Thurman sous-exploitée ⊗ Des personnages creux ⊗ Un délire pas assumé à 100% ⊗ Des dialogues peu convaincants |
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| Malgré une idée de départ farfelue mais fun et des scènes d’action qui le sont tout autant, Pirouette Fatale n’est finalement pas le délire totalement assumé de ballerines devenant des machines à tuer. Il en résulte une série B moyenne qui ne marquera pas les esprits. | |

Titre : Pirouette Fatale / Pretty Lethal
Année : 2026
Durée : 1h28
Origine : U.S.A / Angleterre
Genre : Tutus tueurs
Réalisateur : Vicky Jewson
Scénario : Kate Freund
Acteurs : Maddie Ziegler, Lana Condor, Lydia Leonard, Avantika, Millicent Simmonds, Iris Apatow, Uma Thurman, Tamas Hagyo, Julian Krenn, Miklos Beres, Peter Vegh























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