Un détective de New York déshonoré a une chance de se racheter. Partant à la recherche d’un tueur de policiers, il découvre une conspiration à grande échelle liant ses amis flics à un empire criminel. Durant cette chasse à l’homme et pour la première fois de son histoire, le quartier de Manhattan est complètement fermé, y compris ses 21 ponts.
Avis de Cherycok :
Chadwick Boseman a surtout été découvert par le grand public avec son rôle de Black Panther dans le film éponyme de chez Marvel / Disney. Mais je ne suis pas venu aujourd’hui vous parler de ce film que tout le monde connait mais d’un de ses films plus confidentiels, son dernier sorti au cinéma avant sa mort prématurée des suites d’une maladie le 28 août 2020 à l’âge de 43 ans. Ce film, c’est Manhattan Lockdown, 21 Bridges dans la langue de Shakespeare, premier long métrage de Brian Kirk, réalisateur venu de la télévision (Games of Thrones, Luther, …), un polar qui va préférer l’efficacité à l’originalité, porté par son acteur principal qu’on sent déjà très fatigué par la maladie. Avec ses 33 millions de budget (sans compter la promotion), il n’en rapporte que 50 dans le monde entier, la sortie simultanée de La Reine des Neige 2 n’ayant clairement pas dû aider, et pourtant Manhattan Lockdown est une petite série B des plus sympathiques, propre sur elle, efficace, mais effectivement plombée par un scénario téléguidé qui l’empêche d’être réellement mémorable à défaut de faire les choses correctement.

L’idée de départ est intéressante, avec cette fusillade à Manhattan au cours de laquelle plusieurs policiers sont assassinés et cet enquêteur qui décide de fermer les 21 ponts qui relient Manhattan au reste de New-York afin que les assassins ne puissent pas s’enfuir. Cette idée promettait un huis-clos à ciel ouvert, avec une atmosphère nocturne et oppressante à base de courses poursuites dans des ruelles sombres et autres gunfights bien sentis où chaque camp se cache derrière des voitures garées dans les rues. Oui, je suis sûr que vous voyez de quoi je parle. Alors, oui, il y a tout ça dans Manhattan Lockdown. Le rythme du film est soutenu, sa courte durée (1h39 génériques compris) et le fait que l’action se déroule presque en temps réel permettent aux péripéties de s’enchainer sans quasi temps mort. Les courses poursuites et les fusillades sont bien mises en scène. Certes, Brian Kirk est très scolaire dans sa réalisation, préférant l’efficacité à la démonstration, et il n’y a jamais de fulgurances ou de tentatives de créer quelque chose d’un minimum original, mais l’ensemble est propre et visuellement, en particulier grâce au travail de photographie de Paul Cameron qui arrive à donner à ce faux New-York (le film est tourné à Philadelphie) des allures so 80/90’s avec ces ruelles nocturnes baignées de néons. Cela donne au film une certaine identité visuelle qui se tient, même si les puristes pourront toujours pester que Philadelphie ne ressemble clairement pas à New-York. Mais au final qu’importe, les scènes d’action sont assez nerveuses, parfois assez violentes, et même si là non plus il n’y a jamais de fulgurances, Brian Kirk fait preuve d’un réel savoir-faire dans la manière de gérer l’action et la tension qui en découle. D’autant plus que le montage général ne laisse jamais trop retomber la pression, avec en plus un Chadwick Boseman vraiment très crédible dans ce rôle de policier intègre hanté par la mort de son père.

Chadwick Boseman habite clairement son personnage et même si ce dernier est très basique sur le papier, Boseman lui amène ce petit plus qui le sort un peu de la masse. Il arrive à rendre crédible des dialogues qui auraient pu sonner bien creux dans une autre bouche et même dans la scène de fin, alors que l’acteur semble clairement très affaibli à cause de sa maladie, il amène vraiment quelque chose à ce personnage au final assez peu développé. J. K Simmons, Sienna Miller et Stephan James amènent également quelque chose à leurs personnages, comme si chacun savait qu’avec un scénario vu et revu et avec une narration prévisible, il fallait qu’ils fassent quelque chose de leurs personnages. Car oui, c’est le très gros problème de Manhattan Lockdown, son scénario et la façon dont il est construit. C’est simple, tout est très cliché, on a déjà tellement vu ça de fois que les rebondissements tombent à plat tellement on les a vu venir de loin et on sait presque au moment où on les découvre que tel et tel personnage vont retourner leur veste à un moment ou un autre. L’intrigue policière ne fait preuve d’aucune subtilité et le scénario abat ses cartes trop rapidement. Lorsqu’il s’attaque à la thématique de la violence policière ou de la défiance envers les forces de l’ordre, on a l’impression que ça ne veut jamais prendre position ni réellement aller au fond des choses, comme si le film avait peur de dire les choses. Au final, on se retrouve avec une série B certes efficace, mais qui ne réinvente rien, qui ne prend aucun risque narratif, alors qu’avec son concept de bout de ville complètement isolé, il y avait réellement moyen de faire quelque chose de plus percutant avec derrière une réelle réflexion intéressante sur les thématiques abordées si le film avait eu les corones d’y aller à fond là-dedans. On ne peut pas s’empêcher d’y voir un certain gâchis et c’est sincèrement dommage.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Une mise en scène carrée… ♥ Un quatuor de tête efficace ♥ Bien rythmé ♥ Visuellement joli |
⊗ … mais qui manque de folie ⊗ Des personnages secondaires creux ⊗ Le scénario, vu, revu et re-revu |
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| Manhattan Lockdown est un divertissement solide et efficace mais qui se retrouve plombé par un scénario trop conventionnel, prévisible du début à la fin. C’est malgré tout un polar honnête mais qu’il faut regarder sans avoir de grandes attentes. | |

LE SAVIEZ-VOUS ?
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Le titre original « 21 Bridges » fait référence aux 21 liaisons à destination et en provenance de l’île de Manhattan. En effet, 21 « ponts » existent, mais seulement 17 des connexions sont réellement des ponts : les quatre autres connexions sont des tunnels.
Titre : Manhattan Lockdown / 21 Bridges
Année : 2019
Durée : 1h39
Origine : U.S.A
Genre : Polar / Action
Réalisateur : Brian Kirk
Scénario : Adam Mervis, Matthew Michael Carnahan
Acteurs : Chadwick Boseman, Sienna Miller, J. K. Simmons, Stephan James, Taylor Kitsch, Keith David, Alexander Siddig, Louis Cancelmi, Victoria Cartagena, Gary Carr


















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