[Film] Crime Hunter 2 – Bullets of Betrayal, de Okawa Toshimichi (1989)

Le détective Joker, originaire du quartier de Little Tokyo à Los Angeles, aux États-Unis, est dépêché sur les lieux après avoir reçu des appels 211 provenant du poste de police.


Avis de Rick :
En 1989 sortait Crime Hunter, qui allait révolutionner à son échelle toute l’industrie cinématographique Japonaise. 59 minutes au compteur, le marché de la vidéo et donc de la location en ligne de mire, une histoire simple où le gras a été viré pour ne garder que l’action et des personnages bad-ass, et le succès fut au rendez-vous. En réalité, difficile de juger sans avoir vécu le phénomène, sur place, mais le succès a dû être tel que Crime Hunter 2, sous-titré Bullets of Betrayal (après le Bullets of Rage du premier), toujours réalisé par Okawa Toshimichi, débarque au Japon en Octobre de la même année, 1989. Alors que le premier était sorti en Mars. Au programme ? Exactement le même programme que le premier film, avec notre flic hard-boiled, Joker, qui travaille à Little Tokyo, quartier de Los Angeles. Dans l’ensemble, les amateurs seront clairement en terrain connu. Et les déçus du premier film peuvent passer leur chemin. On y retrouve en effet cette même ambiance nocturne tout en néon et en musique jazzy, son histoire simple, ses flics infiltrés, Joker et son gros flingue, une femme fatale, des morts par dizaines, des moments over the top, et on retrouvera même un collègue tué en cours de route. La nouveauté ? Hmmm, attendez, je cherche. On aura un bazooka au lieu d’un lance-grenade, des acteurs parlant souvent Anglais (et Eric Douglas au casting, aperçu dans The Golden Child), et un film qui gagne 10 minutes au compteur pour atteindre 1h09. Car vraiment, pour le reste, le programme est identique, et souvent jouissif à son niveau. Dès l’ouverture en plus, on pense à Robocop, ou du moins à sa suite, Robocop 2. Les rues sont mal famées, les néons sont là, la brume, et après un bien joli tir tête, notre super flic débarque, se fait canarder, avant qu’il ne réplique.

Ça donne le ton, d’entrée de jeu, peut-être même encore un poil plus rapidement que le premier film. Ceci dit, avec ses 10 minutes en plus, forcément, Crime Hunter 2 parle un poil plus, avec son flic infiltré qui doute, joue sur les deux tableaux (Eric Douglas donc, plutôt convaincant d’ailleurs), une femme fatale qui essaye de le sortir de là et qui va se mettre le bad guy de l’intrigue à dos. Fait amusant d’ailleurs, des acteurs du premier film reviennent, pas toujours dans les mêmes rôles. Mais cela devait au final être le dernier des soucis du réalisateur, qui a dû bosser sévère pour livrer cette suite à temps, aussi rapidement, sans doute pour surfer sur le succès du premier. Et honnêtement, même si un poil plus bavard, il s’en sort avec les honneurs, tant on retrouve ce qui faisait le sel du premier film. Joker, le héros, tire avant de parler, Hayama Reiko (aperçue à Hong Kong dans The Wicked City de Peter Mak) est charismatique au possible et superbement mise en avant, l’ambiance so 80 fonctionne à plein tube, et les fusillades et autres explosions sont toujours aussi nombreuses. En plus du petit bavardage en plus, en réalité, la seule seconde ombre au tableau, c’est forcément la disparition de l’effet de surprise, le film fonctionnant sur les mêmes ressorts narratifs que le premier film, s’amusant juste parfois à en inverser quelques-uns, comme ce collègue abattu, qui n’arrive plus en début de film mais mi-parcours. L’amateur aura bien du mal à bouder devant le spectacle explosif proposé malgré tout, tant tout s’enchaîne rapidement, et que les scènes d’action, sans être les plus géniales du monde, surprennent parfois avec quelques idées ci et là qui dynamitent un peu le concept même de polar burné, notamment cette course poursuite finale en voiture, assez cool, et le duel final, qui en aura dans le fond sans doute inspiré quelques-uns par la suite, comme un certain Miike.

Petite pépite donc toujours inédite hors du Japon, Crime Hunter 2 est l’exemple même de la suite qui reprend l’exacte formule de son ainée en tentant de la pousser un peu plus loin, mais finalement, qui n’a pas pour lui la surprise qu’était l’opus original, et ce même si le réalisateur semble par moment plus à l’aise pour filmer l’action par exemple. Cela fait penser par exemple au cas des deux Black Princess, eux aussi, du V-Cinema produit rapidement, avec un second opus mieux emballé encore, mais qui perdait l’effet de surprise, et en un poil plus bavard également. La malédiction des suites produites rapidement quand le succès surprise survient frapperait-il aussi les minuscules productions ? C’est fort probable, tant qu’il y a de l’argent à se faire après tout. Crime Hunter 2 prend en plus un risque énorme, en présentant la moitié du film au moins en Anglais, l’histoire se déroulant donc à Los Angeles. Et si j’ai été surpris par certains acteurs qui s’en sortent bien, d’autres évidemment avancent à l’aveuglette (phonétiquement donc) dans une langue qu’ils ne comprennent pas, et cela s’en ressent. L’amateur de V-Cinema pourra en rire sans vraiment y prêter attention finalement, et c’est ça qui est beau. C’est que deux fois de suite, le réalisateur touche au but, sans doute car il connait le public, il sait ce qu’il fait avec sa caméra, et décide encore une fois de tout faire péter.

LE MEILLEUR LE PIRE
♥ Toujours aussi explosif
♥ Quelques bonnes idées dans l’action
♥ Le même style que le premier film
♥ 1h09 et on en parle plus
♥ De l’action violente et fréquente
⊗ Cela reste un minuscule budget
⊗ L’effet de surprise n’est plus là
note2
Crime Hunter 2, c’est le même programme que le premier film. Beaucoup de flingues, beaucoup d’action, des flics, des méchants, des explosions, et c’est tout.


Titre : Crime Hunter 2 – Bullets of Betrayal / クライムハンター2 裏切りの銃弾
Année : 1989
Durée :
1h09
Origine :
Japon
Genre :
Policier
Réalisation :
Okawa Toshimichi
Scénario :
Okawa Toshimichi et Kashiwabara Hiroshi
Avec :
Matano Seiji, Sera Masanori, Hayama Reiko, Eric Douglas et Hunt Koishi


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Auteur : Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de David Lynch, John Carpenter, David Cronenberg, Tsukamoto Shinya, Sono Sion, Lucio Fulci, Nicolas Winding Refn, Denis Villeneuve, Shiraishi Kôji et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.
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