Un groupe de lycéens marginalisés trouve un ancien sifflet aztèque maudit. Quand ils jouent, son son terrifiant déclenche une série d’événements surnaturels qui les mettent face à leur destin.
Avis de Cherycok :
Malgré un premier film, Le Sanctuaire (2015) passé relativement inaperçu, le réalisateur Corin Hardy a vu sa popularité exploser grâce à son deuxième film, La Nonne, qui a fait péter le box-office en 2018 puisqu’avec un budget de 22M$, le film en a rapporté pas moins de 366, et ce malgré des critiques pas toujours tendres considérant parfois qu’il est le plus mauvais film de l’univers The Conjuring. Après ça, Corin Hardy se réfugie à la télévision où il signe 8 épisodes de la série Gangs of London entre 2020 et 2022, puis se voit rattaché à divers projets qui ne se concrétiseront pas, comme une adaptation du comic Torso ou un film nommé Lure. Mais pendant ce temps, Corin Hardy prépare son prochain film, Whistle, rebaptisé Le Sifflet chez nous, qu’il tourne fin 2023 / début 2024 mais qui ne trouve pas de distributeur avant qu’en 2025, Shudder et Independant Film Company ne décident de se l’approprier pour une sortie en salles début 2026. Chez nous, c’est Metropolitan qui s’occupe de la sortie cinéma dans un premier temps, puis de la sortie en format physique quelques mois plus tard pour un film qui, à défaut de proposer quelque chose de nouveau, fait ce qu’il a à faire de façon honnête.

Avec Le Sifflet, nous sommes clairement dans une resucée de Destination Finale. D’ailleurs, Destination Finale 3 fait partie des films cités par le réalisateur et/ou le scénariste comme source d’inspiration, aux côtés de films tels que Génération Perdue (1987), Freddy (1984), Donnie Darko (2001) ou encore The Blob (1988). On s’en aperçoit d’ailleurs dès la scène d’introduction qui nous tease un peu la chose comme si on voulait nous faire comprendre que, il ne faut pas s’inquiéter, « on connait nos classiques ». Plusieurs personnages portent d’ailleurs des noms rendant hommage à d’éminents cinéastes d’horreur. Par exemple, le personnage de Nick Frost (Shaun of the Dead) s’appelle Mr Craven, en hommage à Wes Craven. Celui d’Alissa Skovbye porte le même nom de famille que le réalisateur William Friedkin. Les références sont bien là. Mais le gros problème de Le Sifflet, c’est qu’il n’est jamais original, avec une accumulation de clichés vu dans des centaines de films d’horreur, du groupe de jeunes stéréotypés (le black sportif, la blonde un peu con-con, le pote asiatique, l’héroïne mystérieuse, …) à l’ancien artefact d’une civilisation lointaine qui refait surface, en passant par le passé trouble de l’héroïne. On a parfois l’impression que le film est un gloubi-boulga de ce qui plait ou a fonctionné, avec tous ce qu’on doit aujourd’hui trouver dans un film. LGBT friendly, diversité friendly, on va piocher dans un folklore ancien, on va chercher ce qui a déjà fait ses preuves et on emboite tout ça afin de faire un produit qui a toutes ses chances sur le papier, mais dont le résultat du coup manque cruellement d’originalité tant tout semble avoir été déjà vu. La très bonne idée du film, c’est le fait que ce soit notre propre mort qui nous traque, mais ce n’est pas correctement exploité et là aussi, on reprend le même schéma que Destination Finale avec un personnage qui va arriver et qui va pouvoir tout leur expliquer, un peu à l’instar de celui joué par Tony Todd dans la saga Destination Finale. La solution pour nous jeunes personnages pour s’en sortir ? Tromper la mort, comme dans quelle saga ? Destination Finale bien entendu.

La mise en scène du film est propre, avec un réalisateur qui, le temps de quelques scènes, arrive à mettre en images une jolie ambiance. La photographie est soignée, les bruitages et la bande son (composée en partie de vieux morceaux rock), font clairement le boulot. Certaines mises à mort sont des plus rigolotes avec un film qui aime bien maltraiter ses victimes. Mais pourquoi ne pas avoir osé le practical du début à la fin avec des effets gores qui tâchent ? Alors, oui, il y en a, et quand il y en a, c’est vraiment réjouissant pour l’amateur de sanquette, mais les CGI, même quand ils sont bien faits, n’ont pas le même rendu palpable à l’écran. Le scénario se fait prévisible mais n’ennuie jamais, avec des morts qui arrivent de manière régulière histoire de tenir en haleine le spectateur friand de ce genre de divertissement, et l’ensemble est porté par une brochette d’acteurs qui sincèrement font un bon boulot malgré leurs personnages stéréotypés. Mais on a quand même l’impression que Le Sifflet s’adresse à un jeune public qui n’a pas encore trop vadrouillé dans le cinéma horrifique. Ce jeune public adolescent saura sans doute apprécier le divertissement à sa juste valeur, mais le vieux baroudeur qui déjà à l’époque des vidéoclubs écumait le rayon horrifique à chaque visite, il y a peu de chance qu’il soit réellement emballé par Le Sifflet, même si on ne passe clairement pas un mauvais moment. On regrettera également que le scénario laisse quelques questions en suspens, avec des réponses qui auraient pu amener un peu de consistance au récit. A moins que j’ai piqué un petit somme, ce qui n’est pas exclu étant donné que j’ai visionné le film après le repas, comment ce sifflet est arrivé là ? Pourquoi il réapparait dans ce lycée en particulier ? Je me serais même contenté d’une excuse bidon du genre « le lycée a été construit sur un ancien cimetière exotique ». Mais bon, si on prend Le Sifflet dans son ensemble, il fait les choses correctement et se fait même soigné. C’est juste qu’il semble plus destiné à un public de 14/20 ans qu’à un quadragénaire qui baroude dans le cinéma horrifique depuis plus de 30 ans…

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Visuellement réussi ♥ Un casting qui tient la route ♥ Bien rythmé ♥ La bande son |
⊗ Sentiment de déjà vu ⊗ Au final assez sage ⊗ Des jumpscares ratés |
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| Le Sifflet est une bobine horrifique des plus honnêtes, bien emballée, bien interprétée, avec même quelques effets gores rigolos. Mais le film semble quand même réservé à un public de néophytes du cinéma d’horreur. | |

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LE SIFFLET est sorti le 17 juillet 2026 chez Metropolitan en blu-ray (24.99€) et DVD (19.99€). Il est disponible à l’achat ici : Fnac.com 16:9 format d’origine respecté 1.85/1 – Anglais / Français DTS-HD Master Audio 5.1 – Audiodescription disponible – Sous-titres français / français pour malentendants En plus du film, on y trouve : Making-of (30min) |
Titre : Le Sifflet / Whistle
Année : 2025
Durée : 1g40
Origine : Canada / Irlande
Genre : Destination finale
Réalisateur : Corin Hardy
Scénario : Owen Egerton
Acteurs : Dafne Keen, Sophie Nélisse, Sky Yang, Jhaleil Swaby, Ali Skovbye, Percy Hynes White, Mika Amonsen, Michelle Fairley, Stephen Kalyn, Nick Frost, Conrad Coates





















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