[Film] Worldbreaker, de Brad Anderson (2025)

Dans un futur proche où des créatures sont apparues sur Terre et constituent une menace pour l’humanité tout entière, un père et sa fille se cachent sur une île et se préparent à ce que le monde s’écroule.


Avis de Cherycok :
Worldbreaker, avec Milla Jovovich, on aurait pu croire avec ce titre à un énième blockbuster générique de Paul W.S. Anderson mettant en scène sa femme Milla. Le film est réalisé par un Anderson, certes, mais aucun rapport avec Paul W.S., pas même un lien de parenté puisqu’il s’agit de Brad Anderson, réalisateur de Session 9, The Machinist, Opération Beyrouth ou encore La Fracture. On peut donc partir sur ce film avec moins d’aprioris puisqu’il ne s’agit pas du générateur de bouses intergalactiques et de sa femme au jeu des plus discutables. Déjà, première bonne nouvelle, Milla Jovovich n’a ici qu’un petit rôle, youhou, alors qu’elle est affichée en gros sur l’affiche du film et que des sites comme IMDB la mettent en premier dans le casting. Malheureusement, ça ne suffit pas à en faire un bon film et, sans atteindre les tréfonds intergalactiques des dernières bousasses de la demoiselle comme In the Lost Lands ou Monster Hunter, Worldbreaker est quand même très moyen, pour ne pas dire médiocre.

Worldbreaker fait illusion pendant quelques minutes. Visuellement, c’est plutôt intéressant, avec une ambiance sombre, lourde, qui arrive même facilement à se faire oppressante. Les paysages d’Irlande du Nord sont sublimés, le brouillard quasi constant et les côtes rocheuses renforcement l’isolement du père et de sa fille sur cette île inhabitée. On sent qu’il y a une réelle ambition, mais cette ambition est rapidement rattrapée par la réalité, par le fait que le budget semble bien en deçà de ce qu’il aurait dû être pour arriver à combler ces ambitions. Tout est constamment sombre. On comprend que c’est là pour alourdir l’ambiance pesante que met en place le réalisateur, mais à plusieurs reprises, on a parfois du mal à distinguer réellement ce qu’il se passe. Même lors des scènes de jours, il y a ce filtre fadasse coupant la luminosité alors que certains panoramas auraient pu avoir sacrément de la gueule. Lors des scènes de nuit, on a vraiment l’impression qu’on essaie de cacher un peu la misère, et ce filtre fade lors des scènes de jour nous fait penser qu’ils n’avaient aucune idée de comment donner ce côté sombre et désespéré au film, et qu’ils s’étaient dit que de tout rendre sombre et fade donnerait vraiment cette impression de fin du monde. Ce qui renforce encore plus ce côté « on a plein d’idées mais on n’a pas l’argent pour les mettre en scène, ce sont ces moments où l’action est hors champ, ou que le film passe simplement à la scène suivante avant de nous montrer un monstre où une scène d’action un peu énervée. Quant au scénario, il est un peu trop simple et prévisible, un scénario dans lequel les personnages ont des décisions et des réactions parfois irréalistes, avec en plus des scènes qui se trainent en longueur. Il n’y a guère que lors de l’introduction et durant les 10/15 minutes que le scénario se bouge un peu, non pas que des scènes intimistes entre un père et sa fille qui survivent ne peuvent pas être intéressantes, mais ce qu’en fait le réalisateur n’est pas toujours très intéressant et beaucoup trop long pour ce que cela raconte. Les arcs narratifs ne sont pas réellement captivants et on a parfois l’impression à du remplissage plutôt que de scènes qui permettent d’une façon ou d’une autre de faire avancer l’histoire et, du coup, on n’est que rarement captivé par le spectacle proposé.

Il y a du potentiel dans les personnages, mais ils sont rarement exploités en profondeur, ce qui empêche le spectateur de nouer un quelconque lien émotionnel avec eux. Cela a pour effet de faire régulièrement retomber la tension car, finalement, on se fiche un peu de leur sort. C’est dommage car Luke Evans et Billie Boullet sont réellement à fond dans le rôle et plutôt bons, et même Milla Jovovich, quasi absente tout le long du film, est moins pire qu’à l’accoutumée, mais les nombreux dialogues souvent un peu trop explicatifs pour pas grand-chose n’arrivent pas à leur donner beaucoup de consistance. Worldbreaker ne va jamais au fond des choses. On nous présente des « breakers », des monstres cachés au cœur du monde, qui envahissent et détruisent tout, transformant les gens en hybrides, des sortes de zombies mutants. Le concept est intéressant mais là aussi, c’est mal exécuté, pas forcément bien amené, on ne les voit au final que peu, et jamais le pourquoi du comment n’est réellement creusé. Lorsqu’enfin le film pourrait devenir intéressant, le générique de fin commence… En fait, Worldbreaker repose sur un concept intéressant et laisse entrevoir une histoire plus vaste et plus captivante, mais il ne parvient jamais à donner vie à ces idées de manière à retenir l’attention. Tout semble être sous-développé, comme si la plupart des choses qui composent le scénario avaient été esquissés plutôt que réellement écrits dans leur intégralité. Il y a par exemple ce concept de « déchirure de la réalité » sur lequel le film aurait pu s’appuyer, en vain, ou alors tout le côté survie sur l’île, bien trop classique pour convaincre, mais on termine le visionnage avec beaucoup trop de questions sans réponse. Un comble pour un film prévisible du début à la fin. C’est comme si une deuxième partie était prévue, mais peu de chance qu’elle arrive si c’est le cas. Ajoutez à cela des CGI très limites et vous obtiendrez un film très moyen, qui ne révolutionne rien, et qui ne doit son salut qu’à une ambiance et un visuel qui nous font comprendre que, malgré tout, il y a un réalisateur derrière qui aurait peut-être pu faire quelque chose s’il avait eu les moyens de ses ambitions.

LES PLUS LES MOINS
♥ Des paysages bien mis en valeur
♥ Un casting plutôt bon
♥ Le look des monstres
⊗ Manque cruellement d’émotion
⊗ Un très gros ventre mou
⊗ Un manque évident de budget
⊗ Des bonnes idées toujours sabordées

Worldbreaker a beaucoup trop de tares pour convaincre. Entre son manque d’originalité, les nombreux clichés, l’absence de développement des personnages et du scénario, difficile de ressentir une quelconque émotion devant le spectacle proposé.



Titre : Worldbreaker
Année : 2025
Durée : 1h35
Origine : U.S.A
Genre : Fin du monde et vilaines bébêtes
Disponibilité : DVD / Blu-ray / VOD
Réalisateur : Brad Anderson
Scénario : Joshua Rollins

Acteurs : Luke Evans, Billie Boullet, Milla Jovovich, Steven Calvert, Meadow Williams, Mila Harris, Charis Agbonlahor, Chris Finlayson, Kevin Glynn, Brian Devlin




















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Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
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