Des amis d’enfance se retrouvent dans le sinistre et effrayant domaine de leur célèbre amie pour pleurer sa disparition. Ils découvrent de quoi sont faits les pires cauchemars lorsque des marionnettes grotesques et de sinistres créatures les forcent à lutter pour leur survie.
Avis de John Roch :
Au départ, The Fuzzies est un court métrage de huit minutes au concept simple : un acteur (un certain Dustin Vaught, également producteur et scénariste de la chose), un décor unique (une salle de bain) et une présence maléfique qui rode. La petite originalité, elle se trouve dans les effets spéciaux. Pas de monstre en latex ou de CGI, mais un mélange de marionnettes, de laine, de feutrine et de stop motion. Assez bien reçu et conscient que le concept de son court pourrait être étendu sur une durée plus conséquente, Josh Funk remet le couvert pour son premier long métrage réalisé, produit et écrit par ses soins, tout en s’occupant également des effets spéciaux, toujours accompagné de Dustin Vaught qui reprend son rôle en tant qu’acteur, producteur et scénariste. Le court n’avait pas de scénario à proprement parler, il a donc fallu construire toute une histoire autour. L’ADN du court, à savoir ses effets spéciaux pas commun, est donc intégré à une époque pas très bien définie (fin des années 70, début des années 80) ou les enfants regardaient des shows télévisés avec des marionnettes qui devenaient de vraies mascottes.

La plus célèbre des émissions s’arrête brutalement suite au décès de sa créatrice et présentatrice, laissant ainsi toute une génération d’enfant en deuil. Sa fortune est léguée à des œuvres caritatives, mais elle laisse un héritage à ses deux amis d’enfance : sa maison ou elle travaillait sur son show et où a été conservé tous les accessoires et marionnettes, ce qui peut valoir un bon paquet de Dollars. La seule condition : trouver Sunny, la marionnette star de l’émission prétendument enterrée avec sa créatrice mais en réalité cachée quelque part dans la maison, et qui elle aussi peut valoir à elle seule un bon paquet de billets. C’est ainsi que les deux amis, auxquels se joignent la petite amie de l’un d’eux, partent en quête de l’héritage et vous vous en doutez bien, il va se passer des choses étranges. The Fuzzies fait partie de ces films tournés pour un budget qu’on imagine loin d’être mirobolant, avec un casting et une équipe technique limitée, juste reduit à ce qu’il faut. Ce qui ne l’empêche pas de faire preuve d’un minimum d’originalité pour en faire non pas un indispensable, mais une petite curiosité tournée avec sincérité et rigueur. Esthétiquement déjà The Fuzzies fait honneur à ses géniteurs. Les décors qui se situent quelque part entre l’esthétisme pop, l’émission télévisée pour enfant et le trip sous acide sont surprenants, tout comme les effets spéciaux autres. Reprenant ceux du court, nous sommes face à un film qui refuse la facilité et entre marionnettes cauchemardesques, effets gores fait de laine et de feutrine et stop motion parfois impressionnante pour un film de cette trempe (voir ce moment où l’héroïne entame une conversation avec un dessin à la craie sur un mur), The Fuzzies est surprenant sur le plan visuel.

Niveau flippe aussi ça peut surprendre. Nous ne sommes pas face à un film qui fait peur du début à la fin mais il contient son lot de plans qui réussissent à faire frissonner, et il y en a plus que ce à quoi on peut s’attendre en lançant le métrage. Le film a également un fond intéressant. Le métrage parle d’amitié brisée, de la célébrité qui ne fait pas le bonheur et rappelle que derrière les plus grands sourires et les actions qui apportent la joie aux autres, il peut se cacher les gens les plus malheureux. The Fuzzies a donc beaucoup de qualités et sait faire preuve d’originalité sur le plan visuel pour qu’on s’y intéresse, mais il y a un défaut de taille : le rythme. Il faut bien attendre une bonne demi-heure avant qu’il se passe vraiment quelque chose, et le métrage démarre réellement à vingt minutes de son générique de fin, ce qui est dommageable sur un film qui ne dépasse pas 1h30. Défaut à relativiser car le budget ne permettait certainement pas au metrage d’être plus généreux qu’il ne l’est, alors que paradoxalement il l’est autant qu’il le peut, mais en l’état il faut parfois s’accrocher pour ne pas fermer l’œil devant. Parfois décrit comme la rencontre entre Evil Dead et le Muppet Show, The Fuzzies ne mérite peut-être pas cette définition, mais il s’agit tout de même d’une petite surprise sincère et intéressante qui mérite un petit coup d’œil. C’est aussi l’occasion de constater que le film d’horreur s’attaque à un nouveau genre, celui des mascottes d’enfance qui prennent une tournure maléfique. Entre The Fuzzies, Mr. Crocket, Monkey’s Magic Merry Go Round ou Buddy, l’horreur semble avoir trouver un nouveau filon à exploiter et pourquoi pas. Tant que, comme d’habitude, ça ne dégénère pas au n’importe quoi…

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Esthétiquement ça a de la gueule ♥ Intéressant dans le fond ♥ Les effets spéciaux ♥ Un film qui fait preuve d’originalité dans son approche ♥ Parfois c’est flippant |
⊗ Le rythme problématique |
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| Parfois décrit comme la rencontre entre Evil Dead et le Muppet Show, The Fuzzies ne mérite peut-être pas cette définition, mais il s’agit tout de même d’une petite surprise sincère et intéressante sur pas mal de points qui mérite un petit coup d’œil. | |


Titre : The Fuzzies
Année : 2025
Durée : 1h28
Origine : U.S.A
Genre : Loisir créatif
Réalisateur : Josh Funk
Scénario : Josh Funk et Dustin Vaught
Acteurs : Rocío de la Grana, Baylee Toney, Dustin Vaught, Gordy Cassel, Karen Leigh Sharp, Seph Casani, des Marionnettes, de la feutrine



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