Un officier de police d’élite, également chasseur de djinns, confronté à la menace de créatures surnaturelles tout en enquêtant sur une série de meurtres atroces qui le mèneront à une bataille épique contre le Roi des Djinns pour rétablir l’équilibre entre les deux mondes.
Avis de Cherycok :
Zahir Omar a étudié le cinéma en Australie, avant de revenir en Malaisie pour devenir second assistant réalisateur sur le film Sepet (2005) de Yasmin Ahmad, culte en Malaisie, puis réalisateur reconnu dans le domaine de la publicité (pour Google, McDonald’s, Nestlé, …) pendant près de dix ans. En 2018, il signe son premier film, Fly By Night, un thriller / polar de braquage tourné en mandarin et qui a fait l’effet d’une bombe dans le cinéma malaisien. Le film est sélectionné au Festival de Busan et acclamé un peu partout à l’international. Sa carrière est lancée et après une excursion à la télévision avec la série Tira et un autre long métrage, une comédie dramatique doublée d’une satire sociale intitulée House Keepeng ? (2024), il revient avec un projet très ambitieux au cinéma appelé Mikael : Pemburu Dua Alam, littéralement « Mikael : Le Chasseur des Deux Mondes ». Le succès en salles en Malaisie est là, une suite est déjà envisagée, et le concept du film se prête de toutes façons très bien pour devenir une saga. Mais qu’est-ce que ça vaut au final Mikael : Pemburu Dua Alam ? Le public local semble avoir apprécié, oui, mais j’emmétrais de mon côté pas mal de réserves…

Mikael: Pemburu Dua Alam tente le pari de mélanger film d’horreur classique comme on a pu en voir en Malaisie, film d’action façon blockbuster avec grosses bastons, et comédie en nous présentant une équipe de héros dont certains n’auraient clairement pas dû être des héros. Le film s’appuie sur un scénario assez simple, jamais très difficile à comprendre, dans le but de parler au public le plus large possible malgré l’interdiction aux moins de 16 ans lors de sa sortie. Il y est question de Mikael, un policier qui possède le don de voir les créatures surnaturelles invisibles aux yeux des autres et qui va les chasser. Lors des meurtres étranges sont commis dans un petit village, il est appelé à la rescousse pour résoudre le problème. Tout sera expliqué, de la mort de la sœur du héros aux mystères des djinns qui prennent possession des corps, afin que le spectateur ne soit jamais perdu et qu’il comprenne rapidement que le roi des djinns cherche à conquérir le monde des humains. Du coup, le scénario de Mikael: Pemburu Dua Alam. Dès les premières secondes où on aperçoit un certain personnage, beaucoup trop détendu par rapport à ce qu’il se passe dans le village, on comprend d’où vient la menace. Le film devient encore plus téléguidé dans sa deuxième moitié lorsque notre petit groupe part à la recherche de l’artefact qui les sauvera tous. Là, le film va d’un point A à un point B, sans jamais dévier de sa trajectoire et sans jamais faire de pause. C’est dommage car la première moitié, plus intrigante, plus mystérieuse dans ce qu’elle nous présentait de la mythologie des djinns, donnait l’impression que le film voulait un peu bousculer les habitudes du public malais, non pas que je sois suffisamment spécialiste de la chose pour dire ça, mais avec ce mélange des genres, on ressentait une réelle envie de proposer quelque chose de différent, même si c’est également ce mélange des genres qui fait que le film est un peu bancal. L’action et l’horreur se mélange correctement, bien qu’il y a à redire (on y revient plus bas), mais c’est tout le côté comédie qui dessert le film. Comme dans un buddy movie, on a droit à du sidekick rigolo, mais ici ce n’est pas un, mais bien deux (sur une équipe de 4). Il y a le personnage du jeune policier maladroit, et celui de l’amie un peu loufoque, non pas qu’ils n’auraient pas pu être funs, mais leur traitement est en partie raté, au point qu’ils en deviennent rapidement un peu crispant, en particulier le policier et sa tendance à être un peu trop cabotin.

Le casting s’en sort plutôt bien. Bien que Remy Ishak, qui interprète le héros, manque un peu de charisme, il est crédible dans ce rôle musclé de flic badass qui défonce des djinns. La mimi Alicia Amin s’en sort également honorablement, bien que son personnage n’ait pas réellement le temps d’exister. Et malgré leur côté énervant, Fabian Loo et l’influenceuse Noreen Iman collent bien à leur personnage. C’est simplement que l’humour et certaines répliques qu’on leur a collé ne les mettent pas en valeur. L’action souffle le chaud et le froid. On a d’un côté une envie de proposer des combats dynamiques, avec des chorégraphies un peu plus recherchées que la moyenne et un côté violent (d’où le « interdit aux moins de 16 ans ») bien présent. Mais de l’autre, on a une mise en scène de ces scènes qui ne semble pas savoir comment faire pour les rendre dynamique. La caméra est très mobile lors des combats, beaucoup trop mobile, au point que ça nuit à la lisibilité de l’ensemble. Certes, certains mouvements de caméra sont assez ingénieux, mais on est proche visuellement de ce que pourrait donner une shaky cam et on connait tous le problème de la shaky cam. Quand c’est bien fait, et c’est rare, l’intensité n’en est que redoublée, mais quand ce n’est pas bien fait, le résultat pique parfois les yeux. Et on est souvent ici dans le deuxième cas sans que ce soit horrible non plus. Et c’est dommage parce qu’en dehors des scènes de combat, on sent une réelle maitrise de Zahir Omar, dans ses lents travellings, dans ses plans réfléchis, mais il aurait dû déléguer, comme ça se fait à Hong Kong, la mise en scène de ses scènes d’action à celui qui les a mises en boite sur le papier. Et puis il y a donc le côté horrifique, pas exceptionnel non plus, mais malgré tout suffisamment travaillé, s’appuyant sur le folklore autours des djinns et de leur monde parallèle au notre. Le maquillage des créatures en practical est réussi, leur look général suffisamment dark pour en imposer, et de manière générale la direction artistique des scènes horrifique est soignée. Il n’y a que les CGI qui pourront faire grincer les dents les plus pointilleux et on sent que, même si le film est ambitieux, il n’a peut-être pas eu les moyens de ses ambitions.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Plutôt bien rythmé ♥ Une première moitié intrigante ♥ Un casting honnête ♥ Le côté dark fantasy |
⊗ Un humour qui ne fonctionne pas ⊗ Des CGI en demi-teinte ⊗ Une deuxième moitié sur des rails ⊗ La mise en scène de l’action |
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| Mikael: Pemburu Dua Alam est une proposition intéressante dans un cinéma malaisien qui semble avoir un peu de mal à se trouver, mais sa linéarité, son humour raté et ses CGI très perfectibles l’empêchent d’être réellement mémorable. | |

Titre : Mikael: Pemburu Dua Alam
Année : 2026
Durée : 1h56
Origine : Malaisie
Genre : Dark horror action fantasy comedy
Disponibilité : –
Réalisateur : Zahir Omar
Scénario : June Tan
Acteurs : Remy Ishak, Norreen Iman, Fabian Loo, Alicia Amin, Ahirine Ahirudin, Amir Nafis, Megat Sharizal, Anas Ridzuan























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