[Film] Kraken: Le Monstre des Profondeurs (2006)

Enfant, Ray Reiter assiste à la mort de ses parents sur leur bateau, attaqué par un calamar géant, le Kraken. De nos jours, Nicole, une archéologue maritime, son assistant Michael et leur amie Jenny sont à la recherche de trésors cachés sous l’eau. Attaqués par la bête, ils retournent à la terre ferme. Entendant parler de cette histoire, Ray les rejoint et leur propose un bateau pour repartir à la mer…

Avis de Rick :
Aaaaaaah, NU Image, Syfy et Tibor Takacs dans le même bateau, c’était forcément voué d’office à se faire attaquer par un poulpe géant. NU Image avait déjà mis en scène le fameux monstre avec les deux opus de Octopus, en 2000 et 2002, et il faut avouer que c’était franchement pas fameux. Décidant de remettre sur le devant de la scène le calamar géant, NU Image s’associe avec la chaine Syfy pour livrer un nouveau métrage, en s’inspirant d’un certain film à gros budget pour nommer leur métrage Kraken ! Tibor Takacs lui, que l’on ne présente plus, rempile pour la troisième fois chez NU Image après le plutôt sympathique Rats en 2003 et un Mansquito du même acabit. Même si on sait que la suite sera beaucoup moins glorieuse (le foireux Ice Spiders, Mega Snake), Tibor Takacs se présente donc comme un tâcheron plutôt compétent, livrant des œuvres fauchés pleines de bonnes intentions. Kraken se situe justement entre ces quelques films précédents et ses films suivants. C’est à dire que même avec toutes les meilleures bonnes intentions du monde, on se fait franchement un peu chier entre deux attaques, et que les effets spéciaux, comme souvent, ne sont pas franchement au point. Passons donc rapidement sur le scénario, qui va reprendre tous les points indispensables du film animalier. On aura donc droit à un héro traumatisé depuis sa jeunesse, le trésor qu’il faut récupérer, des méchants franchement très méchants, sans oublier l’héroïne blonde et le monstre géant.

Kraken03

Le cahier de charges est donc préservé, Kraken ne viendra pas apporter une once d’originalité à une formule qui peut se décliner à toutes les sauces, avec tous les animaux possibles et imaginables, comme le requin, le serpent, le crocodile, et donc là, la pieuvre géante. Le souci, c’est qu’à tous les niveaux, Kraken va décevoir.  Au niveau des acteurs, on est souvent content de trouver des acteurs de seconde zone, oubliés, ou issus du monde de la télévision qui viennent s’éclater et surjouer dans ce genre de petites productions. Ici, on nous offre donc Charlie O’Connell, frère de Jerry O’Connell, qui lui bénéficie d’un jeu d’acteur déjà plus convaincant. Charlie, lui, il s’en fou un peu, peu importe ce qui se passe à l’écran, il reste (trop) sérieux, (trop) sobre, (trop) inexpressif. Dommage pour lui. Dans le rôle de la blonde forcément un brin cultivée et scientifique, Victoria Pratt. Les connaisseurs ont pu l’admirer dans quelques séries TV (un épisode de Fear Itself, Life, Ghost Whisperer) ou dans une autre production Syfy : le très nul et chiant Mongolian Death Worm. Et dans le rôle du grand méchant très méchant, Jack Scalia, aujourd’hui oublié (la série Dallas par exemple). Tout ce bon monde évolue donc de manière plutôt sérieuse (dommage…) dans son histoire aux rebondissements prévisibles. On aura droit à notre lot de situations du style le méchant capture les gentils, un gentil s’échappe et va sauver les autres. Outre ses situations archi vues et revues, le problème, c’est que ça prend tout son temps. Kraken se traîne affreusement en longueurs, et donc la fameuse pieuvre géant, on l’attend parfois avec impatience à l’écran.

Kraken10

L’ensemble n’est pas forcément désagréable non plus (si l’on fait autre chose en même temps), mais son manque de rythme et le trop grand sérieux de l’ensemble sont très dommageables et le film peine à intéresser. On pourrait se dire qu’au moins, ce sera cool quand le monstre entre en action et se décide à bouffer de l’humain, comme dans tout bon film animalier qui se respecte, aussi mauvais soit-il. Et bien dans Kraken, les apparitions de la pieuvre géante se font plutôt rares, et même parfois assez brouillonnes et ennuyeuses (en plus d’être en numérique pas toujours subtil). Aucun élément ne vient véritablement sauver le film, mais le traîne plutôt vers le bas. La réalisation est plate, le rythme pas très travaillé, les attaques sont plutôt rares, l’ensemble reste sérieux tout le long et ne se permet aucun écart de conduite. Dans Kraken, pas ou peu de sang, pas de seins, pas de rythme… mais trois scénaristes par contre. Le constat est plutôt triste pour ce Kraken, qui est destiné à rester aux côtés de son monstre, en eaux profondes et troubles, ne sortant que de temps en temps pour venir hanter les spectateurs lors de futures diffusions télévisuelles.

Kraken12

Tibor Takacs revient chez NU Image pour livrer un film peu glorieux, franchement chiant et déséquilibré, et qui ne fait même pas rire. Dommage.

note15

Kraken15

 

 

KrakenTitre : Kraken: Le Monstre des Profondeurs – Kraken: Tentacles of the Deep
Année : 2006
Durée : 1h25
Origine : U.S.A
Genre : Poulpe géant
Réalisateur : Tibor takacs

Acteurs : Charlie O’Connell, Victoria Pratt, Jack Scalia, Kirsti Angus et Cory Monteith


 

Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

9 Comments

Add a Comment
  1. J’ai lu ta chronique et j’ai du mal à te suivre. C’est un calamar ou un poulpe géant alors ? Ou bien les SFX de NU image sont tellement mauvais que l’on ne peut pas faire la distinction 🙂

  2. Dès que la bête est à l’écran on comprend pas toujours ce qu’il se passe 😀 (sans doute pour camoufler la misère des effets spéciaux…)

  3. Alors je dois bien avouer que je n’en avais absolument jamais entendu parler avant aujourd’hui ! J’aime bien Petersen en tout cas, donc comme acteur principal, ça le fait.

    1. C’est un long téléfilm en fait. Par contre ça va pas te plaire, l’édition DVD française ne propose que la VF^^ Donc faut chercher ailleurs.
      Comme expliqué sur Devildead, c’est un peu simplifié (j’ai pas lu le bouquin mais on sent quand même que c’est un film de monstre pas super profond), mais ça se regarde bien, et les effets spéciaux sont artisanaux avec un calmar en caoutchouc qui marche plutôt bien^^ (en tous cas mieux que des CGI dégueulasses)

      Petite série B sympa. Faut pas s’attendre à un film comme Jaws non plus.

      1. Oui, du coup je bannis clairement l’édition française. VF only = pas d’achats, même si c’était le seul moyen de voir le film, je suis comme ça.

        1. Je comprends. Même si je regarde assez fréquemment des films en VF, je n’aime pas acheter un truc qui ne propose pas de VO. Si on est passé des VHS aux DVD, c’est pas pour avoir des DVD qui ressemblent à des VHS avec VF only.
          Mais t’as de la chance, ce n’est jamais “le seul moyen”^^

        2. Le seul film que j’ai en DVD avec VF only c’est Combats de maitre avec Jackie Chan. ça m’emmerde mais y’a pas d’autre édition, et on le trouve dans des bacs à 0,50€ le truc lol.
          Mais j’aimerai bien le remplacer ce foutu machin, par une vraie édition.

          1. Dès que je suis passé au dvd en 2000 (avec Orange Mécanique et Eyes Wide Shut en premiers achats), la VF ne fut plus possible pour moi.
            Ah Drunken Master 2, un cas à part. J’ai cette même édition (un peu minable) en VF only, pas relancé depuis un bail, j’avais réussi à chopper (illégalement) une copie HD provenant du blu-ray US, mais avec piste son Cantonais et non le doublage anglais de cette fameuse édition. Du coup en attendant une version physique, ben ça fait l’affaire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *