[Série] Too Old to Die Young, de Nicolas Winding Refn (2019)

Dans les bas-fonds de Los Angeles, le quotidien d’un officier de police endeuillé à la suite du meurtre de son coéquipier. Autour de lui, des tueurs à gages, des yakuzas, des cartels mexicains, la mafia russe et des gangs d’adolescents assassins.


Avis de Rick :
Le cinéma de Refn a toujours divisé. Que ce soit la première partie de sa carrière, plus souvent tournée caméra à l’épaule et blindée de dialogues, avec la trilogie Pusher et Bleeder, ou sa seconde partie, réellement débutée avec Valhalla Rising, beaucoup plus esthétisée et mutique. Il faut dire que la violence et le sexe ont très souvent bercés son cinéma, ses thématiques, et que ça, ça ne laisse pas indifférent. Mais passé son opus grand public, à savoir Drive en 2011, qui le révéla au grand public et lui offrit le prix de la mise en scène à Cannes, c’est le drame pour beaucoup. Only God Forgives apparaît pour beaucoup comme une œuvre abscon, misogyne, ultra violente, et sur stylisée. Pour moi, certes un film radical dans ses idées et sa mise en scène, mais une œuvre forte, extrêmement puissante même, magnifiquement filmée, qui fut ma claque de l’année 2013. Un de ses films où, en sortant de la salle, j’étais silencieux, avant de m’exclamer que cette année là, c’était LE film que j’aurais aimé moi-même réaliser, avant de sortir mon téléphone pour immédiatement commander sur Amazon la sublime OST de Cliff Martinez, fidèle compositeur de Refn depuis Drive, et également fidèle collaborateur de Steven Soderbergh depuis son premier métrage. Puis en 2016, il y avait eu The Neon Demon, soit le film que j’attendais le plus cette année là, que j’avais pu voir deux fois en avant première. La première fois avec un ami pour une simple séance, la seconde fois pour une séance spéciale en compagnie de Nicolas Winding Refn et de Elle Fanning. J’y avais retrouvé tout ce que j’aimais dans Only God Forgives, l’aspect cauchemadesque et écrasant plus distillé au sein d’une œuvre plus longue, dont le plus gros reproche que je lui ferais finalement aujourd’hui est d’avoir changé radicalement sa fin. Car oui, en grand curieux et amoureux de cinéma que je suis, j’ai lu le scénario, et pas de bol, je trouvais la fin originale jamais tournée beaucoup plus forte. Moins symbolique sans doute, mais intéressante.

Alors autant dire que voir la prochaine œuvre de Refn, lui que je suis depuis de longues années, ça me faisait envie. Et que à la manière de Twin Peaks The Return, avec lequel Too Old to Die Young partage quelques points communs (on y reviendra), Refn était bien le seul qui pouvait me faire m’asseoir devant ma télévision pour mater compulsivement 13 heures. Oui, car à la manière de Lynch, bien que leurs styles et leurs thèmes soient différents, Refn est un artiste, parfaitement identifiable, et lorsqu’il se décide à livrer une série pour Amazon, il ne faut pas s’attendre à une série traditionnelle. Refn est un réalisateur de cinéma, tout comme Lynch, et aborde donc forcément sa série différemment. Too Old to Die Young a le format épisodique d’une série, mais peut se voir comme un long film de 13 heures. Mais comparé à l’œuvre de Lynch, Refn fait un choix encore plus curieux dans les faits. Chaque épisode, à la durée bien variée, oscillant entre 1h40 et 1h10 (et 30 minutes pour le dernier) peut également se voir comme un long métrage à part entière. Mais Refn sur une aussi longue durée, c’est aussi l’assurance de voir son style, ses tics, ses manies et ses réflexions étirées de manière extrêmes. Et forcément, ça divise encore plus. Petit coup d’œil ailleurs. « la série de Nicolas Winding Refn s’avère d’une prétention, d’une lenteur et d’une violence insupportables ». Ah ben oui, c’est un peu le même avis que certaines critiques sur ses deux derniers métrages. À croire également que pour beaucoup, Refn, c’est Drive, donc son film le plus commercial. Mais un film ayant pourtant par certains aspects ce qui fait son cinéma d’aujourd’hui : stylisation (mais moins de néons certes), lenteur générale du récit, ultra violence rare mais frontale.

Mais je ne vais pas mentir, Too Old to Die Young n’est pas la meilleure œuvre de l’auteur. Pusher 2 dans son style et Only God Forgives dans un autre gagnent toujours le podium pour ma part. Sa série n’est pas parfaite également, et je lui trouve quelques défauts parfois gênants. Et oui, comme beaucoup le signalent, surtout parmi ses détracteurs, Too Old to Die Young est prétentieux. La série est faite par un réalisateur qui après avoir douté énormément sur le tournage de Only God Forgives, notamment par peur de décevoir le public attendant de lui un Drive 2, s’affranchit des attentes du public pour livrer ce que lui veut faire, et le fait avec assurance. Si un plan doit durer une éternité pour permettre un panoramique virtuose à la caméra et permettre à une note particulière du score de Cliff Martinez d’apparaître à tel moment, même si pour le commun des mortels, c’est beaucoup trop long, et bien tant pis, ce plan durera une éternité. Si tous les personnages semblent mutiques et n’aiment pas parler, et que cela peut friser l’auto-parodie, doublée parfois d’auto-citation (Miles Teller en clone de Ryan Gosling, John Hawkes en tueur avec un seul œil), et bien tant pis. Et si les scènes nocturnes doivent toutes être tournées au néon pour donner une ambiance particulière quitte à sembler une redite des deux précédentes œuvres du réalisateur, et bien tant pis aussi, cela lui donne une signature particulière et un style identifiable à 300 kilomètres.

Enfin, je parle, je parle, mais de quoi ça parle donc cette série au titre étrange, cette série de 13h en 10 épisodes qui n’en est pas vraiment une ? Miles Teller joue un flic, Martin Jones, pas tout blanc, et qui apparaît même parfois comme antipathique lorsqu’il ne sait pas gérer sa vie. Son partenaire se fait tuer devant lui très rapidement dans l’épisode 1, et comme souvent chez Refn, la violence amène la violence, souvent plus violente et frontale que l’acte initial. Martin va se retrouver à bosser la nuit pour un gang local, devenant tueur. Mais sans doute par bonne conscience, sa vie va changer. Non, le meurtre lui sera toujours présent, mais Martin ne va pas tuer bêtement les personnes qu’on lui demande. Il faut que la personne le mérite. Oui un peu à la manière de Dexter dans la série éponyme. Martin va refuser par exemple de tuer un Japonais car la raison de ce contrat, c’est uniquement qu’il doit…8 000 dollars. Sa justice à sa façon va le mener sur le chemin d’un autre tueur, ancien du FBI, Viggo (superbe John Hawkes), travaillant pour Diana (toujours superbe Jena Malone), qui punissent les violeurs, tueurs et autres raclures libérées par la société. Simple ? Oui, comme toujours chez Refn, qui coécrit ici l’œuvre avec l’auteur de comics Ed Brubaker (avec l’aide de Halley Wegryn Gross sur les deux derniers épisodes). Simple mais plus complexe, puisqu’une multitudes de personnages, de thèmes, et un gros bordel va rentrer dans le récit, doucement. Très doucement. Un cartel mexicain, une prêtresse de la mort, une guerre de gang, des frères tournant du porno gay, sans oublier le père de la petite amie de Martin, simple adolescente de 17 ans au début de l’aventure.

Tout le paradoxe de cette œuvre de Refn, c’est à la fois la multitude de thèmes abordés, de personnages, mais sa lenteur générale, qui semble donner un rythme stagnant, et donne une impression de rêve éveillé. Enfin, de rêve… de cauchemar. Car même s’il est ponctué d’humour, Too Old to Die Young est un cauchemar malsain et sans fin, qui colle à la peau la plupart du temps. Les situations s’enchaînent, certes doucement, et le grotesque s’invite souvent dans la partie pour nous faire rire, Refn parodiant certains aspects attendus de telle ou telle situation. Une rencontre plutôt malsaine avec le père de la petite amie de Martin, et voilà que le père invite Martin dans la chambre de sa fille pour lui parler, tigre en peluche dans les mains, à imiter le grognement de l’animal. Une course poursuite rythmée aux sons électriques de Cliff Martinez entre Martin et deux crapules, et voilà que la poursuite finit par durer toute la nuit sur l’autoroute au son d’une chanson d’amour passant à la radio, jusqu’à ce que… l’une des deux voitures tombe en panne. L’humour est très présent dans l’œuvre, et pourtant, ce n’est pas une comédie, loin de là, le malaise revient rapidement au galop. Comment ne pas citer deux des moments les plus malsains de la série, durant l’épisode 5 avec ces frères faisant passer des auditions pornos, ou durant l’épisode 7 lors d’une scène surprenante mais qui ne semble jamais vouloir adoucir son ton, allant toujours plus loin. La série part souvent dans un ton, plus dans un autre opposé, optant pour une liberté totale de ton, et de propos, parfois salvateur, mais parfois laissant également un peu songeur il est vrai. Mais Too Old to Die Young a les qualités des œuvres de Refn quoi qu’il arrive. La mise en scène, esthétisée à l’extrême, est sublime, et les plans, s’enchaînant doucement, ont tous l’air de tableaux figés dans le temps. La photographie de Darius Khondji (Seven, La Cité des Enfants Perdus) est magnifique, de jour comme de nuit, au néon ou en lumière naturelle, le score musical de Cliff Martinez est, et j’en ai marre de le dire à chaque fois, absolument parfait.

Les acteurs, oui, ils parlent tous doucement, très doucement, mais ils font ce qu’on leur demande, et ont pour la plupart une présence à l’écran. Miles Teller, Cristina Rodin, Jena Malone et John Hawkes en tête. J’ai d’ailleurs énormément apprécié la relation entre Martin et Viggo ici. Certains de leurs dialogues font mouche et m’auront même passionné, par ce qu’ils racontent. Et au cours des 13 heures de l’aventure, Refn parvient à livrer des scènes parfois fortes et inoubliables. Et en parlant furtivement des acteurs, n’oublions pas de citer le caméo amusant de Kojima Hideo, créateur de la saga de jeux vidéo Metal Gear Solid… qui aura digitalement recréé Refn pour lui donner un rôle dans son prochain jeu sortant en fin d’année. Pour un créateur de jeu vidéo adorant autant le cinéma (il adore Carpenter, il avait adoré Grave de Julia Ducourneau), le voir ici fait plaisir. Par contre, là où la série de Refn divise énormément, forcément, c’est par son rythme, Refn utilisant son style habituel, mais l’étirant sur 13 heures. Ça passe ou ça casse comme on dit. On y adhère ou pas. On peut être hypnotisé, ou s’emmerder ferme. Et à l’image de Twin Peaks The Return, beaucoup de spectateurs auront lâchés prise, après seulement un ou deux épisodes. Je vous parlais du lien entre les deux séries, et celui-ci est bien présent, dans l’approche du médium série, en s’en affranchissant presque intégralement, mais du coup, également en terme de rythme, lent pour tenter de nous hypnotiser, mais dans certains choix, dont celui de redéfinir l’aventure intégralement lors de ces deux derniers épisodes, et en flirtant parfois avec un aspect plus surréaliste et fantomatique. Sauf que Refn n’est pas Lynch, et n’en a du moins pas la subtilité, Too Old to Die Young étant une œuvre plus frontale et rentre-dedans, et du coup, moins subtile.

Ce qui ne me dérange pas, chaque artiste a son style, et est à l’aise avec une façon de s’exprimer ou une autre. Mais Too Old to Die Young n’est pas parfait, et ne m’aura pas transporté au même niveau que la série de monsieur Lynch. Car malgré tous les bons côtés cités, malgré mon implication dans ce visionnage, mes rires sur certaines scènes, mon exclamation devant la beauté plastique, et mon côté « ah…ok…je ferme ma gueule » en me prenant de méchantes claques malsaines dans la gueule, Too Old to Die Young souffle parfois le chaud et le froid. Le chaud, on l’a abordé, et heureusement, il est souvent présent. Mais il y a le froid. L’épisode 2 par exemple, intéressant sur le papier en forme de tragédie à la Shakespeare, et parsemé de tableaux magnifiques (la scène dans le club vers la fin) ou de moments comiques (la scène du repas) ne m’aura pas intéressé. Désolé Mexique, mais ta chaleur aux couleurs saturées m’aura moins intéressée que les néons de Los Angeles. Simple, même cas de figure lorsque Refn se recentre sur ces Mexicains durant l’épisode 6. Ce qui peut être ironique, l’épisode 2 étant souvent le moins bien noté de la série, mais l’épisode 6 étant souvent le mieux noté. Là où beaucoup auront eu besoin de temps pour rentrer dans la série (jusqu’à l’épisode 3 ou 4), j’aurais pour ma part été hypnotisé durant l’épisode 1, avant de lâcher prise à l’épisode 2, et de retrouver les sensations du premier épisode sur le troisième. Dans le même ordre d’idées, Refn veut changer la donne de sa série sur les deux derniers épisodes, changeant de ton, de thèmes, de beaucoup de choses au final. Et ce changement radical, osé, ne m’aura pas totalement convaincu, notamment le dernier épisode, beaucoup plus court que les autres, et me paraissant un peu vain.

Il aurait peut-être été plus judicieux de terminer l’aventure à l’épisode 8, quitte à livrer dans quelques années une saison 2 sensiblement différente. Et puisque tout le monde semble cracher sur la série pour sa lenteur générale, parlons en plus en détail pour conclure. La lenteur ne me dérange pas. En 2017, Twin Peaks The Return en série (même si encore une fois, série, film de 18h, le débat se pose) et Blade Runner 2049 étaient les deux œuvres à voir absolument, si ce ne sont les seules si l’on n’est pas boulimique de cinéma comme moi. Un film lent n’est pas forcément chiant. Mais Refn, en étirant son style sur tout de même 13 heures, livre quelques moments moins convaincants. Parfois, il stylise ses scènes, étire et dilate le temps, et nous amène à une conclusion satisfaisante, soit pour la scène, soit en nous amenant dans un état quasi hypnotique (encore une fois, à la manière de Lynch sur sa série). Mais il ne réussit pas son pari à tous les coups, et on notera quelques ratés par moment, notamment sur la fin, comme si son procédé s’épuisait. 10 épisodes étaient peut-être trop ? Mais Refn a fait ce qu’il voulait, et a pu s’exprimer, et dans le fond, c’est bien là le plus important. Laisser les auteurs s’exprimer, que l’on aime ou rejette leurs œuvres. Too Old to Die Young sera autant adoré que détesté, fascinera autant qu’il dégoûtera, et dans le fond tant mieux. Pour ma part, sans atteindre la maestria que l’on retrouve chez Lynch, la série de Refn trouve une place dans mon cœur, et j’y retournerais sans doute dans quelques temps, quelques années, une fois le produit intégralement digéré, pour un regard nouveau, un regard qui confirmera tout le bien que j’en pense, ou malheureusement en accentuera certains défauts. Mais pour l’heure, je retourne plonger dans les notes sombres et électriques de ce brave et fidèle Cliff Martinez !

LES PLUSLES MOINS
♥ Une mise en scène esthétique fascinante
♥ Le score de Cliff Martinez
♥ De bons acteurs
♥ Un climat oppressant et malsain
♥ Des scènes très drôles
♥ Quelques épisodes juste géniaux
⊗ Le dernier épisode décevant
⊗ J’aurais moins adhéré aux épisodes 2 et 6
⊗ Quelques scènes moins convaincantes
Quoi qu’on pense de lui, Nicolas Winding Refn n’en fait qu’à sa tête et continue son chemin dans l’esthétisation de la violence au néon sur un rythme lent. Pour certains, beaucoup trop lent et trop violent. Ce n’est pas parfait, loin de là, mais on a là l’œuvre d’un artiste qui nous offre sa vision sans concession. Parfois ça marche et ça fascine, d’autres fois ça laisse perplexe. Mais à l’heure où le cinéma, bien que nous offrant de belles surprises de temps en temps, se fait plutôt morne et évite les prises de risques, voir une telle œuvre qui fait ce qu’elle veut faire et se fout du reste quitte à être parfois méprisée, c’est à saluer.



Titre : Too Old to Die Young
Format : 10 épisodes pour un total de 13h
Origine : U.S.A.
Genre : Policier
Créé par : Nicolas Winding Refn et Ed Brubaker

Acteurs : Miles Teller, Augsto Aguilera, Cristina Rodio, Jena malone, Nell Tiger Free, John Hawkes, Babs Olusanmokum, Gino Vento, Celestino Cornielle et William Baldwin

 Too Old to Die Young (2019) on IMDb


Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

25 Comments

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  1. Ta critique ne fait que confirmer que le cinéma de Refn, dans son ensemble, n’est vraiment pas quelque chose pour moi. Rien que visuellement, j’ai parfois un peu du mal quand je regarde les screenshots. La deuxième capture, ce bleu au niveau de la fenêtre, la lampe bien jaune, je trouve que ca a un côté super artificiel et qui sonne faux. Alors c’est sur une image fixe, peut-être qu’en mouvement ça passe bien hein, mais là comme ça, ça ne m’attire pas du tout. Plus le côté ultra lent, poseur, prétentieux, vraiment pas ma came.

    J’ai passé la série à un de mes collègues qui a plutôt bon gout, voyons s’il est du même avis que toi. La série a de plutôt bonnes critiques en général ? J’avoue que je n’ai pas trop fouillé…

    1. Lecteur-Régulier du site

      Je suis plutôt du même avis mais pas tout à fait pour les mêmes raisons.

      Perso, je trouve que Refn et Cosmatos sont de bons cinematographer y a aucun doute (même si ils se sont très inspirés dun génial argento pour les éclairages de couleurs pruimaires).

      Par contre, niveau écrivains et réalisateurs, c’est pas au même niveau. J’ai l’impression que ces 2 réal pensent qu’il suffit d’une bonne cinématographie et d’une bonne OST au synth pour faire un bon film.

      Hélas, la réalité est plus complexe.

      Donc, pour résumer, je pense, vraiment, qu’ils seraient beaucoup plus efficaces en tant que cinématographes pour de grands réalisateurs.

      Voir un film de Carpenter / Lynch / Cronenberg avec à la photo Refn ou COsmatos, là ça mettrait tout le monde d’accord.

      1. Même si j’aime beaucoup Refn, ainsi que Cosmatos (enfin, surtout Beyond the Black Rainbow malgré son final raté), niveau scénario il faut reconnaître que ça reste très simpliste. Bourré d’idées malgré tout, mais qui sont plus à développer par le spectateur que en tant qu’idées abouties et finalisées dans le produit finit.

        Par contre, ton idée d’utiliser leur cinématographie et univers visuel sur un film de Carpenter ou Lynch, ça me vends du rêve comme idée ! Dommage que Cronenberg ai annoncé sa retraite d’ailleurs…

  2. Pour toi peut-être la trilogie Pusher, Drive. Il n’y a pas de néons 😛
    Esthétiquement moi je trouve ça à tomber, le genre de trucs où je peux m’exclamer sur chaque plan, l’un après l’autre. Après bon, en mouvement…. c’est surtout pour cette série très “figé”.

    Pas sûr que ton collègue adhère, disons que Refn a pris ce qui fait son cinéma et a tout étiré. Mais de manière générale, ben, comme chaque oeuvre de Refn, ça divise un max. Il y a ceux qui adhèrent (bien que reconnaissant les défauts, plus j’y pense là puis la fin, non, juste non), et il y a les détracteurs. Dans le public beaucoup ont comme Twin Peaks the Return bien vite abandonné, et dans la “presse spécialisée” ou non, ce n’est pas du goût de tout le monde, comme le prouve le mini avis du Parisien que j’ai posté au début de ma chronique 😉

    1. Mon collègue aime Refn, et Le Parisien, je ne mets pas ca dans la presse spécialisée ^_^

  3. Refn comme beaucoup j’ai décroché avec “Only God Forgives” c’était tellement poseur et mutique que ca en devient ridicule j’ai ri plusieurs fois devant le film les autres spectateurs on du me prendre pour un fou. Ca a pas l’air de s’arranger quand je lis ta critique.
    Pourtant j’y croyais au début pusher Bronson j’ai adoré.
    Il parlait d’adapter l’incal une BD don je suis un grand fan mais ca me parais juste impossible

  4. Ouais si le style qu’il a adopté depuis Only God Forgives ne te plait pas, fuis sa série. Tu vas y retrouver tous les éléments fois 13. Même moi, gros fan de Only, il y a des épisodes ici que j’ai pas du tout aimé, voir détesté. Et d’autres que j’ai adoré.
    Refn a énormément de projets en cours, surtout comme producteur en fait. Il devait aussi produire un remake de Maniac Cop ainsi qu’un remake d’un giallo Italien que j’adore.

  5. Fan des PUSHER, VALHALLA RISING, DRIVE… décontenancé par ONLY GOD… même en sachant à quel film il rend hommage à travers son drôle de trip. NEON DEMON mouais. Là je crois que je n’ai pas aimé. Mais je n’en suis pas sûr… J’hésite à me lancer dans la série…

    Merci pour la review.

    1. Hmmmm, comme dit, j’ai bien aimé la série car je savais à quoi m’attendre, je savais ce que je pourrais y aimer, mais j’ai malgré tout moins aimé que ces précédentes oeuvres. Dans son ensemble ça varie trop d’un extrême à l’autre. Mais malgré tout je ne regrette pas le temps passé dessus, et cette sensation de cauchemar pas forcément sympathique mais voulue dans laquelle j’ai été plongé. Enfin c’est très difficile à exprimer en fait comme ressenti pour le coup.

      Par contre si tu es fan des PUSHER, je te conseille BLEEDER, qu’il a fait en 1999 juste après le premier PUSHER, qui est dans le même style, mais en encore plus dark. Moi j’ai un peu moins aimé mais ça reste d’un très bon niveau.

      Je ne pense pas sinon pour le jeu de Kojima haha ! Je n’avais par exemple jamais dépassé 2h de jeu à MGS4 car les cinématiques de 1h, pas pour moi quand je veux du gameplay. Mais j’avais bien aimé le 5 qui n’avait que du gameplay quasi. Je verrais je pense après sa sortie en fonction de la direction prise par le titre.

  6. Au fait Rick, tu vas acheter le prochain jeu de Kojima day-one ?!? 🙂 Y’a Refn au casting ah ah ah !

  7. En ce qui me concerne, ce que je ne comprends pas avec ce réal, ce sont ces réactions extrêmes.
    Ce n’est pas ma came mais je ne trouve pas ça insupportable, prétentieux, lent et chiant.
    Mais d’un autre côté je ne comprends pas non plus les éloges de fou. Only god forgives raconte l’histoire d’un fils influencé par une mère castratrice qui veut le forcer à venger son frère alors que le frère en question était un connard. Et du coup ça fout le bazar. Voilà. Mais c’est filmé avec des néons partout, un rythme lent et hypnotique, et donc c’est génial ? pourquoi ?
    Je ne trouve pas ça à chier, mais je ne vois pas non plus ce qu’il y a d’extraordinaire.
    Refn filmerait un mec aller faire ses courses avec des néons partout et on trouverait des gens qui disent que c’est un chef d’oeuvre du cinéma^^

  8. Ce que je peux trouver intéressant dans ce genre de cinéma, c’est quand la forme s’accorde avec le thème de fond.
    Par exemple, je n’ai pas vu the neon demon, mais une façon de filmer très esthétisée, des lumières qui font “fake”, ça peut complètement coller à l’univers de la mode où tout est embelli et faux.
    Sauf que du coup…vu que Refn fait ça pour n’importe quelle histoire qu’il raconte, ça ne semble pas fait exprès pour the neon demon…
    Et ça perd en pertinence.

  9. Et moi contrairement à toi Rick c’est ce Only god forgives qui m’a fait décrocher du truc.
    Avant j’avais bien aimé Bronson ou Drive (pas vu les Pusher, et pas encore Valhalla Rising)
    Mais son esthétique des neons là…
    Justement pour the neon demon, why not ? Mais vu qu’il est sorti après Only God forgives qui partait déjà dans ce délire, j’arrivais plus à prendre son esthétique au sérieux. Il ne semble pas l’utiliser au service de l’histoire et du milieu de la mode vu que pour son film précédent c’était déjà tout plein de neons et de plans fake.

    1. Que de pavés, ça va être dur de répondre là car j’adore ONLY GOD FORGIVES, mais j’admet que c’est du ressenti totalement, car l’esthétique me parle, l’aspect cauchemardesque avec ses couleurs écrasantes, les silences lourds, l’utilisation du son (et d’infrabasse dans certaines scènes dans mes souvenirs) fonctionne sur moi à merveille. Tout comme le style musical de Cliff Martinez. Je sais bien hein que le propos du film reste simple et léger, même si derrière il y a malgré tout des thématiques que je trouve super intéressantes. Je sais que le côté mutique voir inexpressif énerve certains, moi ça ne me dérange pas, car je n’aime pas non plus les personnages qui expriment par la parole tout ce qu’ils ressentent. En ce sens d’ailleurs, Gosling est un des acteurs qui joue le mieux ce côté mutique, chez Refn, mais aussi chez Villeneuve récemment.

      Mais voilà oui, je comprends qu’on n’aime pas, mais j’admet que pareil ceux qui disaient à la sortie de Only God que c’était insupportable, chiant, je ne comprenais pas, surtout qu’en vrai le film est super court, même pas 1h30, et malgré les silences et le rythme posé, je le trouve très bien rythmé (contrairement à sa série, qui a des longueurs, là c’est clairement indéniable).
      Enfin voilà, pour te répondre simplement, moi j’aime ce style, mais c’est clairement personnel vis-à-vis de mon ressenti, et j’aime les films qui me font ressentir des choses, des émotions. Qu’elles soient négatives et lourdes comme là ou positives et amusantes ailleurs. Ça me fait réagir, et j’aime ça en fait.

      Après je pourrais te répondre pendant des heures, sans doute car je fais des films aussi (étonnement, le maquilleur qui bosse avec moi sur mes tournages a vu The Neon Demon ce matin et on a beaucoup parlé de l’éclairage), mais l’éclairage de The Neon Demon, qui paraît si similaire à Only God, est au final beaucoup plus doux la plupart du temps. Only est un cauchemar de 1h30, alors qu’à l’exception de quelques scènes et de sa dernière partie, la première heure de The Neon Demon a plus un aspect de rêve éveillé. Après dans le fond ça reste le même style et techniques, mais usées un poil différement.

      1. “l’esthétique me parle, l’aspect cauchemardesque avec ses couleurs écrasantes, les silences lourds, l’utilisation du son (et d’infrabasse dans certaines scènes dans mes souvenirs) fonctionne sur moi à merveille”

        Mais c’est un peu gratuit quoi. ça ne sert pas à grand chose.
        Alors que je vois davantage ça pertinent pour l’univers de la mode justement^^

  10. Bon …je suis toujours pas plus avancé à la fin de ta chronique. (Très bonne et pointue au passage)

    J’adore Refn , sauf le Only god , qui est certe une pépite en photo , cadrage et univers sonore mais qui m’en a touché une sans faire bouger l’autre.
    Et The neon demon , si à la fin du film j’étais mitigé , force est d’admettre que malgré son unique visionnage , ce film me travaille toujours et certaines images sont bien ancrées dans ma petite tête … bref ce genre de film qui se bonifie quand on le laisse insidieusement vous envahir , tel un venin qui agit lentement.

    Bref y a pas 36 solutions pour se faire son avis , va falloir se trouver une fenêtre de temps libre de … 13 heures. 😀

    1. Merci pour la chronique “bonne et pointue” ^^ Honnêtement de temps en temps, il y a quelques chroniques où je doute de pouvoir écrire quelque chose de potable, tant l’oeuvre te fait passer d’un extrême à l’autre, et que c’est surtout du ressenti plutôt qu’autre chose. Là en plus j’avais écris à chaud, après avoir bouffé les 13h en seulement 2 ou 3 jours 😀
      Depuis j’ai revu juste l’épisode 1 (que j’aime beaucoup) avec un pote qui aime beaucoup Refn aussi (et qui aime Only God lui, même si sa première vision il était perplexe, s’attendant justement à un Drive 2), et il a adhéré. Il veut qu’on continue de regarder, et autant ça ne me dérange aucunement, autant j’avoue que ben, je n’aime pas du tout les épisodes 2 et 6, qui se déroulent au Mexique.
      The Neon Demon, je crois que j’en avais assez parlé à l’époque dans ma chronique et même ici au début en piqure de rappel. Par contre ce qui est sûr, c’est que je suis fier depuis Drive d’avoir dans ma bibliothèque les OST de Drive, Only God, The Neon Demon et Too Old en physique les unes à côté des autres 😀
      Par contre ce que tu dis, c’est un peu ce que je dis souvent sur Refn, Lynch ou d’autres réalisateurs qui aiment les silences, non dits et trucs du genre. C’est que l’oeuvre survit à la vision, elle continue de nous interroger et donc notre esprit y revient. Et j’aime ça. Plutôt qu’un bête film que l’on voit, et que l’on peut oublier une semaine après. Il y a des moments bien forts dedans (le défilé totalement space avec les éclairages et la musique électro qui se tire en sucette, la scène de la piscine, la scène dans la morgue).

      Mais oui, 13 heures, c’est…. long 😀 Ou alors tu mates les épisodes 1 et 3, en zappant le 2 au Mexique, et tu vois si tu veux continuer 😀

      1. Exactement , je préfère un film qui m’échappe et me fait sortir de ma zone de confort mais qui grave en moi des images et des sensations qui persiste longtemps qu’une marvelerie , sympa et divertissant mais qui me fait l’effet d’un burger king et me laisse sur ma faim quelques heures après.

        Maintenant Only god est le seul Refn depuis Drive que j’ai pas eu la chance de voir au ciné , ça doit sans doute y contribuer.
        Et l’effet l’après Drive qui a dû me décontenancé , car le côté prétentieux que beaucoup lui reproche ne m’a jamais gêné vu que le gars est réellement doué. (Reproche que Lynch se tape aussi dés qu’un critique comprend mal ou pas le film …)

        Bref je m’égare , et comme toi je pourrais discuter des heures sur mon homonyme danois.

        Sinon plus pragmatique : c’est dispo que sur la plateforme de amazon pour le moment où on peut espérer une sortie physique rapide ?

        1. Voilà on pense exactement pareil. C’est tellement bon de voir ses habitudes et ce que l’on attend normalement d’une oeuvre dite “classique” tout bouleversé pour nous emmener ailleurs. Et c’est bien trop rare. Bon même si Marvel j’ai du mal (je n’aime pas les super héros), je bouffe aussi du cinéma plus pop corn on dira, mais ils me marquent en effet moins.

          Peut-être que ça joue, le confort de la salle, le grand écran et le son qui fait vibrer aide à rentrer dans le “délire”, du moins je trouve. J’avais la chance à l’époque, on n’était que trois dans la salle, du coup pas de spectateur là par accident qui se plaint ou commente le film en rigolant.
          Je crois de toute façon que pas mal de réalisateurs que j’apprécie sont considérés par beaucoup comme prétentieux. Lynch, Refn, mais aussi Soderbergh même si lui alterne cinéma d’auteur, expérimentations et cinéma commercial.

          Pour le moment ce n’est dispo que sur amazon, mais je prie pour une sortie en physique, que je me jette dessus, comme je l’avais fait pour la saison 3 de Twin Peaks.

  11. Soderbergh prétentieux lui aussi ? Pourtant quand je regarde Solaris , sa version est bien plus simple (et pas simpliste) et accessible que la version Tarkovski , qui elle pour le coup tombe parfois dans la branlette intellectuelle.
    Liberace , Hors d’atteinte , L’anglais ,Erin Brockovich , la série Ocean et autres Magic Mike , soit ses films commerciaux , sont de bons rilms parfois peut être un brin poseur et démonstratif mais j’y voit nulle prétention , juste un bon réalisateur qui fait des films efficaces sans arnaquer son public …

    Après je connais surtout le Soderbergh commercial , mais si vous voulez du prétentieux je vous invite à voir le dernier Jean-Luc Godard ! 😀

  12. Certains métrages de Soderbergh sont jugés très prétentieux par certains. Perso c’est un réalisateur que j’apprécie énormément, même si il y a un film dans sa carrière que je déteste fortement (j’avais même refilé le dvd vite fait ni vu ni connu à un pote : Full Frontal). Mais j’adore de lui Sexe Mensonges et Vidéo (une Palme d’Or mérité en premier film), avec un superbe score de Cliff Martinez tout en ambiance, et un James Spader magistral. Hors d’Atteinte, Erin Brockovich, les Ocean (même si je n’aime pas vraiment le 3) et Traffic niveau films commerciaux sont en effet très bons. Et j’aime beaucoup Solaris. Les plans, la photographie, la musique encore une fois, c’est du très bon boulot, plus simple en effet que le Tarkovski que j’ai vu récemment, mais très intéressant. Ah oui dans ces films à budgets confortables j’aime beaucoup Contagion et Effets Secondaires également, deux bons films plutôt réalistes dans leur approche.
    Et dans ces films jugés prétentieux, je suis un gros fan de Bubble (le film de la normalité, mais je sais pas, quelque chose m’accroche dans ce film), et j’adore The Girlfriend Experience.
    Le dernier Godard, pour ce que j’en ai lu, non merci 😀

  13. Bon je vais essayer de procurer certains de ses films dit prétentieux et me faire mon opinion.

    1. Tu me diras ton avis, je vais essayer de poster quelques vieilles (très vieilles) chroniques que j’ai ben de ces films là justement. Je crois que celui qui divise le plus, c’est The Girlfriend Experience, avec son montage totalement dans le désordre, ses longs plans fixes (avec dialogues improvisés). Perso je l’avais vu au cinéma et j’avais beaucoup aimé, le film m’avait d’ailleurs convaincu du naturel et du talent de l’actrice principale avec qui j’ai bossé ensuite.

      1. Tu parles de Sasha Grey !?

        1. Elle même yes pourquoi ?

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