[Film] The Doorman, de Ryûhei Kitamura (2020)


Ali, ancienne membre des Marines, devient concierge du Carrington, un immeuble New-Yorkais. Pendant le week-end de Pâques, alors que la plupart des locataires sont absents, une équipe de criminels tente de voler des œuvres inestimables cachées au fond des murs du bâtiment. Ali va devoir tout faire pour empêcher le casse et sauver sa famille.


Avis de Cherycok :
J’avoue, lorsque je suis tombé sur The Doorman, je n’étais même pas au courant que Ryûhei Kitamura avait sorti une nouvelle bobine. Je m’étais arrêté à son Downrange (2017) plutôt sympathique. Alors, au premier coup d’œil, il faut avouer que la jaquette fait méchamment peur. Le jaune dégueulasse, le regard vide de Jean Reno, la mise en page de DTV sans le sou, ce n’est clairement pas super accrocheur. La bande annonce du film ne se fera pas plus rassurante. Mais bon, la carrière US de Kitamura est des plus intéressantes avec des films tels que No One Lives (2012), Midnight Meat Train (2008) et donc Downrange (2015) qui, à défaut d’être des chefs d’œuvres, font preuve d’une réelle efficacité, alors pourquoi ne pas tenter ? Mais il fallait bien un premier faux-pas et au final, The Doorman est aussi médiocre que sa jaquette.

Avec The Doorman, on est un peu dans un ersatz de Die Hard, mais en version ratée. On va retrouver l’actrice (mais également mannequin, animatrice TV, DJ, réalisatrice ou encore VJ) Ruby Rose pour la première fois dans un premier rôle, un rôle badass dans lequel elle va balancer de la tatane sur les méchants du film. Il va ici être question de tableaux de l’époque des deux Allemagnes qui ont été cachés il y a de nombreuses années dans les murs d’un bâtiment de New-York. Bien entendu, un grand méchant et ses sbires vont vouloir les récupérer sauf que, devinez-quoi, l’appartement où ils sont cachés est habité par une gentille famille, et accessoirement celle de notre héroïne. Comment ? Ils sont méchants avec ma famille ? Ils vont goûter de mes skills d’ancienne marine de l’armée américaine ! Oui, voilà, nous sommes d’accord, on est dans du vu et revu et la seule réelle originalité est que le rôle musclé est interprété par une femme, Ruby Rose donc, qui a fait ses armes dans l’action avec des films tels que John Wick 2, XXX : Reactivated ou encore Resident Evil 6.
Nous sommes ici face à un huis-clos dans un immeuble, et une fois le visionnage terminé, on se rend compte qu’on a assisté à 1h30 de clichés. Oui, c’est cliché sur cliché, et on a l’impression que Ryûhei Kitamura s’est contenté de faire son yesman sans jamais chercher à apporter quoi que ce soit à la bobine. Pas d’effets gores comme il aime en faire, aucun effort de réalisation alors qu’il est dans son habitude de placer des effets de styles en jouant avec sa caméra. Bon, j’exagère, il y a exactement deux petits sursauts de mise en scène l’espace de quelques secondes, mais clairement il n’y a aucune personnalité dans ce métrage. Son nom n’est d’ailleurs même pas mentionné sur la future jaquette du DVD / Bluray à venir (contrairement à l’affiche promotionnelle, bien plus sobre).

Passée la scène d’action en guise d’introduction qui pourrait laisser planer le doute 5 minutes, on est rapidement très sceptique. Tout est complètement lambda. On suit le personnage de Ruby Rose sans grand intérêt, et l’arrivée du groupe de méchants, mené par un Jean Reno, certes charismatique mais qui donne l’impression d’avoir avalé une boite de xanax, ne va pas y changer grand-chose. Kitamura va essayer à de nombreuses reprises de mettre un peu de suspense, mais cela ne marchera que de façon épisodique tant il est compliqué de s’attacher ne serait-ce qu’une seule seconde aux personnages. La faute aussi à un jeu d’acteur vraiment pas terrible, que ce soit Ruby Rose elle-même, la toute jeune Kila Lord Cassidy, ou donc Jean Reno. Seuls Aksel Hennie (Headhunters, Hercule) et Louis Mandylor (The Debt Collector, Mariage à la Grecque) arrivent à tirer leur épingle du jeu. Les incohérences sont nombreuses, tant au niveau du scénario que dans les réactions des personnages, et certains moments sont même carrément improbables (la bombe fabriquée façon Mac Guyver), sans parler des fonds verts dégueulasses (heureusement peu nombreux) lorsqu’il faut faire croire que l’action se passe à New-York alors que le film a été tourné en Roumanie. L’ensemble n’est guère rattrapé par les scènes d’action qui vont du correct (l’introduction) au médiocre (toutes les autres). Vraiment, on sent que les chorégraphies ne sont pas si mauvaises, mais elles sont gâchées par un montage complètement à côté de la plaque, les rendant souvent illisibles. Sans compter qu’il n’y a aucune puissance dans les coups, ce qui accentue la mollesse de l’ensemble. Alors oui, si on n’est pas trop exigeant ou si on fait autre chose à coté, ça se suit sans trop de souci. Mais sincèrement, ce n’est pas très bon.

LES PLUSLES MOINS
♥ La scène d’intro
♥ Quelques effets visuels sympathiques
⊗ Scènes d’action ratées
⊗ Direction d‘acteurs aux fraises
⊗ Mise en scène impersonnelle
⊗ Aucune intensité
Avec The Doorman, on est dans de la série B pur jus, mais de la série B dans ce qu’elle a de moins bon à nous offrir. Ce nouveau film de Ryûhei Kitamura a beau être malgré tout regardable, il n’en demeure pas moins raté.

LE SAVIEZ VOUS ?
• C’est Katie Holmes (Logan Lucky, Batman Begins) qui a un temps été pressentie pour interpréter Ali, l’héroïne du film.


Titre : The Doorman
Année : 2020
Durée : 1h37
Origine : U.S.A
Genre : Aussi raté que l’affiche
Réalisateur : Ryûhei Kitamura
Scénario : Lior Chefetz, Joe Swanson

Acteurs : Ruby Rose, Jean Reno, Aksel Hennie, Rupert Evans, Julian Feder, Louis Mandylor, David Sakurai, Hideaki Itô, Kila Lord Cassidy, Philip Whitchurch

 The Doorman (2020) on IMDb


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John Roch
Administrateur
11 octobre 2020 9:36

Et beh, j’ai perdu la foi en Kitamura après midnight meat train. Ça va pas aller en s’arrangeant. Apparament coté Japon c’est pas glorieux non plus avec son adaptation de Lupin the 3rd, quelqu’un pour confirmer ?

Rick
Administrateur
Reply to  John Roch
11 octobre 2020 13:45

Ah ? Moi j’ai bien aimé ces films US, que ce soit Midnight Meat Train ou No One Lives. Downrange sympathique mais pas aimé les personnages.
Lupin III, je l’avais vu et chroniqué ici même à sa sortie, j’avais détesté. C’était looooooooong et poseur pour rien, pas intéressant, et souvent joué avec les pieds.

John Roch
Administrateur
Reply to  Rick
11 octobre 2020 15:26

J’ai aimé midnight meat train, mais downrange et surtout no one lives sont tellement hs vu le potentiel du mec.

Rick
Administrateur
Reply to  Cherycok
12 octobre 2020 12:31

J’avais trouvé ça sympatoche aussi Downrange. Préféré No One Lives, qui allait à l’essentiel, était bien gore. Et contrairement à ces films au Japon, c’était court 😀

DAV
DAV
15 octobre 2020 21:41

Tu vois le même jour ce film et le dernier Adkins “Seized” il y a pas photo tu vois la différence même si c’est en dessous de Undisputed 3 et ninja 2. Pauvre Jean Reno et dans une moindre mesure kitamura.

Last edited 10 jours Il y a by DAV