Le nouveau projet de film d’un réalisateur sombre dans l’obscurité lorsqu’une mystérieuse femme mourante, connectée uniquement par vidéo, le finance par l’intermédiaire de son mari télévangéliste.
Avis de John Roch :
L’ auteur de The Benefactress (An Exposure Of Cinematic Freedom) se fait appeler Guerrilla Metropolitana. On sait peu de chose sur cet artiste, musicien et cinéaste Italien basé à Londres si ce n’est qu’il est inspiré par l’expressionnisme, l’impressionnisme, le pop art, l’érotisme noir, la Nouvelle Vague française, la photographie underground, le néoréalisme et le cinéma expérimental, et qu’il a d’abord tourné une poignée de courts métrages, puis un long en 2023 : Dariuss, qui aura fait son effet même dans les festivals les plus extrêmes. Mais il n’a pas conquis que ce publique ciblé, car la forme d’art qu’exprime Guerrilla Metropolitana a trouvé écho auprès de personnes qui ont proposé de contribuer financièrement à ses futurs projets. C’est le cas de Elektra McBride, pseudonyme d’une femme d’un télévangéliste Américain se montrant en apparence opposée à ce genre cinéma mais qui sous couvert d’anonymat a produit The Benefactress (An Exposure Of Cinematic Freedom).

Pour ce qui est du scénario, on suit une femme dans son appartement qui se sent épiée par un intru. Intru qui est une autre femme qui va subir comme punition un viol. Si on devait le classer, on pourrait rapprocher The Benefactress (An Exposure Of Cinematic Freedom) des roughies, ce sous-genre de la sexploitation dans lequel ont été injectés violence, sordide et sadisme. Si vous chercher de l’excitation, vous n’êtes pas au bon endroit. Le sexe dans The Benefactress (An Exposure Of Cinematic Freedom) est violent, extrême et cru. En bon artiste provocateur, Guerrilla Metropolitana ne réalise pas un film à proprement parler, mais une expérience qui se revendique de la performance artistique n’ayant nul autre objectif que de tester les limites. « Jusqu’où peut aller la liberté artistique d’un cinéaste ? », la question est au centre de The Benefactress (An Exposure Of Cinematic Freedom) et elle en amène une autre : où s’arrête l’art et où commence l’obscénité ?

La frontière entre le condamnable et le tolérable est floue mais on peut y trouver une forme de réponse dans le monde du porno. Si la logique qui qualifie une œuvre d’obscène ou de pornographique tient plus de la qualification morale, religieuse ou juridique qui est faite par ceux qui la juge, certaines limites ne sont pas à franchir. C’est le cas du mélange de sexe et de violence qui doit savoir être dosé, ce qui fait par exemple du porno-gore un genre constamment sur le fil du rasoir. Pour tester les limites rien de tel que ce mélange donc, mais il n’est pas exposé à son paroxysme. The Benefactress (An Exposure Of Cinematic Freedom) est une expérience faite pour choquer, et pourrait bien y arriver à un moment ou à un autre. Cependant Guerrilla Metropolitana ne bascule jamais dans la pornographie, ainsi il est libre d’exprimer ce qu’il veut mais sous couvert d’une forme de sécurité qui lui permet de brouiller la frontière entre réalité et fiction, mais pas celle entre réalité et simulation, amoindrissant l’impact recherché et laissant la question de la liberté artistique en suspens. A qui s’adresse The Benefactress (An Exposure Of Cinematic Freedom)? En tant que film, il est difficile de recommander ce qui passera pour une œuvre malsaine et vide de sens, on sauvera néanmoins la musique et l’ambiance sonore impeccable. Mais en prenant la chose sous un angle différent et en tentant de la prendre pour ce qu’elle est censée être, c’est-à-dire une performance artistique qui s’interroge sur les limites de ce qui est montrable à l’écran, on peut y voir une forme de profondeur selon l’interprétation que l’on fera des images d’un métrage qui restera de toute façon destiné au cercle restreint des amateurs d’art extrême, qui verront en The Benefactress (an exposure of cinematic freedom) une forme liberté d’expression réservée à un public (très) averti.

?/10
| Performance artistique qui s’interroge sur les limites de ce qui est montrable à l’écran ou film malsain et vide de sens, The Benefactress (An Exposure Of Cinematic Freedom) peut être perçu de pas mal de manières selon l’interprétation que vous en ferez. |


Titre : The Benefactress (An Exposure Of Cinematic Freedom)
Année : 2025
Durée : 1h31
Origine : Italie / Angleterre
Genre : Autre
Réalisateur : Guerrilla Metropolitana
Scénario : Guerrilla Metropolitana
Acteurs : Guerrilla Metropolitana, Juicy X, Elektra McBride, Marie Antoinette de Robespierre, Mystery Woman




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