[Film] La Queue du Scorpion, de Sergio Martino (1971)

Un riche homme d’affaires décède dans un accident d’avion, laissant une assurance d’un million de dollars à sa femme Lisa. Les soupçons se portent sur elle, surtout qu’elle demande à récupérer l’argent en liquide. Mais l’enquête se corse lorsque Lisa est assassinée alors qu’elle s’apprêtait à partir à Tokyo avec l’argent…


Avis de Rick :
La Queue du Scorpion n’est que le troisième long métrage de Sergio Martino, réalisé la même année que l’Étrange Vice de Madame Wardh. Et la Queue du Scorpion est on pourrait dire le second opus d’une série de giallo réalisés ces années là par le réalisateur, avec l’année suivante Toutes les Couleurs du Vice, puis Torso en 1973. Et rarement le bonhomme n’aura déçu lors de ces escapades dans le genre. Car la Queue du Scorpion, sortant donc en 1971 (deux ans plus tard en France) contient tous les éléments clés du genre alors en plein âge d’or (Argento réalise également à présent, Mario Bava a livré son lot de thrillers sanglants également). On y retrouve forcément un tueur ganté habillé en noir, une liste de coupables, du suspense, des meurtres très sanglants, un sens du cadre très baroque (hérité de Mario Bava), et une série de femmes parfois dénudées qui vont périr violement. Oui, tout est là pour plaire à l’amateur du genre avec ce film, au départ une simple œuvre de commande, mais qui entre les mains du réalisateur, devient plutôt une pièce maîtresse du genre. Non pas qu’il invente quoi que ce soit, mais sa mise en image force le respect. Les cadrages, l’utilisation du zoom, les scènes à suspense, la disposition du cadre, rien ne semble du au hasard dans la Queue du Scorpion. On y suit donc dans un premier temps Lisa qui hérite d’une grosse somme d’argent à la mort de son mari.

Mais une fois sur place, les choses se corsent. La jeune femme est suspectée et est suivie par un enquêteur bossant pour l’assurance, tandis qu’une autre femme la menace, criant haut et fort que son mari voulait divorcer pour vivre avec elle et changer le bénéficiaire de cette fameuse assurance. Malgré un début assez lent à se mettre en place, notamment à Londres, avant que l’histoire ne parte à Athènes, Sergio Martino place déjà là les différents éléments de son intrigue. Des secrets, des doutes, des mensonges sans doute, des tensions, puis fatalement, le meurtre arrive, brut, violent. Lisa est retrouvée morte, et la police débarque. Et comme souvent dans le genre, il ne faudra pas chercher du côté de la police pour résoudre l’enquête, mais plutôt des suspects et survivants, qui vont chercher, à la manière des Frissons de l’Angoisse d’Argento 4 ans plus tard, l’élément qu’ils auraient pu voir et oublier mais qui pourrait permettre de résoudre l’enquête. La Queue du Scorpion n’atteindra pourtant pas la virtuosité des Frissons de l’Angoisse, mais passé cet élément et le genre, les deux films n’empruntent pas la même voie.

Heureusement d’ailleurs. Tout naturellement donc, nous suivons Peter Lynch, enquêteur pour l’assurance et suspect premier de la police, et Cléo Dupont, journaliste française croyant son histoire. Ensembles, ils vont donc tenter de découvrir la vérité, et donc l’identité du tueur, tout en essayant de rester en vie, puisqu’ils deviennent rapidement des proies pour le tueur. L’intrigue, bien que plutôt classique dans le fond, est plutôt astucieuse et surtout bien écrite, l’identité du tueur étant très bien cachée jusqu’aux derniers instants. George Hilton et Anita Strindberg dans les rôles principaux sont par ailleurs impeccables, et la maîtrise de Martino à la mise en scène permet de sublimer à la fois les acteurs et les quelques fulgurances du scénario, jusqu’à un final soutenu et possédant une tension vraiment réussie. L’utilisation du scope 2.35 donne de la classe aux images (ce qui sera encore le cas l’année suivante dans Toutes les Couleurs du Vice). Sergio Martino livre donc là un très bon giallo, un peu oublié (mais ressorti depuis dans la collection giallo de Neo Publishing auprès d’autres bijoux du genre), mais qui mérite le coup d’œil pour tous les fans du genre.

LES PLUS LES MOINS
♥ Un final très réussi
♥ Un scénario malin
♥ Très bonne mise en scène
⊗ Un peu lent au démarrage
note8
Second film dans le genre pour Sergio Martino, et seconde réussite Un scénario malin sublimé par une belle mise en scène menant à un final plein de tension.



Titre : La Queue du Scorpion – La Coda Dello Scorpione

Année : 1971
Durée :
1h31
Origine :
Italie
Genre :
Giallo
Réalisation : 
Sergio Martino
Scénario : 
Eduardo Brochero, Ernesto Gastaldi et Sauro Scavolini
Avec :
George Hilton, Anita Strindberg, Alberto de Mendoza, Evalyn Stewart et Janine Reynaud

 The Case of the Scorpion's Tail (1971) on IMDb


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Matt
Matt
2 avril 2021 9:36

Ah oui il est très sympa celui-là.
Lent à démarrer, oui mais…Martino nous fait le coup de Hitchcock en dégageant le perso féminin qu’on pensait être le principal au bout de 30min. ça étonne.

De Martino, j’ai ce film, toutes les couleurs du vice et l’étrange vice de madame Wardh qui sont tous sympas dans leur genre. Le dernier que je cite est peut être le moins bon, un peu lent, mais sympa quand même.

Matt
Matt
Reply to  Matt
2 avril 2021 20:25

Pas vu Torso. J’avoue que je n’ai vu que les DVD qui sont sortis chez Neo Publishing. Assez sympas les copies DVD de ces 3 films d’ailleurs.
Non ça vaut pas une restauration HD, mais l’image reste plutôt jolie.

Matt
Matt
Reply to  Matt
3 avril 2021 11:57

Ma collection perso de gialli (ceux que j’aime quoi. J’en ai vu d’autres qui étaient moyens) :

-Six femmes pour l’assassin
-Perversion story
-le venin de la peur (pas nécessairement un giallo mais bon…)
-l’oiseau au plumage de cristal
-Les frissons de l’angoisse
-la queue du scorpion
-l’étrange vice de Madame Wardh
-toutes les couleurs du vice (l’est mignonne Edwige Fenech^^)
-La longue nuit de l’exorcisme (Fulci c’est toujours entre la giallo et autre chose…il n’aimait pas les genres codifiés)
-L’emmurée vivante
-la dame rouge tua sept fois (tu devrais le tenter, il est bien sympa…et pas dispo en France^^ Mais on le trouve en VOSTFR)
-l’éventreur de New York (techniquement il est assez moyen lui mais bon…c’est un peu le chant du cygne de Fulci^^ Et le blu-ray est superbe alors je pense le garder)

Il faut que je voie l’île de l’épouvante de Bava mais là je ne sais pas s’il rentre dans la catégorie des gialli.
Je dois aussi voir les rendez-vous de Satan mais ça sent un peu le giallo érotique plus bas de gamme. On verra.

Matt
Matt
Reply to  Matt
3 avril 2021 12:46

Les 3 premiers que tu cites ça n’a pas marché sur moi.
Qu’avez vous fait à Solange a un bon sujet mais il me semble qu’il y a de grosses ficelles dans les rebondissements.
La baie sanglante, je me sens un peu seul mais malgré son statut de pionnier du slasher, je ne l’aime pas trop. Bava laisse complètement tomber son esthétisme chiadé et t’as juste des gens qui meurent dans les bois, filmés de manière assez naturaliste. C’était peut être nouveau à l’époque mais maintenant j’ai l’impression de regarder un vendredi 13 un peu…

Ténèbres j’en ai parlé sur ton article. Pas trop aimé.

4 mouches…pas vu^^

pti denis
5 avril 2021 11:34

Après les Argento, celui-là est mon giallo préféré, je l’adore!
Martino est très bon dans le giallo.