Un homme se heurte à l’injustice dans un village profondément ancré dans ses traditions et croyances ancestrales. Porté par une quête de justice à la fois spirituelle et morale, il se transforme peu à peu en une figure légendaire. Animé par la colère du dieu protecteur Karuppusamy, il devient alors le symbole d’une révolte sacrée contre l’oppression.
Avis de David Vergne :
Le retour de Suriya après le génial Retro de l’année dernière dans un gros blockbuster tamoul est en forte demi-teinte. Là où son précédent film tentait milles trucs (ça en a fatigué certains vu le pauvre box-office) dans un méga masala d’une générosité folle, c’est ici un produit beaucoup plus « dans les clous », un masala classique plus grand public, un peu fun, vraiment pas très bien torché techniquement et un peu lourdo sur les bords mais c’est l’énorme carton Tamoul de 2026 pour l’instant.

On a l’histoire d’un papa et sa de fille qui débarquent à Chennai, dans la mauvaise gare, et se font braquer leur sac rempli de bijoux en or. S’en suit une succession de scènes sur les méandres de la corruption du système avec des mauvais flics, des mauvais juges et des surtout des mauvais avocats en chemises blanches. Leur avocat (interprété par le réalisateur lui-même) est une belle enflure : le rouage central d’un système liant coupables, victimes et système judiciaire. Un bel enfoiré comme tous les autres cols blancs qui se gavent sur le compte du petit peuple qui n’a clairement aucun moyen de se défendre face à la machine. Et donc le papa n’en peut plus de la lenteur et des reports de son cas, il veut absolument récupérer son or pour pouvoir payer l’intervention chirurgicale de sa fille. Armé de son combo frustration/colère, le padre va prier une divinité locale, Karuppu le protecteur qui s’en bat les steaks des castes et autre rangs sociétaux. Voilà donc un dieu arrivé sur terre, interprété par Suriya, moustache fraîche, sandales et méga classe. Tout ça au bout 35 bonnes minutes tout de même. Devenu avocat en à peu près 8 secondes, il va mettre tout ce petit monde au pas, et rendre une justice à sa façon. On a donc des scènes de tribunal qui rejouent Menteur Menteur avec des plans fish eye macro, de la citation meta de l’au-delà avec Suriya qui apparaît en Singham, des avocats méchants qui se nomment Stone, Cold, Steve et Austin, et Suriya qui utilise ses pouvoirs pour littéralement annuler le film Léo en empêchant la première baston du film de Lokesh pour « éviter une spirale de violence » …

C’est totalement pété, long pour ce que ça veut raconter (vraiment pas grand-chose) et parfois dégueulasse techniquement avec plein de cgi qui bavent entre cheval de feu des enfers et chaînes du Ghost Rider. Les bastons, ce n’est pas dingo, en full speed ramping et zéro chorégraphie avec des câbleries à la ramasse, plein de longues focales et du gros sound design pour faire passer la pilule. On est ici dans du très classique où tout est pensé pour la pose du héros mais de ce côté-là, ça marche plutôt bien. C’est quand même dommage quand on voit ce dont était capable la star dans Retro avec sa préparation Kyonushin /muay Thai, l’aspect fantasy du métrage ne justifie pas tout. Bon, Suriya assure quand même, il a un sourire ravageur, un très chouette numéro de danse et il pète la classe en slomo lorsqu’il marche ou réajuste sa chemise. Plus surprenant, il y a une absence totale de love story avec l’actrice principale Trisha Krishnan (la femme de Léo Das). Il y a parfois des jolis plans efficaces, pleins de couleurs et composé en mode show off à la gloire de sa star et c’est toujours ça de pris. Le film met en avant son discours frontal sur le système judiciaire dégueulasse et des conséquences dramatiques, un constat classique pour du cinéma tamoul mais qui fait toujours du bien, ainsi qu’une violence finale qui sort de nulle part. On passe quand même passer un moment pas trop désagréable (un jour d’indulgence) grâce au cast et au festival de tronches et de couleurs qui ferait trembler Denis Villeneuve. Bref, à voir pour Suriya. Ou pas. Sinon vous pouvez mater Retro.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Surya qui assure comme il faut ♥ La scène de danse ♥ Une photo parfois éclatante |
⊗ Beaucoup trop long pour ce que ça raconte ⊗ Des CGI effrayants ⊗ Les scènes d’action pas terribles |
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| Le retour de Suriya en 2026 est un masala passe partout, une gentille comédie fantastique totalement inoffensive malgré des thématiques sociales bien présentes. Pas fou techniquement et parfois raté, le film est porté par sa star, un visuel parfois soigné et c’est déjà pas mal. | |

Titre : Karuppu / கருப்பு
Année : 2026
Durée : 2h32
Origine : Inde
Genre : Action / Drame / Comédie / Fantasy
Réalisateur : RJ Balaji
Scénario : RJ Balaji
Acteurs : Suriya, RJ Balaji, Trisha Krishnan, Indrans, Natty Subramaniam, Poobalam Pragatheeswaran, Supreeth Reddy, Anagha Maya Ravi, Swasika, Sshivada, Mansoor Ali Khan















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