[Film] Aftermath, de Elliott Lester (2017)

Après avoir perdu sa femme et son enfant dans un accident d’avion due à une erreur humaine d’un contrôleur aérien, Roman Melnik va essayer de demander des réponses à ses questions et tenter de se venger, par tous les moyens… Pendant ce temps, Jacob Bonanos, contrôleur aérien ayant causé la mort de 271 personnes à cause d’une erreur humaine, essaie de se reconstruire tant bien que mal suite à ce drame…


Avis de Cherycok :
Arnold Schwarzenegger n’est plus tout jeune. C’est qu’il fera 70 balais en 2017 le bougre. Et oui, Mr Muscle n’est plus le roi du film d’action qu’on a connu dans les années 80/90. C’est donc en toute logique que, petit à petit, il amorce un tournant dans sa carrière. Bien entendu, on le retrouve toujours ces derniers temps dans quelques actionneurs couillus du type Sabotage, Terminator Genisys ou encore Le Dernier Rempart. Mais comme il le dit dans ce dernier : « Je suis trop vieux pour ces conneries ». Oui, l’arthrose, les rhumatismes, tout ça tout ça, on y viendra tous ! Déjà en 2015, on le retrouvait dans Maggie, petit drame horrifique d’à peine 5M$US (dont il était producteur) de budget qui avait surpris et surtout déçu le public de ne pas voir Schwarzy sortir une sulfateuse pour dégommer du sbire écervelé. Toujours producteur mais ce coup-ci aux côtés de Daren Aronofsky (Requiem for a Dream, Black Swan), il remet le couvert deux ans plus tard pour 10M$US avec le Aftermath qui nous intéresse ici, un drame réaliste à l’ambiance lourde, au ton grave. Un film qui, comme ce fût le cas pour Maggie, se paie des critiques spectateurs des plus négatives, le plus souvent prétextant un manque d’action. Mais les gars, sérieusement, Terminator il a 70 piges, il faut arrêter de rêver et d’attendre que chacun de ses nouveaux films va défourailler de partout. Surtout quand il y a écrit « Genre : Drame ». Surtout quand le film est bon.

La première chose à savoir, c’est qu’Aftermath est inspiré d’une histoire vraie, celle du crash entre le
vol 2937 de Bashkirian Airlines et le vol 611 de DHL qui a eu lieu le 1er juillet 2002 près d’Überlingen et du lac de Constance en Allemagne, les deux avions s’étant percutés dans les airs, ne faisant aucun survivant. Le film va faire s’entrecroiser deux histoires. Celle de Roman Melnik, interprété par Arnold Schwarzenegger, un homme mûr, fatigué qui va perdre sa femme, sa fille et son futur petit fils dans un crash d’avion causé par une erreur humaine, ses rêves qui s’écroulent, ses questions, sa quête de réponses, son incompréhension. D’un autre côté, celle de Jacob Bonanos, joué par Scoot McNairy (Monsters, Argo), un homme bien sous tous rapport, père de famille comblé, contrôleur aérien qui à cause d’une erreur d’inattention va engendrer un crash entre deux avions qui va causer la mort de 271 personnes, sa décrépitude, sa culpabilité, les dégâts que cela va causer sur sa relation avec le reste de sa famille, …
Il est à noter que Vitaly Kaloyev, dont l’histoire a inspiré le scénario, a critiqué le film en soulignant quelques entorses à la réalité, à commencer par l’exagération sur le nombre de victimes, 271 au lieu de 71, mais également sur le caractère des deux protagonistes principaux. Il affirme, contrairement au héros du film, n’avoir jamais essayé d’inspirer la pitié et que son unique but était de faire justice soi-même et que le vrai contrôleur aérien n’a, selon Kaloyev, jamais montré un seul signe de remords, se comportant uniquement avec mépris. Des précisions qui ne changent au final pas les qualités du film mais qui soulignent que, malgré la mention « inspiré d’un fait réel », certains points ont dû être adaptés pour la version cinéma.

Le scénario nous raconte cette double descente aux enfers sur plus d’un an à partir du fameux événement de deux destins inextricablement liés. L’ambiance y est lourde, le ton grave, avec d’un côté un père de famille malheureux, qui n’arrive pas à aller de l’avant, passant son temps au cimetière jusqu’à dormir sur la tombe de sa femme et sa fille, se morfondant chaque jour de plus en plus, pensant au suicide, ne trouvant aucune compassion du côté de la compagnie aérienne fautive ; et d’un autre côté cet autre père de famille qui suite aux événements tombe dans la dépression, rongé par la culpabilité, pris par des excès de violence envers sa famille qui petit à petit s’éloigne de lui, se faisant gentiment mettre de dehors de son travail, et qui va tenter tant bien que mal de se reconstruire. Le duo d’acteurs fonctionne à merveille. Même s’ils ne se croiseront que quelques secondes lors du final sec, sans concession, chacun tient son histoire sur ses épaules. Arnold Schwarzenegger, qui n’a pas la plus large panoplie d’expressions, s’en sort étonnement bien dans ce rôle à contre-emploi.
La mise en scène de Elliott Lester (Blitz avec Jason Statham) tient bien la route. Sobre, avec une tension certes minime mais qui va crescendo, elle est appuyée par une musique quasi omniprésente, calme mais lourde de sens. Les reproches qui ont été faits à son film en ce qui concerne son rythme sont vrais. Aftermath n’est pas le film le plus dynamique du monde. Mais cela ne l’empêche pas d’être prenant et, malgré son rythme lent, de ne jamais ennuyer pour peu qu’on soit un tant soit peu touché par l’histoire tragique qui nous est racontée.

LES PLUSLES MOINS
♥ Le casting
♥ L’ambiance
♥ La mise en scène
⊗ La critique parfois facile
Aftermath est un bon film à regarder en se détachant de l’étiquette « Schwarzy = Action ». On est ici face à un drame à l’ambiance lourde, dénué d’humour, qui nous présente un Arnold Schwarzenegger très bon dans un rôle à contre-emploi. A voir.



Titre : Aftermath
Année : 2017
Durée : 1h33
Origine : U.S.A / Angleterre
Genre : Y’a-t’il un survivant dans l’avion ?
Réalisateur : Elliott Lester
Scénario : Javier Gullon

Acteurs : Arnold Schwarzenegger, Scoot McNairy, Maggie Grace, Judah Nelson, Larry Sullivan, Jason McCune, Glenn Marshower, Mariana Klaveno, Martin Donovan

 Aftermath (2017) on IMDb




















Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

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